jeudi 16 octobre 2008

les Compagnons du Devoir

Un billet dédié à Gene
même si elle enseigne dans un autre type de lieu
mais où j'ai retrouvé le même esprit d'ouverture

Actuellement je suis dans une période avec quelques contraintes professionnelles qui laissent peu de disponibiltés pour la rédaction des messages. Mais cette fois-ci il y a une immense satisfaction: celui de fréquenter un lieu superbe surplombé par un étrange clocher qui m'avait toujours intriguée lorsque j'allais à la gare. http://www.compagnons-du-devoir.com/main.php?rub=2582 C'est officiellement un lieu d'apprentissage pour un métier mais derrière c'est aussi un lieu d'apprentissage d'un certain style de vie où prévaut l'amour du travail bien fait, l'amour du beau, l'ouverture au monde, de transmission des savoirs... qui se retouvent notamment dans les chefs d'oeuvre de fin d'étude qui sont exposés et que je n'ai pu m'empêcher de photographier.

Pour quelques jours encore donc, matin et soir je me rends dans une très belle bibliothèque où le bois prédomine, donnant une tonalité très chaleureuse au lieu. Au milieu se trouve une table, ronde comme il se doit, et qui rend hommage, à travers les panneaux réalisés en marquetterie, aux différents corps de métiers qui viennent se former là: travail du cuir, des tailleurs de pierre, et des charpentiers ...

des menuisiers/ébénistes et de ceux qui utilisent le cuivre... Ce centre de formation, ainsi que le préconise cette mappemonde...

visible dans la bibliothèque et où l'on retrouve les trois oiseaux qui symbolisent l'association, s'ouvre au monde et pas seulement européen ainsi qu'en témoigne l'un des chefs d'oeuvre.

S'il ne fallait garder qu'une image ce serait finalement celle-ci où je n'ai pu m'empêcher de voir un écho de l'homme idéal de Léonard de Vinci.

mardi 14 octobre 2008

"no milk today..."

C'est cette chanson
http://fr.youtube.com/watch?v=ClQepFF-Sr0
qui me plaisait beaucoup enfant qui m'est venue à l'esprit hier soir au moment de rédiger un bref billet sur "...un chat..." pour signaler... qu'il n'y aurait pas de message aujourd'hui...

Enfin pas vraiment... parce qu'avant de me plonger dans la lecture de rapports professionnels hérités l'après-midi et à lire en urgence pour le lendemain, ce souvenir musical m'a incitée à faire des recherches sur le net.

Le net dans ce que j'aime: retrouver des pans entiers de mémoire.

J'avais 8 ans lorsque la chanson d'un groupe anglais dont je viens de découvrir qu'il s'appelait "Hermans' Hermits" passait sur les ondes.
Bien des années plus tard je comprends enfin en lisant les paroles (je fais hélas partie des peu voire pas du tout doué(e)s pour les langues)

pourquoi la petite fille que j'étais aimait cette mélodie gaie où affleurait la tristesse.

lundi 13 octobre 2008

...Partir...

Pour C...
Une mouette passe
Derrière la baie vitrée, tu la suis du regard
Tu crois entendre la sirène d'un navire en partance
Certains jours résonne dans ta tête comme un appel

Tu y cèdes et les yeux fermés surgit
Le quai d'une gare
La jetée d'un port

Plus tard
Obéissant à un appel
Une langue de toi seul connue
Tu partiras
Seul
Sans bagage
Ou presque

Voler à travers les nuages vers d'autres pays
Voguer bateau/papillon au ras des flots
Mélodie sans fin des rails
Ruban de bitume

Peu importe
Tu t'évades de la pire prison
La forteresse de la réalité

Hors espace et temps

Durant un voyage
Tu fais route vers ailleurs
Des terres inconnues
Un espoir fou

Oublier

Avril 1981
Octobre 2008

Colvert by Ch. Béchir in Charlie-Bravo.net

dimanche 12 octobre 2008

...attente...

Quel gâchis que tout ce temps passé à attendre
La sonnerie du téléphone ou une lettre
Espérer un signe sans oser entreprendre
De peur d'être déçue ou rejetée peut-être
Les heures s'ajoutent ne créant que du vide
De la mélancolie ou bien du mak de vivre
Le fond du coeur ne sera plus jamais limpide
Quand trop longtemps son rêve on a voulu poursuivre
(...)

"Der Mönch am Meer" by Caspar David FRIEDRICH

samedi 11 octobre 2008

Lili par Aaron (B.O.F de "je vais bien, ne t'en fais pas")

Lili,take another walk out of your fake world, please put all the drugs out of your hand, You'll see that you can breathe without no back up, So much stuff you've got to understand.

For every step in any walk, any town of any thought, I'll be your guide. For every street of any scene, any place you've never been, I'll be your guide.

Lili,you know there's still a place for people like us, the same blood runs in every hand. You see it's not the wings that make the angel, just have to move the bats out of your head.

For every step in any walk, any town of any thought, I'll be your guide. For every street of any scene Any place you've never been I'll be your guide.

Lili,easy as a kiss we'll find an answer, put all your fears back in the shade, Don't become a ghost without no colour, Cause you're the best paint life ever made<./span>

For every step in any walk, any town of any thought, I'll be your guide For every street of any scene Any place you've never been I'll be your guide

Lili fais un autre pas hors de ton monde illusoire, s'il te plaît pose toutes les drogues que tu as dans la main, tu verras que tu peux respirer sans assistance. Tant de choses que tu dois comprendre

A chaque pas, de chaque trajet, dans chaque ville, de chaque rêve, Je serai ton guide. Dans chaque rue, de n'importe quel lieu, Dans tous les endroits, où tu n'es jamais allée Je serai ton guide

Lili, tu sais, il reste une place pour les gens comme nous, Le même sang coule dans toutes les mains. Tu vois que ce ne sont pas les ailes qui font l'ange, Tu dois seulement faire sortir les chauves-souris de ta tête.

A chaque pas, de chaque trajet, Dans chaque ville de chaque rêve Je serai ton guide Dans chaque rue, de n'importe quel lieu, Dans tous les endroits, où tu n'es jamais allée, Je serai ton guide.

Lili, aussi simple qu'un baiser nous trouverons une réponse. Mets toutes tes peurs dans l'ombre derrière toi Ne deviens pas un fantôme sans couleur, car tu es la plus belle peinture que la vie ait jamais faite.

A chaque pas, de chaque trajet, dans chaque ville, de chaque rêve, je serai ton guide Dans chaque rue, de n'importe quel lieu, dans tous les endroits, où tu n'es jamais allée, je serai ton guide.

vendredi 10 octobre 2008

Du livre au film ou du film au livre

Hier soir dans un cinéma nantais passait, juste avant un débat organisé dans le cadre de la 4ème journée mondiale sur les soins palliatifs, le film de Philippe Lioret "Je vais bien, ne t'en fais pas" tiré du livre du même nom de Olivier Adam.
Le débat qui a suivi devait tourner autour de "dire ou ne pas dire la vérité".
L'auteur du livre qui a participé à l'écriture du scénario a semble-t-il d'ailleurs lui même évolué sur cette question de "dire ou ne pas dire". Dans le film faut-il dire ou ne pas lire à cette jeune femme que son frère (cadet dans le livre, jumeau dans le film) qui comptait tant pour elle est décédé pendant qu'elle était en vacances à l'étranger.
Dans le film, pour qui a lu le livre auparavant, on comprend très vite que Loïc a un un accident durant son stage d'escalade. A la fin du film, c'est même très clairement dit au compagnon de Claire (car c'est son prénom dans le livre, même si dans le film elle porte le prénom de Lili, celui de la chanson du groupe Aaron).
Dans le livre, aucune explication n'est fournie quant à la disparition de Loïc et tout est possible: fugue, accident ou suicide.
Dans le film, Claire/Lili avoue à son père qu'elle l'a vu poster la lettre mais en tire dans un premier temps une seule conséquence: son père écrit pour lui fait croire que Loïc pense à elle. Elle en informe sa mère qui a priori ignorait cela. Plus tard Claire/Lili taira le fait qu'elle a trouvé la guitare de Loïc pour continuer de laisser croire qu'elle ignore son décès.
Dans le livre, Claire avoue à son père qu'elle l'a vu poster une lettre, mais n'en parle pas à sa mère qui sait pourtant ce que fait le père... Et surtout elle reste sur cette espérance d'un retour de Loïc, et que continuera à faire perdurer son compagnon Julien (dans le film, il s'appelle Bruno et parle ouvertement de la mort de Loïc avec les parents de Claire/Lili)
Julien... dans le livre il est assez différent de Bruno. Comme Claire/Lili, c'est un solitaire en vit sa vie comme un échec. Claire/Lili a toujours vécu dans l'ombre de Loïc, Julien/Bruno dans l'espoir de la rédaction d'un livre qui le ferait sortir d'une vie à l'horizon étriquée. Pour lui, Claire/Lili est un immense éclat de soleil, douloureux cependant, car s'il est heureux qu'il soit entré dans sa vie, il a peur qu'elle ne soit pas pour lui et n'ose pas croire en eux deux. Mais il l'aime, alors, quand il sait car il a vu, par hasard, le tombe de Loïc, après avoir longtemps hésité, après l'avoir laissé entendre à demi mots aux parents de Claire/Lili, il décide de se taire.
"...Claire entre. Julien se retourne. Elle lui sourit. Putain ce sourire. A cet instant Julien jure que si quelqu'un avise de lui faire mal, il lui éclate la gueule, il lui fait bouffer ses dents. Claire le bouleverse par la seule grâce de son sourire si mince..."
Une sorte d'amour absolu, de la même veine que celui qui, lorsque le père de Lili écrit au nom de Loïc, lui dicte des mots de mépris, de rage et de haine à son propre égard pour mieux justifier auprès de sa fille pourquoi Loïc serait parti, lui donner envie d'en faire autant pour échapper à cette vie là, en fait de les quitter, eux ses parents, mais aussi et surtout de donner à sa fille le goût de continuer à vivre.

jeudi 9 octobre 2008

ombre et lumière (12) dans un couple et sur un visage

Bien que n'ayant pas vu le film depuis plus de 30 ans, je garde une image très forte de quelques scènes ou plus exactement d'un dialogue qui, dans "cris et chuchotements", réunissait deux des acteurs fétiches de Igmar Bergman: Erland Josephson dans le rôle de David, un médecin de famille et Liv Ullmann dans le rôle de Maria, l'un des trois soeurs de l'affiche.
Pour resituer ce dialogue: des années auparavant, Maria et David ont été amants. Le temps a passé, les a séparés mais ils viennent de se retrouver au chevet la soeur de Maria, Agnès, qui va bientôt mourir. Maria cherche de nouveau à séduire David, en vain. Elle insiste en allant le retrouver dans sa chambre. Alors il lui parle.
Ce qu'il lui disait alors m'avait beaucoup choquée, par le contraste entre la douceur apparente de son visage à elle, à peine éclairé dans la nuit par une bougie... et la violence des propos qui étaient tenus. Et encore ignorais-je, la 1ère fois que j'ai vu le film, que Liv Ullmann était alors la femme de Igmar Bergman.
David: Viens voir ici... Maria! Viens. Regarde-toi dans le miroir... Tu es belle... Peut-être encore plus belle que de notre temps... Mais tu as changé... Je voulais que tu vois que tu as changé...Tes yeux jettent à présent des regards rapides, calculateurs... Autrefois tu avais un regard droit, ouvert... sans dissimulation. Ta bouche a pris un pli de désenchantement, d'insatisfaction... Autrefois, elle était douce. A présent ton teint est pâle... tu te maquilles. Ton front large a maintenant quatre rides au-dessus de chaque oeil... Tu ne peux pas le voir sous cette lumière, dans cette maison, mais cela se voit en plein jour... Sais-tu d'où te sont venues ces rides?
Maria: ... Non...
David: De l'indifférence, Maria... Et cette jolie ligne de l'oreille au menton, elle n'est plus si parfaite à présent... C'est la marque du confort et de l'indolence... Tu vois là, à la base du nez? Pourquoi te moques-tu si souvent Maria? (...) Sous tes yeux, cette patte d'oie imperceptible, marque du dégoût... et de l'impatience.
Maria: Est-ce que tu peux vraiment voir tout cela sur mon visage?
David: Non, mais je le sens quand tu m'embrasses.
Maria: Je crois que tu te moques de moi. Je sais où tu le voies.
David: Où donc?
Maria: Tu les vois en toi-même... Parce que nous nous ressemblons tant, toi et moi...

mercredi 8 octobre 2008

...ombre et lumière (11)...

... à l'aube du 7 octobre.
Tout bascule si vite parfois, de l'un à l'autre.

mardi 7 octobre 2008

...Une vie en trois chansons...

Quelle image reste-t-il au bout d'une vie d'un père pour ses enfants. Aujourd'hui, ou plutôt hier, pour moi c'était cette odeur de plant de tomate, d'after shave du dimanche... Demain... Demain je ne sais pas.
J'espère seulement pouvoir trouver un aussi bel hommage que les trois chansons qui furent choisies ce matin du mois de mai par les enfants de cet homme-là que je n'avais pas revu depuis plus de 20ans.
Trois chansons pour un homme dont je découvrais le goût pour la chanson française et pour lequel je regrettais soudain de n'avoir rien fait pour mieux le connaître lui tant qu'il était encore temps mais aussi et surtout je devinais ce qu'avait pu être sa vie au delà de ce qu'on avait pu parfois bien vouloir m'en dire...
Que ses enfants et notamment celui de ses fils qui connaît "...un chat..." me pardonnent d'écrire à quel point ce matin là, j'ai été profondément émue:
par leur chagrin car si c'est rare de voir un homme pleurer, même si c'est son père qu'il pleure,
par ce que je pressentais de la justesse des chansons qu'ils avaient choisies et l'ordre dans lequel elles passaient
Il y avait "J'arrive" de Jacques Brel:
"...J'arrive, j'arrive
Mais pourquoi moi, pourquoi maintenant
Pourquoi déjà et où aller ?
J'arrive bien sûr, j'arrive
N'ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver ?..."
"Avec le temps" de Léo Ferré:

"...Avec le temps...

Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien..."
"C'est beau la vie" avec Jean Ferrat:
"... Pouvoir encore partager
Ma jeunesse, mes idées
Avec l'amour retrouvé
Que c'est beau, c'est beau la vie...."

lundi 6 octobre 2008

Voyage intérieur... d'impression en impression (5)

L'odeur des feuilles de tomates associée à mon père, celle de la lessive à ma mère, c'était leur odeur en tant que parents. Mais derrière, il en est deux autres qu'avec le recul je m'aperçois qu'elle correspondait à l'homme et la femme qu'ils étaient dans leur couple. Lui c'était l'odeur de cet after shave qu'il utilisait le dimanche matin: Aqua Velva. Mis à part en photo sur le net, il est très probable qu'on ne la trouve plus guère et pourtant que de souvenirs derrière cette odeur là. Le dimanche matin, c'était le seul matin où mon père prenait un peu de temps pour lui dans la petite salle de bain car les autres jours il était souvent déjà parti travailler lorsque nous nous levions. Mais le dimanche, notre très brun et à la barbe drue se rasait longuement, de très près. Je n'ai jamais enfant assisté à ce rituel masculin du rasage: moment considéré comme intime d'un homme auquel les petites filles que nous étions ne pouvaient être présentes. Mais il y avait les sons qui nous parvenaient de derrière la cloison avant qu'il ne sorte et ne vienne nous retrouver. Il y avait d'abord le ronronnement du rasoir électrique. Quelques minutes après lui succédaient quelques bruits d'eau lorsqu'il se rasait une seconde fois, avec son rasoir à main (que quelques années plus tard comme mes soeurs je lui emprunterais en douce). Et puis il y avait le bruit de la porte de l'armoire de toilette, le flacon qu'il débouchait, le claquement des paumes contre les joues... Le reste, j'ai oublié parce que j'attendais trop le moment que je savais qui suivrait: celui où il sortirait de la salle de bain et que l'une de nous aurait le privilège d'être la première en l'embrassant à poser ses lèvres sur sa joue rasée de frais et sentant très bon cet after shave. Ma mère gagnait souvent à ce jeu là. L'odeur du dimanche matin et celle de mon père... Est-ce en souvenir de ces moments là que je trouve toujours plus troublante une joue d'homme lisse qui sent l'after shave que celle râpeuse qu'il offre le soir? L'odeur de ma mère était concentré quant à elle dans le manteau de fourrure qu'elle mettait parfois l'hiver quand elle sortait et qu'il faisait très froid, rarement donc. Un manteau ou plus exactement une longue veste un peu ample en mouton noir très doux. Est ce pour cela que j'aime autant caresser notre chat angora? Il était si doux que plus d'une fois ma mère m'a surprise non à l'enfiler (trop lourd pour des épaules d'enfant) mais à m'allonger quasiment dessus pour y enfouir le nez au plus profond des poils en respirant avec délectation ce qui me semblait le plus doux parfum du monde, bien éloigné de l'image qu'elle donnait d'elle au quotidien. Il sentait ce mélange que l'une de mes filles appelle l'odeur de "la maman": un mélange de savon, de poudre et d'eau de toilette et sans doute de cette odeur de peau que nous avons tous, cette odeur que nous respirons lorsqu'on nous pose pour la première fois sur le ventre de notre mère. Odeurs d'enfance. Cesse-t-on d'ailleurs jamais d'être un enfant lorsqu'un parfum, une odeur nous ramènent si loin en arrière dans nos souvenirs?

dimanche 5 octobre 2008

le linge de nos mères

Dans la lignée du message d'hier une chanson nostalgique d'aujourd'hui d'Amélie-les-crayons http://fr.youtube.com/watch?v=IdPGHEDda7s

Le linge de nos mères
Sent bon dans les armoires
La lavande et le grand air,
C'est beau juste de les voir...
Le linge de ma mère
Est plus blanc plus blanc que blanc
Même quand nous étions enfants,
Elle en faisait son affaire.
Et sous nos ventres ronds sera-t-on les filles de nos mères?
Qui menaient tout de front de manière exemplaire...
Dans les maisons de nos mères,
C'est classé irréprochable,
On boit dans de jolis verres,
Y'a des bouquets sur les tables...
Dans les jardins de nos mères
Y'a des fleurs qui dégoulinent,
Y'a des roses, des primevères,
Du lin et de la glycine
Et sous nos ventres ronds sera-t-on les filles de nos mères?
Qui menaient tout de front de manière exemplaire
Dans les potagers de nos mères,
Y'a toujours trop de légumes,
Elles nous font des tupperwares
Qu'on ramène c'est la coutume.
Dans les mains de nos mères
Y'a des lignes et des histoires,
Qui pour nous restent un mystère,
Même si on voudrait savoir...
Et sous nos ventres ronds sera-t-on les filles de nos mères?
Qui menaient tout de front de manière exemplaire...
Et sous nos ventres ronds sera-t-on les filles de nos mères?
Qui menaient tout de front...Je sais pas si...je saurais faire...
Amélie-les-crayons in "la porte plume"

samedi 4 octobre 2008

Voyage intérieur... d'impression en impression (4)

Si l'image de mon père est associé au jardin et à l'odeur des feuilles de tomates, celle de ma mère est liée à celle des lessives. Dans la pièce qui faisait office de buanderie, un lave linge a été installé il y a quelques années mais il reste encore dans l'un des coins de la pièce cette immense bouilleuse noire en fonte avec en dessous son foyer qu'il fallait alimenter avec du bois. Et à quelques pas de là, juste sous un robinet d'eau froide: un grand bac en zinc rempli d'eau qui l'été trônait au milieu du jardin.

En tant normal, la pièce était sombre, humide et plutôt froide sauf certains lundis: celui de jour de grande lessive, celle du "blanc". Ces jours-là il faisait bon à rester là, assise sur les dernières marches de l'escalier, dans la douce vapeur parfumée par les odeurs de savon. Parfois, après avoir longuement mélangé le linge qui bouillait avec un long bâton en bois que de très nombreuses lessives avait rendu doux et lisse, ma mère me demandait de l'aider. Tantôt il fallait transporter entre les deux bacs les pièces de linge qu'elle avait partiellement essorées. Et en la voyant faire, je restais alors en admiration devant ses mains abimées (dont j'avais la plupart du temps honte devant mes amies) en la voyant manipuler à mains nues, de lourdes pièces de linge brûlantes.

Plus tard, quand le linge était rincé et plus froid, elle m'autorisait à l'aider à tordre les longs draps de coton blanc que des années auparavant elle avait brodé durant ses rares moments de temps libre. A chaque tour du linge, le chant de l'eau tombant sur le sol devenait plus doux. Et puis il fallait le porter dehors où il sècherait accompagné de deux bénédictions: qu'il fasse grand vent et surtout qu'il ne pleuve pas. Il prendrait alors cette odeur inimitable du linge séché au soleil qu'aucun adoucissant ne pourra jamais remplacer .

Une fois sec, il y aurait ces jeux que j'ai retrouvé plus tard avec mes enfants: les draps que l'on plie en refermant dans ces replis toutes ces parfum de savon et de grand air, que l'on tire pour en enlever les plis en espérant faire chuter l'autre ou que les enfants qui passent en courant dessous puissent être "attrapés" dans leur course...

vendredi 3 octobre 2008

Le Sud

Les tomates, l'été m'ont fait penser à une chanson de Nino Ferrer qui me plaît beaucoup à moi, la fille de l'Ouest: "le Sud".

Nino Ferrer...

Avec le temps, cet auteur compositeur interprète (qui peignait aussi) avait beaucoup de mal à supporter de se voir toujours demander en priorité lors de ses concerts, plus les chansons un peu farfelues de son répertoire: "le téléphon", "Mirza"", "les cornichons" ou quelques uns de ses tubes comme "La maison près de la fontaine"... et "le Sud" que ses créations récentes.

Difficile de ne toujours passer que pour un amuseur alors que c'est bien souvent le "blues" qui inspire.

Peut-être le décès de sa mère a t-il lui ausi joué quand, le 13 août 1998, un mois après la mort de celle-ci, et deux jours avant son propre anniversaire où il aurait eu 64 ans, il s'est suicidé.

Le sud

C'est un endroit qui ressemble à la Louisiane,

A l'Italie

Il y a du linge étendu sur la terrasse

Et c'est joli

On dirait le Sud, le temps dure longtemps, et la vie sûrement, plus d'un million d'années, et toujours en été.

Il y a plein d'enfants qui se roulent sur la pelouse

Il y a plein de chiens

Il y a même un chat, une tortue, des poissons rouges

Il ne manque rien

On dirait le Sud, le temps dure longtemps, et la vie sûrement, plus d'un million d'années, et toujours en été.

Un jour ou l'autre il faudra qu'il y ait la guerre

On le sait bien

On n'aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire

On dit c'est le destin

Tant pis pour le Sud, c'était pourtant bien, on aurait pu vivre, plus d'un million d'années, et toujours en été.

jeudi 2 octobre 2008

Voyage intérieur... d'impression en impression (3)

Pour moi, l'odeur de l'été c'est celle de la tomate. Pas celle de la chair de la tomate, trop douce, trop fade... Non, celle des feuilles de tomates, ou plus exactement des jeunes plants de tomates.
Une odeur verte, tellement plus agréable que celle du gazon coupé et qui, lorsque je la respire, par exemple après avoir acheté des tomates grappes, me ramène toujours dans le jardin de mes parents.
Il fait beau.
Je suis assise au soleil sur l'un des petits murets en béton un peu moussus que mon père a installés pour border l'allée qui descend jusqu'au fond du jardin.
Il fait beau et je le regarde enlever une à une les feuilles en surnombre des plants de tomates de façon à ce que ces dernières puissent mûrir plus facilement sans risquer de s'abîmer si, par hasard, le temps devenait trop humide.
Il fait beau et il pose temporairement les feuilles en petits tas sur la terre craquelée... Craquelée sauf au pied des plants où elle est toute lisse, toute douce car c'est là qu'il arrose chaque soir en prenant son temps afin que la terre ne se creuse pas trop à cet endroit là.
Tout à l'heure il y aura cette odeur de terre mouillée qui montera jusqu'à moi mais pour le moment il y a juste cette odeur des feuilles qu'il coupe et que je récupère pour les casser en plus petits... pour le plaisir du contact avec ces tiges qui sont douces et grattent tout à la fois et qui surtout laissent suinter cette sève dont je parfume mes doigts... en espérant secrètement que je pourrai ne pas me laver les mains avant d'aller dîner et garder ce parfum avec moi jusqu'au moment d'aller me coucher.

mercredi 1 octobre 2008

Voyage intérieur... d'impression en impression (2)

Dans la petite école primaire implantée dans la banlieue d'une grande ville, les traces dans la neige fraîchement tombée durant la nuit attestaient que j'avais été la 1ère à gravir ce matin là (un 8 décembre, le jour où dans certains pays catholiques on fête l'Immaculée Conception) les marches qui menaient à la grande cour de récrétation.

Tout en haut, une fois poussée la barrière de sécurité, il y avait la cour immaculée que personne n’avait encore foulée. Au fond, les classes avec leurs hautes fenêtres entourées de briques rouges étaient encore sombres. A droite, le préau était comme un grand trou noir. Et, presque au milieu de la cour, il y avait la silhouette de cet immense tilleul dont les feuilles à l’automne formaient un épais tapis d’or odorant et craquant que, les jours de grand soleil, nous adorions fouler pour le plaisir de la vue, celui des oreilles et de l'odorat.

J’ai traversé cette mer de neige lentement, savourant le plaisir d’enfoncer doucement mes pieds dans la neige qui crissait à chaque pas. A la fin, je me suis retournée.

Joie imense des traces que l'on laisse derrière soi. Tristesse aussi: bientôt des milliers de pas s’y ajouteraient, transformant cet océan de blancheur en une immonde boue noire. Aujourd’hui encore, les rares jours où il neige dans notre région, ce sont ces mêmes sentiments qui m’assaillent avant de traverser pour la première fois une surface enneigé que personne n'a encore marquée: joie et tristesse. Surtout ne pas chercher à savoir pourquoi.