jeudi 17 septembre 2009

"Les passagers du vent": avant/après

A l'occasion de la sortie du volume 6 des "Passagers du vent" le nouvel éditeur (12bis) qui a repris à son catalogue les anciens titres initialement parus chez Vents d'ouest puis Casterman a revu les couvertures.
Comparaisons étant précisé que les plus petites vignettes correspondent à l'édition initiale.
Il est permis de préférer les anciennes.

mercredi 16 septembre 2009

quelques bulles et une devinette

Si Willy Ronis fait partie des photographes humanistes, Jiro Taniguchi qui vient de publier "un zoo en hiver" pourrait être qualifié de dessinateur de "mangas" humaniste.

Et cela dès sa 1ère BD qui l'avait fait connaître en France et où il imaginait un "homme qui marche" et qui durant ses promenades fait des rencontres où il porte sur les choses et les gens un regard bienveillant. De belles image, très peu de texte mais pourtant, tant de choses sont dites.
Cela avait continué avec "quartiers lointains" qui racontait l'histoire d'un homme d'une bonne quarantaine d'années qui se retrouvait dans son corps d'adolescent, l'année même où son père avait quitté le domicile conjugal sans la moindre explication. Qui n'a pas rêvé un jour revenir en arrière, et d'une certaine manière tout recommencer mais en bénéficiant de son expérience d'adulte?

Cette fois-ci c'est un autre type d'histoire, limite autobiographie. Il y est question des années d'apprentissage d'un jeune homme -qui pourrait bien être lui-même- de 19ans qui a quitté sa ville natale pour s'installer en 1967 à Tokyo afin de devenir l'assistant d'un auteur d'un dessinateur de manga connu, ce qu'il espère devenir lui aussi. Années d'apprentissage mais toujours avec ce regard très "Tanaguchi", celui d'un homme capable en une phrase, une vignette, nous faire éprouver de l'empathie pour des personnages qu'à l'origine on pensait froids, distants, indifférents...

D'une certaine manière on retrouve ce regard, mais uniquement sur certains personnages créés par François Bourgeon, cet auteur de BD qui a, d'une certaine manière inventé la BD historique avec une série mythique pré-publiée initialement dans la revue "Circus". Avec son héroïne, une très jeune femme de l'aristocratie dépossédée de son identité réelle, on découvrait à partir de 1981 et du "comptoir de Juda", la réalité de l'esclavage.

Plus de 25 ans après avoir laissé son héroïne âgée de 18 ans et démunie de tout sur une plage de St Domingue où elle songeait un moment à se suicider, cet auteur a fini par se décider de nous narrer la suite de ses aventures. En fait elle ne réapparait qu'à la moitié du 6ème, lorsqu'elle rencontre Zabo, son arrière petite fille, qui a quitté la Nouvelle Orléans. C'est elle que l'on voit sur la couverture de ce nouvel album qui est l'occasion de poser une devinette.
Quel était le prénom de cette demoiselle au caractère bien trempé? Ou plutôt son diminutif?

mardi 15 septembre 2009

Willy Ronis: photographe humaniste

Ce nom là disait quelque chose et pour cause, je le lis tous les jours chez le boulanger, sous la photo de ce petit garçon qui court en portant une baguette de pain. Même que pendant longtemps j'ai cru qu'il s'agissait d'une image de Doisneau. Normal, Willy Ronnis et lui faisaient partie du même courant photographique: celui de la photographie humaniste où se sont aussi illustrés Boubat, Capa... un courant où, pour reprendre certaines formules lors d'une exposition organisée à la BnF: "l'homme est au coeur du propos" ou encore le photographe a "le coeur dans les yeux". Une illustration avec cette histoire au sujet d'une photo prise en 1938.

" C'est l'histoire d'une photo qui aurait pu rester à jamais enfouie dans un carton. En mars 1938, Willy Ronis se rend aux usines Citroën-Javel pour le magazine "Regards".De retour chez lui, il effectue rapidement une sélection de ses photographies et l'envoie au magazine, sans retenir cette photo, qui est sous-exposée. Puis il l'oublie complètement.

Ce n'est qu'à l'occasion de la parution du livre Sur le fil du hasard en 1980 qu'il passe en revue tous ses négatifs et retrouve cette photo, qu'il décide de publier. De son village de l'Orne, une femme de 80 ans, Rose Zehner, reçoit un appel de sa cousine qui l'a reconnue sur cette photo, reproduite dans l'Humanité. Elle écrit à Willy Ronis, par l'intermédiaire du journal : Je puis vous dire que cette femme avait 35 ans et qu'elle vit toujours car c'est moi-même et j'en ai 80.

Ainsi va commencer une relation épistolaire et téléphonique entre Willy et Rose. Et en 1982, quarante-quatre ans après la photo, sera organisée et filmée la rencontre entre Willy Ronis et Rose Zehner, dans l'ancien bistrot de Rose "Où vat-on ? Chez Lulu et Rosette", non loin de l'usine Citröen. Patrick Barberis en tirera le film émouvant, "Un Voyage de Rose", où la vieille dame, qui n'a rien perdu de sa verve ni de son humour, déroule son histoire et ses combats, entourée d'Henri Alekan et de Francis Lemarque, anciens compagnons de lutte. Orpheline à l'âge de 9 ans, devenue ouvrière très jeune, licenciée en raison de sa trop "grande gueule", puis classée "à l'encre rouge partout", "connue comme le loup blanc", la syndicaliste se révèle un personnage de roman.

C'était un personnage fabuleux raconte Willy Ronis.

J'ai parlé comme ça tout-à-trac, et à partir de ce moment, j'oubliais que ça tournait, j'oubliais les lumières, j'étais polarisée sur elle, c'était l'émotion. Quand j'ai entendu "Coupez", je me suis tourné vers Patrick, et j'ai demandé : Mais, est-ce qu'on doit recommencer, est-ce que c'est fini? Quand j'ai vu le film, à la fin j'ai pleuré. L'année suivante, Rose Zehner sera invitée aux Rencontres internationales de la photographie d'Arles, où elle sera acclamée par le public."

Extrait de Virginie Chardin, Paris et la photographie. Cent histoires extraordinaires, de 1839 à nos jours, Parigramme, 2003

lundi 14 septembre 2009

...se souvenir et ne jamais oublier...

Aujourd'hui aurait du/pu paraître un billet très léger sur le goût du sucré. Seulement hier soir, juste avant de le rédiger je suis allée surfer du côté de certains sites et/ou blogs que je visite régulièrement et je suis tombée sur le récit d'un "voyage" au coeur du "bois de bouleaux": Auschwitz/Birkenau

http://www.charlie-bravo.net/

Sachant que durant l'été 2007, j'ai passé une demi-journée au camp de concentration du Struthof en Alsace

http://www.struthof.fr/fr/accueil/

et que même aujourd'hui, de ce moment, j'ai encore beaucoup de mal à parler, il était normal qu'il soit ensuite impossible d'écrire sur quelque chose d'aussi futile que le goût du sucré.

dimanche 13 septembre 2009

17ans...

... et toute ses dents, même celles de sagesse qu'il va falloir extraire d'ici la fin de l'année.

Oui, il y a 17 ans de cela, elle avait choisi un beau dimanche -déjà- de septembre pour s'en aller découvrir le monde.

Mais pourquoi ajouter en plus les paroles de cette chanson "lâchez-moi" d'Anne Sylvestre? Parce que le hasard qui nous joue parfois des tours a voulu que hier matin qu'en "off"il soit question de cette chanson. Or n°3 qui a, parmi ses prénoms, celui de l'auteure de cette chanson avait envie cette nuit, et malgré l'heure tardive, de parler de ses petits soucis d'ado, pour lesquels elle a envie parfois de dire aux autres: "lâchez-moi!" sans encore oser ajouter: "apprenez plutôt à nager!"

"Quand on a des emmerdements, Quand on se cherche une maman, Quand on a trop de sentiment
C'est pour moi !
Quand les enfants sont pas gentils, Quand on aime trop son mari, Ou qu'on voudrait qu'il soit parti
C'est pour moi !
Quand on cherche en vain l'amitié, Quand on ne peut pas s'exprimer, C'est pas pour la porte à côté
C'est pour moi !
L'araignée qui cherche un régime, L'auteur qui court après sa rime, La bavarde qui fait du mime
Cherchez pas, c'est pour moi !

Lâchez-moi, j'ai déjà donné, J'en ai assez de vous bercer, Il faudrait toute la journée Que je materne
Lâchez-moi, ça finira mal, Je n'suis pas un confessionnal, C'est de l'invasion cérébrale, Ça me consterne
J'ai mal

Mais ceux qu'on voudrait voir fleurir, Ceux qu'on rêve avant de dormir, Ceux dont on aime le sourire
Où sont-ils ?
On ne les voit jamais pleurer, C'est à la pince à épiler, Qu'il faut leur tirer leurs secrets
C'est facile !
Ils n'arrosent pas mon paillasson, Apprennent tout seuls leurs leçons, Ignorent vraiment sans façon
Leur nombril
Les qui ont pas le temps d'être tristes, Les qui avouent, quand on insiste, Que le bonheur parfois résiste
Je les cherche, où sont-ils ?

Lâchez-moi, vous me piratez, En moi, vous prenez vos quartiers, En plus, vous me barricadez, Contre les autres
Lâchez-moi, car vous me ruinez, Moi, en matière d'amitié, Je ne suis pas un gros banquier, Mais j'ai mes pauvres
Cachés

A force de le répéter, Je finirai par m'inventer, Un égoïsme forcené,
Vous verrez
Je boufferai le récepteur, Du téléphone et quel bonheur, J'assassinerai le facteur,
Vous verrez
Je ne vous écouterai plus, J'vous laisserai vous pleurer dessus, Ah, vous ne serez pas déçus,
Vous verrez
La grande sourde qui ricane, L'indifférence à l'œil qui plane, L'écluse qui a fermé ses vannes
Ce s'ra moi, vous verrez

Lâchez-moi, laissez-moi souffler, Je ne suis pas votre bouée, Apprenez plutôt à nager,
C'est plus utile
Lâchez-moi et peut-être un soir, J'aurai envie de vous revoir, Je dirai : "Ils sont en retard",
C'est difficile
Mais j'en garde l'espoir"

samedi 12 septembre 2009

voyage au pays des saveurs (6)

Le goût du sucré (suite)

Après les fruits, il serait logique de parler... des confitures non? Parmi les pots de confitures qui étaient rangés dans la cave familiale, deux étaient plus particulièrement chéris.

Il y avait tout d'abord ceux de tomate verte. Qu'est ce qui fascinait le plus en elle? La couleur verte, peu fréquente dans les confitures parce que même celle faite avec les prunes reine-claude n'est pas aussi soutenue?
A moins que ce ne soit ce côté paradoxal parce que malgré la mise sur le marché de tomates jaunes, oranges ou même "noires de crimée", une tomate reste avant tout liée à la couleur rouge.
A moins que ce ne soit cet aspect paradoxal qui voulait que, juste avant de plonger dans l'automne puis l'hiver, on sacrifiât les dernières tomates symboles de l'été plutôt que de se résigner à les jeter car elles n'auraient probablement pas le temps de mûrir.
Et ça donnait cette confiture au goût et à la texture inimitable, quelque chose entre la confiture et le fruit confit.

Il y avait aussi les pots de gelée de groseilles. Fascinantes à cause de leur rouge translucide qui même maintenant fait toujours penser à ce passage du livre de Colette ("Claudine"?) où elle étonne beaucoup son futur mari en suçant le bague de fiançailles qu'il vient d'offrir... parce que j'ai toujours eu envie de faire de même en voyant les rubis dans la devanture des bijoutiers.
Et puis la gelée de groseilles c'est tout un art qui passe par la cueillette minutieuse, l'équeutage des fruits avec une fourchette et, non pas l'épépinage façon Bar le Duc, mais le pressage des fruits dans une linge fin réservé à cet usage (à défaut d'étamine) pour en retenir le maximum de jus qui sera mis à cuire. Quand le rituel de confiture participe au plaisir d'en manger...

Le plaisir d'en manger, rien ne l'illustre mieux que la dernière confiture, celle connue à l'âge adulte: la confiture de lait.
Ahhhhhh lorsqu'elle est de qualité et donc bien épaisse, quel plaisir d'en prendre une cuillère à même le pot -tant pis pour les microbes et de toute manière est-ce le genre de pot que l'on partage??? et de sucer longuement celle-ci en laissant la saveur sucrée se répandre sur la langue avant de glisser dans la gorge.
Surtout pas de pain ni même de brioche car la saveur, la texture en seraient altérées... et ne jamais penser au nombre de calories contenues dans une cuillère...
La meilleure, c'est, lorsqu'on n'a pas la patience d'en faire soit même, celle qui vient d'Argentine où elle porte ce nom qui en soit est une invitation au plaisir: "Dulche de Leche"

vendredi 11 septembre 2009

Quand "Vigipirate" devient n'importe quoi...

... ça donne ça!

C'est moche, très moche, encore plus moche en réalité que cette photo (ratée) envoyée par mail mercredi soir par le service logistique pour prévenir que les deux horribles "machins", qui n'étaient encore que des "squelettes" qui encombraient depuis plusieurs jours le hall d'entrée de chaque côté du "bocal vitré" où s'ennuient les agents chargés de l'accueil du public, allaient être mis en service.
Ces "machins" ça s'appelle des "portillons de sécurité" et c'est destiné à éviter que je ne sais quel dangereux terroriste ne prenne pour cible les quelques 400 (les jours de très grande affluence) personnes qui occupent les différents plateaux paysagers d'un bâtiment à l'architecture fort éloignée du World Trade Center.

Accessoirement, ça permettra de diminuer le marché passé avec la société privée de gardiennage qui vérifiait depuis l'automne 2001 les entrées et sorties des usagers... Les usagers, parce que depuis le temps, ils avaient appris à connaître tous ceux qui travaillaient dans l'immeuble, surtout les noctambules -traduire ceux qui ne font pas 9H/17H- qui venaient gratter aux portes vitrées une fois les locaux fermés au public parce qu'ils avaient oublié d'emporter avec eux quelque dossier urgent à traiter...
ça donnera aussi l'occasion de faire la queue aux "heures de pointe" avec quelques embouteillages monstres en prévision. Ainsi chaque trimestre, lors de l'exercice incendie, lorsque le fidèle troupeau ayant dévalé dans le 1/4 d'heure précédant les deux escaliers de secours devra remonter travailler.

A ce moment là, vu la vitesse d'ouverture et de fermeture des deux portillons, le passage du péage de Mantes la Jolie les jours de départ en vacances deviendra un joli souvenir.

mercredi 9 septembre 2009

voyage au pays des saveurs (5)

Le goût du sucré...

... est un goût inné nous apprenait-on autrefois dans les ouvrages (avec la classique image du bébé grimaçant avec la saveur amère et souriant aux anges avec celle du sucre). Sans doute est-ce pour cela qu'en cas de petit coup de blues, nombreux sont ceux qui font plus un détour par le sucre que le sel... en se donnant en façade le prétexte de la diététique ou des préconisations du ministère de la santé pour manger des fruits*.

Il n'est pas question aujourd'hui promouvoir le slogan "5 fruits ou légumes par jour" mais juste, après plusieurs billets plein d'interrogations, de parler de quelques fruits plus chéris que d'autres. Exit la fraise, même si les 1ères "non forcées" qui arrivent sur le marché sont toujours les bienvenues car elles annoncent que le printemps est bien arrivé! Non, honneur à 3 fruits d'été et un autre qui annonce un peu l'automne.

Il y a les délicieuses cerises. Elles ne seront jamais aussi bonnes que lorsqu'on les cueille, gorgées de soleil, à même l'arbre, après le rituel des boucles d'oreilles, surtout si quelqu'un murmure la chanson de J-B Clément. Mais dans nos villes, sans même espérer avoir un cerisier sur son balcon, il est désormais bien difficile de voir des cerisiers.

Rares aussi sont les framboisiers dont les variétés anciennes se défendaient si bien contre les prédateurs à deux jambes qui plus d'une fois s'en sortis avec des estafilades sur les mains et les bras. Le prix à payer pour pouvoir s'en régaler...








Comment oublier les abricots, symboles du Sud. Un regret, il est devenu difficile d'en trouver qui soient mûrs à point, sucrés sans cette acidité qu'aucun renfort en sucre ne saurait correctement camoufler (ne reste alors qu'à les cuisiner en tarte ou en plat sucré/salé)... et pas farineux.

Il y a enfin les petites dernières qui annoncent sous nos latitudes l'arrivée de l'automne: les figues. Et là aussi elles ne sont jamais si bonnes que lorsqu'on les déguste après les avoir débusquées sous les grandes feuilles où elles se cachent du soleil pour mieux se gorger de sucre.




* Il y aurait mêmes quelques irréductibles à qui semble-t-il on ne pourrait faire manger des pommes que si on les leur épluchait...

mardi 8 septembre 2009

une "pause" à quai

En attendant de repartir vers je ne sais quelle direction, un petit "souvenir" (brut, non recadré, non retouché d'aucune manière) des dernières floralies... en attendant un jour de montrer une sélection d'images de ce jour de visite.

lundi 7 septembre 2009

ombre et lumière (11) avec deux acteurs et un réalisateur

Le réalisateur c'est Luchino Visconti, les acteurs, se sont en réalité un homme et une femme dont les visages sont très beaux, irradient l'écran, mais dans un cas la beauté cache en réalité un personnage très noir et dans l'autre un personnage très lumineux.

L'ange noir, c'est Helmut Berger dans "les Damnés", réalisé deux ans avant "Mort à Venise".

On peut voir le film comme l'histoire de l'ascension et de la chute des membres d'une famille propriétaire d'importantes aciéries allemandes pendant la montée du nazisme.
Mais derrière l'histoire d'une famille, ce sont des individus qui, même lorsqu'ils essaient de s'arranger avec le pouvoir en place et croient s'en sortir sont broyés, détruits. En fait tous les membres sont condamnés à mourir, physiquement (le vieux patriarche, son gendre libéral, la mère incestueuse...) ou moralement.
Le pire arrive tout à la fin lorsque l'officier nazi qui vient d'expliquer au petit-fils musicien du patriarche, le seul que l'on pensait pouvoir être épargné, finalement le félicite parce que sa haine est pure, contrairement à celle de son cousin, joué par Helmut Berger dont il sait fort bien qu'il est toxicomane, violeur d'enfant et parricide...

On est alors très loin de l'ange blanc, la lumineuse Claudia Cardinale.

Elle a alors 25ans et elle est très belle, comme beaucoup de femmes souhaiteraient l'être, lorsque dans sa robe blanche elle danse avec Burt Lancaster. Son personnage symbolise tout le passage d'un monde, celui de la noblesse, à un autre , celui de la bourgeoisie.
Elle sera de nouveau très belle 5 ans plus tard dans "il était une fois dans l'ouest".
Mais dans "le guépard" il y a quelque chose en plus, tout simplement peut-être qu'on la laisse au seuil d'une autre vie alors que dans le film de Sergio Leone, on devine que la jeune veuve qui a enfin réussi à faire valoir ses droits devra encore se battre dans un monde d'hommes qui est dur, très dur.

dimanche 6 septembre 2009

Le gardien de la mémoire au châlet de Wörthersee

Par un matin de l'été 2003, après une longue montée silencieuse au travers des bois sombres de Maiernigg qui surplombent le lac de Wöther en Autriche, une petite maison qui avait appartenu à Gustav Mahler était apparue au coeur d'une clairière.


Etrange sensation que de se dire que là, un siècle auparavant, pendant plusieurs étés, il avait choisi de laisser dans la maison familiale tout en contrebas, sa très jeune femme Alma et leurs petites filles Maria et Anna pour s'en aller composer dans une petite pièce claire aux murs en bois, la musique de la quasi totalité de ses oeuvres.

La visite fût assez rapide, le châlet ne contenant que quelques meubles sur lesquels étaient déposés des partitions ou des documents ayant trait à la vie et la carrière du musicien. Le seul et unique gardien des lieux, un jeune homme amputé d'un bras qui passait là ses journées avec bien souvent pour seule compagnie des livres, proposa très vite de mettre une cassette de la musique de Mahler en guise de fonds musical.

Et là, trou de mémoire de celui qui avait souhaité visiter ce lieu! Il lui était impossible, non de se rappeler certaines mélodies, mais de rattacher ces dernières au titre des oeuvres dont elles provenaient.
Vint alors à l'esprit le nom d'un film: "Mort à Venise", celui-là même grâce auquel Luchino Visconti a fait, via l'adagietto de la 5ème symphonie, découvrir à beaucoup de personnes Gustav Mahler qui était tombé dans l'oubli.
Moi même, je me rappelais exactement ce moment où, plus de 32 ans auparavant, je l'avais entendu. C'était à la fin du repas familial du soir, lorsque le film qui venait de sortir avait été présenté à l'issue des informations télévisées.

http://www.youtube.com/watch?v=n3pOn_qymIw

Comment savoir ce qui avait alors le plus impressionnée?
Etait-ce ce la musique elle même?
Etait-ce cet adolescent, très beau, pour une jeune fille de 13 ans?
Etait-ce l'attirance, un peu tabou pour l'époque, que semblait éprouver pour lui Dirk Bogarde... et le réalisateur à travers lui?
Ou était-ce de voir cet homme qui meurt seul sur une plage en regardant ce très jeune homme, en osant à peine murmurer son prénom: "Tadzio" tandis qu'il se bagarre dans le sable avec un autre jeune homme. Puis Tadzio s'éloigne, s'avance dans l'eau calme, devient une petite silhouette mince dans la lumière dorée de la fin d'après-midi et montre au loin quelque chose que ni Bogarde ni les spectateurs ne verront jamais.

La beauté, la vie, la mort et tout qui finit avec cette impression d'être passé à côté de quelque chose que l'on a pas su saisir...

vendredi 4 septembre 2009

... gardienne de la mémoire.

C'est peut-être ce qui m'a le plus étonné d'elle, ce côté "gardienne de la mémoire".

Il a fallu un livre, emprunté en bibliothèque (je ne me souviens ni du titre ni de l'auteur) pour que je découvre l'histoire étonnante de cet appartement parisien où ils ont vécu. Bien que n'y vivant plus elle même, elle l'avait conservé pendant près de 50 ans dans l'état exact où il était lorsque le poète est décédé le 9 novembre 1918, elle qui avait partagé si peu de temps de sa vie et que des générations d'hommes et de femmes ont oubliée pour ne se souvenir que d'Annie, de Marie ou de Lou(ise).

De mémoire, l'auteur était une jeune femme d'origine polonaise à qui Mme Jacqueline Apollinaire, déjà très âgée, avait donné rendez-vous dans les années 60 afin de lui faire visiter cette sorte de "musée". Je me souviens notamment du détail de quelques allumettes usagées qui avaient été laissées sur une petite table où il les avaient déposés après avoir allumé sa pipe... En visitant un tel lieu, comment ne pas imaginer qu'il s'était juste absenté quelques minutes et que soudain on allait le voir apparaître dans l'embrasure de la porte, ou lisant à moitié allongé sur ce grand lit en dessous du tableau peint par Marie Laurencin.

Des années plus tard (peut-être vers 1995) j'ai longuement remonté le boulevard St Germain jusqu'au 202. Je n'ai pas osé faire quoi que ce soit de plus mis à part regarder la façade où se trouvait un café et chercher du regard comment on pouvait accéder aux étages. Et puis je suis repartie.

Oser faire plus aurait signifié dépasser ma timidité et surtout prendre le risque d'être confrontée à la réalité, dont j'ai eu confirmation via des recherches sur le net: une fois Jacqueline décédée, en 1967, il n'a pas été possible de conserver le "musée" en l'état et l'appartement a été rénové, peut-être même vendu.

Aujourd'hui je préfère rester avec mon rêve, celui de retrouver ce livre et pouvoir, sur les pas de l'auteur, passer de pièce en pièce en imaginant entendre le pas lourd de Guillaume Apollinaire, sentir l'odeur de sa pipe se mélanger à l'odeur d'un petit plat mijoté par sa femme (qui semble t-il cuisinait fort bien) avant qu'il ne répète une nouvelle fois ces quelques vers du "pont Mirabeau" tels qu'on l'entend les prononcer dans le petit enregistrement qui suit.

http://www.wiu.edu/Apollinaire/Apollinaire_dit.htm

jeudi 3 septembre 2009

... était une jolie rousse...

... dont on ne sait que fort peu de choses. Par exemple pourquoi Amélia, Emma, Louise Kolb née le 26 septembre 1891 dans le commune de Le Tholy (Vosges) a finalement été appelée très tôt Jacqueline, au sein même de sa famille.
Son acte de naissance porte en marge la mention qu'elle a épousé le 2 mai 1918 Guillaume Kostrowitsky, à la mairie du VIIème arrondissement et que Messieurs Vollard et Picasso étaient les témoins.
La tombe de "Jacqueline" et Guillaume Kostrowitsky, au Père-Lachaise, porte portant mention du nom d'Apollinaire qui était le nom de plume de Guillaume. Et rien ne laisse penser qu'il ait profité de sa naturalisation, obtenue le 9 mars 1916 alors qu'il était engagé dans l'armée française, pour modifier son patronyme.

D'elle nous ignorons beaucoup de choses, à savoir comment la jeune vosgienne est venue à Paris, comment elle a rencontré Guillaume Apollinaire... car il ne lui a consacré semble-t-il qu'un poème, celui de "la jolie rousse". Elle même n'était pas très bavarde et de fait, même son neveu interviewé des années plus tard, ne pouvait faire état que de rumeurs. Pour lui, c'était une femme un peu atypique par rapport aux femmes de son époque.
Il y a très peu de traces d'elle mis à part la photo d'hier, un dessin et une photo de couple prise sur la petite terrasse de leur appartement parisien, au 202 du boulevard St Germain.

C'est justement via cet appartement parisien que je l'ai connue, il y a plus de 25 ans de cela. La suite, ce sera pour plus tard dans la journée... ou plutôt non, demain car l'histoire est un peu longue.

mercredi 2 septembre 2009

La jolie inconnue...

Préparer hier la rubrique: "la personnalité du mois" ouverte en juillet dernier a été l'occasion de découvrir une surprenante histoire au sujet de cette jolie jeune femme (1891-1967) dont il semble bien que ce soit là la seule photo qui soit disponible sur le net.

Qui pourra retrouver ses noms et prénoms?

Seuls indices, ses initiales de jeune fille étaient AK, mais elle fut enterrée aux côtés de son époux (près de 50 ans après la mort de celui dont elle n'aura finalement été l'épouse qu'un tout petit peu plus de 6 mois) sous celles de JA...

La réponse? Probablement jeudi. Avec en prime un petite histoire.

*à l'attention de ceux qui voudraient biaiser, pour une fois Google n'est d'aucune utilité.

mardi 1 septembre 2009

...

... quelque part ici ou ailleurs, hier ou aujourd'hui mais qu'importe*...
Il y aura toujours de ces moments là, qui parfois correspondent si bien à un état d'esprit. A oublier, ou au contraire ne jamais oublier.

* en réalité, c'était lors d'un déplacement en voiture sur une route d'Alsace, fin juillet 2007.