jeudi 2 octobre 2008

Voyage intérieur... d'impression en impression (3)

Pour moi, l'odeur de l'été c'est celle de la tomate. Pas celle de la chair de la tomate, trop douce, trop fade... Non, celle des feuilles de tomates, ou plus exactement des jeunes plants de tomates.
Une odeur verte, tellement plus agréable que celle du gazon coupé et qui, lorsque je la respire, par exemple après avoir acheté des tomates grappes, me ramène toujours dans le jardin de mes parents.
Il fait beau.
Je suis assise au soleil sur l'un des petits murets en béton un peu moussus que mon père a installés pour border l'allée qui descend jusqu'au fond du jardin.
Il fait beau et je le regarde enlever une à une les feuilles en surnombre des plants de tomates de façon à ce que ces dernières puissent mûrir plus facilement sans risquer de s'abîmer si, par hasard, le temps devenait trop humide.
Il fait beau et il pose temporairement les feuilles en petits tas sur la terre craquelée... Craquelée sauf au pied des plants où elle est toute lisse, toute douce car c'est là qu'il arrose chaque soir en prenant son temps afin que la terre ne se creuse pas trop à cet endroit là.
Tout à l'heure il y aura cette odeur de terre mouillée qui montera jusqu'à moi mais pour le moment il y a juste cette odeur des feuilles qu'il coupe et que je récupère pour les casser en plus petits... pour le plaisir du contact avec ces tiges qui sont douces et grattent tout à la fois et qui surtout laissent suinter cette sève dont je parfume mes doigts... en espérant secrètement que je pourrai ne pas me laver les mains avant d'aller dîner et garder ce parfum avec moi jusqu'au moment d'aller me coucher.

mercredi 1 octobre 2008

Voyage intérieur... d'impression en impression (2)

Dans la petite école primaire implantée dans la banlieue d'une grande ville, les traces dans la neige fraîchement tombée durant la nuit attestaient que j'avais été la 1ère à gravir ce matin là (un 8 décembre, le jour où dans certains pays catholiques on fête l'Immaculée Conception) les marches qui menaient à la grande cour de récrétation.

Tout en haut, une fois poussée la barrière de sécurité, il y avait la cour immaculée que personne n’avait encore foulée. Au fond, les classes avec leurs hautes fenêtres entourées de briques rouges étaient encore sombres. A droite, le préau était comme un grand trou noir. Et, presque au milieu de la cour, il y avait la silhouette de cet immense tilleul dont les feuilles à l’automne formaient un épais tapis d’or odorant et craquant que, les jours de grand soleil, nous adorions fouler pour le plaisir de la vue, celui des oreilles et de l'odorat.

J’ai traversé cette mer de neige lentement, savourant le plaisir d’enfoncer doucement mes pieds dans la neige qui crissait à chaque pas. A la fin, je me suis retournée.

Joie imense des traces que l'on laisse derrière soi. Tristesse aussi: bientôt des milliers de pas s’y ajouteraient, transformant cet océan de blancheur en une immonde boue noire. Aujourd’hui encore, les rares jours où il neige dans notre région, ce sont ces mêmes sentiments qui m’assaillent avant de traverser pour la première fois une surface enneigé que personne n'a encore marquée: joie et tristesse. Surtout ne pas chercher à savoir pourquoi.

mardi 30 septembre 2008

Voyage intérieur... d'impression en impression (1)

Je garde le souvenir d'une forêt de fleurs.
Mais je ne connaissais pas encore ces mots là, comme beaucoup de ceux qui suivent, puisque ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai pu mettre des mots sur ses souvenirs-là.
Il y avait au tout d'abord deux arbres un peu isolés et d'autant plus impressionnants. En fait des plants de rhubarbe avec leurs immenses feuilles. Plus tard, je m'en ferai des parapluies, du moins pendant les courts moments où, ma mère en ayant coupées me laissera jouer avec les ombrelles avant de transformer leur longues tiges rouges en compote ou en confiture.
Plus loin il y avait les arbustes griffus de groseilliers. De ces groseilliers aux petits fruits rouges si jolis à voir mais si acides au goût. Je préférais et préfère encore de beaucoup le cassis, d'un noir légèrement bleuté beaucoup moins beau mais tellement beaucoup plus doux au goût lorsqu'on en fait exploser la petite baie après l'avoir fait longtemps rouler dans sa bouche.
Et enfin il y avait la forêt. Une forêt de plants de dahlias multicolores au travers desquels je me suis frayée un chemin en levant régulièrement la tête pour entrevoir le ciel bleu au travers de leurs branches fleuries enchevêtrées.
Soudain il y eu un obstacle. Ce ne fût pas le mur noir de la maison du voisin, un mur enduit d'une peinture noire qui sentait fort lorsque l'été le soleil l'éclairait. Non, c'était juste une toile d'araignée tendue au travers de mon chemin. J'ai préféré reculer. Non, je n'avais peur de l'épeire qui se tenait au centre de la toile et que je trouvais si jolie avec son ventre marron veiné de blanc mais je n'ai pas voulu détruire la fragile toile si joliment étirée au travers de mon chemin.
Je suis restée longuement à la regarder sans bouger, les mains bien posées à plat sur la terre rendue poudreuse par la chaleur de l'été.

lundi 29 septembre 2008

Voyage intérieur... d'impression en impression (prologue)

Impression: Sens 2 Empreinte, marque laissée. Synonyme sensation

Voilà l'une des définitions que donne l'un des dictionnaires consultés sur le net et qui semble parfaitement convenir aux billets des jours à venir: des impressions sensorielles, visuelles, olfactives, auditives...

dimanche 28 septembre 2008

Un regard bleu et des marguerites en guise de souvenirs

De lui, comme pour beaucoup d'autres personnes, je garderai le souvenir de ce regard bleu si particulier que ce soit dans (selon l'ordre où ils me sont revenus à l'esprit):
"Luke la main froide"
"L'arnaque" (ahhh la musique de "the sting" , ahhh la manière dont on se fait rouler dans la farine à la fin, mais nous c'est du cinéma)
"Butch Cassidy & the Kid" (avec encore Robert Redford... Qu'est que j'ai pu renifler à la fin avec l'amie avec qui j'étais allée voir ce film)
"The policeman" (où avec une autre amie j'avais profondément agacé le jeune homme brun aux yeux marrons qui avait pris le risque de nous accompagner)
et le peu connu "Hombre" où il est un indien métis dans une amérique WASP, et "la couleur de l'argent" avec Tom Cruise tout jeunot qui là le roule en beauté.
Mais à ces films/acteur, je préfère retenir ses films/réalisateur même s'ils sont moins connus et que je n'en ai vu que deux de ceux qu'il a réalisés avec celle qui pendant 50 ans a partagé sa vie Joanne Woodward.
Le 1er fut "de l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites" vu lors de sa sortie (j'étais alors encore adolescente) très probablement à cause de l'étrangeté du titre plus que par le prix 'interprétation féminine. Il est apparemment ressorti récemment avec une autre affiche et sous son nom d'origine (et non celui de "mothers' day"). Il faudrait probablement que je le revoie car de ce film je ne garde que le souvenir d'en être sortie en me disant "mais comment est-ce qu'on peut bien vivre dans une famille pareille avec une soeur et une mère comme ça!"
Des années plus tard ce fût "Rachel, Rachel" dont je garde plus de souvenirs avec l'histoire de cette institutrice complètement étouffée par sa mère et le milieu où elle vit (une petite ville du Sud des USA où pour une célibataire avoir subi une IVG est une ignominie) qui, après une triste histoire d'amour durant un été avec un ami d'enfance auquel elle a cru (alors que lui, lui mentait) décide enfin de partir et de quitter cette ville et cette vie où elle étouffe.
Souvenirs, souvenirs... que ces films qui me ramènent bien loin en arrière avec plein de sensations quant à ces époques là. Pein de souvenirs d'images, de lumières, de goûts, d'odeurs... à chacun ses petites madeleines...

samedi 27 septembre 2008

Elle

... L'air est habité de fleuves qu'on ne voit pas. Elle est leur océan... Porteuse d'assez de douceur pour pouvoir la cacher. Elle a la voix des oiseaux quand le printemps les entretient. Elle possède ce qui fait qu'on regarde couler l'eau du ruisseau sans jamais se lasser. D'elle s'inspirent les fleurs, les coraux, les levers du soleil. Sur elle même le noir devient une couleur... Elle peut aussi être en colère comme le ruisseau devient cascade... Quand elle est là, l'ombre se fait pénombre... Toujours en lutte, mais contre quoi? Elle-même ne le sait pas. Quelque chose qui fouille l'espace et se nourrit de la lumière... Ses yeux sont de firmament... Ils sont aussi volcans, prometteur d'un destin... Quand elle aime, toute la terre aime avec elle, à travers elle. Si elle n'était pas, que serait ton aujourd'hui...
Louis Guillevic - possibles futurs

Sleeping Muse by Constantin Brancusi

vendredi 26 septembre 2008

Que serais-je sans toi...

Pour beaucoup ce texte est avant tout une chanson de Jean Ferrat http://fr.youtube.com/watch?v=WZaXuFzi4Rw

mais au point de départ il s'agit bien d'un texte de Louis Aragon qu'il convient, pour une fois, de citer dans son intégralité et sans aucune photo. Et je viens de m'apercevoir, en faisant quelques recherches sur le net, qu'il peut être utile de relire ensuite ces quelques lignes où Jean Ferrat évoque comment il a utilisé les textes de Louis Aragon et notamment ce texte.

http://www.jean-ferrat.com/aragferbleu.html

Que serais-je sans toi

J’étais celui qui sait seulement être contre

Celui qui sur le noir parie à tout moment

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre.

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre.

Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant.

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

Un bonhomme hagard qui ferme sa fenêtre

Un vieux cabot parlant dans anciennes tournées

L’escamoteur qu’on fait à son tour disparaître

Je vois parfois celui que je n’eus manqué d’être

Si tu n’étais venue changer ma destinée

Et n’avais relevé le cheval couronné

Je te dois tout je ne suis rien que ta poussière

Chaque mot de mon chant c’est de toi qu’il venait

Quand ton pied s’y posa je n’étais qu’une pierre

Ma gloire et ma grandeur seront d’être ton lierre

Le fidèle miroir où tu te reconnais

Je ne suis que ton ombre et la menue monnaie

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines.

Et j'ai vu désormais le monde à ta façon.

J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines

Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines.

Comme au passant qui chante, on reprend sa chanson.

J'ai tout appris de toi jusqu'au sens de frisson.

J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne.

Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu

Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne.

Tu m'as pris par la main, dans cet enfer moderne

Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux.

Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.

Aragon,

Le Roman inachevé, Que serais-je sans toi

jeudi 25 septembre 2008

Ombre et lumière (10) avec une chanson

De cette chanson de "la longue Dame brune" on ne retient souvent que la première partie qui correspond effectivement au titre ... tout en oubliant la dernière strophe et le dernier refrain...

Le mal de vivre

Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins

Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre

On peut le mettre en bandoulière
Ou comme un bijou à la main
Comme une fleur en boutonnière
Ou juste à la pointe du sein
C'est pas forcément la misère
C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient

Le mal de vivre...

(...)

Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n'en peut plus
Et tous seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus

Du mal de vivre
Leur mal de vivre

Qu'ils devaient vivre
Vaille que vivre

Et sans prévenir, ça arrive
Ça vient de loin
Ça c'est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous émerveille
Au creux des reins

La joie de vivre
La joie de vivre
Oh, viens la vivre
Ta joie de vivre

mercredi 24 septembre 2008

Quatre films pour Audrey Hepburn

Elle en a tourné d'autres que ceux-là, que d'autres préféreraient sans doute, mais c'est ceux-là que je retiens... et encore en ai-je ajouté un de plus que ce que j'avais initialement prévu parce que entre deux j'hésitais... Ce faisant, je me suis aperçue que tous les quatre avaient une constante, la présence d'acteurs masculins qui, chacun à leur manière, représentaient un certain type de séduction masculine.
Dans l'ordre chronologique il y a d'abord "vacances romaines"
Au début de sa vie d'actrice, ce furent effectivement d'une certaine manière des vacances pour elle qui avait connu une période difficile durant la seconde guerre mondiale (qui expliquera plus tard son engagement dans l'UNICEF).
Comment ne pas être touché par l'histoire de cette très jeune princesse appelée à régner qui, avant d'accéder au pouvoir, ne supporte plus soudain les contraintes de son rôle et vit quelques jours auprès d'un journaliste (ce qu'elle ignore) lequel souhaite au départ profiter professionnellement de cette situation mais n'en fera finalement rien. Une pause dans leur vie à l'un et l'autre à l'issue de laquelle ils se sépareront parce que dans la vraie vie, autrefois, les princesses n'épousaient pas des journalistes.
Quelques années plus tard il y aura "Charade" où une jeune femme mariée depuis assez peu de temps découvre qu'elle n'a peut-être pas été assez curieuse quant à ce qu'avait pu être la vie de son époux. Et elle hésite durant la quasi-totalité du film sur le point de savoir si elle peut ou non faire confiance à ce Carry Grant, ce qui donne droit à quelques scènes de séduction entre deux dont on ne sait si elle sont motivées par une réelle attirance ou un désir de manipulation. Que sait on d'ailleurs de l'autre?
Deux ans plus tard ce sera "My Fair Lady". Encore une histoire où une jeune femme est appelée à beaucoup évoluer. Là il s'agit d'une jeune fleuriste avec un accent très cockney avec qui un professeur de langues apprend (au départ par jeu) à parler autrement avant de s'apercevoir qu'il est tombé amoureux d'elle. . Film superbe au plan visuel mais à regarder impérativement en VO pour bénéficier du travail sur les accents de la langue anglaise. à noter que la pièce de théâtre dont s'est inspiré le film se terminait de façon beaucoup plus amère.
Et puis le dernier, non pas de ses films, mais que je souhaite retenir: "la rose et la flèche" où elle et Sean Connery se donnent la réplique dans une suite, 20 ans plus tard, de l'histoire d'amour entre Robin des Bois et Marianne. Beaucoup de mélancolie dans ce film où les deux amants d'autrefois ne sont pas en fait passés par la case "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" que laissaient sous-entendre les autres films consacrés à Robin des Bois. Lui a continué à guerroyer pour un roi qui n'en valait pas la peine et elle a renoncé à l'attendre et s'est faite nonne... Les retrouvailles ne seront pas simples entre eux deux car il faut d'une certaine manière à la fois renoncer à un certain nombre de choses (pour lui) et réapprendre à espérer (pour elle). La fin sera triste, très triste. Le prix de certains mythes?

mardi 23 septembre 2008

ombre et lumière (9) avec Audrey Hepburn

Il y aurait tant à dire de cette grande Dame dont beaucoup ne gardent en mémoire qu'une image, celle tirée du film "Breakfast at Tiffany's" (Diamants sur canapé) qui est devenue aussi mythique que celle de Marilyn avec sa robe blanche.
Personnellement je lui préfère celle-ci où derrière la référence à ce personnage on devine bien d'autres choses...
Dans ce film, elle incarne Holly Golightly, une jeune femme d'origine texane partie vivre à New York à l'âge de quatorze ans avec l'ambition d'épouser un homme riche. En attendant, elle y vit de ses charmes et organise des fêtes déchaînées dans son appartement au grand dam de ses voisins. Mais elle reste malgré tout quelqu'un de solitaire dont on entrevoit la réalité profonde lors d'une brève chanson: "Moon river"
Moon River
wider than a mile
I'm crossing you in style
some day.
Oh dream maker
you heart breaker
Wherever you're going
I'm going your way.
Two drifters
off to see the world
There's such a lot of world
to see...
We're after
that same rainbow's end
Waiting round the bend
my huckleberry friend
Moon river
and me.
La fin du film et du livre diffèrent.
Celles de la vie d'actrice et de femme de Audrey Hepburn se ressemblent. Son dernier rôle sera celui d'un ange dans "Always", un écho de ce qu'était devenue sa vie quotidienne où elle s'engageait pleinement en tant qu'ambassadrice de l'UNICEF avant qu'un cancer ne l'emporte brutalement.

lundi 22 septembre 2008

ombre et lumière (8) dans le 7ème art

Est-ce être puriste que de détester retrouver sur le petit écran des films qui ont été conçus et réalisés par leur auteur en noir et blanc... colorisés. Si oui, alors je suis une puriste. Un film a semble-t-il été préservé de ce sort alors même que le père de son réalisateur était un maître de la couleur: il s'agit bien sur de "la grande illusion" de Jean Renoir.
Plus encore que ses qualités esthétiques ( je pense aux scènes qui on été tournées dans la forteresse du Haut-Koenisbourg en Alsace et auxquelles une grande photo à l'entrée de la forteresse fait désormais allusion), je voudrais rendre hommage à ce film et à l'humanisme dont il est baigné, ce qui lui a d'ailleurs valu d'être interdit de diffusion entre 1939 et 1945, car trop pacifiste.
En effet après une première partie qui montrait un groupe de prisonniers cherchant à s'évader en construisant un tunnel, le film prenait tout son sens avec les retrouvailles des deux aristocrates: de Boëldieu (Pierre Fresnay) et von Rauffenstein (Eric non Stroheim).
Ces deux là partageaient plus de points communs qu'avec leurs propres compatriotes. Au point de devenir amis et que Boeldieu, plutôt que de trahir son nouvel ami se sacrifiait pour aider deux autres Français à s'évader, ce qui amenait von Rauffenstein qui avait compris le sens de son geste (contrairement aux compatriotes de de Boeldieu) à couper l'unique fleur qui décorait la forteresse pour la déposer sur la poitrine de son ami qu'il avait involontairement blessé mortellement. De même rapprochements se feront entre les représentants de la classse ouvrière.
La "grande illusion"... Pendant longtemps je ne m'étais même pas demandée quelle pouvait bien être la signification de ce titre.
Une explication voudrait que pour ce film sorti en France en juin 1937, ce soit une référence au fait que la guerre de 14/18 aurait été "la der des der".
Mais je préfère l'autre explication, celle qui veut que ce qui sépare les hommes soient moins
- les frontières dont les limites sont fictives (voir le bref dialogue à la fin du film lorsque les deux évadés ne se font plus tirer dessus parce qu'ayant, dans un champ enneigé, franchi la frontière Germano-Suisse)
- ou les langues (lorsque le soir de Noël la jeune femme allemande qui élève seule sa petite fille et dont toute sa parenté masculine est morte au front, tuée par d'autres Français, lui avoue qu'elle est heureuse avec lui et que lui qui ne parle pas allemand la comprend et lui promet de revenir à la fin de la guerre)
- que les classes sociales.
Sauf que moins de deux ans plus tard l'histoire prouvera que les frontières existent...

dimanche 21 septembre 2008

Parfois peu de photos suffisent...

... et beaucoup de choses sont dites.
Ainsi, qui est le plus beau entre ce père et sa petite fille?
Aucun des deux: ce qui est le plus beau c'est cette douceur, cette tendresse éblouie, cet amour qui unit ce père et sa fille et par dela eux deux cet amour qui unit parents et enfants au dela de l'espace et du temps, parfois même sans même qu'ils en aient conscience

samedi 20 septembre 2008

instantanés d'un fort lointain voyage (5)

LE coup de coeur de jour avec cette photo du centre ville du Croisic, cette commune qui, contrairement à une autre pourtant fort côtée auprès des parisiens, a su garder tout son charme alors même qu'elle serait la plus ancienne station balnéaire de cette même côte nord de la Loire-Atlantique...

LE coup de coeur? Non il y en eu deux autres ce jour là, mais il fallait choisir en respectant à ce stade la contrainte initiale que je m'étais fixée: un jour/une photo.
Or, en voiture il ne m'a pas été facile de m'arrêter le long de la route côtière dite de la côte sauvage et cela a été impossible lorsque j'ai traversé les marais salants de la presqu'île guérandaise qu'il aurait fallu explorer à vélo. Tout comme au Croisic il faudra que je revienne car je m'y sens bien.

Maintenant les vacances sont finies, il va falloir songer à trier et retravailler les photos, chercher des documents complémentaires etc... afin de donner envie de visiter (et peut-être plus?) cette région qui est la mienne et que je connaissais si mal.

vendredi 19 septembre 2008

instantanés d'un fort lointain voyage (4)

Nouvelle journée commencée sous un ciel gris plus que bleu, avec une lumière qui recouvre tout d'un voile terne. Alors ayant envie de couleurs autant profiter de celles d'un Musée où je ne suis pas allée depuis facilement une bonne dizaine d'années: celui des Beaux-Arts de Nantes. En plus s'y tient une exposition autant d'un auteur dont j'ai beaucoup apprécié deux livres: Georges Pérec.

De cette exposition: aucune photo. D'abord il était interdit d'en prendre, ensuite je pense qu'une partie des oeuvres est trop récente pour figurer sur le net. Enfin: l'exposition ne me touchera pas, mais alors pas du tout. Par contre elle aura un impact inattendu: celui de me faire apprécier la peinture de la première partie du XXème siècle car celle d'un peu avant me "parlait" déjà.

Moi un peu à l'image de cette Dame?

Difficile de le nier puisque entre la reproduction quasi photographique d'une robe de velours qui se termine dont le haut se termine par un fin tulle bordé de dentelles et une pincée de poils de barbe bruns posé sur un carré de coton (en fait ce détail composait une oeuvre d'art dont j'ai oublié le nom... tout comme celui de son auteur...) je choisis sans hésiter la première.

Aujourd'hui: SOLEIL et donc la côte... mais où... Réponse très classique (mais que demander de plus à quelqu'un qui préfère M. Ingres à l'Art contemporain) demain.

un autre portrait...

de M. Ingres, celui de Betty de Rotschild, que m'a fait connaître Alix.
Mis à part une période où le tableau a été volé par les nazis, ce tableau appartenant à la famille Rotschild, j'ai volontairement choisi la couverture du livre que Pierre Assouline a consacré à cette Dame qui, au début du 19ème siècle, avait pour le moins un regard fascinant, bien éloigné de celui, pour un peu éteint de Mme de Sennones.