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mercredi 16 octobre 2013

Le goût du café

Allez, on quitte un peu l'Espagne pour se pencher non sur une tasse de thé à la menthe comme on nous en proposerait dans le Maroc tout proche mais une tasse de café, une boisson que je ne prise pas plus que cela mais dont j'adore l'odeur.
Vous savez probablement que le Brésil est le plus gros producteur de café. Mais connaissez-vous le pays qui le suit sur cette voie? Non ce n'est pas ou plus exactement plus la Colombie et cela depuis la fin des années 2000 mais... le Viet-Nam! Et si le café est produit exclusivement par les pays dit du "Sud" il se consomme essentiellement dans les pays dit du "Nord" avec 4 grands importateurs de café: les Etats-Unis, l'Allemagne, la France et... le Japon!
Au fait, savez-vous combien quel poids de cerises il faut pour que vous puissiez apprécier votre petit noir serré* de 10cl? Environ 60gr. 
Comment suis-je arrivée à ce chiffre, enfin ceux qui ont fait le calcul... C'est simple, un caféier produit en moyenne 2,5kgs de cerises par an. Une fois traitées, il ne reste plus que 500grs de café vert qui une fois torréfié donne 400grs de café. Et comme on considère qu'en France un bon café serré comme il faut 9grs de poudre soit au point de départ environ 60 grs de cerises!
Dernières petites choses à savoir si vous voyagez beaucoup en Europe. Tous les cafés ne sont pas torréfiés de la même manière selon que l'on vit au Nord (où on en boit beaucoup) ou au Sud (où on e consomme moins):
- L'Europe du Nord (Finlande, Norvège, Suède) affectionne les cafés " light roast ", très peu torréfiés, clairs et blonds et donnent des cafés légers, doux et acides. 
- Les Allemands, les Autrichiens et les Belges l'apprécient avec les mêmes caractéristiques, mais en y ajoutant une pointe d'amertume. Leur café est légèrement plus torréfié, de couleur ambrée.
- Quant à l'Europe du Sud (France, Espagne, Portugal, Italie, Grèce) qui consomme beaucoup moins de café que celle du Nord, elle l'aime plus torréfié, " medium roast " (France, Italie du Nord) ou " full roast " (Portugal, Espagne, Italie du Sud).
* Les Italiens consomment leur expresso plus serré que nous avec 8grs de café (et non 7grs comme nous) pour 7cl d'eau alors que les américains préfèrent le café "allongé" avec 6grs de café pour... 10cl d'eau.

dimanche 7 octobre 2012

Mauvaise nouvelle pour les buveuses de thé

"buveuses de thé" et pas "buveurs de thé"? Et oui, en France il y a plus de buveuses que de buveurs de thé. Telle était l'un des enseignements de l'étude SU.VI.MAX réalisée dans les années 1990 et qui avait révélé que 15 % des hommes et 27 % des femmes pouvaient être considérés comme des consommateurs assidus de thé (au moins une prise de thé par jour) et que les non-consommateurs de thé s’observaient plus souvent chez les hommes (65 %) que chez les femmes (43 %).
Donc, mauvaise nouvelle chez les buveuses de thé: alors même que la consommation de thé a fortement augmenté en France (14 millions de litres en 2000 et 21 millions en 2005!), les cours du thé se sont emballés cet été! Sur le marché de Mombasa (Kenya) où chaque semaine ont lieu des enchères qui concernent des feuilles originaires du monde entier, son prix a augmenté de 25% depuis le début de l'année. Pourquoi donc?
Petit rappel préalable: 5 pays produisent 75% du thé avec notamment 3 pays dont le nom vient spontanément à l'esprit: la Chine, l'Inde et le Sri Lanka (ex Ceylan). Et deux "outsiders" que, pour une raison ou une autre, j'associais d'abord au café: la Turquie et surtout le Kenya qui serait le 1er exportateur de thé*.
Or, cette année, au Kenya, le climat a été trop sec, les pluies trop rares, sans oublier les gelées... Du coup, la production a baissé de 14%.  Même chose dans deux des autres pays producteurs que sont l'Inde (-11%) et le Sri Lanka (-4%) où la mousson n'a pas été bonne et surtout "mal répartie".
Moralité: une demande en augmentation, une production en baisse... et c'est le prix de la tasse de thé qui augmente. Oui, mais de combien? ça sera mystère et boule de gomme car si le prix du paquet de café est suivi par l'INSEE** (2€98 en août 2011 et 3€07 un an plus tard) il n'en est pas de même pour le thé. 
* Cette donnée mentionnée dans un article du journal "le mode" serait à confirmer car la plupart des autres sources placent ce pays en 4ème position. 
** Chose étonnante découverte à l'occasion de la rédaction de ce billet, pour trouver le prix moyen du café, il faut passer par une traduction d'une publication de l'INSEE qui n'existe qu'en anglais!

jeudi 27 septembre 2012

Qui veut de la crème à la coccinelle ou au poisson?...

Dans le livre en cours ("Journal d'un corps" de Daniel Pennac) l'auteur compare la quantité de produits de toilette et de beauté de sa femme (beaucoup, étalés partout sur le rebord du lavabo et bien au delà...) et le sien (un seul: un carré de savon de Marseille qui lui sert pour tout depuis qu'il est tout petit). Tout bien réfléchi, le contenu de mon armoire de toilette est probablement plus proche de celle du héros que de celle de sa femme car je suis plutôt une adepte du "le moins c'est le mieux". Tel était l'état de mes réflexions en étalant ce matin la protection a minima: une crème de jour... tout en cherchant à identifier l'odeur qui en émanait.
Rien à voir avec le tube précédent, qui contenait de l'huile d'argan tant à la mode mais dégageait une odeur impossible à détecter lors de l'achat (le tube étant soigneusement fermé par un opercule) mais que j'ose qualifier d'assez désagréable. Et oui, à chaque fois que je l'étalais, mes narines captaient une odeur fort proche de celle que laissent derrière elle les coccinelles lorsqu'elles veulent se débarrasser d'un ennemi, fût ce un amateur de "bête à bon dieu".  Heureusement elle se dissipait assez vite, ce qui lui a évité de finir à peine commencée au fond de la poubelle.
Avec l'actuelle crème de jour, rien de tout cela donc, juste une senteur... qui me faisait remonter dans le temps.
Et ce matin: "Euréka j'ai trouvé!". Je me mets sur la figure une crème qui sent comme la pommade adorée des mamans, des "nounous", des crèches et autres haltes-garderies lorsque les "pitchounes": le "Mitosyl"! Bon, il y a plus "glamour" comme parfum (soupir) ... à moins qu'elle ne contienne une substance similaire qui lui donne cette odeur. Qu'est ce que dit la notice du "Mitosyl"déjà? "C'est une pommade protectrice et cicatrisante qui contient de l'oxyde de zinc et de l'huile de foie de poisson riche en vitamine A. Elle est utilisée pour traiter les irritations de la peau, notamment les rougeurs des fesses du nourrisson." 
Ah c'est ça! Bon! Je garde ou je jette? Je garde! Et même que j'en mets un peu sur le dessus des mains qui est un peu sec et devient aussitôt lisse et doux. Et on verra quand le tube sera fini.

samedi 4 juin 2011

Souvenirs d'enfance (3)

Parmi les plus vieux souvenirs d'enfance il y a celui là: je me faufile à 4 pattes sous les branchages d'un groseillier aux fruits rouges avant d'arrêter ma progression face à une toile d'araignée qui me barre le passage et de rebrousser chemin après avoir longuement regardé l'insecte au centre de sa toile.

Est ce ce souvenir qui, des années plus tard, me fera détester ramasser les petits fruits rouges et même les manger crus (trop acides à mon goût, même noyés dans du fromage blanc sucré) mais raffoler du moment où, avec une fourchette, on les égraine avant de les cuire?
Il y avec un côté très ludique dans cette activité que notre mère nous confiait volontiers. C'était à qui, d'un seul coup, arriverait à ôter tous les petits grains colorés, sans en oublier un seul, ni casser le moindre petit bout de rafle qu'il fallait alors chercher parmi les petites boules fuyantes.

Après elles cuisaient une première fois. Ou plus exactement elles éclataient "à sec" avant que ma mère les presse dans un vieux torchon qui était réservé à cet unique usage car ces petits fruits rouges avaient réputation de tacher de manière indélébile les vêtements. Ce n'est qu'alors qu'elle pesait le jus pour ajouter le même poids de sucre avant de faire longuement cuire le tout (le "Gelsuc" n'existait pas alors et elle utilisait rarement du "Vitpris") afin d'obtenir cette jolie gelée translucide dont elle napperait beaucoup plus tard les tartes aux pommes.

Tout bien réfléchi, seules les groseilles étaient pressées dans un linge. Les cassis étaient passées au travers d'un tamis avant d'être cuits. Il en résultait alors une pâte d'un beau rouge sombre qui se rapprochait plus de la confiture que de la gelée.
Il était du plus bel effet sur les tartines du matin, avec juste ce qu'il faut en dessous d'une fine couche de beurre afin d'en atténuer l'acidité. Cette gelée-confiture de cassis convenait aussi fort bien aux pommes cuites au four dont elle remplissait le coeur évidé avant de diffuser lentement son parfum dans la chair devenue tendre.

Je sens que je vais en acheter un pot afin d'utiliser les dernières pommes qui s'ennuient dans le compotier depuis que la saison des fraises et pêches est arrivée...

mercredi 1 juin 2011

Souvenirs d'enfance (2)

Parmi les autres "corvées" d'enfance il y avait aussi ce qui avait trait... au cirage. Une activité qui de nos jours ne se pratique plus guère.

Il y avait d'abord le cirage des chaussures.
En effet, à l'époque, la chaussure de sport, en fait des tennis, qui était en toile, blanche (enfin au début de l'année scolaire parce que ensuite, malgré moult couches de produit blanchissant, il était difficile de récupérer la couleur d'origine une fois que l'on avait fait quelques tours sur les pistes de sport, notamment les jours pluvieux) était réservée au sport!
Les jours sans sport, on portait des chaussures en cuir avec éventuellement une "belle" paire, celle du dimanche qu'on mettait pour la messe, les sorties en famille... Et lesdites paires se devaient d'être bien cirées.
Mais cette "corvée" avait sa récompense. Non, pas la satisfaction d'avoir des chaussures brillantes! Mais celle de pouvoir récupérer à terme la boîte vide. Celle qui correctement lestée permettrait ensuite de jouer des heures à la marelle. Cette activité étant plutôt féminine, est ce pour cela que les chaussures de la gent masculine laissaient souvent à désirer?
J'avais une tendresse toute particulière pour celles de la marque "Kiwi" avec cette drôle de petite bête que la plupart d'entre nous n'avait jamais vu pour de vrai.

Et puis, la mode de la moquette ne faisant que commencer, il y avait aussi le cirage du parquet!... qui était là encore bien souvent une activité féminine.
Et oui, malgré cet accessoire devenu complètement désuet que sont devenus les "patins" en tissu (souvent dépareillés car taillés dans de vieux vêtements)... et qu'en général les enfants détestaient utiliser, le parquet avait besoin d'être ciré. La valeur d'une maîtresse de maison s'appréciait d'ailleurs en partie à l'aulne de son parquet!
Mais là encore, comme pour les chaussures, il y avait une récompense. Une récompense visuelle pour celui qui avait ciré, avec le parquet bien brillant sous le soleil. C'était en général les mères. La récompense des enfants était olfactive. C'était cette inimitable odeur d'encaustique qui vous accueillait en rentrant à la maison... Une odeur de "propre" tout comme l'était celle de la lavande qui imprégnait les armoires. Il semblerait que beaucoup en aient gardé la nostalgie. de cire. J'en veux pour preuve le succès de certaines bougies parfumées.

dimanche 8 mai 2011

Carnets d'Orient - T4 - le centenaire

Ce titre recouvre en réalité deux notions: la célébration, en 1930 des 100 ans de présence française en Algérie mais aussi l'âge d'un homme qui vient d'avoir 100 ans et a connu l'Algérie du temps de Joseph Constant, le peintre des carnets (voir le T1) mais aussi a convaincu Victor et Amélie, les grands-parents du héros de ce volume, Paul, de s'installer en Algérie (voir le T2).

Paul, pour des raisons privées (il apprend dans ce volume qu'il est très probablement le père biologique du jeune Octave, le fils de son frère Casimir et de Noémie dont il se méfiait tant quand il était à l'école primaire) a préféré rester en métropole à la fin de la 1ère guerre mondiale qui a vu tant de fils du Sud
- mourir : les jeunes frères de sa mère, Bachir le fils du Pacha, Octave le frère ainé de Noémie
- ou rester handicapé (Antonio le gardien des cochons ou son propre frère, même si ce dernier le cache).
Mais son journal l'a envoyé couvrir les festivités du centenaire.

Après ses premières retrouvailles en solitaire avec l'Alger de son enfance et de son adolescence, parfumée ainsi qu'il le dit lui même non par les odeurs d'ambre, de jasmin et de rose mais par celles de fritures de beignets de sardine, de gâteaux au miel, de poivre, d'épices... mais aussi de fumier et d'égouts, il va rencontrer un certain nombre de personnes.

Petit à petit l'image va se modifier.
Il rencontre d'abord les notables, si surs d'eux, de leur bon droit et qui se donnent bonne conscience parce qu'ils construisent des hammams pour leurs ouvriers tout en les attachant au bout d'une corde pou les envoyer nettoyer les cuves de vin. Un comportement banal qui voit les occidentaux mépriser tant les petits cireurs de chaussures que les "Indigènes" qui ont fait des études pour devenir instituteurs, médecins. Et l'homme qui semble les défendre ces ouvriers haït les juifs.
Heureusement il va retrouver son ancien ami Jacob devenu non commerçant comme son père mais avocat. Et surtout il va rencontrer le centenaire et enfin Estelle, la fille de son ancienne institutrice.

Que dit-il ce centenaire?
"Ce pays s'est construit comme s'il avait eu une volonté secrète d'en exclure ses propres habitants. Ceux qui sont poussés par la misère se soucient peu de la misère des autres, surtout s'ils sont d'une autre race, d'une autre religion ou s'ils parlent une autre langue. Le centenaire: ces fêtes sont une insulte aux indigènes! On commémore leur défaite, leur humiliation et on a l'arrogance ou l'inconscience de les associer aux cérémonies pour qu'ils célèbrent leur vainqueur. ça tu peux l'écrire dans ton journal fils, ils ne le publieront pas!"

Paul, à tort, ne le croit pas. Du moins, jusqu'au moment où il constate effaré que son article a été complètement été re-écrit. Alors il décide de rester pour écrire la véritable histoire de l'Algérie.
Un peu plus de 20 ans plus tard l'Algérie s'embrasera et contrairement à ce que croyait Casimir, son frère aîné et ses amis les notables, il n'y aura pas de célébrations du bicentenaire de la présence française en Algérie.

mardi 3 mai 2011

le temps des iris (2)

Hier, les iris ont été présentés "en pied", où plus exactement leurs fleurs ont été présentées dans leur totalité.
J'ai en effet renoncé à les photographier "en massif", parce qu'il est difficile de reproduire la sensation que l'on éprouve quand on voir les différents vagues de couleurs qui se succèdent.

Un homme a assez bien représenté ce moment là: Vincent Van Gogh qui est peut-être aux iris ce que Monet fut aux nymphéas. Je ne sais si les espèces qu'il a immortalisées quand il vivait à Arles existaient déjà. Seuls les botanistes pourraient me le dire.
Tel n'était probablement pas le cas car il n'aurait pas pu résister au plaisir d'en peindre les "détails" comme j'en ai photographiés certains.

Voici donc, dans l'ordre de leur présentation, de haut en bas et de gauche à droite: "Bal Masqué", "Good Bye Heart", "???*" , "Vanity", "Etincelle" et"Post Time" ... avec un immense regret, il manque une chose qu'aucun blog ne saura retranscrire: leurs odeurs.
En effet si la capacité olfactive de la poudre d'iris obtenue à partir du broyage des rhizomes est connue de longue date par les parfumeurs, seuls les amateurs de cette fleur savent que chaque variété a son odeur, le plus difficile étant de ne pas se laisser influencer par la couleur de la fleur.

* Lors d'un moment de distraction lors de la visite, j'ai oublié de photographier le petit panneau identificateur de cet iris

dimanche 2 août 2009

Complètement timbré(e)(s)...

C'était hier, dans une galerie commerciale où nous étions allées toutes les deux acheter, elle un livre sur le tourisme dans les "Pays de la Loire" et moi des cartes postales avec des vues de Loire-Atlantique (qu'il devient plus qu'urgent d'envoyer...). Et je lui ai montré les deux dernières séries de timbres achetées dont celle-ci:

OUI ce sont des timbres et ils sentent le cacao.
N'ayant pas encore fouiné sur le net, on s'est retrouvées à tâter, chacune à notre tour, du bout de la langue le blog de timbres pour savoir si la colle avait goût de chocolat.
NON elle n'a pas goût de chocolat mais l'odeur est bien là :-/ Alors pour se consoler on a acheté deux "Florentins" dans une boutique de "l'atelier du chocolat":
http://www.atelierduchocolat.fr/

Et ce matin sur un blog il y avait ceci:

Depuis mai, la Poste française commercialise des timbres à l’odeur de cacao. Cette série de timbres, créée par Pierre-André Cousin, célèbre les 400 ans de l’arrivée du chocolat à Bayonne. Le carnet de 10 timbres aura pour forme une tablette de chocolat, chaque timbre aura un dessin différent (fèves, tasse de chocolat chaud).

La Poste précise dans son communiqué que des microcapsules parfumées ont été incorporées à l’encre. Les timbres dégagent ainsi un parfum de cacao pendant 2 ans.
Nous voilà en présence de la première opération de marketing olfactif destinée au grand public en France. Plus de 2,5 millions d’exemplaires seront mis en vente au prix de 5,60 € soit le même tarif que les timbres traditionnels.

Ce n’est pas le première initiative du genre. La Poste suisse avait déjà réalisé une tablette de chocolat dans son papier en aluminium à l'odeur cacao.

Ce carnet de timbres suisse date de 2001 pour fêter le centenaire du "choco suisse" avec la participation de l'union des fabricants suisses de chocolat. Le timbre était recouvert d'un vernis renfermant des millions de petites bulles au parfum chocolat.

Un petit regret quand même sur la photo le chocolat des timbres suisses est peu appétissant. Bon d'accord la photo doit dater de 2001. Alors autant conclure avec ceci pour lequel j'ai craqué hier.

EXTRA: un mélange parfait entre les amandes/fruits confits/caramel (qui collent aux dents juste ce qu'il faut) et le socle en chocolat noir... Juste la bonne taille en plus: celle qui rassasie sans écoeurer en donnant envie d'en reprendre une autre fois :-)

mercredi 17 juin 2009

une rivière, un livre, des souvenirs

La rivière et le livre: c'est l'Erdre, celle décrite hier par Hervé Bazin dans son assez peu connu "qui j'ose aimer" où la rousse Isa raconte comment, au domaine de La Fouve, elle est devenue, le temps d'un hiver, la maîtresse de son beau-père avant que ce dernier, une fois sa femme décédée, ne s'en retourne d'où il venait, dans son domaine de l'autre côté de la rivière: La Glauquaie, ce pendant masculin du gynécée de La Fouve.
Les souvenirs... Ce sont ceux qui ont afflué lorsque, pour recopier les quelques passages du livre, je me suis penchée sur les pages jaunies de ce vieux livre de poche et en ai humé l'odeur.

Rennes, dans les années 75.
Il y avait encore un hôpital militaire en bas de la place Ste Anne. Est-ce grâce à cela que survivait cette boutique qui avait été autrefois un café avant que les livres n'envahissent tout l'espace?
Il fallait descendre trois marches étroites pour y rentrer tandis que tintait le carillon de la porte vitrée. Alors la grosse Dame derrière sa caisse et l'espèce de teckel/saucisse qui lui tenait lieu de chien levaient le nez: la première du roman photos qu'elle lisait et le second du panier où il dormait quasiment en permanence.
Après, ils se fondaient de nouveau dans le paysage, non le capharnaüm de la boutique où règnait une odeur un peu bizarre qui avait imprégné les livres au point de persister plus de 30 ans plus tard. De visite en visite, elle ne serait que peu modifiée sauf durant les mois d'hivers où un vieux poêle à fuel dissipait, vaille que vaille, l'humidité ambiante.

Capharnaüm, bazar. Comment décrire le lieu?
Il faut imaginer une pièce un peu sombre même en plein été, avec le long des murs de vieilles étagères presque en bois brut où le classement des livres se faisait plus en fonction de la collection (Poche/J'ai lu/Série Noire) que du genre. Il a vite été évident que la culture de la propriétaire s'arrêtait aux pages people des revues qu'elle lisait. Alors , sur les tables, à même le sol, les livres s'empilaient comme au hasard, à croire qu'elle les achetait en lots, voire au kilo...
Si on se mettait dans la peau d'un archéo-explorateur près à affronter la poussière (Indiana Jones n'était pas encore passé par là), et que l'on acceptait de remuer moult ouvrages, on avait certains jours la chance de découvrir quelques pépites qu'elle vendait pour une somme dérisoire.
En fait, il n'y a qu'une zone que je n'ai jamais exploré: celle des revues et des livres qu'elle conservait avec soin près de sa caisse pour éviter que de trop jeunes yeux ne cherchent à en savoir plus que le titre, assez souvent explicite quant à leur contenu. Et au moment de quitter la boutique, dans le recoin où elle avait aménagé sa niche/caisse, le contraste était saisissant entre cette femme boudinée dans ce qui lui tenait lieu de robe et les pulpeuses créatures de papier qui l'entouraient...

jeudi 9 avril 2009

Odeurs d'enfance

Alber Elbaz, est un créateur de mode israelo-americain qui après avoir travaillé pour les maisons Guy Laroche et Saint Laurent a repris depuis 2001 la direction artistique de Lanvin.

En février 2008 il a été interviewé par la revue "l'Express"
A la question:
"Quelles images gardez-vous de votre enfance?"

Il répondait:
" Pour moi, l'enfance est davantage une affaire d'odeurs que de couleurs. Vous savez, je viens de perdre ma mère et la seule chose que je garde d'elle près de moi, c'est son foulard. Le dernier foulard qu'elle a porté. Pour avoir son parfum. Je l'ai mis dans un sachet et parfois, je l'ouvre et je respire. C'est la seule chose que j'ai voulue. En fait, je pense que les souvenirs du passé sont contenues dans les odeurs. Le présent, je ne sais pas pourquoi, correspond pour moi plutôt à des sons. Et le futur, c'est définitivement les couleurs."

Quand nous pensons à ceux qui nous ont quitté, que gardons nous finalement comme "images" d'eux? Une silhouette, un visage, une mimique, une odeur, une voix...

mardi 17 février 2009

clin d'oeil...

... après certains commentaires échangés avec Arlette et Michel G. au moment du second billet consacré à Asaki. Il arrive un moment où il faut changer dans sa tête et son "apparence" extérieure. Cela peut prendre différentes "formes" comme par exemple remplacer mangue verte, lotus et sycomore










par bergamote, jasmin et vanille. Avec une petite question en bonus pour les cinéphiles ayant fait le lien avec la vie d'une certaine actrice... "à ce moment-là aussi?" Là pour avoir la réponse il faut oser...

De plus en plus hermétique comme billet n'est-ce pas? Certes. Mais n'est ce pas le propre des chats? Et sait-on d'ailleurs un jour ce qu'ils pensent réellement?

lundi 16 février 2009

les coulées vertes de Nantes (1)

Belle journée hier alors j'ai voulu retourner sur une des coulées vertes de Nantes qui permettent en plein coeur de la ville de s'éloigner du bruit et, au milieu d'un décor rempli de verdure, entendre le bruit de l'eau, celui de la rivière Chézine qui deviendra ensuite souterraine pour se jeter dans la Loire, et le chant des oiseaux.
Très mauvaise idée! Déjà le gardien à l'entrée n'a pas l'air aimable.

Moins d'un an s'est écoulé depuis la dernière visite. Que de changements!
Il ne reste rien du côté sauvage qui faisait le charme de la balade car non seulement "ils" ont fauché les "mauvaises" herbes (les enfants en se bousculant lors des jeux ne risqueront plus de se piquer avec les orties) et déboisé, mais il y a désormais une large allée recouverte d'un sol bien dur, quasiment une autoroute à touristes du dimanche, à pied, en poussette, en vélo.

Il reste certes de loin en loin le bruit de l'eau, et pendant quelques mètres son odeur fraîche (mais pour combien de temps) et le chant des oiseaux. Mais le reste...
Le déboisement a eu cependant quelques avantages: il permet de repérer des détails qui n'avaient pas été remarqués jusqu'alors comme cet escalier ou cette balançoire tout au fond d'un jardin.

Mais l'un et l'autre apparaissent encore plus sinistres car il est évident que plus personne n'a utilisé l'escalier depuis des années et qu'il y a déjà un certain temps que les cris de joie des enfants ne résonnent plus dans le jardin.

Plus loin, cet autre escalier qu'on empruntait pour remonter vers la lumière car les arbres formaient au dessus de lui une voûte sombre a perdu tout son charme, toute sa poésie, tout comme l'ancien étroit chemin qui à sa droite serpentait au plus près de la rivière.Il ne reste rien du fouillis végétal un peu mystérieux où il faisait bon s'engager et se perdre, juste quelques minutes. Tout est dégagé, net, sécurisé.
"Nous n'irons plus au bois les lauriers sont coupés..."

La poésie, il faut désormais bien la chercher. Par exemple dans les herbes folles oubliées et le reflet fugace du soleil dans l'eau.

Arrivée au terme de cette promenade, le jardin d'enfants, autrefois protégé par une grille derrière laquelle poussaient profusion de plantes, est désormais entouré d'un assez bas grillage et de quelques petits buissons. Exposé à tous vents et à tous les regards.
En mai ou juin 2006, après avoir respiré l'odeur des tilleuls en fleur, j'avais ôté avec plaisir mes sandales pour glisser mes pieds nus dans l'eau fraîche du bassin... Temps lointain où les incertitudes d'alors se mêlaient d'espoirs... Que tout cela est loin...

La poésie ressurgira un peu plus loin, tout à la fin, du côté du parc de Procé, avec le ballet des mouettes rieuses dont certaines avaient encore leur capuchon noir de l'hiver et qui virevoltaient dans le ciel clair.

Plus tard je voudrai être une mouette pour jouer avec le vent.

mercredi 11 février 2009

Asaki (2)...

Ce n'est qu'après son départ que j'ai su quel était son objectif professionnel initial en venant en France... mais auquel il semble qu'elle ait désormais renoncé. Un souhait rare, car même dans notre pays, la quasi totalité des jeunes... et des moins jeunes, ignorent que ce mot renvoie à autre chose qu'à cet appendice plus ou moins voyant au milieu du visage: "être un nez" dans la parfumerie.
Alors pour elle, ce texte beaucoup moins beau que celui de Charles Baudelaire:
http://www.espace-poemes.com/poetes-francais/charles-baudelaire/le-parfum.html
mais plus personnel car écrit pour une jeune femme qui était elle aussi très sensible aux odeurs, aux parfums au point de garder de sa petite enfance plus de souvenirs olfactifs que visuels.

Le parfum et le rêve

Pour E.K.

Quelques gouttes de parfum pour oublier

La journée si longue

Portée par la cohue

Prisonnière des embouteillages

Ecrasée sous le poids des visages accablés

On n'aperçoit plus l'oiseau perdu dans le dédale de béton

Des perles d'or glissent du flacon

Au rythme des senteurs

Le cœur cesse de tambouriner aux tempes

Lentement la respiration s'espace

La nuque s'assouplit

Habillée de ce voile magique

Le corps retrouve sa dimension parfaite

Quand l'atmosphère crée par les herbes fraîches

Le jasmin ou la bergamote

Se fait moins envoûtante

Là où la peau est douce

Tiède et secrète

Il reste pour les initiés

La signature d'une personnalité

L'essence d'une présence

Février, juillet 1981

mercredi 14 janvier 2009

Pluies

Pour Gene, à qui le froid pèse tant sur les bords du Léman qu'elle rêve de pluies

Pluie nocturne

Dehors le vent souffle et les arbres gémissent

Cliquetis de la pluie sur le toit

Martèlement de l'eau sur la table de jardin

Bien au chaud dans le lit

Pluie nocturne, mémoire de toutes les pluies

Pluie d'automne

Lumière chancelante

Pluies hésitantes, de plus en plus violentes

Les feuilles pleuvent elles aussi, goutte à goutte

Comme le temps s’enfuit

Pluie d’hiver

Ciel bas et gris

Infinie tristesse des jours

Pluie fine qui noie tout le paysage

Pluie qui dure et qui n’en finit pas

Et cette humidité qui s’insinue partout

Sous la carapace des vêtements, les tréfonds de l’âme

Pluie de printemps

Le ciel n'est jamais complètement gris

Il y a toujours un petit recoin bleu

Les gouttelettes d'eau scintillent au moindre rayon de soleil

Les nuages s’effilochent

Un arc-en-ciel

Pluie et soleil

Pluie d’été

Pieds nus dans l’allée et tiédeur des dalles en ardoise

Absence de vent, chaleur étouffante, sensation d’oppression

Un éclair déchire le ciel

Les premières gouttes s'écrasent lourdement sur le sol

Et puis ce ruissellement tiède sur la peau

Et cette odeur fraîche qui émane de la terre

mardi 2 décembre 2008

... sur les chemins de Bretagne (4)

Après la pointe de Pen Hir, ce sera Châteaulin où je passerai la nuit, sans, trop fatiguée, prendre même le temps de traverser la route devant l'hôtel pour marcher un peu le long du canal de Nantes à Brest et juger de par moi-même s'il est aussi joli que le canal du Midi.
Nuit trop courte que cette nuit-là car en prenant RV pour faire le lendemain matin le tour des 7 îles , j'avais juste oublié un léger détail: la distance entre Châteaulin et Perros-Guirec. Soit un trajet qui sera donc fait en grande partie de nuit, sous ce crachin typiquement breton, et qui ne donnera qu'une envie celle de revenir car la route et le paysage, celui du parc régional d'Armorique, sont fort beaux ... Et finalement un trajet matinal aura été accompli en vain car la compagnie maritime, pour cause de houle trop forte, aura annulé le tour du matin pour le reporter à l'après-midi... Voici donc comment le tour des 7 îles est devenu une balade le long de la côte de granit rose.
Que dire d'une telle promenade?
Il faudrait raconter la mer, la mer sans cesse recommencée, la mer tourbillonante près des rochers, les vagues qui s'élancent et se brisent avec fracas avant de retomber dans des éclaboussures d'écume....

Et puis il faudrait décrire l'harmonie des couleurs: toutes les nuances de gris des nuages (il faut avoir l'âme bretonne pour les apprécier), toutes les nuances de rose pour la pierre de granit qui sait parfois prendre des tons délicats et des formes très particulières, toutes les nuances de bleu/vert, celui de la mer... et de loin en loin la tache ensoleillée d'une touffe de genêt.
Il faudrait ne pas oublier le vent qui ramène vers soi l'odeur de la mer, du grand large, des algues, du sable mouillé et des coquillages par milliers. Mais il bouscule, mais il malmène le vent tout en donnant furieusement envie d'être comme ces oiseux là qui jouent avec lui.










Alors dans un crique s'arrêter quelques instants: fermer les yeux et, même si on a les bouts des doigts et les oreilles glacés, se sentir bien.

Plus tard, beaucoup plus tard, une fois le phare dépassé, se laisser convaincre par un diable de pierre qui cessera pour l'occasion de décrocher les nuages. Oui, se laisser convaincre de finir le trajet en voiture et non à pied pour avoir le temps d'aller à Ploumanac'h même saluer St Guirec.
Sur la plage de sable fin, ce dernier est, la marée haute venue, à l'abri des jeunes filles qui, génération après génération, cherchent à planter une aiguille dans son nez afin d'être assurées de se marier avant la fin de l'année.
Il est des traditions qui durent pour le plus grand plaisir des conteuses...