Affichage des articles dont le libellé est couple. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est couple. Afficher tous les articles

mardi 20 février 2024

films oubliés de 2023 - "L'improbable voyage d'Harold Fry"

Film vu le 29 juin 2023
Compte-rendu du 20 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB: "Un beau film … beau parce que plein d’humanité, de solidarité, d’espoir, de lumière mais aussi très triste parce qu’il est beaucoup question de pertes, d’abandons, de dénuement, de mort(s)

Ce que j'ai appris après avoir vu le film: c'est une fiction, inspirée du réel car l'auteur de cette histoire a vraiment perdu son père avant d'avoir fini la rédaction de son livre.

Et à part ça?
Il y a les scènes qui font mal: physiquement quand on voit l'état de ses pieds après plusieurs jours à marcher, sans aucune préparation, ni chaussures adaptées, puisque son départ est improvisé mais aussi quand on devine comment il a pu souffrir de la faim (il a renvoyé à sa femme sa carte bancaire), du froid (sans argent, il fait le choix de dormir dans des abris de fortune). Mais ce n'est rien à côté de la douleur morale que l'on découvre progressivement: celle de voir ce défaut de communication (alors qu'il l'aime) avec son fils qui plonge dans la dépression, la maladie mentale et dont on pressent l'issue fatale. Et en même temps on a pu mesurer à quel point la maison du couple était devenu une sorte de tombeau pour ce couple que la mort de leur fils unique semble avoir séparés à jamais.
Il y a aussi les moments de grâce, comme ce médecin étranger, qui survit avec un petit boulot, que son mari a abandonnée et qui l'accueille, le soigne sans rien lui demander d'autre que peut-être l'écouter tandis qu'elle épanche sa peine. Ou tout simplement ces fruits et légumes laissés sur la clôture pour ceux qui passent. Ou encore ce chien perdu qui va l'accompagner avant de prendre une autre route (qu'il verra partir, un peu triste car il s'y est attaché, tout en ne faisant rien pour le retenir). Mais aussi les éclats lumineux du petit pendentif acheté dans une abbaye et qu'il a offert à son amie Quinnie, au seuil de la mort et pour qui il a fait tout ce chemin qui lui permet d'être enfin en paix avec elle et surtout avec la mort de son fils. Même âgé, il reste possible partir accomplir des choses avant qu'il ne soit trop tard.

jeudi 15 février 2024

films oubliés de 2023 - Le cours de la vie

Film vu le 9 juin 2023
Compte-rendu du 15 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB; "Un titre à double lecture possible : c’est le cours (dans le scénario) donné par le personnage de Jaoui à des étudiants en école de cinéma et aussi celui de la vie qui couru pour les 2 principaux acteurs autrefois amants, séparés depuis 30 ans et qui se revoient durant une journée particulière
Un film sympa… sans plus… dont je suis ressortie un peu sur ma faim … un peu agacée aussi par le côté stéréotypé des élèves de l’école de cinéma : tant dans leur genre (une non binaire, un couple d’homos, des personnages bisexuels) que leur approche du cinéma.
En fait c’est un film… mais on aurait presque envie d’un format type mini série pour savoir comment vont évoluer certains personnages"

Avec quelques mois de recul: J'aime beaucoup Agnès Jaoui, et c'est ce qui m'avait motivée à aller voir ce film. Mais là, je suis ressortie, un peu plus que "sur ma faim; déçue. 
Et puis il y a des choses que je ne pige toujours pas: pourquoi le prof de l'école de cinéma a t il gardé cette lettre pendant 30 ans sans l'ouvrir? Impossible d'ailleurs de me rappeler si il l'a fait au final et si il l'a lue. Je me rappelle juste qu'on entend la voix de Jaoui qui la lit, on le voit la jeter dans une poubelle... Et surtout on voit un des étudiants (celui qu'un critique comparait avec ses tenues et ses attitudes à un jeune RPR ...pardon, Républicain) récupérer derrière lui. Pour en faire quoi? Essayer d'en tirer un scénario, lui qui peine à en rédiger un, sans doute trop empêtré dans sa propre relation, un tantinet foireuse, avec une autre étudiante de l'école.
6 mois après avoir vu ce film, ma conclusion reste la même: au delà de cette journée majoritairement centrée sur les retrouvailles de cet ancien couple, j'aurais aimé savoir ce qu'ils sont devenus ensuite, l'un et l'autre ( notamment avec leurs partenaires actuels respectifs) ainsi que les différents étudiants qui ont eu droit à un coup de projecteur durant le film (par ex le "voleur" de lettre).

samedi 10 février 2024

films oubliés de 2023 - Le bleu du caftan

Film vu le 5 mai 2023
Compte-rendu du 10 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB juste après l'avoir vu "Un beau film… très sensuel, très pudique, très émouvant … avec des plans comme des tableaux"
Quasi un an plus tard, les souvenirs qui me restent:
Celui de l'immense amour/tolérance/complicité (même si certaines choses ne sont jamais ouvertement évoquées) au sein de ce couple. 
Elle est très croyante, lui, pas vraiment si on songe à son attitude lorsqu'il la voit faire ses prières ou tout à la fin du film, lorsqu'il retire la tenue "purifié" (mise par les femmes lors de la toilette mortuaire) pour la revêtir de ce caftan bleu si beau qu'il a mis des heures à broder pour une autre alors que c'est à elle qu'il le dédiait.
Elle a soif de sensualité mais doit se contente de le caresser lorsqu'il préfère les rencontres homosexuelles dans les cabines fermées du hammam. Et dans le même temps, sa délicatesse lorsqu'il l'aide à s'habiller alors qu'elle est devenue si maigre*, rongée qu'elle est par une récidive de cancer.
Et puis il y a les images: la beauté des gestes des brodeurs (travail à la main et non à la machine), la manière de caresser les étoffes (dont ce tissu bleu, si beau) les mandarines qu'elle mange (il n'y a d'ailleurs quasiment de cela qui "passe"), leur manière de chanter et danser en trio soudé et pudique. Et en guise de conclusion, sa lente et longue traversée de la ville, portée par son mari et l'apprenti (qui s'aiment et dont elle a facilité la rencontre après avoir essayé de la contrer) pour aller vers la lumière, la mer.

* mention spéciale à l'actrice qui a non seulement volontairement maigri pour coller au personnage, et cela alors même que durant le tournage son père était gravement malade et est décédé le dernier jour du tournage.

dimanche 5 mars 2023

Le goût des images animées - Le retour des Hirondelles

Le titre à l’international est « return to dust » et convient mieux à cette histoire de mariage arrangé entre de 2 « déshérités » dont les familles respectives veulent se débarrasser pour qu’ils ne vivent plus sous leurs toits: un vieux paysan (exploité par son frère aîné mais aussi le gros propriétaire terrien du coin) et une femme devenue handicapée (et incontinente) à force d’avoir été battue enfant. Entre ces 2 là naît une jolie histoire d’entraide et d’amour…* avant qu’elle ne s’achève dans la poussière de la destruction de la maison qu’ils avaient construite. 
Ceci est la version occidentale et originale d’un film qui avait connu un joli succès en salles chinoises... avant d’être interdit dans son pays d'origine puis diffusé une fois remonté dans un sens plus conforme à l’image que veulent montrer les autorités chinoises. Et oui, même si les faits sont censés remonter à 2011, il ne pouvait être accepté par les autorités de montrer qu’il existait alors
- de très pauvres agriculteurs
- exploités par des propriétaires terriens ravis de les maintenir dans la pauvreté en les payant le plus tard possible
- avant de les "oublier" afin de privilégier la spéculation foncière
- le tout dans un contexte de corruption.
Pas sure que les choses aient beaucoup changé depuis 2011.
*Aucune scène sensuelle mais beaucoup de signes de pudique tendresse

samedi 13 avril 2019

Retour d'exposition: "Clémenceau"

Plus que l'exposition en tant que telle, c'est la découverte de ce qui a été la dernière résidence parisienne du Tigre que je retiens de cette visite. En effet un certain nombre de caricatures avaient été plus ou moins vues lors d'une exposition temporaire que j'avais vue en décembre dernier au Panthéon
Là, via quelques salles à l'étage on re-balaye la riche vie de Clémenceau le Tigre dont on ne retient bien souvent que l'image du vieux grand-père allant sur le front... ou du briseur de grèves. Alors que l'homme a été beaucoup plus que cela
- un passionné d'Asie
- un homme bilingue qui a épousé une américaine* rencontrée alors qu'il enseignait aux Etats-Unis
-un amateur d'art qui a notamment beaucoup soutenu et aidé les impressionniste et plus particulièrement Monet à cause de qui il se battit en duel et dont il obtient que "les Nymphéas" soient exposés au musée de l'Orangerie
Son ancien appartement se situe juste en dessous des salles d'exposition et c'est particulièrement émouvant de voir quel a été son cadre de vie de 1896 à 1929
* Pour eux 2 l'histoire s'est mal terminée et l'attitude de Clémenceau est peu glorieuse "Sa femme ayant une liaison avec son jeune secrétaire précepteur des enfants, il fait constater l'adultère et l'envoie brutalement quinze jours dans la prison Saint-Lazare pour adultère (alors qu'il a eu lui-même de nombreuses liaisons féminines) et pendant cette incarcération demande et obtient le divorce avant de la renvoyer brutalement aux États-Unis en ayant en outre obtenu qu'elle perde la garde de ses enfants et la nationalité française. "

samedi 16 mars 2019

Dernières BD lues: "E. Manet & B. Morisot, une passion impressionniste" par Jaffredo

J'avais beaucoup aimé les précédents ouvrages consacrés à des artistes de la même période. Ici j'ai été un peu déçue: la BD même si le titre mentionne "Manet et Morisot" elle est centrée sur la vie et l'œuvre de Manet à travers le prisme de lettres que Berthe lui aurait écrites, avec en outre la référence à une passion autre que picturale qui les aurait réunis.
D'elle, mis à part un tableau qu'elle lui offre on ne verra qu'une seule œuvre et qui n'est guère représentative de son travail. Pour mieux la connaitre, elle, il vaut mieux lire la biographie que lui a été consacré Dominique Bona. Et aller au 1er étage du e Marmottan- Monet ... Et regarder ses oeuvres en oubliant cette romance qu'aurait existé entre eux alors même qu'elle avait épousé Eugène Manet, le jeune frère d'Edouard Manet.

ça ce sont les 1ères impressions que j'ai eues après avoir lu la BD, en janvier 2018... 18 mois plus tard, en relisant en diagonale l'ouvrage, je me sens d'humeur plus aimable. 1ère chose qui saute aux yeux: la finesse du trait et la délicatesse des couleurs utilisées par la dessinatrice, Marie Jaffredo. Avec un petit détail qui m'a fait sourire, le visage qu'elle a donné à Berthe n'est pas sans avoir une certaine ressemblance avec la Isa des "Passagers du Vent" de Bourgeon.
Et puis il n'est pas désagréable, alors que régulièrement le soir je plonge dans les questions d'un jeu vendu par le Musée d'Orsay (sur les oeuvres qu'il abrite ainsi que les faits marquants du19ème siècle) de me replonger dans les conditions de création des oeuvres de Manet, ainsi que sur l'accueil qu'elles ont reçu... et se dire que oui, le scénariste fait rappeler via les propos de Manet, la filiation qu'il y a
- entre "le déjeuner sur l'herbe" de Manet et "le concert champêtre" alors attribué à Giorgione (et désormais à Titien)
- ou l'Olympia de Manet et la "Vénus d'Urbin" duTitien ou la Maja nue de Goya
Et il rappelle aussi les défenseurs qu'il eut en la personne de Charles Baudelaire et de Emile Zola.
Finalement la rédaction de ce billet a eu du bon: me faire relire la BD, que je persiste cependant à trouver moins prioritaire à lire que celles consacrées à Rodin*, Monet** ou même Caillebotte***
*https://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2019/03/dernieres-bd-lues-rodin-fugit-amor.html
**https://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2019/03/dernieres-bd-lues-monet-nomade-de-la.html
https://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2019/03/dernieres-bd-lues-gustave-caillobotte.html

jeudi 14 mars 2019

Dernières BD lues: "Le couteau dans l'arbre" par Dodier

Quelque part sur le Net, quelqu'un a écrit au sujet de cette BD "on est plus dans le registre du fait-divers que de l'espionnage. Et c'est tout à fait ça.
Bon ceci dit, le fait-divers n'est pas du style"chien écrasé" mais plutôt sordide secret de famille, certes non montré, mais assez explicite toutefois pour qu'aucun doute ne soit possible. Quant aux scènes d'action, ça jamais été le point fort de ce dessinateur et puis difficile d'imaginer Jérôme (une fois de plus avec son imper à la Bogart et circulant -sans casque- non pas sur son éternel solex mais quasi aussi vieux Peugeot bleu) avoir   le comportement de certains cow-boys de la BAC!
Un gros bémol quand même: le traitement réservé aux représentants de la gendarmerie locale: un peu trop présentée comme aveugle à certains faits et manipulée par le fameux industriel...Mais une fois de plus charme opère:
... parce que Jérôme est un faux naïf & un vrai gentil futé qui sait démêler les intrigues (mais aussi un sacré gaffeur)
... parce l'auteur sait créer des personnages, même secondaires, attachants, avec une véritable personnalité, enfin mis à part l'intouchable industriel manipulateur dont la fille a disparu
... parce qu'il y a l'humour Dodier
, notamment dans les relations entre Jérôme et Babette, mais aussi quand Dodier fait référence aux points faibles de Jérôme, comme son goût pour la carbonnade flamande ou le chocolat chaud (rien à voir avec les expressos ou alcools forts des privés américains).
Seul bémol dans cette BD, la manière dont sont décrits  les représentants de la gendarmerie locale: des hommes plein de préjugés à l'encontre des gens un peu différents comme peuvent l'être Jérôme (un détective privé) ou son ancien copain d'école (devenu très baba cool) et prêts à gober n'importe quoi à partir du moment où c'est la version d'un notable du coin.

mardi 19 février 2019

Des films qui marquent - 19 - Fenêtre sur cour de Alfred Hitchcock

Pas le film le plus connu de "Hitch" mais plein de raisons de privilégier celui-ci
- à cause de l'acteur principal, ou plutôt du héros ... un photographe professionnel dont l'inactivité forcée suite à un accident révèle les penchants voyeurs... un peu comme le réalisateur et ceux qui regardent le film
- à cause du regard acide que le réalisateur porte, mine de rien... sur la vie de couple via celles qu'il voit se dérouler dans les appartements situés en face de celui du héros: au delà des solitaires qui vivent plus ou moins bien leur solitude, il y a les couples, avec débuts tous fous... qui s'achèvent dans une cohabitation qui peut s'avérer mortelle. Au point que l'on a la nette impression que le photographe un tantinet casse-cou semble peu empressé de se faire passer "la corde au cou", fût ce par la blonde héroïne incarnée par Grace Kelly. 
- à cause de l'intrigue policière où tout est suggéré et notamment les meurtres (car en plus de celui de la femme, il y a celui du petit chien) par des détails. Au point que l'on se demande, comme ceux à qui le héros se confie,si tout cela n'est pas le fait d'un homme actif condamné à rester dans un fauteuil.
Et puis il y a les petits trucs comme cette manière d'avoir, comme sur l'image ci dessus, 2 zones nettes le photographe ET l'immeuble qui se reflète dans son objectif... mais aussi de glisser, a priori lors d'un même plan, et sans a-coup, de l'appartement du photographe aux appartements situés en face du sien