lundi 16 février 2009

les coulées vertes de Nantes (1)

Belle journée hier alors j'ai voulu retourner sur une des coulées vertes de Nantes qui permettent en plein coeur de la ville de s'éloigner du bruit et, au milieu d'un décor rempli de verdure, entendre le bruit de l'eau, celui de la rivière Chézine qui deviendra ensuite souterraine pour se jeter dans la Loire, et le chant des oiseaux.
Très mauvaise idée! Déjà le gardien à l'entrée n'a pas l'air aimable.

Moins d'un an s'est écoulé depuis la dernière visite. Que de changements!
Il ne reste rien du côté sauvage qui faisait le charme de la balade car non seulement "ils" ont fauché les "mauvaises" herbes (les enfants en se bousculant lors des jeux ne risqueront plus de se piquer avec les orties) et déboisé, mais il y a désormais une large allée recouverte d'un sol bien dur, quasiment une autoroute à touristes du dimanche, à pied, en poussette, en vélo.

Il reste certes de loin en loin le bruit de l'eau, et pendant quelques mètres son odeur fraîche (mais pour combien de temps) et le chant des oiseaux. Mais le reste...
Le déboisement a eu cependant quelques avantages: il permet de repérer des détails qui n'avaient pas été remarqués jusqu'alors comme cet escalier ou cette balançoire tout au fond d'un jardin.

Mais l'un et l'autre apparaissent encore plus sinistres car il est évident que plus personne n'a utilisé l'escalier depuis des années et qu'il y a déjà un certain temps que les cris de joie des enfants ne résonnent plus dans le jardin.

Plus loin, cet autre escalier qu'on empruntait pour remonter vers la lumière car les arbres formaient au dessus de lui une voûte sombre a perdu tout son charme, toute sa poésie, tout comme l'ancien étroit chemin qui à sa droite serpentait au plus près de la rivière.Il ne reste rien du fouillis végétal un peu mystérieux où il faisait bon s'engager et se perdre, juste quelques minutes. Tout est dégagé, net, sécurisé.
"Nous n'irons plus au bois les lauriers sont coupés..."

La poésie, il faut désormais bien la chercher. Par exemple dans les herbes folles oubliées et le reflet fugace du soleil dans l'eau.

Arrivée au terme de cette promenade, le jardin d'enfants, autrefois protégé par une grille derrière laquelle poussaient profusion de plantes, est désormais entouré d'un assez bas grillage et de quelques petits buissons. Exposé à tous vents et à tous les regards.
En mai ou juin 2006, après avoir respiré l'odeur des tilleuls en fleur, j'avais ôté avec plaisir mes sandales pour glisser mes pieds nus dans l'eau fraîche du bassin... Temps lointain où les incertitudes d'alors se mêlaient d'espoirs... Que tout cela est loin...

La poésie ressurgira un peu plus loin, tout à la fin, du côté du parc de Procé, avec le ballet des mouettes rieuses dont certaines avaient encore leur capuchon noir de l'hiver et qui virevoltaient dans le ciel clair.

Plus tard je voudrai être une mouette pour jouer avec le vent.

dimanche 15 février 2009

..pause...

...tendresse, douceur, amour... après plusieurs billets durs, violents même. Mais notre monde ne l'est-il pas?

Alors des images telles que celles-là sont à garder en mémoire comme des moments merveilleux.

samedi 14 février 2009

Certaines histoires d'amour finissent mal ...

... très mal même puisque en France: "Une femme décède tous les trois jours sous les coups de son compagnon, et un homme décède tous les treize jours victime de sa compagne".
Alors cette campagne d'affichage effectuée à l'automne dernier n'en a que plus d'importance.

Sauf qu'il aurait été souhaitable d'éviter qu'elle ait lieu le 25 novembre, un jour où perdure encore en certains endroits cette tradition qui veut que les femmes (et pas les hommes!) qui ne vivent pas avec un compagnon se voient offrir un chapeau et appeler des "Catherinettes"

A moins qu'il ne s'agisse d'une forme très particulière d'humour dans la lignée du spot dans lequel étaient mentionnés les chiffres cités au début du billet.
Ce spot télévisuel commençait avec un travelling sur une plage au soleil couchant, en off la voix d'une femme qui racontait les coups au quotidien avant de conclure que depuis 15 jours c'était fini... et la caméra s'arrêtait sur l'image d'une tombe.

vendredi 13 février 2009

...Chupa chups...

...une douceur au goût de larmes

Pendant longtemps, elles ont été associées au plaisir des séances de cinéma partagées avec les enfants. Je gardais les places et ils allaient en acheter à ce qui s'appelait "le bar" mais ne l'était plus depuis bien longtemps, depuis en réalité que cette ancienne salle de spectacle avait été transformée en salle de cinéma "arts et essais".
Parfois ils revenaient déçus car leur parfum préféré manquait, mais au bout du compte le plaisir était toujours là entre les gourmands qui essayaient de les croquer (très difficile), les patients qui faisaient toujours durer le plaisir le plus longtemps et les joueurs qui aimaient les sculpter avec le bout de leur langue.
J'aimais les jours suivants entendre les papiers crisser au fond de mon sac avant d'en extraire les petits bâtonnets collants qu'ils m'avaient fait passer à tâtons dans l'obscurité de la salle tandis que fascinés ils regardaient l'écran.
Et puis les enfants ont grandi, leurs goûts notamment cinématographiques ont changé et nous sommes allés au cinéma chacun de notre côté.

A la fin du mois de mai dernier, je les aies retrouvées ces sucettes. L'unité de soins palliatifs avait en effet suggéré un dimanche que, pour la changer des mini sucettes hydratantes parfumées au citron qui étaient proposées aux patients en fin de vie, l'une de nous en ramène afin qu'elle puisse absorber sous une autre forme un peu de glucose sans trop se déshydrater.
La première "chupa chups" je l'ai sucée sans aucun plaisir, juste pour l'accompagner tandis que j'étais à ses côtés. Elle avait très vite délaissé la sienne car elle commençait déjà à avoir trop peu de salive pour pouvoir longtemps les garder longtemps en bouche.
Un soir de juin, juste avant que je ne reprenne la route, parce que même si pour elle il y avait de nombreux jours déjà qu'elle n'était plus en état d'absorber le moindre repas, elle a tenu à ce que j'en prenne une pour la manger sur le chemin du retour. Sur l'aire de repos où la nuit finissait de tomber en croquant le dernier morceau j'étais en larmes.

Depuis... Depuis j'évite de regarder les comptoirs des buralistes ou des boulangers où je sais qu'elles trônent car alors tout devient flou.
Elle aurait eu 87 ans aujourd'hui.

jeudi 12 février 2009

hunger (3)

Plus de 15 jours se sont écoulés depuis la séance de cinéma consacrée à ce film... et les impressions restent toujours aussi fortes.

Il y a d'abord l'impression d'ensemble issue des trois temps du film:
- une longue introduction relativement silencieuse consacrée à la vie d'un gardien et à "l'adaptation" d'un prisonnier dans ce centre carcéral si particulier, introduction relativement silencieuse où les explosions de violence telles que les séances de nettoyage forcées des prisonniers en grève de l'hygiène prennent un relief encore plus saisissant
- le face à face central entre Bobby Sands et le prêtre à qui il annonce sa volonté d'aller jusqu'au bout de la grève de la faim, ainsi que les 75 autres prisonniers, au rythme d'un tous les 15 jours, chaque mort étant aussitôt remplacé par un nouveau gréviste
- de nouveau quasiment silencieuse, la marche de 66 jours de B
obby Sands vers la mort. De la phase d"adaptation" des prisonniers, il faut être prêt à visualiser l'insoutenable qui est explicitement montré: les prisonniers qui vivent dans les excréments (dont ils badigeonnaient les murs), les vomissures, la vermine qui grouille. Les passages à tabac entre deux rangs de CRS... avec l'un d'eux, probablement un "bleu", qui réfugié derrière un mur pleure de terreur, de honte. S'y ajoutent des "pauses" plus poétiques: le prisonnier qui joue avec une mouche, le gardien qui fume dehors, muré dans son silence, avec un flocon de neige qui fond sur sa main ensanglantée après qu'il ait cogné les prisonniers. Mais la violence est toujours là, parfois même quand on s'y attend le moins. Ainsi lorsque ce gardien, toujours sur ses gardes, va en maison de retraite apporter des fleurs à sa mère gravement atteinte par la maladie d'Alzheimer. Elle n'aura aucune réaction quand un inconnu arrivé silencieusement derrière son fils posera le canon d'une arme sur sa nuque pour le tuer, tirera et repartira comme si de rien n'était. Du long dialogue entre Bobby Sands et le prêtre, j'ai surtout retenu, une fois le discours d'approche et d'apprivoisement des deux interlocuteurs de ce qui sera leur unique rencontre, l'inquiétude du prêtre non quant à la détermination de Bobby Sands mais quant au fait que celle-ci n'était pas en réalité un désir caché de se suicider.

Et puis il y a la déchéance physique progressive de Bobby. Là non plus rien ne nous est épargné de son calvaire: la sollicitude silencieuse d'un premier infirmier et la tout aussi silencieuse dureté de son successeur, les esquarres, l'extrême faiblesse qui rend petit à petit sourd et aveugle. Le traitement poétique de sa mort n'en est que plus impressionnant: Bobby qui faisait du cross country "rêve" qu'il court enfant à la nuit tombante dans un bois qui devient de plus en plus sombre et inquiétant. Il y a un premier envol de corbeaux qui le fait stopper sa course et se retourner en arrière... et qu'un immense envol de corbeaux envahisse l'écran.

A la fin du film une phrase précise que 9 autres personnes sont mortes après Bobby Sands sans que le statu de prisonnier politique ne soit obtenu...et que 17 gardiens travaillant dans cette prison ont été abattus par des membres de l'IRA.

mercredi 11 février 2009

Asaki (2)...

Ce n'est qu'après son départ que j'ai su quel était son objectif professionnel initial en venant en France... mais auquel il semble qu'elle ait désormais renoncé. Un souhait rare, car même dans notre pays, la quasi totalité des jeunes... et des moins jeunes, ignorent que ce mot renvoie à autre chose qu'à cet appendice plus ou moins voyant au milieu du visage: "être un nez" dans la parfumerie.
Alors pour elle, ce texte beaucoup moins beau que celui de Charles Baudelaire:
http://www.espace-poemes.com/poetes-francais/charles-baudelaire/le-parfum.html
mais plus personnel car écrit pour une jeune femme qui était elle aussi très sensible aux odeurs, aux parfums au point de garder de sa petite enfance plus de souvenirs olfactifs que visuels.

Le parfum et le rêve

Pour E.K.

Quelques gouttes de parfum pour oublier

La journée si longue

Portée par la cohue

Prisonnière des embouteillages

Ecrasée sous le poids des visages accablés

On n'aperçoit plus l'oiseau perdu dans le dédale de béton

Des perles d'or glissent du flacon

Au rythme des senteurs

Le cœur cesse de tambouriner aux tempes

Lentement la respiration s'espace

La nuque s'assouplit

Habillée de ce voile magique

Le corps retrouve sa dimension parfaite

Quand l'atmosphère crée par les herbes fraîches

Le jasmin ou la bergamote

Se fait moins envoûtante

Là où la peau est douce

Tiède et secrète

Il reste pour les initiés

La signature d'une personnalité

L'essence d'une présence

Février, juillet 1981

mardi 10 février 2009

cieux embrasés

Etranges coïncides qui a voulu samedi qu'il soit question de Kiyoshi Nakashima, cet illustrateur japonais dont l'une des oeuvres retrouvées grâce au net s'appelle ciel embrasé...

...et que le billet consacré hier à Asaki ait été rédigé à un moment où le ciel lui même prenait ces surprenantes couleurs...

... des couleurs dont ma mère m'avait toujours dit qu'elles annonçaient des changements de temps avec pluie et vent. Ce qui a été le cas puisque quelques heures plus tard météo France signalait un violent avis de tempête. Et elle était bien au rendez-vous.

lundi 9 février 2009

Asaki (1)...

...prononcer "Assaki" car la langue japonaise, dans sa transcription européenne est plus simple que la langue française puisque le son "ss" s'écrit toujours avec un seul "S" et le son "z" avec un simple "Z", est repartie dans son pays.
D'elle il n'y aura aucune photo, par principe, celui du droit à l'image, même si de loin en loin il y connaît et connaîtra encore quelques entorses.

Asaki, cette jeune fille venue passer 3 semaines en France pour améliorer sa pratique de la langue française est repartie en laissant derrière elle un très joli cadeau, encore plus beau que cette lettre de remerciements qu'elle nous a remise la veille ou l'avant-veille de son départ. Un cadeau dont elle n'a pas eu conscience en le faisant car ce n'était que quelques mots lors d'une discussion qu'elle avait eue avec ma fille et que celle-ci m'a rapportés.
Elle a aimé la France et aurait aimé y rester davantage parce qu'elle s'y sent libre. Libre par exemple de ne pas porter l'uniforme au lycée lequel port s'accompagne aussi de règle strictes: chemisier boutonné jusqu'en haut, jupe longue, cheveux obligatoirement attachés, pas de maquillage...

Et l'on comprend mieux soudain le délire de certains jeunes qui se teignent les cheveux en rose ou violet ou se regroupent pour mieux comparer leurs tenues copiées de leur héros de manga favori.
Le Japon, pays de la modernité mais où aussi demeurent des traditions, des usages, des rituels, où la place de la femme est très codifié...
Merci Asaki de m'avoir fait comprendre l'importance de ce mot de 7 lettres qui figure sur notre devise et que nous voyons souvent que pour sa signification dans la vie politique alors qu'elle commence déjà dans la vie quotidienne: la
Liberté

dimanche 8 février 2009

la sieste

Semaine après semaine, la fatigue s'accumule: journées de travail trop longues, nuits trop courtes, week-ends qui ne suffisent pas à combler le retard car d'autres activités liées à la présence d'une charmante jeune fille japonaise venue améliorer son français se sont ajoutés...
Moralité: hier après-midi, pendant que quelqu'un la ramenait vers RCG* et alors même que, après une ondée où pluie et neige s'était mêlés, le soleil avait recommencé à briller... il y a eu la douce chaleur de la couette et...
... et M. Albert Dubout qui savait si bien croquer les chats avec humour avait immortalisé en 1962 ce genre "d'activité" dont il n'existe qu'une variante encore plus agréable: celle décrite par Pierre Perret:

http://www.paroles-de-chanson.eu/paroles-de-chanson-pierre-perret/la-sieste/

RCG* Roissy "Charles de Gaule"

samedi 7 février 2009

Kiyoshi NAKASHIMA

De ce peintre japonais, je ne sais quasiment rien puisque l'unique site qui lui était consacré sur le net et avait été ouvert après une exposition de ses oeuvres dans une galerie parisienne a été fermé.

En plus la plupart des reproductions de ses tableaux que j'y avais glanées ont disparu lorsque le disque dur de mon ancien PC a "planté", emportant à jamais un très beau "lumière" où une petite fille/fée était allongée sur des fleurs rouges tandis qu'une libellule s'envolait dans le ciel et "mon chéri" où une jeune femme brune à la peau pâle s'inclinait mélancoliquement vers... je ne sais quoi.

Il ne me reste donc que quelques images retrouvées sur différents blogs et surtout le souvenir de ce que j'en avais lu autrefois: un peintre qui a beaucoup illustré de livres pour enfants avec des images d'un Japon disparu, mais aussi pour adultes en dessinant sur des poèmes qui feraient partie d'un cycle: "le Dit de Genji" http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dit_du_Genji

De quoi rester très songeuse

vendredi 6 février 2009

Johanne...

Juste avant la rédaction de ce qui devait être le billet du jour consacré une nouvelle et dernière fois à "hunger" est venue l'envie de surfer un peu de site en site, notamment sur ceux peu visités ces dernières semaines, faute de temps.

Et chez"immemory" le renvoi vers un site bouleversant, l'un de ces sites, semble-t-il de plus en plus fréquents, où des malades racontent jour après jour leur vie au quotidien: espoirs et désespoirs qui se succèdent au fil des annonces bonnes ou mauvaises, des améliorations ou des rechutes.

Ainsi Johanne, une jeune mère de famille de deux enfants de deux et quatre ans responsable d'une boutique orientée notamment vers les articles biologiques pour bébés, dont les couches lavables. Le 26 janvier 2008 elle ainsi ouvre son blog

Ma nouvelle bataille s'appelle Leucémie

et qu'elle sous-titre

Je viens d'apprendre que j'ai la leucémie, ce blog me servira de journal de bord tout au long de ma lutte contre cette maladie.

Je m'appelle Johanne, j'ai 32 ans et je viens d'apprendre que j'ai une leucémie aiguë myéloïde.

ça m'est tombé dessus brutalement, lundi 21 janvier je suis allée chez le médecin car ça depuis le début de l'année que je me sens fatiguée, que je n'ai plus d'appétit, que je perds du poids, que j'ai des sueurs la nuit et d'énormes ganglions dans le cou...

Hospitalisée le 27 janvier, elle subit sa 1ère séance de chimiothérapie le 30. Plusieurs traitements se succèdent jusqu'à une greffe de moelle le 16 octobre 2008, suivie comme en pareil cas d'un long séjour en chambre stérile. Mais elle pourra passer les fêtes de Noël en famille.

Et puis il y a le message du 16 janvier 2009

L'innommable réalité

(...) maintenant je sais pourquoi je n'arrive plus à boire ni à manger, pourquoi je tousse, pourquoi j'ai de la fièvre, pourquoi je suis si fatiguée.
Mardi mes GB étaient à 6.400, remontée impressionnante non?
Et bien aujourd'hui ils sont à plus de 100.000.... 80% de blastes dans le sang... La maladie est revenue de manière virulente.
Il n'y a plus de traitement pour moi, on me donne des cachets pour atténuer la montée des blastes mais c'est la fin.
On ne sait pas combien de temps il me reste, juste qu'on fera tout pour ne pas que je souffre.
Ne me dites pas de garder espoir, qu'on trouvera autre chose.
Non, il n'y a plus d'espoir, c'est fini pour moi.
Je vous avoue que je serais presque soulagée de m'en aller s'il n'y avait pas les enfants, j'aurais tellement voulu...

Désormais Johanne n'est plus en état d'écrire, alors ses proches, notamment Poumama, sa mère le feront à sa place... De lire les messages qu'on lui envoie, alors ses proches les lui lisent.

Et puis le 2 février 2009

Johanne s'en est allée...

Hier soir, 1er février 2009.

Dans la sérénité, sans trop de souffrances mais surtout entourée des siens.

A lire les com's, vous étiez tous là aussi.

Merci de l'avoir aidée.

Les proches de Johanne souhaitent que son blog:

http://leucemiennemie.canalblog.com/archives/2009/02/index.html

ne soit pas fermé de sitôt.

Et ils ont raison car il convient de se rappeler d'elle et de tous ceux et celles qui quittent beaucoup trop tôt ceux qu'ils aiment et qui les aiment...

jeudi 5 février 2009

le bizarre incident

Non ce titre n'a rien à voir avec des événements survenus suite à la publication des deux derniers billets. Il y a juste qu'après un cauchemar je me suis réveillée en ayant quasiment sous les yeux la couverture de ce bizarre livre: "le bizarre incident du chien pendant la nuit".

D'autant plus bizarre que dans ses éditions françaises et anglaises il a eu deux couvertures différentes mais avec un contenu rigoureusement semblable chez l'éditeur pour enfants (pocket jeunesse littérature en France) et chez l'éditeur pour adultes... ce qui est une belle marque de respect pour les uns et les autres.

L'histoire: celle d'un jeune garçon autiste surdoué qui à l'occasion de la mort du chien de son voisin va faire une enquête qui va tout autant concerner la disparition du toutou que celle de sa propre mère (depuis quelques années son père l'élève seul)

Mark Haddon nous donne là une très belle occasion d'essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête d'un jeune autiste (un peu atypique j'en conviens) tout en racontant une très belle histoire d'amour père/fils... où le second refuse de faire le deuil de sa mère...

Et l'histoire lui donne raison... Mais chut! Il faut lire le livre

mercredi 4 février 2009

rester zen (2)

Il y a des jours où il est difficile de le rester comme hier à la lecture d'une dépêche de l'APM* où il était fait mention d'une annonce gouvernementale relative à la création de 4 nouvelles UMD (Unités pour Malades Difficiles) en plus des 5 existantes et de la mise en place d'un plan de sécurisation des établissements psychiatriques, au delà de ce qui avait été fait suite à l'affaire de Pau** qui avait enfin permis la publication et la mise en oeuvre du plan "psychiatrie et santé mentale"

Jeune adulte j'ai travaillé pendant tout un été comme femme de ménage dans un hôpital psychiatrique. Le 1er matin en franchissant le portail qui ne s'ouvrait qu'à certaines heures j'avais pensé: "ça y est, je rentre chez les fous". Très vite j'avais compris qu'en réalité les personnes qui étaient là étaient des malades et qu'on pouvait très vite basculer dans ce qu'on appelle la folie parce que la frontière entre le bien portant et le malade est parfois bien difficile à estimer.

Des années plus tard, j'ai été amenée à m'occuper professionnellement, mais au plan administratif cette fois-ci, pendant cinq années de questions de santé mentale. Et plus que jamais certaines choses ne peuvent que me choquer et notamment celle-ci: tout est fait pour ne voir dans la personne atteinte de maladie mentale que le fou dangereux alors que la réalité est tellement éloignée de cela.

Alors parce qu'il faut rester zen, juste quelques chiffres cités de mémoire:

20% de la population connaîtra dans sa vie un problème de santé mentale: des personnes célèbres comme des artistes (Antonin Artaud, Camille Claudel, Virginia Woolf...) mais aussi des anonymes qui, comme le journaliste Philippe Labro, souffrent pendant des années de dépression

30% des schizophrènes mettent fin à leurs jours: de tous ceux-là on ne parle pas, ni de leur souffrance, ni de celles de leurs proches qui savent que c'est une maladie dont on ne guérit pas... et surtout on ne compare pas les quelques victimes dues à un "accès de folie" au chiffre bien supérieur des victimes de chauffards ivres d'alcool ou de vitesse

80% de l'activité de psychiatrie s'exerce en dehors des murs lorsque les malades rencontrent des soignants dans des lieux aussi diversifiés que des hôpitaux de jour, des centres médico-psychologiques, à leur propre domicile... mais aussi d'autres malades comme eux dans des Groupes d'Entraide Mutuelle (G.E.M.). Et sans que cela ne génère de problème particulier

Mais hélas, la pression médiatique conjuguée à des tendances obsessionnelles sécuritaires liberticides fait qu'on ne veut plus voir dans le malade mental qu'un fou dangereux qu'il faut non seulement cacher mais enfermer... parce qu'on ne sait jamais...

* APM Asociation Presse Médicale
** affaire de Pau: un ancien patient après avoir pénétré par intrusion dans un pavillon de l'hôpital psychiatrique avait égorgé une infirmière et une aide-soignante.

mardi 3 février 2009

rester zen

Dans la vie professionnelle il y a chaque année des étapes incontournables comme en début d'année la fixation des objectifs pour l'année à venir et le bilan de l'année écoulée... avec notamment la production de données statistiques, lesquelles ont le don d'agacer parce que très souvent ce qui est demandé a posteriori, faute d'avoir été pensé et prévu à l'avance, demande de ressortir des dossiers pour répondre à la demande alors qu'il aurait été tellement plus simple...

Mais on essaye de rester zen.

Cette année cela a été très difficile car au sein d'un questionnaire apparemment anodin qui aurait permis de quantifier la répartition hommes/femmes dans certains professions du champ sanitaire et social ... quoique les résultats en sont d'ores et déjà connus: sur-représentation féminine qui diminue quand le niveau du diplôme s'élève... donc dans un questionnaire apparemment anodin LA question qui donne vraiment envie de se fâcher:

il est demandé de quantifier pour une certaine catégorie de professions, le nombre de personnes de nationalité étrangère.

Et là il est très difficile de rester zen.

lundi 2 février 2009

lumière du soir

Ce texte aurait du paraître ce matin... sauf que blogger refusait toute image! Exit donc le billet avec le pont SNCF de la ligne Nantes/Pornic photographié hier soir

En est-il de même lorsque le soir de belles lumières succèdent à une journée hivernale de grisaille et de froidure...

... que lorsque là aussi le soir notre regard aperçoit une araignée allant tranquillement son chemin? "araignée du matin, chagrin; araignée du soir, espoir..."

Il faudrait toujours pouvoir garder intacte la capacité de rêver.