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vendredi 1 mars 2019

Dernières BD lues: "une vie avec Alexandra David-Néel" par Campoy & Blanchot - T1

Il y avait la solution courageuse: m'attaquer à la lecture de ses mémoires et la solution fainéante. J'ai choisi la seconde et j'ai acheté cette BD lors de la visite d'une exposition au Musée Guimet. Et oui entre 90 pages (+ 6 pages de suppléments divers) et des milliers de pages, car la Dame était très prolixe, le choix était vite fait.  
Qu'apprend t on dans ce 1er volume où les auteurs ont fait le choix de mettre les souvenirs anciens d'Alexandra en couleurs et les récents, ceux de Marie-Madeleine, en sépia? 
Tout d'abord comment ce sont rencontrées Alexandra et Marie-Madeleine Peyronnet (qui a raconté dans un livre leur 10 années de vie commune) dans un hôtel d'Aix-en-Provence... avant que Marie-Madeleine devienne un peu en catastrophe la garde malade, dame de compagnie, chauffeur , cuisinière, secrétaire... d'une dame ayant un fichu caractère et de plus un tantinet comédienne. Exemple: si le 19 juin 1959, pour faire accourir Marie-Madeleine, elle se dit à l'agonie et ne plus en avoir que pour quelques heures... c'est pour mieux déménager 2 jours plus tard afin de retourner dans une maison qu'elle possède à Digne: "Samten Dzong".
Drôle de maison que la "forteresse de la méditation" car tel est son nom en français, puisque à leur arrivée, elle a fort triste allure, sombre, très sombre et est colonisée par les araignées, cafards, criquets, souris... que la femme de ménage avait interdiction de tuer. Et oui Alexandra est bouddhiste et toute vie est sacrée.
Il sera aussi question de Yogden qu'Alexandra a rencontré en 1914, lorsqu'il n'avait que 15 ans et qui lui servira de traducteur, secrétaire, cuisinier, blanchisseur...  même bien après qu'elle l'ait adopté en 1929. Son décès brutal en 1956 bouleversera Alexandra.
Mais aussi, dans un style plein d'humour, du déroulement de leurs journées et des visiteurs avant que les auteurs nous laissent au milieu du gué.... avec Alexandra en fâcheuse posture puisque la corde utilisée pour franchir leMékong et espérer atteindre Lhassa s'est rompue... de quoi amplement motiver pour lire le volume suivant, même si on sait qu'Alexandra est bel et bien allée à Lhassa.

mardi 15 novembre 2016

"L'arabe du futur" - T3 de Riad Sattouf

Je reste aussi peu fan du graphisme de l'auteur, même si cette fois-ci j'ai enfin relevé une jolie trouvaille, celle qui lui fait dessiner sur fond rose sa vie dans les pays arabes et sur fond bleu celle qui se passe en France).
Il demeure que le récit, tiré de son enfance, est passionnant avec tous ces petits détails de la vie d'un enfant issu d'un couple "mixte" puisque son père est Syrien & sa mère française
La BD, comme les volumes précédents contient des moments joyeux et d'autres durs voire très durs. Je vous laisse les découvrir.
Globalement l'image du père autrefois le héros de son fils est de plus en plus écornée et il est évident que la mère supporte de plus en plus mal la vie en Syrie et espère revenir vivre en France, surtout après son dernier séjour, à l'occasion de la naissance de son 3ème enfant pour laquelle son mari n'est pas venu la rejoindre.
Lorsqu'elle retourne en Syrie, elle découvre que son mari s'est laissé pousser la moustache, a renoué avec sa mère et sa famille (avec laquelle il s'était fâché pour des questions de pratique religieuse) a décidé de faire circoncire ses fils de façon "traditionnelle"... On craint le pire quant à l'évolution à venir du père et on a raison. Riad Sattouf nous laissera en plan à la dernière page, avec sa mère qui explose un soir en annonçant que "la Syrie c'est fini!" et s'entend répondre par son mari (qui n'a jamais su vraiment l'écouter) qu'ils vont partir...en Arabie Saoudite! Vivement l'automne prochain que je sache ce qui s'est passé, ensuite!

jeudi 11 septembre 2014

"Oublie un livre quelque part..." Chapitre 4

Parmi les incontournables que je ne pouvais qu'oublier pour que d'autres puissent le découvrir. Sans doute en souvenir de toutes ces années où j'ai pensé que jamais je ne pourrais le lire car partout il était mentionné comme un ouvrage "épuisé". Ce qui était vrai et faux. Voir son histoire ci-dessous.

Primo Levi avait été chargé en 1945 de rédiger, pour les Alliés, un rapport technique sur le fonctionnement du camp d'extermination d'Auschwitz. Ce travail lui servira de base pour la rédaction de "Si c'est un homme"... pour lequel il peinera à trouver un éditeur italien. Du coup le livre ne paraitra qu'en 1947 et seuls sept cent exemplaires sont vendus.
Ce n'est qu'en 1963, à la publication du second livre de Levi, qu'il sortira de l'oubli. Il sera alors traduit en de nombreuses langues. 
Mais ce n'est qu'en 1987 qu'il paraîtra en français, chez Juillard!
Il fait désormais partie des ouvrages "classiques" qui figurent au programme du français au baccalauréat.

samedi 25 janvier 2014

Federico Garcia Lorca... chanté par Jean Ferrat

Il aurait été dommage de parler dans le billet d'hier de cet homme en oubliant de mentionner cet hommage composé et chanté par Jean Ferrat

mardi 6 août 2013

Margaret Bourke-White, photographe

Au départ, il y a eu cette affiche vue en mai dernier sur les murs du métro à la station "Arts et métiers". Le genre d'exposition qui donne envie avant que l'on ne peste "M**** c'est à Metz". La photo réalisée un peu en catastrophe n'étant pas géniale j'ai voulu en savoir plus sur cette exposition, surtout après avoir rédigé le second billet consacré à la photographie de la pause déjeuner. Et là surpriseS, en fouinant sur le net j'ai découvert que la femme glissée dans l'une des gargouilles de l'immeuble Chrysler, c'est la même que celle qui a réalisé ces deux photos:  Margaret Bourke-White (1904-1971)!
Une grande Dame de la photo qu'on ne soupçonne pas un seul instant en regardant ce portrait d'elle réalisé dans sa jeunesse... En fait c'est plus l'image d'à côté qui correspond à ce qu'a été sa vie.
Une vie de  photographe qui a choisi non pas d'immortaliser les célébrités de son temps -comme a pu le faire une autre photographe découverte en avril dernier- mais de prendre le chemin, pas évident en ce début de XXème siècle, du photo journalisme... tout en n'oubliant jamais qu'une photo peut "témoigner" tout en étant aussi, belle.
Les photos (classées sauf exception par ordre chronologique) proviennent d'un site fort bien documenté.
Quant aux éléments de sa biographie ils proviennent non pas de l'article français qui lui est consacré sur wikipedia et est très bref, mais du site anglo-saxon.
En très résumé, on peut dire qu'elle a souvent été la première: premier photographe étranger autorisé à prendre des photos de l'industrie soviétique, premier correspondant de guerre de sexe féminin, première femme autorisée à travailler dans les zones de combat, la première femme à publier sur la page de couverture du magazine Life et de surcroît sur la première couverture (le barrage de fort-Peck)!
Au fait, Bourke, c'est le nom de sa mère (une américaine d'origine irlandaise ) et White, celui de son père (un américain d'origine polonaise). Et ceci précisé, sachez que j'ai souri en apprenant qu'elle avait commencé par faire des études universitaires en ...herpétologie*, avant de se ré-orienter très vite vers autre chose et d'ouvrir à 24 ans son premier studio de photographe. Mais c'est surtout avec ses photographies d'architecture et du monde de l'industrie qu'elle s'est fait connaître** au point de devenir l'année suivante rédacteur en chef adjoint et photographe du magazine "Fortune" 
Sa réputation lui permet d'aller travailler en URSS. C'est dans ce pays qu'elle va réaliser, en 1941, des clichés de bombardement nocturnes sur Moscou... avant de s'engager au sein de l'armée de l'air américaine. C'est à ce titre qu'elle suit la remontée des troupes de l'Afrique du nord, via l'Italie, jusqu'en Allemagne dont Buchenval. Deux ans plus tard, elle est en Inde où elle assiste à la difficile séparation Inde-Pakistan. C'est à ce moment là qu'elle fait connaissance de Ganhdi.
Quelques années plus tard, face aux premières attaques de la maladie de Parkinson, elle va être obligée de se mettre en retrait de la photographie.

* oui, l'étude des grenouilles
** voir sur le site en anglais comment elle a du se battre d'abord pour qu'on accepte sa présence sur des sites industriels, puis avec les problèmes techniques.

mardi 28 mai 2013

le musée des arts et métiers (3)

Dernière (du moins jusqu'à la prochaine visite) référence au Musée des Art et Métiers de Paris, celle ayant trait aux machines à calculer. Non, rien à voir avec nos actuelles "casio" et autre "Texas Instruments", mais les ancêtres, celles de Messieurs Pascal et Bolée. J'avais entendu parler de celle de Monsieur Pascal, même si on le connait plus en tant que philosophe* que comme l'inventeur de la "Pascaline"* mais du tout de celle de Monsieur Bollée, un "inconnu" pour moi dans le monde des chiffres car je ne le connaissais que pour ses contributions au monde de l'automobile.
Grâce à ma visite au Musée des Arts et Métiers, j'ai appris que si la "Pascaline" était d'abord conçue  pour additionner et soustraire** celle de Monsieur Bollée pouvait en plus vraiment multiplier**.  
Mais au delà de "différences" de capacité en matière de calcul en partie liée au temps qui les sépare (la "Pascaline" date de 1642 et la "Bollée" de 1889) ces deux hommes avaient des points communs: ils étaient tout d'abord des inventeurs précoces puisqu'ils ont créé l'un et l'autre leurs "machines" à 19 ans. D'autre part, leur invention avaient un point commun: aider leurs pères.
La Pascaline: "C'est (...) à l'âge de dix-neuf ans, que [Pascal] en conçut l’idée, voulant soulager la tâche de son père qui venait d’être nommé surintendant de la Haute-Normandie par le Cardinal de Richelieu et qui devait remettre en ordre les recettes fiscales de cette province ; elle permettait d’additionner et de soustraire deux nombres d'une façon directe et de faire des multiplications et des divisions par répétitions."
Quant à la Bollée: " ... à 19 ans, il invente et fabrique une machine à calculer mécanique révolutionnaire, dite à multiplication directe" Elle était destinée à aider son père, fondeur, à calculer les valeurs harmoniques nécessaires à la fabrication des cloches. ça c'est que dit la notice apposée juste à côté de la machine. Après cela, il exercera ses talents dans un domaine qui à l'époque émergeait: l'industrie automobile et l'aviation, des secteurs où il lui est amplement rendu hommage au Musée Automobile des 24 heures du Mans via la présentation de nombreuses de ses créations.
* Durant la première partie de sa vie, Pascal est d'abord connu comme mathématicien et physicien. Un accident de carrosse survenu  alors qu'il a 31 ans le fera ré-orienter sa vie vers la réflexion philosophique et religieuse.
** la calculatrice de Pascal multiplie par additions successives alors que celle de Léon Bollée utilise une cheville qui joue sur des crémaillères multiplicatrices 

lundi 15 octobre 2012

Qui connaît Nicolas-Joseph Cugnot?

Dans le prolongement du billet consacré aux personnes nouvellement arrivés dans le "Petit Robert 2012 des noms propres"... Qui connait (Nicolas)-Joseph Cugnot qui figurait déjà depuis au moins 2011 dans ce dictionnaire? Pas moi! Du moins jusqu'à il y a quelques semaines où, en participant à un "quiz", j'ai découvert qu'il est considéré comme ayant été le premier à avoir conçu, réalisé et fait fonctionner... Mais chaque chose en son temps.
Monsieur Cugnot, quant on cherche à en savoir un peu plus sur lui, cache quelques mystères.
- Son prénom tout d'abord. On trouve parfois "Joseph" (par exemple pour le "Petit Robert" et Wikipédia) mais aussi Nicolas ou encore Nicolas-Jospeh!C'est la 3ème version qui est la bonne.
- Sa date de naissance ensuite. Si l'année, 1725, ne fait aucun doute, on trouve la référence soit au 26 février, soit au 25 septembre.  C'est la première date qui est exacte. C'est elle qui figure sur les registres paroissiaux, ces ancêtres des registres de l'état-civil.

- Son visage pour continuer.
Assez souvent sur le net on trouve deux représentations de notre homme. Probablement fausses puisque sur la gravure où le personnage est habillé à la manière "début du XIXème", l'homme est beaucoup trop jeune puisque à l'époque  Nicolas-Jospeh Cugnot avait déjà plus de 75 ans. 
Quant à l'homme âgé qui a été photographié, sa tenue est plus celle que portaient les messieurs à la fin du XIXème siècle, bien après donc la mort de notre homme. Et c'est normal puisqu'en creusant un peu, on s'aperçoit que ce vieux monsieur est en réalité Karl Benz, l'un des pères de la Mercedes-Benz.
- Son invention enfin. Nicolas-Jospeh Cugnot serait le premier à avoir conçu, réalisé et fait fonctionner une voiture automobile entre 1669 et 1671! En effet, il semble désormais admis que le véhicule dessiné par Ferdinand Verbiest, un siècle auparavant, n'ait été qu'un jouet dont rien ne prouve qu'il ait effectivement réalisé. Par contre on peut encore admirer la "voiture" créée par Nicolas-Jospeh Cugnot à Paris.

En fait, cette "voiture" était un fardier à vapeur. Nicolas-Jospeh Cugnot, notre inventeur, était un ingénieur qui, lorsqu'il était dans l'armée, avait noté que le déplacement des pièces d'artilleries était très lente car elle supposait l'utilisation de lourds chariot trainés par des chevaux de trait. D'où ses recherches qui aboutirent à un premier prototype, abimé lors des premiers essais où il a embouti un mur. Le temps de le réparer, les hommes qui avaient jusqu'alors soutenu et financé ses recherches n'étaient plus en grâce. Puis les temps sont devenus fort troublés... et le second prototype a été oublié au sein de l'Arsenal avant d'être transféré à l'Abbaye de St Martin des Champs, qui fait désormais partie du Musée des arts et métiers de Paris.

jeudi 3 novembre 2011

Marion Cahour

Marion Cahour...
Le nom de cette dame, née la même année que Françoise Dolto et Soeur Emmanuelle, ne dit rien à la quasi-totalité des français. Moi-même jusqu'en 1994, quand j'ai repris le travail dans le secteur de ce qui s'appelait encore le RMI, j'ignorais qui elle était et à quel point elle avait oeuvré dans le département pour les exclus, notamment ceux confrontés à l'alcool, à la rue...
Petit coup de zoom pour mieux faire connaître cette femme.

Elle est née en 1908 à La Baule-Escoublac dans une famille de atypique (père breton et mère écossaise) qui, fait rare à l'époque, ne la baptise pas. Baptisée à sa demande, à l'âge de 14 ans, elle restera toute sa vie une catholique "active", désireuse d'aider les autres.

Après avoir exercé comme médecin à l'Assistance publique de Paris et auprès des écoles de la ville de Paris, elle revient à Nantes. Et c'est là que tout bascule. Elle crée la première consultation anti-alcoolique du département (elle continuera d'ailleurs d'y exercer bien après l'âge de la retraite). Elle ouvre aussi des centres de post-cure alcoolique dans la région nantaise. Enfin, elle contribue à créer l'association "la Croix d'or" qui aide les malades alcooliques et leur famille.

Mais son action ne s'est pas arrêtée aux alcooliques car dans les années 70, pour venir en aide aux plus démunis, elle ouvre un petit local appelé « Brin de Causette ». Situé près de l'église et du marché central de Nantes: Saint-Similien, elle va y accueillir et réconforter les exclus. Ce lieu d'écoute va vite devenir plus que cela. Dans les années 2000, près de 150 personnes y passaient chaque jour, de 7 h à 11 h, pour être écouté mais aussi aidé à rédiger une lettre... prendre un petit-déjeuner... et repartir éventuellement avec quelques sandwichs et un yaourt, voire un plat chaud.

Depuis...
En 2000, Marion est morte...
En novembre 2008, à l'extérieur du local, une plaque a été apposée en souvenir de l'action de Marion.
En mars 2010, le local a du temporairement fermer pour cause de trop de violences en provenance d'un petit groupe de personnes ayant des troubles mentaux*.
S'il a rouvert après juste une semaine de fermeture, en avril 2011, le président de l'association gestionnaire du local s'inquiétait quant au nombre de bénévoles* présents pour faire fonctionner le local toute l'année, de 7 à 11 heures: « Nous voudrions surtout plus d'hommes. La population jeune des accueillis a explosé. Nous sommes inquiets car elle est plus difficile à «gérer». Que ceux qui veulent nous rejoindre sachent qu'il y a une formation (à l'écoute, à l'accompagnement des toxicomanes, etc.) par des anciens et par des professionnels. En 2009 nous étions 110. Aujourd'hui, 91 c'est trop peu pour nos 11 équipes. »

* Saura t on un jour répondre à cette question: est-ce la rue qui rend "fou" certains ou est la folie qui pousse certains à la rue?
** Être bénévole c'est être présent un matin par semaine du lundi au vendredi, ou bien un samedi matin sur deux, ou un dimanche matin par mois.

samedi 27 août 2011

Les doodles de Google (4)

Parmi les doodles de Google, un certain nombre de "disaient" rien... ou si peu qu'ils ont incité à utiliser le moteur de recherche. Le présent billet renvoie aux scientifiques.

Voici tout d'abord Messieurs Giovanni Schiaparelli (1835-1910) et Percival Lowell (1855-1916).






En dehors du fait qu'ils étaient, à une génération près, de quasi-contemporains, pourquoi les avoir mis ensemble? Tout simplement parce qu'ils étaient l'un et l'autre des astronomes (italien pour le 1er, américain pour le second) et que leurs noms sont liés à la planète Mars et plus particulièrement aux canaux de celle-ci.

Voici maintenant Nikola Tesla (1856-1943) qui a donné son nom à une unité de mesure du champ magnétique. Ingénieur américain d’origine serbe, il se considérait avant tout comme un inventeur. N'a t il pas déposé plus de sept cents brevets... dont beaucoup auraient été attribués à Thomas Edison.

Et pour finir: Gaston Julia (1893-1978), ce mathématicien français, spécialiste des fonctions d'une variable complexe. Je sais, ces mots « parlent » peu aux non matheux.

Qu’ajouter de plus qui incite à mieux connaître l'homme ? Que Goole a illustré son nom de motifs ressemblant fort, non à de précieux bijoux mais à des... fractales. En effet, Gaston Julia est à l’origine de la théories des « ensembles de Julia » qui sont des fractales. Je serais incapable d'expliquer ce que c'est mais une fois représenté, c'est fort joli.
Quelques éléments de son histoire méritent d’être relevés. Il a fait partie des élèves très brillants puisqu’en 1911 il a été reçu premier simultanément à l'École polytechnique et à l'École normale supérieure. Ayant opté pour cette dernière, sa carrière sera un temps suspendue pour cause de guerre 14618 dont il reviendra défiguré. Malgré plusieurs opérations, il portera toute sa vie un masque de cuir, notamment durant les cours qu'il donnera à la Sorbonne.

jeudi 7 juillet 2011

Victorine Meurent: peintre oublié

De Victorine Meurent on n'a retenu, notamment en France, qu'une image, celle du modèle d'Edouard Manet. Et c'est via une phrase, noyée dans la liste des oeuvres où elle apparaît que l'on apprend qu'elle a aussi été peintre et a même exposé au Salon de Paris. Heureusement, il semblerait que la rumeur qui voulait qu'elle soit morte jeune, alcoolique (voire prostituée) soit désormais éteinte.

Pour en savoir plus sur elle il faut explorer des sites anglo-saxons. On y apprend:
- qu'elle est née le 18 février 1844 et morte le 17 mars 1927
- que ses parents étaient des artisans et qu'elle a commencé à poser à 16 ans auprès de Thomas Couture chez qui Manet était alors apprenti
- que Manet a peint son premier portrait d'elle, sous les traits d'une chanteuse de rue qui mange des cerises, en 1862 et le dernier, "le chemin de fer", en 1873
- qu'entretemps elle était partie vivre quelques années aux Etats-Unis mais aussi et surtout elle avait pris des cours de peinture
- qu'entre 1876 et 1904 elle a elle-même exposé à 6 reprises au Salon de Paris, mais qu'une seule de ses oeuvres ("le jour des Rameaux") a été identifiée et fait partie des collections de la ville de Colombes (Hauts de Seine) où elle avait fini par s'installer avec une compagne.
C'est de cette époque que date ce pastel réalisé par un de ses amis qui l'a représentée avec une guitare, un instrument dont elle savait jouer, tout comme du violon. On est alors bien loin de la jeune femme sure d'elle qui, 20 ans plus tôt, et bien que nue au milieu de personnage(s) habillé(s) regardait avec aplomb Edouard Manet... et au delà de lui les spectateurs

dimanche 23 janvier 2011

Souvenirs, souvenirs (7)

A l'occasion de divers rangements, est remonté en surface une liste avec le noms de 8 anciens élèves de l'institut de formation que j'ai fréquenté il y a bien des années. Premier constat: impossible de mettre un visage sur 3 d'entre eux. Et puis cet autre: s'apercevoir qu'on ne sait plus rien d'eux... et qu'on n'est pas la seule. Que reste t il de nous 20 ou 25 ans après avoir passé une année ensemble sur les mêmes bancs?
Parmi les 5 noms qui restaient, trois femmes et deux hommes ...
Sylvie L. venait comme moi de la faculté de droit de Rennes. Nous étions assez amies jusqu'à ce qu'un jeune homme dont elle était tombée très amoureuse ne l'incite, car elle était d'un naturel très possessif, à faire le vide autour de leur couple. Mais avec le recul, n'ai-je pas fait de même?
De Monique G. j'ai perdu très vite sa trace quand, à l'issue de la formation, elle a du se bagarrer pour obtenir une affectation sur Nantes et non à Orléans car elle était la mère d'un jeune enfant handicapé qui risquait de souffrir de cet éloignement.
Et puis il y avait Sophie D qui à 22 ans, était la plus jeune de la promotion... et déjà mariée, soucieuse de fonder une famille... tout en restant dans sa Bretagne chérie. Pas évident alors compte tenu du nombre important dans la promotion de Bretons et Bretonnes qui désiraient y travailler à l'issue de la formation. Peut-être a t elle finalement choisi d'avoir très vite des enfants et cessé de travailler.
Une telle solution était impossible pour les deux messieurs dont je me souviens.
Alain D., le travail au sein du Ministère de la défense ne devait guère lui plaire car je l'ai retrouvé quelques années plus tard à Nantes. Mais comme il n'était toujours pas satisfait de son poste, à l'occasion d'une promotion il est reparti sur Paris... avant de disparaître, je ne sais où.
Quant à Thierry L., tous les week-ends, il retournait au pays (car une fin de semaine sans le match de rugby, ce n'est pas une vie) et plus d'une fois il a fini sa nuit sur les bancs de l'amphi. A la fin de la formation, s'il n'a pas eu la ville du Sud-Ouest qu'il souhaitait, au moins a t il pu s'en rapprocher... avant de disparaître des fichiers.
Pour tous j'espère que, contrairement à Gilles G. qui ne figure pas sur cette liste, leur carrière ne s'est pas achevée trop précocement. Pour Gilles, ce fut via le bulletin des anciens élèves que l'on appris qu'il ne partirait jamais en retraite: "décédé". Quand on commence à travailler, on ne pense jamais qu'on puisse mourir jeune bien avant l'âge de la retraite et pourtant...

samedi 22 janvier 2011

Souvenirs, souvenirs (6)...

... avec ces coupelles remplies de "mémoire" qui vont bientôt être vidées ou recomposées pour n'en garder que l'essentiel avant que le temps ne les ai réduites en poussière.

La plus à gauche date du temps de la maison familiale: une boule en polystyrène recouverte de rubans posés avec patience par n°3 qui avait obtenu de son père qu'il l'accompagne pour acheter ces fournitures dans des boutiques où il ne mettait jamais les pieds mais où elle m'accompagnait régulièrement. Elle repose sur des coquillages ramassés sur les plages de Vendée où, de temps en temps, nous allions en famille l'été.

Juste à côté, une coupelle constituée durant ces quelques jours de l'automne 2006 où j'avais remonté la Loire vers sa source. Avec le temps, seuls les cailloux ramassés sur les bords du fleuve et les marrons du parc de Chambord ont résisté. Les feuilles, à l'origine d'un beau rouge brun ou dorées ont perdu leur brillant et sont devenues très friables... Comme les espoirs d'alors devenus simples souvenirs?

Après, c'est une coupelle multi-souvenirs avec des herbes et des fleurs ramassées de balade en balade, du temps où je profitais des jours de congés pris en dehors des vacances scolaires pour explorer un peu la Loire-Atlantique où je vivais depuis tant d'années sans la connaître. Autrefois, les balades du dimanche, pour différentes raisons, n'avaient jamais été une activité très pratiquée dans la famille.

Enfin la dernière coupelle a été réalisée au printemps 2008, lors de ce voyage en Bretagne où après un passage exprès au Guilvinec et sur la presqu'île de Crozon, j'étais allée voir la côte de granit rose et la réserve des 7 îles près de Perros-Guirec puis les jardins Delaselle de l'île de Batz. Mettre près de 50 ans pour visiter les côtes de sa propre région d'origine à cause d'une maison aux volets bleus vue sur le site d'un internaute suisse, il fallait oser!

Finalement, plus le temps passe et plus je me dis que, même si j'aime toujours cette phrase tirée d'une chanson de Maxime Le Forestier "Les plus beaux souvenirs sont ceux que l'on s'invente", il ne faudrait jamais oublier que "les mauvais souvenirs sont peut-être de ne jamais avoir osé"

dimanche 7 novembre 2010

Au nom de la loi

Juste 30 ans aujourd'hui qu'il est décédé cet acteur qui est avant tout pour moi Josh Randall, le héros de cette série télévisée des années 60. Le générique de "au nom de la loi" avait l'art de faire rappliquer illico presto les 3 filles de la famille, fascinées par sa démarche et son regard bleu si clair... si dur aussi. Aucune de nous ne connaissait alors les parts d'ombre de cet homme telles qu'elles ont fini par être révélées.

mardi 2 novembre 2010

Georges Seurat, l'homme secret

En ce 2 novembre, une anecdote peu connue au sujet de Georges Seura. Né le 2 décembre 1859 à Paris, dans un milieu bourgeois, il semblerait bien qu'il ait hérité de son père, fonctionnaire, le caractère d'un homme solitaire.

En 1884, alors qu'il a 25 ans, il achève "Une baignade à Asnières", le premier des sept grands tableaux qu'il va peindre dans sa très courte vie.
Très courte car 7 ans plus tard, en 1891, alors qu'il est allé rendre visite à ses parents, il meurt subitement, à l'âge de 31 ans, probablement de diphtérie.
Quelques jours plus tard sa famille découvre alors avec stupéfaction qu'il entretenait depuis plusieurs années une liaison avec Madeleine Knobloch dont il avait eu un fils, né en 1890. Cet enfant décèdera d'ailleurs deux semaines après son père. Quant à l'enfant dont était enceinte Madeleine lors du décès de Seurat, il n'atteindra pas lui non plus l'âge de deux ans.

Qui était Madeleine, l'amour caché de Georges Seurat? On connaît en réalité chose peu de choses d'elle, si ce n'est qu'elle était issue du milieu ouvrier et qu'elle avait 20 ans quand ils se rencontrèrent.
D'une beauté épanouie, elle est devenue son modèle, sa maîtresse, sans qu'il ose la présenter, ni même en parler à sa famille. Lorsqu'il décidera en 1889 de faire son portrait en train de se poudrer ("La Jeune femme se poudrant")il ira même jusqu'à remplacer son autoportrait qui apparait via dans une glace fixée au mur par... un tableau avec un pot de fleurs!

samedi 23 octobre 2010

Billie...

Il était une fois une femme que l'on a surnommée "Lady Day", "la femme au gardénia" , ""Duchess" , "Lady in satin"...

Sa voix m'a toujours profondément émue parce que derrière cette voix que plus encore que le temps (elle n'avait que 44 ans lorsqu'elle est décédé) l'alcool et la ou plutôt les drogues (opium, cocaïne, héroïne...) avaient détruite, il y a une histoire:
- celle d'avoir la 1ère femme "noire" à chanter dans un orchestre "blanc", ce qui en ces temps de ségrégation lui valait de ne pouvoir dormir dans les mêmes hôtels, dîner dans les mêmes restaurants qu'eux, quand on ne lui interdisait pas de passer par la porte principale.
- celle d'avoir été la 1ère femme noire à chanter au Metropolitan Opera
- mais aussi d'avoir été l'une de ces femmes dont les maris ou amants lui ont plus été sources pour elle d'ennuis que d'amour...

Ce qui parmi toutes les chansons qu'elle a interprétées a incité à choisir celle qui suit

lundi 4 octobre 2010

"Un homme est mort" (2)

Le texte qui illustrait le film disparu de René Vautier, c'était celui là.

Au rendez-vous allemand

Un homme est mort qui n'avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n'avait d'autre route
Que celle où l'on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l'oublie

Car tout ce qu'il coulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd'hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d'amies
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant.

Paul Eluard

Si les générations actuelles qui préparent le bac de Français ne peuvent pas ignorer le poète, la vie de Gabriel Péri est moins connue. Et pourtant il fait partie de ces homme qui dès leur plus jeune âge ont choisi de s'engager.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_P%C3%A9ri

dimanche 3 octobre 2010

"Un homme est mort" (1)

C'est le titre d'un poème de Paul Eluard (que je ne connaissais pas) mais c'est aussi celui d'une BD.

Avec le graphisme et les couleurs chères à Etienne Davodeau (voir "Lulu, femme nue"), elle retrace l'histoire d'un film réalisé par René Vautier, cinéaste engagé, militant, film consacré à la grève qui s'est déroulée en 1950 pendant la reconstruction de Brest. Une grève durant laquelle la police a tiré sur la foule, tué un jeune manifestant et blessé plusieurs autres personnes.
En fait cette BD raconte la genèse de ce film, mais aussi de sa destruction, à petit feu, de projection en projection (plus de 150 fois, souvent dans des conditions précaires). En effet, de cette oeuvre réalisée dans l'urgence et diffusée avec la menace constante d'une saisie par la police, aucune copie n'avait été effectuée.
La BD proprement dite se clôt avec la "mort" de la bande son juste après son audition "sous les ors de la République" par l'auteur du poème qui l'illustrait: Paul Eluard.

Commence alors un dossier "technique" qui explique bien le contexte de l'époque, l'état d'esprit des acteurs d'alors mais aussi la genèse difficile de la BD... sauf que d'elle il restera des traces.

dimanche 5 septembre 2010

Leloir et Cavanna (1)

Le second est très connu. Pendant longtemps je n'ai pas toujours accroché avec ses dessins, son humour. Et puis j'ai lu "les ritals": merveilleuse chronique sur une enfance d'avant WWII et tendre hommage à son père.

Quant au 1er... Qui le connaît vraiment. Impossible de trouvé la moindre photo de lui sur le net, son visage reste inconnu.
Ayant vécu des années avec un "jazzeux" je savais qu'il était connu dans ce monde là car il a publié de nombreux albums, de ces albums qui ne sont pas de simples photos d'artistes de jazz, mais retranscrivent de manière artistique ce que peut être l'homme derrière l'artiste dans cette atmosphère très particulière qui n'est pas celle des concerts de musique classique ou des concerts de rock.

Mais pour beaucoup, Leloir c'est l'homme d'une photo: celle du trio Brassens, Brel et Ferré qui, si ma mémoire est bonne, un jour de janvier 69, se sont retrouvés pour discuter autour d'une certain nombre de bières et dans une atmosphère un tantinet enfumée.

Cavanna et Leloir se sont aussi trouvés et ont réalisés ensemble un petit livre: les photos de l'un avec les commentaires (une phrase ou deux de l'autre). Un petit bijou d'humour... mais de celui là il sera question un autre jour.

jeudi 29 juillet 2010

Un château et deux hommes controversés

Dans le temps, le premier personnage à apparaître en lien avec le château de Clisson, c'est Olivier V de Clisson: un noble Breton né en 1336 au château de Clisson et mort en 1407 au château de Josselin (Bretagne). S'il a fait preuve d'une exceptionnelle valeur militaire, il convient de ne pas oublier que sa cruauté lui ont valu d'être surnommé "le Boucher".
Sa position de grand féodal (il a été nommé un temps Connétable de France) le plonge au cœur des antagonismes de la guerre de Cent Ans et en fait un personnage-clé de l'Histoire de France. Il convint toutefois de relever que son existence fût jalonnée de multiples retournements: Tout d'abord allégeance à la Maison de Montfort, puis au Duché de Bretagne, ensuite au Royaume d'Angleterre, puis au Royaume de France, avant de le faire au Duché de Bretagne...

Le second personnage, né quelques années avant la mort du premier, est encore plus controversé: Gilles de Rais (quoique on devrait désormais écrire Retz).
Il est né en 1404. Très vite orphelin, il est confié à son grand-père. Education bien négligée, aux dires mêmes de l'intéressé.
En 1422, il se marie et se trouve alors, tant par ce dernier que par héritage, à la tête d'une énorme fortune.
Cinq ans plus tard, il participe à la lutte contre les Anglais, engagés dans un conflit séculaire avec la France. Il est aux côtés de Jeanne d'Arc. Sa valeur militaire lui vaut le titre de maréchal de France en 1429.

Il retourne en Bretagne en 1433. Dans un premier temps, ce qui apparaît aux yeux de tous, c'est sa magnificence et sa prodigalité. Il se dote d'une maison militaire, pourvue d'une garde de 200 cavaliers magnifiquement équipés et s'entoure également d'une maison ecclésiastique et d'une maîtrise formée de jeunes chantres. Mais sa fortune fond rapidement à ce train de vie. Pour enrayer les fantastiques pertes financières qu'il accumule, il est amené à vendre massivement ses biens et se lance... dans l'alchimie. Parallèlement, son comportement devient de plus en plus chaotique et la rumeur s'amplifie autour de ses crimes, tandis qu'on lui connaît des actes de rage incoercible suivis d'abattement et de remords.

En 1440, il s'empare en pleine église d'un prêtre. Dès lors, la justice, tant ecclésiastique que séculière s'abattent sur lui. La justice religieuse le condamne à l'excommunication pour les crimes qui relèvent du pouvoir religieux: sodomie, hérésie, apostasie et évocation des démons, qui s'ajoutent à la violation des immunités ecclésiastiques. La justice civile conclut quant à elle sur le fait de rapt, assassinats d'enfants et autres violences.
Gilles de Rais est pendu et brûlé, place du Bouffay à Nantes, le 26 octobre 1440, laissant dans la mémoire collective, l'image de celui qui aurait été le «plus grand tueur en série de l'histoire de France»