samedi 26 octobre 2024

"Monsieur Aznavour"

Film vu le 26/10/24. 
Réaction à chaud: Un "biopic", une bonne manière d'en savoir plus sur cet auteur-compositeur-interprète que j'ai un peu zappé dans ma jeunesse (et même plus tard) au profit de chanteurs peu ou prou de la même génération et ayant le même profil (auteur compositeur interprète) comme Brel (né en 29) ou Brassens (né en 21). Et pourtant il avait un sacré répertoire.

Un peu plus de 4 mois plus tard: quelles images en reste t il?
Lui quittant la messe d'enterrement de son fils (celui qu'il avait reconnu tard, parce qu'il avait eu connaissance de son existence tard) pour aller sur scène, a priori insensible devant le reste de la famille, alors qu'il est bouleversé. Et dans la même veine, celui de l'homme pour qui le travail de chanteur prime sur tout, cette scène où, encore débutant, revenant à la maison après une série de concerts il semble à des années lumière de sa femme qui s'occupe de l'ainé de ses enfants. Et cet autre, beaucoup plus tard, où via une série de poses, a priori destinée à un magazine (Paris Match?) il affiche sa réussite. 
Du coup je me rappelle que le film*, pas toujours tendre, a été pensé de son vivant et réalisé avec sa bénédiction puis celle de sa famille. Alors même, qu'au final, le portrait de l'homme n'est pas toujours flatteur puisqu'on y voit un bosseur** pour qui la famille compte certes, mais dont on peut se demander si son art ne primait pas sur tout. 
A noter la performance de l'acteur qui a su retrouver sa gestuelle. Idem la façon dont le réalisateur fait coller certaines de ses chansons phares avec son histoire 
* noté en mars 2025: 3,2 par la presse et 4,2 par les spectateurs
** j'ai été impressionné par la multitude de petits carnets, soigneusement rangés, dans lequel il notait ses créations

jeudi 24 octobre 2024

"le Choeur des femmes", adaptation BD du livre éponyme


 J'avais lu le livre il y a fort, fort longtemps. Probablement lors de sa sortie en 2009 et parce que j'avais beaucoup aimé l'un des précédents livres de cet auteur ("la maladie de Sachs" qui lui est beaucoup plus ancien car il date de 1998). J'avais assez aimé "le choeur des femmes", mais lorsqu'il avait fallu faire du tri dans ma bibliothèque (et ne garder qu'un seul ouvrage de certains auteurs) je ne l'avais pas conservé.
Au moment de la sortie de sa version BD, je l'avais cependant feuilleté, sans être convaincue de l'acheter, à la fois à cause du graphisme mais aussi à cause de la manière de s'exprimer de l'héroïne (arrogante à écrit un internaute) . ça avait pu passer lorsque j'avais lu le livre, mais désormais ça m'agaçait énormément. Sauf  qu'un de mes enfants, qui l'avait vu autrefois dans ma bibliothèque, l'avait lu et aimé, me l'a offert pour mon anniversaire.
Je l'ai donc (re)lu "sérieusement". Et j'ai eu du mal. Aux 2 reproches initiaux (graphisme et le ton de Jean) s'en sont ajouté 2 :
-la rapidité avec laquelle Jean Atwood, pourtant en fin de parcours d'internat avant de prendre un poste de chirurgien, va changer d'attitude au contact de Frantz Karma
- le côté énorme de la découverte finale: elle est sa patiente "Alpha", celle pour laquelle il a décidé, il y a plus de 25 ans de cela, de renoncer à la chirurgie pour devenir médecin gynécologue.
Restent 3 éléments qui, alors même que le livre initial est paru il y a 15 ans restent d'actualité, voire sont plus forts qu'autrefois. D'abord le réquisitoire contre l'état d'esprit et les pratiques d'une partie du corps soignant, notamment lorsqu'il s'agit des soins destinés aux femmes*. Et puis ce qui a trait au consentement**. Et enfin il y a ce qui va au delà de l'intersexualité qui prend désormais un tout autre relief avec les questions autour du genre, des changements de sexe...
* Je pense aux nombreux articles où des femmes, parfois elles-mêmes issues du monde médical, ont rapporté des propos et/ou des actes inacceptables réalisés par des soignants hommes.
** Le consentement, une notion dont il est beaucoup question dans les relations H/F est devenu quelque chose d'incontournable dans tous les actes, par exemple dans les soins, quelle que soit leur nature. Désormais, avant une opération, le chirurgien demande l'accord écrit du patient avant d'opérer auquel il a décrit auparavant l'intervention. 

samedi 19 octobre 2024

Lee Miller, le film

 

Il y a quelques temps déjà que j'avais vu passer la bande annonce sur le Net. Tant le thème (j'avais découvert son travail photo et surtout la personnalité de cette femme via une série de podcasts) que l'actrice interprétant Lee Miller ne pouvaient que m'inciter à aller voir ce faux biopic. 
Oui faux biopic car dans un biopic, on part de l'enfance et on va jusqu'au décès. Or là on oublie la petite enfance et même toute la période où elle a été modèle puis travaillé avec Man Ray. De même il n'y a rien de montré quant à sa vie après son retour à Londres en 1946.
En fait, le film est conçu sous forme d'un flashback où, après une introduction centrée sur la rencontre, en 1937, entre Lee Miller et Roland Penrose (qui deviendra son second mari) il y a un saut dans le temps. On la retrouve, à la fin de sa vie en train de raconter à un journaliste ses années de guerre (entre 1940 et 1946). Elle va lui montrer les photos réalisées à cette époque là. Or ces entretiens sont une fiction puisqu'à un moment on comprend que ledit journaliste serait son fils. En réalité, ce n'est qu'après sa mort que son fils a découvert lesdites photos, ainsi que ce qu'avait vécu sa mère lorsqu'elle avait 7 ans. 
Kate Winslet s'est particulièrement investie dans ce film qui a été compliqué à réaliser et cela dès le stade de son financement. La gente masculine, qui reste majoritairement aux commandes dans l'industrie cinématographique aurait elle craint, à l'ère post "me-too", le regard féministe de Kate Miller?