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jeudi 9 janvier 2025

"La plus précieuse des marchandises"

Reprise de l'activité cinéma après quelques mois d'arrêt avec un beau film d'animation atypique à plus d'un titre:
Il est visible par les enfants... mais à partir de 10 ans. Et pourtant, l'histoire est triste, dure. C'est l'adaptation d'un "conte" mais d'un conte noir car inspiré de faits réels. Je m'imagine mal expliquer à un enfant de 10 ans que tout cela n'est qu'une histoire alors que "Oui il y a eu des camps comme cela où beaucoup sont morts... Oui des personnes ont été menées à la mort parce que dites "sans coeur"... Oui des enfants ont perdu leurs parents, des parents ont perdu leurs enfants..."
Il est à la fois sombre et lumineux, aussi bien à travers ses images que via l'histoire.
Sombre parce qu'il y a beaucoup de scènes d'hiver, beaucoup de violences, de morts: ceux emmenés vers les camps, mais aussi le pauvre bûcheron qui s'est attaché à l'enfant, le déserteur défiguré qui est tué. Lumineux aussi parce que même dans les moments difficiles il reste de l'humanité: la pauvre bûcheronne qui s'attache et défend l'enfant, le pauvre bûcheron qui se sacrifie pour le sauver, le déserteur qui prend des risques pour lui... mais aussi le père qui avait jeté l'enfant hors du train et ayant perdu sa femme et son autre enfant, consacrera sa vie, une fois libéré des camps, aux enfants en devenant pédiatre. 

samedi 19 octobre 2024

Lee Miller, le film

 

Il y a quelques temps déjà que j'avais vu passer la bande annonce sur le Net. Tant le thème (j'avais découvert son travail photo et surtout la personnalité de cette femme via une série de podcasts) que l'actrice interprétant Lee Miller ne pouvaient que m'inciter à aller voir ce faux biopic. 
Oui faux biopic car dans un biopic, on part de l'enfance et on va jusqu'au décès. Or là on oublie la petite enfance et même toute la période où elle a été modèle puis travaillé avec Man Ray. De même il n'y a rien de montré quant à sa vie après son retour à Londres en 1946.
En fait, le film est conçu sous forme d'un flashback où, après une introduction centrée sur la rencontre, en 1937, entre Lee Miller et Roland Penrose (qui deviendra son second mari) il y a un saut dans le temps. On la retrouve, à la fin de sa vie en train de raconter à un journaliste ses années de guerre (entre 1940 et 1946). Elle va lui montrer les photos réalisées à cette époque là. Or ces entretiens sont une fiction puisqu'à un moment on comprend que ledit journaliste serait son fils. En réalité, ce n'est qu'après sa mort que son fils a découvert lesdites photos, ainsi que ce qu'avait vécu sa mère lorsqu'elle avait 7 ans. 
Kate Winslet s'est particulièrement investie dans ce film qui a été compliqué à réaliser et cela dès le stade de son financement. La gente masculine, qui reste majoritairement aux commandes dans l'industrie cinématographique aurait elle craint, à l'ère post "me-too", le regard féministe de Kate Miller?

jeudi 22 février 2024

Films oubliés de 2023 - "Indiana Jones et le cadran de la destinée"

Vu le 2/8
Ma réaction d'alors: "Vu hier soir ce 5eme et dernier opus consacré à Indiana J. Je le mets à égalité avec le 1er des Indiana… mon préféré restant le n°3…" 

Et désormais, le 22 février.
Les points positifs: De bons trucages, notamment pour les scènes avec Indiana jeune, enfin, dans les années 1940. Un méchant bien détestable.
Les points qui m'ont laissé une impression mitigée : de multiples scènes d'action (comme dans tous les films de ce type) qui durent parfois un peu trop, ce qui en fait un film TRES long.
Ce qui m'a agacé: le personnage féminin de la nièce (qui ne s'encombre pas de principes moraux et est avant tout intéressée par l'argent), certains éléments de l'intrigue (qui tirent le film d'action vraiment vers le fantastique) dont la pirouette finale où les héros, en principe coincé du temps d'Archimède, avec un Indiana très mal en point ... se retrouvent dans l'appartement de ce dernier. 
Mais au final, et sans doute mon âge aidant (je suis désormais plus proche du vieux professeur d'archéologie que du fringant aventurier) je préfère ne garder en mémoire que les moments de doute, voire de détresse du héros, qui a perdu son fils, que sa femme est en train de le quitter, qui n'attend plus rien de son boulot et est devenu inadapté au monde moderne au point de souhaiter mourir dans le passé puisqu'il pense avoir tout perdu... avant de revenir dans le présent (enfin en 1969) 

mercredi 21 février 2024

films oubliés de 2023 - Polaris


Film vu le 4 juillet 2023
Compte-rendu du 21 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB: "Un film documentaire sur 2 soeurs (principalement Hayat qui est capitaine de bateau dans les pays arctiques) toutes deu filles nées d’une mère toxicomane et de père inconnu. Avec 2 questions: comment a l’âge adulte espérer pouvoir être aimée quand enfant on ne l’a jamais été et est-il possible de casser le fil d’histoires familiales douloureuses ? … le tout via de superbes images et belle bande son.
L’affiche résume bien la situation"

Oui l'affiche résume bien, enfin assez bien le film. Mus avec le recul, plus que les questions que peuvent se poser ces 2 soeurs qui ont grandi sans avec des parents absents, je me souviens de Hayat, ce petit bout de femme qui mène vaille que vaille sa barque, enfin son bateau, dans un monde froid physiquement mais aussi moralement car très masculin.
Et lorsque j'écrivais que l'affiche résumait bien la situation, j'aurais pu préciser que au delà de l'image qui semble un peu idyllique, le visage de Hayat est loin d'être zen, serein, on y sent comme une immense tension. C'est d'ailleurs ce visage qui m'avait, plus que le synopsis, donné envie d'aller voir ce film. 
Et puis il y avait aussi une autre raison: essayer de trouver des réponses aux questions: "Et moi-même, -je vraiment eu l'impression d'être aimée enfant ?Et ai-je donné l'impression à mes enfants d'être vraiment aimés?"  

mardi 20 février 2024

films oubliés de 2023 - "L'improbable voyage d'Harold Fry"

Film vu le 29 juin 2023
Compte-rendu du 20 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB: "Un beau film … beau parce que plein d’humanité, de solidarité, d’espoir, de lumière mais aussi très triste parce qu’il est beaucoup question de pertes, d’abandons, de dénuement, de mort(s)

Ce que j'ai appris après avoir vu le film: c'est une fiction, inspirée du réel car l'auteur de cette histoire a vraiment perdu son père avant d'avoir fini la rédaction de son livre.

Et à part ça?
Il y a les scènes qui font mal: physiquement quand on voit l'état de ses pieds après plusieurs jours à marcher, sans aucune préparation, ni chaussures adaptées, puisque son départ est improvisé mais aussi quand on devine comment il a pu souffrir de la faim (il a renvoyé à sa femme sa carte bancaire), du froid (sans argent, il fait le choix de dormir dans des abris de fortune). Mais ce n'est rien à côté de la douleur morale que l'on découvre progressivement: celle de voir ce défaut de communication (alors qu'il l'aime) avec son fils qui plonge dans la dépression, la maladie mentale et dont on pressent l'issue fatale. Et en même temps on a pu mesurer à quel point la maison du couple était devenu une sorte de tombeau pour ce couple que la mort de leur fils unique semble avoir séparés à jamais.
Il y a aussi les moments de grâce, comme ce médecin étranger, qui survit avec un petit boulot, que son mari a abandonnée et qui l'accueille, le soigne sans rien lui demander d'autre que peut-être l'écouter tandis qu'elle épanche sa peine. Ou tout simplement ces fruits et légumes laissés sur la clôture pour ceux qui passent. Ou encore ce chien perdu qui va l'accompagner avant de prendre une autre route (qu'il verra partir, un peu triste car il s'y est attaché, tout en ne faisant rien pour le retenir). Mais aussi les éclats lumineux du petit pendentif acheté dans une abbaye et qu'il a offert à son amie Quinnie, au seuil de la mort et pour qui il a fait tout ce chemin qui lui permet d'être enfin en paix avec elle et surtout avec la mort de son fils. Même âgé, il reste possible partir accomplir des choses avant qu'il ne soit trop tard.

jeudi 15 février 2024

films oubliés de 2023 - Le cours de la vie

Film vu le 9 juin 2023
Compte-rendu du 15 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB; "Un titre à double lecture possible : c’est le cours (dans le scénario) donné par le personnage de Jaoui à des étudiants en école de cinéma et aussi celui de la vie qui couru pour les 2 principaux acteurs autrefois amants, séparés depuis 30 ans et qui se revoient durant une journée particulière
Un film sympa… sans plus… dont je suis ressortie un peu sur ma faim … un peu agacée aussi par le côté stéréotypé des élèves de l’école de cinéma : tant dans leur genre (une non binaire, un couple d’homos, des personnages bisexuels) que leur approche du cinéma.
En fait c’est un film… mais on aurait presque envie d’un format type mini série pour savoir comment vont évoluer certains personnages"

Avec quelques mois de recul: J'aime beaucoup Agnès Jaoui, et c'est ce qui m'avait motivée à aller voir ce film. Mais là, je suis ressortie, un peu plus que "sur ma faim; déçue. 
Et puis il y a des choses que je ne pige toujours pas: pourquoi le prof de l'école de cinéma a t il gardé cette lettre pendant 30 ans sans l'ouvrir? Impossible d'ailleurs de me rappeler si il l'a fait au final et si il l'a lue. Je me rappelle juste qu'on entend la voix de Jaoui qui la lit, on le voit la jeter dans une poubelle... Et surtout on voit un des étudiants (celui qu'un critique comparait avec ses tenues et ses attitudes à un jeune RPR ...pardon, Républicain) récupérer derrière lui. Pour en faire quoi? Essayer d'en tirer un scénario, lui qui peine à en rédiger un, sans doute trop empêtré dans sa propre relation, un tantinet foireuse, avec une autre étudiante de l'école.
6 mois après avoir vu ce film, ma conclusion reste la même: au delà de cette journée majoritairement centrée sur les retrouvailles de cet ancien couple, j'aurais aimé savoir ce qu'ils sont devenus ensuite, l'un et l'autre ( notamment avec leurs partenaires actuels respectifs) ainsi que les différents étudiants qui ont eu droit à un coup de projecteur durant le film (par ex le "voleur" de lettre).

mardi 13 février 2024

films oubliés de 2023 - The quiet girl

Film vu le 27 mai 2023
Compte-rendu du 13 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB juste après l'avoir vu:" Un très beau film "

Plus tard... Tout est effectivement beau, mais aussi très triste dans ce film.
La petite fille est très belle physiquement, le couple qui l'accueille très beau "moralement". Il faut voir comment ils l'accompagnent, l'aident à  trouver sa place, à être quelqu'un. Certaines scènes sont aussi très belles, avec peu de mots. Comme cette phrase  prononcée par la femme qui, après s'être vraiment occupée de la petite (lui donner un bain, la coiffer longuement, l'habiller...en la respectant, se contente de dire lorsqu'elle découvre qu'elle ne mouille plus son lit la nuit: "En fait, tu avais juste besoin qu'on s'occupe de toi". Ou l'homme qui, alors que sa femme va mal, va emmener la petite sur la plage et lui redonner juste en montrant des lumières au loin sur la mer.
Tout est très beau? Non! Certaines scènes sont très tristes et même dures: par exemple voir comment la petite fille est oublié, niée, voire méprisée, par ses soeurs, ses propres parents et notamment son père qui va jusqu'à la laisser chez des parents de sa femme en remportant avec lui sa pauvre petite valise qui ne contenait que quelques vêtements (et ne rien faire ensuite pour les lui faire parvenir). Je n'ai même pas le souvenir qu'il lui ai fait une bise en la quittant. Autre exemple: cette voisine du couple qui, jalouse de celui-ci, va essayer de casser l'image que celui-ci donne en révélant un douloureux secret: à savoir que ce couple a eu un enfant qui est mort accidentellement.
Après le film, j'ai cherché à savoir si c'était une histoire vrai ou une fiction. Pourquoi? Parce que je voulais savoir ce qui se passait après que la petite ait été ramenée chez ses parents. Une fois les retrouvailles (tout sauf chaleureuse car personne dans la famille ne semble ravi qu'elle soit de retour)passées, le couple repart. Elle court après la voiture avant de sauter dans dans les bras de l'homme qui s'est arrêté. Et alors que son père arrive, furieux, elle murmure alors à l'oreille de son bienfaiteur "Papa". Cherche t elle à lui dire "Attention mon Papa arrive" ou "C'est toi que je considère comme mon papa, emmène moi avec toi" ? Le film s'arrête là sans que l'on sache si le couple arrive ou non à convaincre les parents et notamment le père, de laisser la petite grandir auprès d'eux, sa famille de coeur et non auprès de sa famille de sang. 

dimanche 11 février 2024

films oubliés de 2023 - Sur les chemins noirs

Film vu le 5 mai 2023
Compte-rendu du 11 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB juste après l'avoir vu :De très beaux paysages au long de ces chemins noirs, des rencontres, un montage astucieux qui en parallèle remonte le temps à mesure que le héros avance et un Jean Dujardin très éloigné de son personnage de OSS 117

Au final un film qui donne envie de lire le livre de Sylvain Tesson dont il est inspiré

Les souvenirs qui restent au delà de ce qui avait été initialement écrit; 
- Tout d'abord le personnage de Sylvain Tesson (interprété par J Dujardin) : autant le marcheur est intéressant et même attachant dans sa manière de faire face aux difficultés, autant l'homme qui a pu exister avant s'avère de plus en plus insupportable au fur et à mesure que son passé est dévoilé.
J'ignorais alors tout de Tesson, de sa vie avant l'accident et de celle d'après, de ce qu'il pouvait être assez contesté à la fois en tant qu'écrivain voyageur mais aussi comme personne véhiculant des idées de "droite", "réactionnaire" . Je n'avais même pas fait le lien avec l'un des 2 héros, le plus bavard, du film "la panthère des neiges" réalisé après son accident et sa longue marche.
- Ensuite... et c'est venu quelques mois, la vision du film, après la lecture de la BD de Etienne Davodeau "le droit du sol", la manière dont la vie quotidienne du marcheur est décrite, ses paysages parfois immenses, le besoin de solitude pour réfléchir,  redevenir "soi" mais qui n'exclut pas pour autant les rencontres ou les "chemins faisant" avec d'autres connus ou inconnus.
Je ne sais pas au final si j'achèterai le livre. En fait ça dépendra de la lecture du livre "la panthère des neiges" qui attend depuis au moins 2 ans que je le lise. 

samedi 10 février 2024

films oubliés de 2023 - Le bleu du caftan

Film vu le 5 mai 2023
Compte-rendu du 10 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB juste après l'avoir vu "Un beau film… très sensuel, très pudique, très émouvant … avec des plans comme des tableaux"
Quasi un an plus tard, les souvenirs qui me restent:
Celui de l'immense amour/tolérance/complicité (même si certaines choses ne sont jamais ouvertement évoquées) au sein de ce couple. 
Elle est très croyante, lui, pas vraiment si on songe à son attitude lorsqu'il la voit faire ses prières ou tout à la fin du film, lorsqu'il retire la tenue "purifié" (mise par les femmes lors de la toilette mortuaire) pour la revêtir de ce caftan bleu si beau qu'il a mis des heures à broder pour une autre alors que c'est à elle qu'il le dédiait.
Elle a soif de sensualité mais doit se contente de le caresser lorsqu'il préfère les rencontres homosexuelles dans les cabines fermées du hammam. Et dans le même temps, sa délicatesse lorsqu'il l'aide à s'habiller alors qu'elle est devenue si maigre*, rongée qu'elle est par une récidive de cancer.
Et puis il y a les images: la beauté des gestes des brodeurs (travail à la main et non à la machine), la manière de caresser les étoffes (dont ce tissu bleu, si beau) les mandarines qu'elle mange (il n'y a d'ailleurs quasiment de cela qui "passe"), leur manière de chanter et danser en trio soudé et pudique. Et en guise de conclusion, sa lente et longue traversée de la ville, portée par son mari et l'apprenti (qui s'aiment et dont elle a facilité la rencontre après avoir essayé de la contrer) pour aller vers la lumière, la mer.

* mention spéciale à l'actrice qui a non seulement volontairement maigri pour coller au personnage, et cela alors même que durant le tournage son père était gravement malade et est décédé le dernier jour du tournage.

vendredi 31 mars 2023

Le goût des images animées - Les petites victoires

Depuis que j'ai vu le film "Monsieur Hire", où Michel Blanc interprétait  un rôle tellement éloigné de celui qu'il jouait dans la série des "Bronzés" j'apprécie voir comment évolue sa filmographie*. Et quand j'avais vu la bande annonce de celui-là, même si a priori il m'avait pas le 1er rôle (celui de l'institutrice directrice d'une classe unique ET maire d'un petit village) j'avais fort envie de voir ce film. 
Et c'est un sympathique petit film… un peu dans la lignée de « la famille Bélier » sauf que là il n'est plus question d'une jeune fille passionnée de chant qui est née dans une famille de sourds profonds.
Non, là il est question de la vie quotidienne dans les petits villages (moins de 500 habitants) où petit à petit il n’y a plus ni médecin, ni café, ni boulanger. Ici, même l’école à classe unique est en sursis depuis le départ en cours d'année d'une famille qui avait 3 enfants. Et l'institutrice a fort à faire car elle est aussi maire du village, pas vraiment aidée par ses adjoints. Arrive un nième petit grain de sable avec les soucis causés par un artisan du village qui, depuis le décès de son frère, vit mal sa solitude. Et pour cause, il finit par avouer à l'institutrice que, même si il est allé à l'école et a obtenu son permis de conduire, il est devenu illettré et que ça lui pose de gros problèmes dans sa vie quotidienne et professionnelle. Du coup il décide alors de se redonner une chance de maîtriser la lecture et l'écriture en retournant à l'école du village à côté de gamins ayant l'âge d'être ses petits enfants. 
Mais le plus intéressant se situe probablement en "off" des gags, lorsqu'Michel Blanc découvre que, pendant des années, son frère aîné lui a caché les lettres envoyées par une femme dont il était tombé amoureux** et auxquelles il n'a jamais pu répondre... là aussi il aura droit à une seconde chance.  Et aussi lorsque l'institutrice comprend que sa rencontre d'un soir (faite via un site spécialisé) et dont elle espérait beaucoup, n'est en fait qu'un beau séducteur peu désireux de s'attacher à une femme qui est très prise entre ses élèves et ses administrés. Là pas de seconde chance... Quoique... à la fin de l'année scolaire et sa classe étant condamnée à être fermée, la jeune institutrice décide de partir en vélo pour de TRES longues vacances, loin de l'éduction nationale et de son petit village. Et qui sait... 
* Pas vu "Tenue de soirée" et, malgré des critiques élogieuses, les quelques extraits vus m'ont toujours freinée. 
** Le personnage joué par Michel Blanc ose se poser la question "Ce grand frère qui a tant fait pour moi aurait il pu vouloir me garder pour lui seul?" 

samedi 18 février 2023

Le goût des images animées - Interdit aux chiens & aux Italiens

C'est un joli petit film  (1h10) d'animation plus destiné aux adultes car même si il est bourré d’humour, pas sure que des enfants avant l’âge du collège ne s’ennuient pas à cette chronique de l’histoire inspirée de celle des grands parents paternels (& de beaucoup de personnes ayant des origines italiennes) du réalisateur. Ce dernier n’a jamais connu son grand-père mort en 1942 et assez peu sa grand mère décédée en 1962, mais par certains côtés cette histoire est universelle.
Ce film est l'occasion d'apprendre plein de choses, par exemple par rapport:
- aux liens Italie/Libye: 5 octobre 1911, début de la conquête militaire italienne en Libye et le 5 novembre 1911, annexion officielle par l'Italie. Dans le film, le grand-père y perd l'un de ses jeunes frères
- au rôle joué par les Italiens dans la construction de routes, tunnels, ponts, barrages hydrauliques ... notamment dans le SE de la France et la Suisse
- au mauvais accueil réservé par la population aux travailleurs italiens qui venaient souvent travailler à la mauvaise saison en laissant dans les villages de montagne, les femmes, les vieillards et les enfants de moins de 8/10 ans
- aux nombreuses naturalisations d'Italiens accordées par la France...juste avant WWII

mardi 31 mars 2020

Musiques du temps du confinement -6- La BO de "The Hours"


Christian, un ami suisse avait beaucoup aimé le film, notamment à cause des actrices qui y jouaient. Contrairement à lui, ce n'est pas Nicole Kidman qui a le plus retenu mon attention, ni même Meryl Streep mais la toute jeune Julianne Moore. Et son fils, si sensible, qui comprend à quel point sa mère va mal. Et craint de ne jamais la revoir lorsqu'elle le dépose chez une voisine. Et il avait amplement raison car, alors même qu'elle était enceinte de plusieurs mois, elle s'apprêtait à se suicider... avant d'y renoncer après avoir lu "Mrs Dalloway", ce livre de Virginia Woolf qui sert de fil rouge à 3 histoires de femmes.
Et des années plus tard, en faisant des recherches sur ce film, je tombe sur cet article qui se termine par : "Le temps a beau passer, les heures ont beau s'écouler, il restera toujours l'amour, la haine, la mélancolie et l'espoir. Tout ce qui fait la beauté et l'horreur de la vie."Quant aux musiques de ce film... elles sont toutes si belles, que j'ai opté pour la facilité: partager une version piano qui fait encore mieux ressortir la beauté des mélodies. 

dimanche 29 mars 2020

Musiques du temps du confinement -4- "to be by your side"


Un très beau souvenir que ce film. Mais il faut dire que bien des années auparavant (c'était durant mes années de fac) j'avais déjà beaucoup aimé "Jonathan Livingston" et puis une vingtaine d'années plus tard, "Microcosmos".
C'est aussi avec cette chanson que j'ai appris, moi qui suis si peu doué pour les langues étrangères,  comment récupérer les paroles de chanson sur le Net mais aussi comment les traduire avec l'aide de sites de traduction...  avant de découvrir, plus tard, quelques sites qui, comme "la coccinelle", utilisent Et surtout, c'est une fort belle chanson d'amour, de ceux où il faut accepter de laisser l'autre libre tout en étant côte à côte

jeudi 27 juin 2019

Retour d'exposition: "Valérian & Laureline" à la Cité des Sciences et de l'Industrie

 Voilà une exposition que je ne voulais à aucun prix manquer... parce que durant mes années de fac j'ai dévoré les différentes BD de la série, avant de recommencer à les acheter plus tard, ravie que désormais la série ne s'intitule plus"Valérian" mais "Valérian & Laureline" quitte à être un petit peu déçue de la manière dont la BD s'achevait et très déçue de l'adaptation cinématographique où la rousse Laureline devient une fade blonde. 
L'exposition elle ne m'a pas déçue. Plus que l'interview d'un certain nombres de scientifiques quant à la probabilité d'exister de certaines inventions du duo Christin-Mézières, ce sont les vignettes qui explicitent l'origine de certains personnages ou certains détails au sein d'une vignette qui m'ont emballée.
Certains liens sont faciles à faire comme ici avec le film "2001, odyssée de l'Espace ou bien encore Orson Welles, démiurge en tant que cinéaste et qui a laissé une impressionnante composition de flic pourri dans "la fureur" du mal qui devient "Dieu le Père" dans la Sainte-Trinité (aux côtés d'un fils baba cool grand amateur de substances diverses et d'un Saint-Esprit ayant les traits d'un juke-box)












Il faut un oeil plus aguerri pour reconnaître la femme rousse de la publicité pour le papier à cigarettes Job inventée par Mucha dans la déesse-mère des "Héros de l'Equinoxe". Et carrément être un spécialiste de la peinture pour retrouver dans les restes d'un repas pris par Laureline qui figurent dans un coin de vignette, une "nature morte aux huitres, citron et coupe d'argent" de Willem Claeszoon Heda!

samedi 16 février 2019

Des films qui marquent - 16 - "Voyage à Tokyo" de Ozu

Avec ce film... j'avais posé une colle à bon nombre de mes amis car si le cinéma de Ozu a connu un regain de popularité dans les années 70/80, lorsque son oeuvre a commencé à être diffusée plus de 15 ans après sa mort en 1963. Quant aux jeunes générations, quand elles sont intéressées par le Japon, elles se tournent beaucoup plus vers les films d'animation ou les films d'action plus récents ou beaucoup plus sombres.
Le résumé? C'est l'histoire d'un couple de retraités qui vient à Tokyo  afin de rendre visite à ses  enfants. Mais ils découvrent que ces derniers sont trop absorbés dans leur quotidien pour s'occuper d'eux. En fait, seule leur belle-fille qui est veuve (sans enfant) de leur fils mort durant la guerre leur est attentive. Une situation qui se confirmera après que la maman soit décédée en revenant de ce voyage.
Peu d'actions dans ce film, juste une somme de petits détails qui sonnent juste et sont poignants... comme par exemple avec les petits-fils qui sont très "américanisés" et ne cherchent en aucun cas à nouer des liens avec leurs grands-parents... ou les enfants qui offrent à leurs parents venus pour les voir, eux... un séjour dans une station balnéaire, afin de s'en débarrasser. De quoi laisser leurs parents qui se faisaient une joie de ce voyage à Tokyo, fort amers.
 Au delà de l'évolution de la société japonaise, il faut voir ce film comme une illustration du délitement des liens familiaux (des 4 enfants encore vivants, seule la plus jeune éprouve de l'affection pour ses parents) de la difficulté pour les veuves de "tourner la page", de la place des femmes dans la société, de ce que les liens de coeur peuvent être plus forts que les liens de sang.