lundi 11 août 2008

Parfois en une photo...

...beaucoup de choses sont dites...

Ch. Béchir in lcdj.net

dimanche 10 août 2008

"Le grand silence"

Certains films doivent une partie de leur notoriété à leur musique. Ainsi le thème de Anton Karas dans le film "le troisième homme" de Carol Reed
ou, dans un genre très différent, le "Calling you" de "Bagdad Café" réalisé par Percy Adlon,
ont beaucoup joué quant à la popularité de ces films.
Et puis il est d'autres films, atypiques, où on peut, à l'extrême, n'y entendre AUCUNE musique.
Tel est le cas par exemple du film "le grand silence" de Philp Gröning.
En effet, ce "choix" faisait fait partie des conditions posées par le responsable du monastère de la Grande Chartreuse pour l'autoriser à tourner son film .
Pas de musique donc, pas d'éclairage additionnel non plus et pourtant, quel film inoubliable, même pour une agnostique.
Il peut paraître long. Mais comment donner à sentir, sans mots, ou si peu (il y a juste au premier tiers, quelques scènes consacrées au dimanche après-midi où, pendant deux heures, ils peuvent parler entre eux et, à la fin du film, le monologue, plus qu'un dialogue, d'un vieux moine aveugle et quasiment sourd) la lenteur des jours qui s'écoulent et se ressemblent tant, la succession des saisons, tout en faisant comprendre l'essentiel. Ces hommes, dont certains sont jeunes et parfois même très beaux, aiment cette vie où ils se consacrent à Dieu et n'ont plus besoin de parler pour communiquer entre eux et avec Dieu.
Il y a des images superbes. Les grains de poussière qui volent dans l'air, l'eau qui goutte doucement de l'assiette qui vient d'être lavée, celle du bénitier qui tremble un peu durant l'office, la neige qui fond, la pluie qui tombe en créant un tableau abstrait changeant, le moine qui sert les repas ou celui qui est au jardin qui s'arrêtent pour prier/méditer lorsque la cloche sonne, la main ridée du vieux moine qui lisse avec tendresse la bure dans laquelle il va couper une robe pour le nouvel arrivant...

La bande son est aussi fabuleuse. Au début il y a un long moment où il ne se passe quasiment rien. Dans une lumière très faible un moine agenouillé prie, le poële de sa cellule ronfle, son prie-dieu craque un peu lorsqu'il se relève pour tourner la molette du poële ou s'asseoir dans la petite niche derrière lui. Plus tard, ces moines entrent petit à petit dans l'église plongée dans l'obscurité et où ne brille que la flamme rouge du tabernacle. Ils allument la lampe fixée à leur lutrin afin de consulter le chant du jour, puis l'éteignent avant de s'asseoir ou s'allonger sur le sol. A un moment ils se relèvent tous ensemble et commencent à chanter dans le noir quasi absolu, leurs voix se répondant de chaque côté du choeur. Et puis il y a ce jeune moine qui, au bout de quelques mois, est autorisé à lire le texte du jour en psalmodiant de cette manière si typique, presque chantée. Entre-temps, il y aura le bruit du vent dans les arbres, celui de la neige qui étouffe les sons, celui de la pluie, les brocs que l'on rempli d'eau, les sandales qui frôlent la pierre claire des couloirs, la cloche qui rythme les activités...

Officiellement ce film est catalogué comme un documentaire.
En fait c'est un OFNI (Objet Filmé Non Identifié). Plus sérieusement, c'est un film qui incite à la méditation ou plus exactement c'est une méditation filmée à l'issue de laquelle je suis sortie convaincue de l'importance, pour ne pas écrire de la nécessité de faire des pauses dans sa vie, de savoir s'arrêter, de jouir au moment présent de la beauté du monde qui nous entoure, d'être en harmonie avec celui-ci.

samedi 9 août 2008

Des réalisateurs et des compositeurs...

Pendant un certain nombre d'années, Jo Hishaishi a travaillé aux côtés de Takeshi Kitano, tout comme il le fait encore actuellement avec Hayao Miyazaki. A partir de cette collaboration, j'ai eu envie de rendre hommage à tous ces compositeurs, dont le visage est parfois et même souvent inconnu du grand public, contrairement à celui du ou des réalisateurs avec lesquels ils ont noué des liens privilégiés.
Leurs visages sont certes inconnus, mais leurs musiques resteront pour longtemps gravées dans nos mémoires....
Et comme un blog n'est pas une encyclopédie, je me limiterai à un compositeur, un réalisateur et un film, avec tout ce que les cinq choix peuvent avoir de subjectif.
Et comme il faut bien un critère pour passer d'un compositeur à l'autre, ce sera tout simplement l'ordre alphabétique. Il y a donc eu:
Bernard Hermann et Alfred Hitchcock Dans « Psychose » que serait la mythique scène de la douche sans la partition où les coups d'archet des violons sont aux aussi autant de coups de couteau plantés dans le corps de Janet Leigh...
Jo Hishaishi et Hayao Miyazaki Bien difficile de choisir parmi toutes les mélodies qu'il a écrites... Peut-être ce passage de « Nausicaa » intitulé «l'homme oiseau» parce qu'il me donne irrésistiblement envie ... de m'envoler moi aussi comme l'héroïne qui vient du pays du vent.
Ennio Morricone et Sergio Leone Parmi sa nombreuse filmographie (de 500 films avec de nombreux réalisateurs de plusieurs nationalités) le thème de « l'homme à l'harmonica » tiré de « il était une fois dans l'ouest » s'impose.
Zbigniew Preisner et Krysztof Kieslowski De tous les compositeurs ici cités, il est moins le connu, sans doute parce que son nom est resté longtemps associé à ce réalisateur depuis de nombreuses années décédé, laissant derrière lui un « décalogue » et une trilogie dont fait partie le sublime «Bleu».
Nino Rota et Federico Fellini La collaboration entre ces deux hommes fût, elle aussi, fructueuse. De celle-ci je retiens principalement « la Strada », sans doute parce que ce film y est illuminé par le visage si doux mais aussi si triste de Gesolmina (joué Giulietta Masina, par la propre femme de Fellini) dont Zampano/Anthony Quinn ne comprendra que trop tard combien elle et il l'aimait...

vendredi 8 août 2008

Destins d'Hommes (6) Kitano et le flic d'Hana Bi

Parmi les réalisateurs japonais contemporains, l'un d'eux a particulièrement retenu mon attention. Il s'agit de Takeshi Kitano.

Au départ, c'était à cause de son jeu cinématographique particulièrement inexpressif qui me mettait d'autant plus mal à l'aide que je savais que après le calme apparent de certaines scènes viendrait une explosion de violence qui n'en serait que plus déroutante. Et cela dès son 1er film réalisé au pied levé: "Violent cop".

J'ignorais alors que cette absence d'expressivité dans le jeu était due en partie aux conséquences d'un accident de moto (dont il reconnaît maintenant qu'il était une sorte de suicide manqué) qui lui a laissé la moitié du visage paralysée.

De même j'ignorais que, à côté du Kitano réalisateur adulé en Occident, existait un acteur de sketches comiques très apprécié au Japon (un peu comme si Coluche, s'il avait survécu à son accident de moto, avait fait cohabiter en permanence l'homme au nez rouge et le pompiste de "Tchao Pantin"), mais aussi un peintre (certaines de ses oeuvres figurent notamment dans "Hana Bi") et enfin un musicien, ainsi que vient de le l'apprendre un site qui lui est consacré http://www.takeshikitano.net/

De tous ces films, un surtout retient mon attention: "Hana Bi". Avec ce film, il oblige à voir au delà de la violence d'un homme qui semble complètement absent, même si à un moment on peut le voir sourire, chose rare chez cet acteur.

Cet autre individu, c'est un homme qui, par compassion avec la femme d'un ancien collègue qui s'est suicidé, ou avec un autre collègue devenu handicapé qu'il va aider à se consacrer pleinement à la peinture ...

...et enfin par amour pour sa femme qui est atteinte d'une maladie incurable, va inciter le flic qu'il est à se compromettre avec les Yakusas.

Il réussira un coup audacieux: braquer une banque habillé en policier mais avec une ancienne voiture achetée dans une casse et maquillée en voiture de flics.

Il échappera ensuite vaille que vaille à tous ceux qui le traquent, anciens collègues et yakusas, durant un long voyage qu'il offre à sa femme pour mieux choisir sa fin, leur fin, sur une plage déserte où un enfant joue avec un cerf-volant.

Je n'avais pas vraiment accès au net à l'époque où j'ai connu ce film via, non pas une salle de cinéma ni même la télévision mais via la B.O.F. du film.

Je ne connais pas de moment plus poignant que cette musique si mélancolique qui s'arrête brutalement avec deux coups de feu. Jo Hishashi qui était alors son compositeur attitré (elle a cessé avec "Dolls") a écrit là une partition parfaite. Tout comme le sera la musique du thème principal de "l'été de Kikujiro", un subtil mélange de gaité et de tristesse, à l'image de l'un des deux héros du film: un Yakusa de seconde zone vieillissant qui découvre sur le tard une certaine forme de paternité.

Il existe ainsi des associations merveilleuses entre réalisateurs et musiciens.

jeudi 7 août 2008

... un an déjà...

... que par cette belle matinée d'août il a, dans l'appartement assombri par les volets restés fermés, compris que plus jamais il ne pourrait entendre le son de sa voix.
De nombreuses heures auparavant, elle nous avait quittés, nous laissant à jamais orphelins de sa douceur, de sa tendresse, de son amour qui lui donnaient un si beau sourire...

mercredi 6 août 2008

le goût du cinéma d'extrême orient

Ce goût non pas pour la cerise (film iranien) ni même celui du saké (film japonais... déjà) mais pour le cinéma de l'extrême orient et plus particulièrement japonais remonte probablement à une page de devoir de vacances réalisé, il y a plus de quarante ans. Le devoir en question tournait autour de la critique d'un film dont je reparlerai une autre fois: "l'île nue".

Quelques années plus tard, le "ciné-club" sur Antenne 2 le vendredi soir et le "cinéma de minuit" sur FR3 le dimanche soir m'ont permis d'un peu mieux connaître le cinéma japonais, celui des années cinquante notamment...S'il fallait ne retenir que trois films de cette période ce serait les suivants: un film de 1952: "le journal de O'Haru, femme galante" , un autre de 1953: "Voyage à Tokyo" et le dernier de 1954: "les 7 samouraïs".

Le film de Mizoguichi, en grande partie sous forme de flash-back, décrit la triste de vie d'une femme de bonne famille devenue prostituée. A travers son histoire, c'est le sort de la femme au Japon qui est décrit: une femme qui, sauf à de rares périodes pour O'Haru, n'existe que par rapport aux hommes, que ce soit son père, celui dont elle sera la seconde épouse ou son propre fils. Fille, épouse ou mère, mais toujours victime. L'une des images fortes qu'il me reste de ce film, c'est lorsque son fils devenu adulte et le chef d'une famille princière qui sans elle ce serait éteinte, après l'avoir fait rechercher lui signifie qu'il entend la cloîtrer à jamais dans sa maison, avec seulement la possibilité de le voir, de très loin... Alors elle fuira et deviendra une anonyme mendiante qui ira quêter l'aumône de maison en maison.

Avec Ozu, c'est aussi la place de la femme qui est analysé, mais aussi le monde de la famille qui est longuement exploré. Un monde en apparence statique puisque filmé, sauf en ce qui concerne les tous derniers plans qui comprennent un travelling, sans aucun mouvement de caméra, cette dernière restant placée à hauteur de tatami. Mais ce monde bouge et le couple âgé qui se décide à aller voir ses enfants installés à Tokyo en fera la cruelle expérience. Pour eux ce voyage physique se doublera d'un exil intérieur car il se sentira rejeté et ne trouvera un peu d'attention qu'auprès de leur belle-fille. Mais celle-ci, devenue veuve sans enfant, n'a plus vraiment sa place dans cette famille.

Les fresques brossées par Kurosawa ne sont pas quant à elles autant centrées sur la famille mais concernent la société toute entière. Une société japonaise dure où il ne fait pas bon être pauvre ou isolé, même pour les samouraïs.

De cette histoire, dont la trame a été quasiment reprise dans son intégralité par le réalisateur du film "les 7 mercenaires" avec Yul Brunner, Charles Bronson et quelques autres pointures du cinéma américain, je ne retiendrai qu'une scène. L'un des 7 samouraïs cache, assez mal, qu'il est issu du peuple et qu'il veut fuir sa condition de paysan pauvre, l'un de ces paysans un peu couards qui n'hésitaient pas à tuer des samouraïs isolés mais désormais demandent leur aide. Il meurt lors du dernier combat, tant les paysans que ses compagnons samouraïs lui rendront les honneurs pour ce qu'il était dans l'âme, un véritable samouraï.

Ces thèmes, importance de l'origine, de la famille, du clan, du poids des traditions... on les retrouve de façon plus ou moins explicite chez les cinéastes japonais contemporains, mais aussi chez d'autres cinéastes d'extrême orient qu'ils soient d'origine chinoise ou coréenne qui prendront le relais...

mardi 5 août 2008

l'Orient dans les Mauges

Cet autre endroit où j'aime aller, même si pour cela il faut faire une petite heure de route et payer un billet d'entrée c'est... Non, je le préciserait pas dès maintenant, mais dans le lien tout à la fin du billet, en regrettant que les photos qui suivent rendent si mal la magie du lieu.
Je l'ai découvert il y a une dizaine d'années après que l'un de mes enfants y ait passé une semaine dans le cadre d'un séjour "classe patrimoine" et en était revenu enchanté au point de nous y entraîner.
Avec une telle image, comment ne pas se sentir dépaysé...
Complètement déphasé même car quelques minutes auparavant c'est ce paysage que l'on a pu voir...
... que, à défaut d'observer chez nos voisins d'outre-Manche, on ne serait pas étonné de trouver en Normandie.
Sauf que,lorsque l'on prend un peu de recul, il y a quelques anomalies qui surprennent, comme cette manière un peu particulière de tailler les arbres...
... Alors le visiteur qui ne connaît pas la spécificité du parc s'interroge. Il le fait encore plus lorsqu'il se retrouve devant un temple khmer où des croyants viennent régulièrement pratiquer leurs rites.
A chacun le sien. Le mien consiste à m'arrêter d'abord longuement sur le pont de bois rouge (et surtout pas au delà!) pour regarder l'île de la grue et celle de la tortue...
... Après, il convient de gravir les marches qui mènent à ce lieu paisible, où l'on entend le bruit de l'eau (omniprésente dans ce parc, et c'est normal car elle y symbolise le cours de la vie) sans la voir. Son murmure se mêle aux bruit du vent dans les arbres et au chant des oiseaux et invite à s'adonner à ce à quoi invite la colline.
Après, car il faut bien repartir, il suffit de suivre le chemin et admirer une dernière fois quelques unes des spécificités du parc: l'allée aux lions, la corne d'or et le pont rouge...
Et puis, de l'embarcadère, avoir une pensée émue pour cet architecte parisien féru d'Orient qui, pour l'exposition universelle de 1900, construisit trois pavillons. Marié à la fille d'un industriel du choletais, il aménageât dans une vaste propriété ce Parc Oriental du Maulévrier: pour que l'esprit de l'Orient continue de souffler dans le grand Ouest. Pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus sur ce parc: http://www.parc-oriental.com/

lundi 4 août 2008

des hommes et des fleurs

Difficile d'écrire quoi que ce soit après le texte rédigé par Serge Regianni...
Alors j'ai songé à ma fleur fétiche, non ce n'est pas la rose, c'est une fleur associée notamment à une divinité grecque, une messagère qui apportait de bonnes nouvelles et qui est souvent représentée avec une écharpe sous forme d'arc-en-ciel.
Furent-elles bonnes pour Vincent Van Gogh et Claude Monet qui les ont peints ces iris,
l'un, à maintes reprises durant son séjour dans un hôpital,
l'autre dans son jardin de Giverny. Désormais deux variétés de cette fleur portent leur nom.
La 1ère est moins connue alors même qu'elle reprend les couleurs immortalisées par Vincent Van Gogh...
... avec un iris bleu et jaune donc, dont je ne me suis aperçue que récemment que c'étaient les mêmes couleurs que celles de la la coiffe portée par la jeune fille de mon tableau préféré: http://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2008/05/la-jeune-fille-la-perle.html
Associé au nom de Van Gogh, un iris peu connu des botanistes, il faut croire que certaines malédictions perdurent car Vincent, contrairement à Claude Monet, ne vendit aucun tableau de son vivant et ne dût sa survie qu'à son frère Théo et à quelques hommes et femmes qu'il rencontra et crurent en lui... mais cela ne lui suffît pas pour continuer à avoir envie de vivre.
L'iris qui porte le nom "Claude Monet", alors que ce dernier a surtout immortalisé des nymphéas, est plus classique .
Mais finalement, peu importe que ces deux homme aient désormais une fleur associée à leur nom. Ce qui compte le plus, c'est la beauté qui émane d'elles: une beauté éphémère tout comme leurs parfums qu'elles ont aussi variés que la couleur de leurs robes dont je ne me lasse pas d'admirer la grâce aérienne.
Et plus que tout, j'aime ce lieu que j'appelle "le bassin aux iris".
Au printemps, je ne connais pas d'endroit plus beau et serein que cette fontaine qui coule au milieu d'un parterre d'iris multicolores...
... sauf peut-être un recoin précis situé, lui, dans un parc du pays choletais.

dimanche 3 août 2008

Le temps qui reste

Cette chanson assez peu connue semble-t-il de Serge Reggiani, je l'ai découverte sur un double CD qui lui était consacré. C'était la toute dernière du second CD et elle n'en était que plus émouvante.
C'est le témoignage d'un homme qui a beaucoup vécu. Et qui autant voire plus que d'autres, a connu des choses difficiles mais qui crie encore son amour de la vie et son désir de vivre.
Et puis il y a la voix... Quelle évolution par rapport aux premières chansons... Ce qu'il "chante" (sur paroles.net le texte est qualifié de récit) n'en prend que plus de poids.
le temps qui reste
Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps... Combien ?
Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler, et voir, et croire, et boire, danser, crier, manger, nager, bondir, désobéir. J'ai pas fini, j'ai pas fini... Voler, chanter, parti, repartir, souffrir, aimer.
Je l'aime tant le temps qui reste.
Je ne sais plus où je suis né, ni quand; je sais qu'il n'y a pas longtemps... Et que mon pays c'est la vie. Je sais aussi que mon père disait :Le temps c'est comme ton pain... Gardes-en pour demain... J'ai encore du pain, encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore... Je veux rire des montagnes de rires, je veux pleurer des torrents de larmes, je veux boire des bateaux entiers de vin de Bordeaux et d'Italie et danser, crier, voler, nager dans tous les océans... J'ai pas fini, j'ai pas fini... Je veux chanter, je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...
Combien de temps... Combien de temps encore ? Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages... J'ai tant de gens à voir, tant d'images.. Des enfants, des femmes, des grands hommes, des petits hommes, des marrants, des tristes, des très intelligents et des cons. C'est drôle, les cons ça repose, c'est comme le feuillage au milieu des roses...
Combien de temps... Combien de temps encore ? Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour... Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore... Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul... Quand le temps s'arrêtera... Je t'aimerai encore. Je ne sais pas où, je ne sais pas comment... Mais je t'aimerai encore...
D'accord

samedi 2 août 2008

Avoir le temps

Le drame des réplicants, c'était leur durée de vie limitée, d'autant plus limitée que non programmés pour éprouver des émotions, s'ils transgressent cette règle, leur durée de vie est d'autant limitée.

Sans le moins du monde souhaiter une quelconque immortalité (les ouvrages de SF qui abordaient ce sujet arrivaient tous à une même conclusion: le poids de l'éternité... Non je ne citerai pas cette phrase attribuée à Woody Allen) il n'en demeure pas loin que les journées semblent bien souvent trop courtes si l'on réfléchit à tous les livres à lire, les films à voir, les voyages à faire... et rencontrer ceux que l'on aime.

De cela j'ai pris conscience il y a bien longtemps , lorsque la chanson qui suit était diffusée sur les ondes... c'était en 1967 et je n'avais pas encore dix ans...

Je n'aurai pas le temps

Je n'aurai pas le temps, pas le temps... Même en courant, plus vite que le vent, plus vite que le temps,

De visiter toute l'immensité d'un si grand univers, même en cent ans, je n'aurai pas le temps, de tout faire J'ouvre tout grand mon cœur, j'aime de tous mes yeux c'est trop peu, pour tant de cœurs et tant de fleurs. Des milliers de jours c'est bien trop court, c'est bien trop court Et pour aimer comme l'on doit aimer quand on aime vraiment, même en cent ans je n'aurai pas le temps, pas le temps

Je n'aurai pas le temps, pas le temps... Même en volant Je n'aurai pas le temps, pas le temps.

vendredi 1 août 2008

...Histoire d'@nn@...

Normalement ce billet aurait du paraître le 27 juillet dernier. Seulement « ...un chat ... » en a décidé autrement :-)
@nn@ est née à la fin de l'hiver 2007 quand il m'est apparu nécessaire de trouver un pseudo plutôt que de laisser sur certains sites des commentaires avec mon vrai prénom ou alors complètement anonymes.
Anonyme... Adepte des mauvais jeux de mots (dixit mes enfants) il y en a un qui s'est vite imposé: Anne O'Nhim... qui avait l'avantage de renvoyer à:
- Anne de Bretagne dont j'habite la ville où est construit le château des ducs,
- à mes origines en partie celtes (même si il y a bien longtemps que dans ma famille plus personne ne parle breton)
- mais aussi à des dessins animés: « Brisby et le secret de Nhim » dont j'avais eu l'occasion de voir quelques bribes qui me plaisaient beaucoup car sortant du cadre habituel des dessins de plus en plus calibrés de « Tonton Walt »

- et enfin, à l'un des films du dit tonton: « les aristochats »... même si ce n'est pas mon préféré malgré la présence des chats et la B.O.F. très jazzy.

Et puis de Anne O'Nhim, je suis passé à @nna qui renvoyait au côté internet, lequel s'est trouvé renforcé lorsque j'ai décidé de rajouter ce deuxième @, une sorte d'hommage à Georges Perec...
... si doué pour jouer avec les mots, notamment via les palindromes... et @nn@ en est un.
Enfin que de souvenirs liés à ce prénom de Anne ou Anna:
* Il y a l'une de mes grands-mères dont c'était le premier prénom, même si on l'appelait de son second prénom, effectivement plus en vogue en France cette fin du XIXème siècle. Anne, ou plus exactement Ste Anne, comment ne pas être attirée par un tel prénom de celle que l'on représente traditionnellement avec un livre à la main parce que dans la religion catholique, elle est celle qui aurait appris à lire à Marie. * Il y a aussi Anne Franck, dont j'ai déjà parlé le 23 juillet.
* Enfin il y a cette sublime servante qui apparaît dans « cris et chuchotements » de Ingmar Bergman, la seule des trois femmes valides qui osera faire les gestes qui aideront la jeune femme atteinte d'un cancer à mourir en paix.