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jeudi 9 janvier 2025

"La plus précieuse des marchandises"

Reprise de l'activité cinéma après quelques mois d'arrêt avec un beau film d'animation atypique à plus d'un titre:
Il est visible par les enfants... mais à partir de 10 ans. Et pourtant, l'histoire est triste, dure. C'est l'adaptation d'un "conte" mais d'un conte noir car inspiré de faits réels. Je m'imagine mal expliquer à un enfant de 10 ans que tout cela n'est qu'une histoire alors que "Oui il y a eu des camps comme cela où beaucoup sont morts... Oui des personnes ont été menées à la mort parce que dites "sans coeur"... Oui des enfants ont perdu leurs parents, des parents ont perdu leurs enfants..."
Il est à la fois sombre et lumineux, aussi bien à travers ses images que via l'histoire.
Sombre parce qu'il y a beaucoup de scènes d'hiver, beaucoup de violences, de morts: ceux emmenés vers les camps, mais aussi le pauvre bûcheron qui s'est attaché à l'enfant, le déserteur défiguré qui est tué. Lumineux aussi parce que même dans les moments difficiles il reste de l'humanité: la pauvre bûcheronne qui s'attache et défend l'enfant, le pauvre bûcheron qui se sacrifie pour le sauver, le déserteur qui prend des risques pour lui... mais aussi le père qui avait jeté l'enfant hors du train et ayant perdu sa femme et son autre enfant, consacrera sa vie, une fois libéré des camps, aux enfants en devenant pédiatre. 

mardi 20 février 2024

films oubliés de 2023 - "L'improbable voyage d'Harold Fry"

Film vu le 29 juin 2023
Compte-rendu du 20 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB: "Un beau film … beau parce que plein d’humanité, de solidarité, d’espoir, de lumière mais aussi très triste parce qu’il est beaucoup question de pertes, d’abandons, de dénuement, de mort(s)

Ce que j'ai appris après avoir vu le film: c'est une fiction, inspirée du réel car l'auteur de cette histoire a vraiment perdu son père avant d'avoir fini la rédaction de son livre.

Et à part ça?
Il y a les scènes qui font mal: physiquement quand on voit l'état de ses pieds après plusieurs jours à marcher, sans aucune préparation, ni chaussures adaptées, puisque son départ est improvisé mais aussi quand on devine comment il a pu souffrir de la faim (il a renvoyé à sa femme sa carte bancaire), du froid (sans argent, il fait le choix de dormir dans des abris de fortune). Mais ce n'est rien à côté de la douleur morale que l'on découvre progressivement: celle de voir ce défaut de communication (alors qu'il l'aime) avec son fils qui plonge dans la dépression, la maladie mentale et dont on pressent l'issue fatale. Et en même temps on a pu mesurer à quel point la maison du couple était devenu une sorte de tombeau pour ce couple que la mort de leur fils unique semble avoir séparés à jamais.
Il y a aussi les moments de grâce, comme ce médecin étranger, qui survit avec un petit boulot, que son mari a abandonnée et qui l'accueille, le soigne sans rien lui demander d'autre que peut-être l'écouter tandis qu'elle épanche sa peine. Ou tout simplement ces fruits et légumes laissés sur la clôture pour ceux qui passent. Ou encore ce chien perdu qui va l'accompagner avant de prendre une autre route (qu'il verra partir, un peu triste car il s'y est attaché, tout en ne faisant rien pour le retenir). Mais aussi les éclats lumineux du petit pendentif acheté dans une abbaye et qu'il a offert à son amie Quinnie, au seuil de la mort et pour qui il a fait tout ce chemin qui lui permet d'être enfin en paix avec elle et surtout avec la mort de son fils. Même âgé, il reste possible partir accomplir des choses avant qu'il ne soit trop tard.