mardi 15 juillet 2008

... un mois...

Un mois qu'elle nous a quittés.
Le 6 juillet dernier, j'avais trouvé cette photo et ce texte sur le site tenu par un autre internaute.
http://michelgonnet.over-blog.com/
Je ne pense pas qu'il m'en voudra de les lui "emprunter" ...parce que même si certains moments lui furent très difficiles les derniers jours, et comment aurait-il pu en être autrement, il y a eu ce samedi là ce rayon de soleil qu'elle attendait avant de s'autoriser à nous quitter et refermer le lendemain définitivement ses paupières.
Heureux sommes-nous Qui chantons la lumière
En nous réjouissant
De la venue apaisante
De l'Ombre familière
Marchant sans crainte
D'horizon en l'horizon
Vers celui qui viendra
Clore nos paupières

lundi 14 juillet 2008

Destins de Femmes (3) Gene Tierney

Les jeunes femmes d'hier m'incitent aujourd'hui à parler de "Laura" et de Gene Tierney.
Cette Laura là n'a rien a voir avec un chanteur français. Elle renvoie par contre les amateurs de jazz un thème musical que l'on entend régulièrement durant le film du même nom... Durant ce film en noir et blanc qui appartient à l'époque des films noirs américains, http://www.cineclubdecaen.com/analyse/policier/policiernoirfilms.htm un policier est chargé de l'enquête sur le meurtre d'une jeune femme trouvée morte, défigurée, dans un appartement où trône en bonne place un portrait d'elle. De savoir qu'elle est morte, et que de toute façon ce n'était pas une femme pour lui, ne l'a pas empêché de tomber amoureux d'elle avant de s'endormir dans un fauteuil. Et voilà qu'elle surgit bien vivante devant lui. On devine aisément son trouble, tout comme quelques années plus tard le sera James Steewart, dans "Vertigo", devant la "réincarnation" d'une femme qu'il croit morte de par sa faute.

Qui n'a pas un jour rêvé de pouvoir (re)vivre auprès de quelqu'un auquel il tient passionnément?

Mais c'est de Gene Tierney, actrice un peu oubliée que j'avais envie de parler. Pas vraiment de sa biographie pour laquelle le Net, fournit, assez d'informations quant à sa biographie et filmographie. Ainsi: : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gene_Tierney Non, j'avais envie de parler d'un autre film d'elle, plus dans la veine fantastique/poétique: "l'aventure de Mrs Muir" Encore plus que dans le précédent film nous sommes entre rêve et réalité. Mrs Muir s'est elle révélée (et libérée de ce qu'attendait d'elle sa famille: qu'elle soit une veuve irréprochable se consacrant exclusivement à l'éducation de son enfant) en imaginant un roman sur les aventures mouvementées du capitaine dont elle a acheté la maison (et dont les gens des environs disent qu'il hante celle-ci)? Ou bien ce fantôme existe-t-il vraiment pour elle seule et c'est lui , vieux misanthrope devenu amoureux d'une belle jeune femme, qui la séduit, notamment en lui racontant ce que fût sa vie qu'elle rédige jour après jour avant que l'ouvrage ne soit publié? L'histoire semble trop belle pour être vrai alors nous finissons par croire tout comme ceux qu'elle croise et finalement elle-même que tout cela n'a été que le fruit de son imagination... Ce n'est que des années plus tard, après que son capitaine ne lui ait plus rendu visite depuis fort longtemps suite à une fâcherie, que le doute revient. Devenue bien âgée, elle parle un soir avec sa petite fille devenue adulte qui lui confie que enfant elle avait eu du mal à accepter de vivre dans cette maison jusqu'au moment où elle avait eu la visite d'un capitaine. Et le soir même, lorsque Mrs Muir s'endort, à jamais, juste avant, redevenue jeune, elle voir revenir vers elle son capitaine qui l'emmène avec lui.
Et le rêve devint réalité...
Post-scriptum
Pour ceux et celles qui voudraient mieux connaître et l'actrice et surtout le film « l'aventure de Madame Muir », le n° 237 du 1er décembre 1979 de « l'avant-scène cinéma » est consacré à l'une et l'autre. Si j'en crois les informations trouvées sur http://www.cine-memento.fr/avant-scene-cinema-e-398.html la revue existe toujours, mais le n° ci-dessus mentionné est-il encore disponible au catalogue?

dimanche 13 juillet 2008

Destins de Femmes (2) Les Femmes du Fayoum

Il m'est vite apparu hier comme une évidence que dans le prochain message que je rédigerais il me faudrait parler d'elles, ces Femmes du Fayoum.
Elles sont belles n'est ce pas ces jeunes femmes? Etrangement modernes dans leur apparence. On pourrait même penser pouvoir un jour les croiser au coin de la rue.
Celle de gauche présente même une certaine ressemblance avec Frida Kahlo, cette artiste peintre mexicaine du XXème siècle.
Et pourtant...
Désolée mais ce qui suit n'apprendra rien à celles et ceux qui connaissent les portraits dits "du Fayoum"
Et pourtant donc, ces jeunes femmes sont mortes depuis fort longtemps car leur portrait a été réalisé entre le 1er et le IVème siècle dans la région du Fayoum. Enfouies pendant des années sous le sable égyptien, elles n'ont revu la lumière du jour qu'à la fin XIXème ou au début du XXème siècle.
En ce qui me concerne, je les "rencontrées" à l'occasion d'un superbe documentaire qui passait sur Arte, à un horaire hélas pas toujours très pratique pour la jeune mère de famille que j'étais alors.
Il appartenait à cette série d'émissions présentées par Alain Jaubert: "Palettes"
qui permettait de rendre lisibles des oeuvres pas toujours facilement accessibles et faire connaître des techniques picturales peu connues à la néophyte que j'étais (et suis toujours d'ailleurs... un peu cependant grâce à lui).
Certaines de ces émissions ont été éditées en D.V.D. Je ne sais ce qu'il en est de celle-ci qui était centrée sur cette jeune femme dite "l'Européenne" (ma préférée) qui appartient aux collections du Louvre. Alors ce qui suit sera cité de mémoire.
La plupart des portaits ont été réalisés sur du bois, souvent précieux, teinté avec de la cire d'abeille à laquelle avait été incorporée des pigments d'origine minérale, ce qui explique la relativement bonne qualité de conservation des portraits.
Des portraits qui avaient un usage bien particulier d'ailleurs puisqu'on les a retrouvés à l'emplacement du visage de momies embaumées.
Mais le plus étonnant reste à venir. Ces portraits étaient en général réalisés du vivant de leur modèle (ce qui pourrait expliquer en partie pourquoi la quasi totalité, voire la totalité d'entre eux représentent des sujets jeunes). De plus, une fois la personne décédée, la momie restait dans une des pièces de la maison, un peu comme cela se passe au Japon où l'on trouve parfois un autel des morts avec une représentation de la personne décédée ou au moins une tablette funéraire à son nom et devant laquelle viennent se recueillir les membres de la famille.

samedi 12 juillet 2008

... et se perdre un jour

Il y a ceux que la vie sépare très tôt l'un de l'autre. Et quand les conditions de la "séparation" laissent planer un doute, fût-il minime, il est encore plus difficile d'entamer le difficile "travail de deuil". Consuello en a fait l'expérience, elle qui pendant des années écrivit une lettre le dimanche à son "Tonio" disparu le 31 juillet 1944: Antoine de Saint-Exupéry dont on ne retrouvera qu'en 1998 la gourmette en argent avant que le restes de son avion ne remontent à l'air libre en 2003... Bien après donc que la "Rose" ait rejoint l'auteur du "Petit Prince"
Et pour ceux qui vivent, jour après jour, année après année, l'un près de l'autre, un homme a bien décrit la souffrance de cette fin de vie: Jacques Brel dans sa chanson "les vieux" "...Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer..."
Certains ne l'acceptent pas. Ainsi le philosophe André Gorz. En septembre 2006 il avait fait paraître "Lettres à D. Histoire d’un amour " au sein duquel il écrivait ceci:
"...Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment, je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi un vide débordant que ne comble que ton corps serré contre le mien ..."
Il concluait son livre, non sa lettre à D. par:
«... Nous aimerions chacun ne pas survivre à la mort de l’autre. Nous nous sommes dit que si, par impossible, nous ­avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble.»
Il savait alors depuis de nombreuses années que sa femme était atteinte d'une très douloureuse maladie incurable contractée suite à une intervention médicale.
Alors un an après la publication de son ultime livre il a décidé que Dorine et lui partiraient ensemble.
Pour moi ils resteront à jamais jeunes, dans cette posture décrite par Antoine de Saint-Exupéry: "Aimer ce n'est pas se regardre l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans une même direction"

vendredi 11 juillet 2008

Vieillir ensemble...

Il est des couples qui durent, qui défient le temps. Le lien qui les unit est-il le même durant toutes ces années qui passent? Qu'mporte après tout!

Un chanteur a bien décrit ce que pourrait être vieillir, pour soi-même et à deux: Jean-Marie Vivier : http://jeanmarievivier.free.fr/ Vieillir

Vieillir c'est garder sa jeunesse comme un beau souvenir C'est s'habituer à vivre un peu au ralenti Réapprendre son corps pour pouvoir s'interdire Ce que la veille encore on se savait permis Se dire à chaque fois lorsque l'aube se lève Que quoi que l'on y fasse on est plus vieux d'un jour A chaque cheveux gris se séparer d'un rêve Et lui dire tout bas un adieu sans retour Vieillir c'est se résigner à rester sur le rivage Espérer pour ses fils un avenir heureux C'est vivre dans son coin sans devenir sauvage Se laisser ignorer tout en restant près d'eux Et c'est pouvoir enfin apprivoiser l'amour Faire une symphonie aux accords de sagesse C'est aimer une femme pouvoir lui faire la cour Pour d'autres raisons que la plastique de ses fesses Vieillir ce n'est plus faire l'amour mais c'est faire la tendresse Ce n'est plus dire encore c'est murmurer toujours C'est sentir dans sa main une main qu'on caresse Et trembler à l'idée qu'elle vous quittera un jour Vivre dans un jardin où l'on peut s'attendrir Se prendre par le cœur et lui dire je t'aime Avouer qu'on l'a trompée mais osera-t-on lui dire Quand on sait maintenant qu'on s'est trompé soi-même Vieillir c'est s'inquiéter soudain du salut de son âme Entrer dans une église sans bien savoir pourquoi De tous les Saints Patrons devenir polygame Et avoir des frissons en regardant la croix C'est ignorer la fin d'un sketch qu'on a écrit Vouloir rejouer encore devant ses spectateurs En cherchant une réplique ou bien un mot d'esprit Tout en sachant très bien qu'on en n'est pas l'auteur Vieillir c'est s'en aller un jour sans jamais faire de vagues En une heure, un endroit qu'on ne choisira pas Sentir un soir quelqu'un qui souffle votre flamme Disparaître doucement parce que c'est comme ça Vieillir... Vieillir...

jeudi 10 juillet 2008

Vieillir ...au féminin

Aujourd'hui, des actrices pour illustrer le temps qui passe au féminin et une autre chanson de Anne Sylvestre: Marie Géographie (aussi intitulée le droit de vieillir) On a tant navigué sur tes canaux On a fait tant de vagues sur ta peau On a tant labouré ton ventre On a tant escaladé tes sommets Tant exploré ton monde au plus secret Reposé le long de tes pentes Avec espoir ou épouvante Que se défait le paysage Que se décale ton image Qu'on te qu'on voudrait que tu te voies Déjà moins belle qu'autrefois. Mais pourtant que tu es belle, Marie, Marie-Géographie, Belle comme un pays Comme un pays meurtri
Sinuant bleues tout comme fleuves
Comme rivières et ruisseaux Tes veines marquent sous la peau Gonflant sous des tendresses neuves Ne nous cache plus tes méandres Ils sont emplis de notre sang Ils nous ont tous rendus vivants S'ils t'ont laissée un peu plus tendre C'est alors que tu es belle, Marie, Marie-Géographie, Belle comme un pays Comme un pays meurtri Si au plus doux de tes collines, Se produisent hier ou demain Quelques glissements de terrain Tu n'en dois pas être chagrine Ne regrette rien pour la source Où tous ensemble nous buvions Même si quelques alluvions Sont venus la rendre plus douce C'est alors que tu es belle, Marie...
S'il a neigé même en automne
Dans la forêt de tes cheveux
Si tes rameaux sont moins
Si toute couleur t'abandonne, Ne cherche plus les artifices Si tu renonces à flamboyer Tu es si douce à regarder Beau cygne sur l'étang tu glisses C'est alors que tu es belle, Marie... N'écoute pas ceux qui racontent Que tu as perdu ta beauté
Tu n'en finis pas d'exister
Fleuve, tu vois tes eaux qui montent
Tu t'es multipliée sans guerre
Et c'est si beau pour un pays
De croître sans avoir failli
D'ignorer même les frontières
Moi je dis que tu es belle, Marie,
Marie-Géographie,
Belle comme un pays
Comme un pays meurtri
Oui tu es belle, Marie,
Marie-Géographie,
Qui n'as jamais fini
De nous donner la vie.

mercredi 9 juillet 2008

Vieillir... au masculin

Le "milieu de la vie" qui concluait la page d'hier m'a fait me souvenir de deux jolies chansons d'Anne Sylvestre abordant avec respect et beaucoup de tendresse le thème du vieillissement.
A noter que, lorsque pour illustrer cette page j'ai fait des recherches sur le net afin de trouver des photos de personnes dites "de tous les jours" d'un certain âge, ma quête a quasiment été vaine, sauf à me retrouver à utiliser des images illustrant des pages publicitaires pour un quelconque anti-rides ou une certaine petite pilule bleue... Aux antipodes donc de ma démarche.
Alors je me suis orientée vers les sites avec des photos d'acteurs et d'actrices français nés avant 1935.
Aujourd'hui, étant une femme je ferai d'abord honneur aux hommes.
Que vous êtes beaux
Que vous êtes beaux, vous n'aimez pas qu'on vous le dise, Que vous êtes beaux quand les années vous fragilisent, Et que vous prenez de haut, disant que ce ne sont des bêtises Tous ces tendres mots, croyez pas qu'ils vous minimisent Ne soyez pas sots!
Que vous êtes beaux quand il vous tombe un peu de neige Que vous êtes beaux quand vous vous sentez pris au piège Et que votre front haut n'a plutôt rien qui le protège Qui a dit qu'il faut conserver tous ces privilèges? Ne pleurez pas trop!
Que vous êtes beaux quand il vous vient des places tendres Que vous êtes beaux quand vous prenez quelques méandres Et que sur votre peau, on peut enfin sans se méprendre Suivre les canaux, dessiner la carte du tendre Plus incognito
Que vous êtes beaux quand vous prenez de la charpente Que vous êtes beaux quand vous améliorez la pente Et qu'on ne sait pas trop si ce confort qui nous enchante On l'eût aimé un peu plus tôt, il se pourrait bien que l'on se sente Un peu plus au chaud
Que vous êtes beaux quand l'arrogance un peu vous passe Que vous êtes beaux quand vous ressentez la menace Et qu'alors il vous faut malgré tout ce qui vous tracasse Sans courber le dos, enfin vous regarder en face Mais pianissimo
Que vous êtes beaux quand votre enfance s'éternise Que vous êtes beaux mais je sais qu'il n'est pas de mise De dire ces mots qui vous font peur et qui vous grisent N'attendez pas trop, permettez que l'on vous dise Que vous êtes beaux

mardi 8 juillet 2008

Les escaliers

En faisant récemment du rangement je suis tombée sur une petite carte postale d'une gouche qui m'a pas été sans me rappeler une photo prise il y a deux ans de cela le long de la promenade qui longe la Chézine à Nantes.
Et j'ai pris conscience que si certains aiment photographier les ponts, j'ai souvent pris les escaliers comme thème, que ce soit à Nantes...
...ou dans d'autres lieux où je me suis arrêtée.
Et, tout bien réfléchi, ce n'est pas forcément surprenant de la part de quelqu'un qui aura bientôt un demi siècle d'existence, ce cap que certains professionnels appellent le "milieu de la vie"...

lundi 7 juillet 2008

Pause ...(5) Clotilde et Melancholia

Au départ il y a eu ce poème de Guillaume Apollinaire
Clotilde
L'anémone et l'ancolie
Ont poussé dans le jardin
Où dort la mélancolie
Entre l'amour et le dédain
Il y vient aussi nos ombres
Que la nuit dissipera
Le soleil qui les rend sombres
Avec elles disparaîtra
Les déïtés des eaux vives
Laissent couler leurs cheveux
Passe il faut que tu poursuives
Cette belle ombre que tu veux
Et puis sur un blog, http://les.fleurs.free.fr/FLEURSSYMBOLESAD/index-03.php j'ai trouvé ces commentaires par rapport aux deux fleurs citées dans le permier vers:
Anémone: Sa courte floraison a inspiré aux Grecs de l'Antiquité, comme plus tard aux Anglais du 19ème siècle, le sentiment de l'éphémère. Ils y voyaient aussi l'expression de l'attente, de l'espérance, parfois de la déception et de l'abandon.
Ancolie: à l'époque victorienne, l'ancolie symbolise l'extravagance. Elle est aussi liée au caprice ainsi qu'à une grande sensibilité, parfois aussi l'anxiété.
Comment alors ne pas encore plus penser à cette gravure de Dürer appelée "Melancholia"

dimanche 6 juillet 2008

Pause ...(4) {the} hours

Après avoir vu le film, honte à moi, non pas à sa sortie mais sur DVD, j'ai lu sur le net un certain nombre de commentaires sur la vie de Virginia Woolf et sur ce film. Il y a donc un certain nombre de choses dont je ne parlerai volontairement pas pour ne retenir que quatre « impressions »: autour du montage, de la musique du film et de deux des personnages.
La qualité du montage Au delà de l'espace et du temps, on saisit sans peine l'écoulement du temps qui passe, tout en relevant ce qu'il a de commun dans l'état d'esprit des personnages. Ces femmes qui sont saisies à des moments a priori anodins comme leur toilette, en réalité beaucoup de choses sont dites rien que dans la manière dont elles se regardent dans le miroir. Je pense notamment à Nicole Kidman et Meryl Streep. Pour cette dernière, il n'a pas du être facile d'accepter d'être filmée sans apparemment de maquillage, au point de paraître psychologiquement nue, avec toute cette lassitude, cette désespérance qui sourdent. Et puis il y a cette manière incomparable de, par le grâce d'un détail qui peut être un simple bouquet de fleurs, non seulement permet de passer d'une époque à une autre (sans qu'à aucun moment on ne perde le fil de l'histoire) mais d'expliciter la scène précédente, même si celle-ci s'est déroulée des années auparavant.
La musique J'avais acheté la musique du film avant même de l'avoir vu parce que je possédais déjà deux disques de Philip Glass: « Uatki – agua da amazona », suite de morceaux que l'on pourrait apparenter à de la musique répétitive et « concerto pour violon » qui, lui, est d'inspiration nettement plus classique.
Dans « {the] hours » quelques morceaux me plaisent tout particulièrement: « I'm going to make a cake » avec ces accords de piano plaqués puis repris pour être développés, encore et encore, crescendo . « Why does someone have to die? » où, là aussi, le thème, d'une immense tristesse, s'installe avant de finir par éclater sans qu'on puisse rien faire pour le retenir, un peu à l'image de Meryl Streep qui pressent que Richard va très mal, devine que quelque chose d'irrémédiable va se produire, pourra-t-elle l'empêcher... " Escape » dont la musique colle si bien au film que lorsque je la ré-écoute je revoie les scènes, notamment lors de la « fuite » de Laura Brown le long des rues de Los Angelès.
Les personnages Je suis désolée pour Mesdames Kidman et Streep mais ce sont les personnages de Laura Brown et de Richard qui m'ont le plus impressionnée.C'est rare au cinéma que l'on ose montrer chez une femme enceinte une pulsion de mort aussi vive alors que généralement que beaucoup s'accordent pour dire qu'à ce moment là les femmes sont toujours radieuses, rayonnantes. Je garde le souvenir de l'immense ambiguïté de son geste lorsqu'elle caresse son ventre arrondi, geste tendre mais aussi peut-être d'adieu. Et il y a la rencontre finale entre Meryl Streep et Julianne Moore. La performance de cette dernière est impressionnante car elle a du, avec plus de plus de 40 ans d'avance, accepter d'affronter l'image qui sera probablement plus tard la sienne.
Et puis il y a Richard... Le regard si beau et si bouleversant de Richard enfant, qui, bien plus que son père, a compris que sa mère allait mal. Richard qui refuse qu'elle parte parce qu'il a vraiment peur de ne plus jamais la revoir, qui donne le change à la voisine laquelle pense en le voyant jouer qu'il ne s'agissait que d'un caprice d'enfant et qu'il a déjà tout oublié. Son soulagement quand sa mère revient, sauf qu'il ne sait pas qu'elle a déjà décidé certes de ne plus mourir mais d'abandonner sa famille après la naissance de l'enfant qu'elle porte. Et Richard adulte, tellement changé, tellement marqué, aussi délabré physiquement que son logement. Pas facile de jouer un tel rôle, si peu glamour en comparaison avec les images de l'enfant qu'il a été. Et surtout sans sur-jouer. La scène où il essuie une larme qui glisse le long de sa joue décharnée, mal rasée... est très belle, malheureusement très belle.

samedi 5 juillet 2008

Pause ... (3) Les Voiles de la Liberté

Mercredi dernier, par la grâce d'une image et de quelques mots d'un poème figurant sur le site http://michelgonnet.over-blog.com/ je me suis souvenue de la première manifestation des "Voiles de la Liberté" en juillet 1989.
C'était à Rouen où je vivais alors mais je n'ai guère pu profiter hélas de cette manifestation car une peu trop enceinte pour fréquenter en toute sécurité les pavés de quais bondés des bords de la Seine.
Mais heureusement il y a eu le livre qui est resté quelque part dans la maison familiale et dont j'avais scané une photo, celle de Lionel VERET, placée à l'envers selon le souhait de son auteur.
Jolie photo et belle trouvaille...
Depuis de nombreuses années ont passé...
Pour des raisons professionnelles, je ne suis même pas certaine d'avoir le courage d'accomplir cette année la route jusqu'à Rouen où se tiendront du 5 au 14 juillet "les voiles de la Liberté 2008" désormais rebaptisées "Armada" http://www.armada.org/ ni même à même Brest
http://www.brest2008.fr/fr/20-l-edition-2008 pour retrouver certains de ces bateaux du 11 au 17 juillet cette fois-ci...
Pourtant que certains peuvent être beaux... par exemple le voilier mexicain Cuauhtemoc...
Et que les autres trois ou quatre mâts ou plus petits voiliers anciens portant d'autres pavillons, me pardonnent de ne pas les citer...

vendredi 4 juillet 2008

Pause ... (2) Les heures

Ce que je trouve fascinant avec la photographie, mais aussi rageant, c'est de m'apercevoir à quel point combien la lumière peut être changeante , parfois même en quelques minutes et que alors d'un même paysage des lectures différentes peuvent être faites selon l'harmonie chromatique qui s'en dégage.
Claude Monet en son temps s'y était exercé avec des meules de foin et surtout la cathédrale de Rouen .
Je ne suis pas peintre, ni même photographe, mais l'an dernier pendant quelques jours, je n'ai pu m'empêcher de me lancer dans cet exercice avec des vues de la Loire telle que je la voyais alors de ma fenêtre. Depuis lors j'ai déménagé, je me suis très légèrement éloignée de ce grand fleuve, mais je le vois toujours de mes fenêtres.
Heureusement les images qui suivent sont restées...
.
La Loire selon les heures...
... à chacun sa préférence...
D'autres heures "anglo-saxonnes" celles-là, ont accompagné le destin de trois femmes et d'un homme, tous les quatre réunis par la magie d'un film autour d'un même livre.

jeudi 3 juillet 2008

Hésitation (suite)

Alors cette photo...

...aube ou crépuscule?

Pour Marwan, le nouveau Nantais, la réponse était "photo vespérale"... comme quoi certaines lumières peuvent être trompeuses...

Et pour Pierre l'Orléanais je signale qu'il faut se méfier à Nantes de l'effet des marées qui se ressent jusqu'à Ancenis. La Loire coule bien d'est en ouest ... mais à certaines heures elle donne l'impression de vouloir faire comme le suggérait Serge Reggiani, aller à rebours. Pour être un peu plus précise, la photo a été prise... un matin de fin septembre 2007 alors que courageusement je me rendais à pied à mon travail (depuis, honte à moi, j'ai recommencé à contribuer au réchauffement de la planète) en suivant la promenade aménagée en contrebas du boulevard François Blancho. Quelques mois auparavant et une centaine de mètres plus en aval de l'arbre de la photo du haut (et dont entrevoit tout au fond la silhouette) il y avait un taillis couvert de coquelicots..

mercredi 2 juillet 2008

Pause ... (1) René Magritte

...pas tant pour des raisons purement techniques comme pourraient l'être des vacances ou un problème matériel... non pause technique liée à des obligations professionnelles et qui feront que le peintre lorrain que j'aime tant patientera quelques jours voire quelques semaines ...et qu'en attendant il n'y aura probablement certains jours qu'une image ou un poème avec quelques commentaires... si j'en trouve le temps... Pourquoi les journées ne durent-elles que 24 heures? Des images ou des textes donc et pas forcément de liens entre eux, sauf le fait qu'ils (les images et les textes) m'auront à un moment quelconque "impressionnée" mais n'est ce pas le sort de toute image: impressionner notre rétine et notre esprit :-)

Le 16 septembre, tel est le nom de ce tableau.

Ce n'est pas forcément mon préféré (il est d'ailleurs exclu qu'un jour j'affiche celui qui a longtemps été mon préféré) mais je le trouve assez significatif du travail de l'artiste. Il nous entraîne dans un autre monde, celui où il n'est pas choquant de voir la lune au milieu d'un arbre ou encore un tableau plein d'humour représentant une pipe oser s'intituler "ceci n'est pas une pipe". Ou comment faire rêver à partir de simples images du quotidien...

En le peignant ce tableau, connaissait-il ce conte pour enfants, d'origine asiatique je crois, où un roi promet sa fille en mariage à celui qui osera aller chercher un objet précieux que l'on voit au fond d'un lac, avec comme sanction, pour ceux qui échouent: la mort. Un jeune pauvre, avec l'aide son père sage et observateur réussira... mais je ne dirai pas comment. Il faut laisser le plaisir de le découvrir à ceux qui sont parents de jeunes enfants ...ou grands-parents :-)