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vendredi 3 mai 2024

BD lues il y a quelques temps: "Loire"

 Attention le titre est "Loire" et non 'la Loire"

Sortie hier* achetée cet AM, lue aussitôt, bien installée au soleil sur les marches de la fontaine Royale : "Loire" de Etienne Davodeau. Je la relierai tranquillement pour mieux profiter des dessins (splendides) des petites phrases et des silences...
Une BD dans la lignée de "Lulu femme nue" (sur une quadra) et des "couloirs aériens" (avec Yvan le tout juste quinqua) avec un petit quelque chose en plus qui n'est ni Louis (le sexagénaire venu retrouver Agathe avec qui il a vécu autrefois) ni même Agathe Mais il s'aperçoit qu'il n'est pas le seul à avoir reçu une invitation. En fait, même si on s'attache à connaître Agathe... et ceux/celle qu'elle a aimé(e)s ;le personnage central, c'est bien Loire
De l'humour, et beaucoup de moments forts, parfois très émouvants. Les dernières pages sont de merveilleux condensés d'instants de vie. Et puis il y a la "conclusion", qui pourra sembler inachevée pour certains, tout comme l'étaient celles des 2 BD précitées. C'est une phrase de Louis, appuyé sur les rebords d'un pont qui enjambe la Loire tout en regardant les oiseaux "je voudrais penser comme un fleuve"

* Il faut dire que je la guettais depuis quelques temps car j'apprécie beaucoup l'auteur, tant dans son graphiste, les couleurs qu'il emploie... que dans les histoires qu'il invente et le regard, assez tendre qu'il porte sur ses personnages 

mercredi 27 mars 2024

Le début d l'année au cinéma avec.. "Winter Break"

Film vu le 27 janvier... mais commentaire du 27 mars 

Encore un long film (+ de 2 heures) sauf que cette fois-ci je n’ai pas vu le temps passer et que j’aurais bien voulu, même si je sais que c’est une fiction, savoir ce qu’il est advenu ensuite des 3 principaux personnages qui sont très attachants.
Mention spéciale aux coiffures et tenues (l’action se passe fin 1970) .

Dans un établissement privé américain des années 70, 3 personnes vont devoir passer ensemble les "fêtes" de Noël:
un professeur d'histoire très aigri qui méprise les élèves et ses collègues... lesquels le détestent eux aussi
la cuisinière dont le fils, qui avait pu faire ses études dans l'établissement avant de partir au Viet-Nam, vient d'y mourir
un élève, dont la mère s'est remariée avec un homme qui le déteste.
La cohabitation n'est pas simple au départ. Mais les uns et les autres finissent par s'apprivoiser. Un voyage improvisé à Détroit donnera même plein d'espoirs:
la cuisinière commencera à faire le deuil de son fils en renouant avec sa jeune soeur enceinte,
le professeur donnera quelques détails de ce qu'était sa vie avant avant qu'un "incident" du à son intégrité le condamne à rester dans l'établissement actuel
l'élève reverra enfin son père, très malade, ce à quoi s'opposaient sa mère et le nouveau mari de celle-ci.
Une fois les vacances finies, la vie  aurait pu reprendre, plus douce entre ces 3 là qui ont constitué une sorte de famille de coeur. Mais un petit "cadeau" laissé par l'élève à son père va changer la donne. Et le professeur va devoir choisir: avouer ce qui s'est passé (et condamner l'élève à aller dans un établissement qui le broiera) ou mentir tout en laissant parler son coeur avant de s'enfoncer de telle sorte que si l'élève est sauvé, lui est viré de l'établissement.
Heureusement les dernières images, filmées sous un beau soleil, laissent espérer que finalement ce "Winter Break" qui se termine avec son départ, lui sera bénéfique.  
NB: Découverte au début du film: le film est classé « R »  aux USA… et pourtant pas de scène ultra violente (même si a un moment deux adolescents en viennent aux mains) pas de scène de sexe ouvertement montrée .. mais le langage est correct, même lorsque le vieux prof compare son proviseur à un cancer du pénis!

Alors serait-ce parce que 
les 2 adultes boivent et fument ++ et qu'il y a quelques allusions sexuelles: une petite dame plus toute jeune propose une "gâterie » au professeur et ce dernier montre une scène de sodomie sur un vase grec (ce qui  incite à se demander si il ne préfère pas les hommes.). N'y aurait il pas aussi le fait que ce vieux prof grincheux mais très intègre, refuse de remonter la note d’un élève au motif que le père de ce dernier pourrait alors financer un nouveau gymnase.




mardi 20 février 2024

films oubliés de 2023 - "L'improbable voyage d'Harold Fry"

Film vu le 29 juin 2023
Compte-rendu du 20 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB: "Un beau film … beau parce que plein d’humanité, de solidarité, d’espoir, de lumière mais aussi très triste parce qu’il est beaucoup question de pertes, d’abandons, de dénuement, de mort(s)

Ce que j'ai appris après avoir vu le film: c'est une fiction, inspirée du réel car l'auteur de cette histoire a vraiment perdu son père avant d'avoir fini la rédaction de son livre.

Et à part ça?
Il y a les scènes qui font mal: physiquement quand on voit l'état de ses pieds après plusieurs jours à marcher, sans aucune préparation, ni chaussures adaptées, puisque son départ est improvisé mais aussi quand on devine comment il a pu souffrir de la faim (il a renvoyé à sa femme sa carte bancaire), du froid (sans argent, il fait le choix de dormir dans des abris de fortune). Mais ce n'est rien à côté de la douleur morale que l'on découvre progressivement: celle de voir ce défaut de communication (alors qu'il l'aime) avec son fils qui plonge dans la dépression, la maladie mentale et dont on pressent l'issue fatale. Et en même temps on a pu mesurer à quel point la maison du couple était devenu une sorte de tombeau pour ce couple que la mort de leur fils unique semble avoir séparés à jamais.
Il y a aussi les moments de grâce, comme ce médecin étranger, qui survit avec un petit boulot, que son mari a abandonnée et qui l'accueille, le soigne sans rien lui demander d'autre que peut-être l'écouter tandis qu'elle épanche sa peine. Ou tout simplement ces fruits et légumes laissés sur la clôture pour ceux qui passent. Ou encore ce chien perdu qui va l'accompagner avant de prendre une autre route (qu'il verra partir, un peu triste car il s'y est attaché, tout en ne faisant rien pour le retenir). Mais aussi les éclats lumineux du petit pendentif acheté dans une abbaye et qu'il a offert à son amie Quinnie, au seuil de la mort et pour qui il a fait tout ce chemin qui lui permet d'être enfin en paix avec elle et surtout avec la mort de son fils. Même âgé, il reste possible partir accomplir des choses avant qu'il ne soit trop tard.

mardi 13 février 2024

films oubliés de 2023 - The quiet girl

Film vu le 27 mai 2023
Compte-rendu du 13 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB juste après l'avoir vu:" Un très beau film "
: 

Plus tard... Tout est effectivement beau, mais aussi très triste dans ce film.
La petite fille est très belle physiquement, le couple qui l'accueille très beau "moralement". Il faut voir comment ils l'accompagnent, l'aident à  trouver sa place, à être quelqu'un. Certaines scènes sont aussi très belles, avec peu de mots. Comme cette phrase  prononcée par la femme qui, après s'être vraiment occupée de la petite (lui donner un bain, la coiffer longuement, l'habiller...en la respectant, se contente de dire lorsqu'elle découvre qu'elle ne mouille plus son lit la nuit: "En fait, tu avais juste besoin qu'on s'occupe de toi". Ou l'homme qui, alors que sa femme va mal, va emmener la petite sur la plage et lui redonner juste en montrant des lumières au loin sur la mer.
Tout est très beau? Non! Certaines scènes sont très tristes et même dures: par exemple voir comment la petite fille est oublié, niée, voire méprisée, par ses soeurs, ses propres parents et notamment son père qui va jusqu'à la laisser chez des parents de sa femme en remportant avec lui sa pauvre petite valise qui ne contenait que quelques vêtements (et ne rien faire ensuite pour les lui faire parvenir). Je n'ai même pas le souvenir qu'il lui ai fait une bise en la quittant. Autre exemple: cette voisine du couple qui, jalouse de celui-ci, va essayer de casser l'image que celui-ci donne en révélant un douloureux secret: à savoir que ce couple a eu un enfant qui est mort accidentellement.
Après le film, j'ai cherché à savoir si c'était une histoire vrai ou une fiction. Pourquoi? Parce que je voulais savoir ce qui se passait après que la petite ait été ramenée chez ses parents. Une fois les retrouvailles (tout sauf chaleureuse car personne dans la famille ne semble ravi qu'elle soit de retour)passées, le couple repart. Elle court après la voiture avant de sauter dans dans les bras de l'homme qui s'est arrêté. Et alors que son père arrive, furieux, elle murmure alors à l'oreille de son bienfaiteur "Papa". Cherche t elle à lui dire "Attention mon Papa arrive" ou "C'est toi que je considère comme mon papa, emmène moi avec toi" ? Le film s'arrête là sans que l'on sache si le couple arrive ou non à convaincre les parents et notamment le père, de laisser la petite grandir auprès d'eux, sa famille de coeur et non auprès de sa famille de sang. 

samedi 10 février 2024

films oubliés de 2023 - Le bleu du caftan

Film vu le 5 mai 2023
Compte-rendu du 10 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB juste après l'avoir vu "Un beau film… très sensuel, très pudique, très émouvant … avec des plans comme des tableaux"
Quasi un an plus tard, les souvenirs qui me restent:
Celui de l'immense amour/tolérance/complicité (même si certaines choses ne sont jamais ouvertement évoquées) au sein de ce couple. 
Elle est très croyante, lui, pas vraiment si on songe à son attitude lorsqu'il la voit faire ses prières ou tout à la fin du film, lorsqu'il retire la tenue "purifié" (mise par les femmes lors de la toilette mortuaire) pour la revêtir de ce caftan bleu si beau qu'il a mis des heures à broder pour une autre alors que c'est à elle qu'il le dédiait.
Elle a soif de sensualité mais doit se contente de le caresser lorsqu'il préfère les rencontres homosexuelles dans les cabines fermées du hammam. Et dans le même temps, sa délicatesse lorsqu'il l'aide à s'habiller alors qu'elle est devenue si maigre*, rongée qu'elle est par une récidive de cancer.
Et puis il y a les images: la beauté des gestes des brodeurs (travail à la main et non à la machine), la manière de caresser les étoffes (dont ce tissu bleu, si beau) les mandarines qu'elle mange (il n'y a d'ailleurs quasiment de cela qui "passe"), leur manière de chanter et danser en trio soudé et pudique. Et en guise de conclusion, sa lente et longue traversée de la ville, portée par son mari et l'apprenti (qui s'aiment et dont elle a facilité la rencontre après avoir essayé de la contrer) pour aller vers la lumière, la mer.

* mention spéciale à l'actrice qui a non seulement volontairement maigri pour coller au personnage, et cela alors même que durant le tournage son père était gravement malade et est décédé le dernier jour du tournage.

samedi 16 septembre 2023

"Les vieux fourneaux" T7

Encore une bonne cuvée que ces nouvelles aventures du trio : Antoine (l'ancien cadre syndicaliste dans un laboratoire pharmaceutique désormais retraité et grand-père), Emile (l'amateur de rugby devenu baroudeur pour cause d'amour de jeunesse mal assumé) et Pierrot (célibataire anarchiste toujours prêt à s'enflammer pour une cause) !
Avec toujours cette manière inimitable d‘aborder des sujets sérieux: cette fois-ci ce sont les travailleurs clandestins dans le secteur agricole, l’attrait de certains -mais pas eux!- pour les idées liées au « « grand remplacement »* les limites du « vivre ensemble » (notamment entre ruraux et néo-ruraux, mais aussi les violences faites aux femmes … mais en n'oubliant jamais de le faire avec humour. 
Exemple de dialogue, quand Antoine refuse de manger à l’hôpital où il a été admis avec avoir été tabassé par les flics le 1er mai, Pierrot, à qui on demande de le faire manger, explose: « Je ne vais pas le gaver comme un canard avec un bâton! Il bouffera quand il aura faim! Ça m’étonnerait 
qu’il se laisse dépérir. On parle quand même d’un gars qui dégaine son barbecue à la moindre éclaircie depuis 50 ans »
BD à lire et relire. Les occasions de parler avec légèreté de choses sérieuses sont trop rares pour être boudées. Et j'ai hâte que la volume suivant paraisse, tout en ayant conscience qu'il n'est pas facile de trouver de nouveaux thèmes sans trop "radoter", ce qui serait une triste fin pour ces vieux fourneaux.

* idées développées par un certain E Zemmour lors de la campagne présidentielle 2022

dimanche 16 juillet 2023

Le goût des images animées - La maison des égarées.

La bande annonce était tentante, une histoire de vieille dame qui, dans un centre de "réfugiés", réussit à convaincre qu'elle est la grand-mère de 2 enfants "perdus": une adolescente en fugue et une petite fille muette. Et qui les emmène dans une drôle de maison isolée qu'elle semble découvrir en même temps qu'elles.
Le film me donnait une impression de déjà vu. Normal, il partage avec "Suzume" vu il y a quelques semaines, de nombreux points communs: la reconstruction après un séisme (qui peut être physique mais aussi émotionnelle) la beauté de la nature, même lourdement touchée par une catastrophe, la famille (biologique ou "reconstituée"), les personnages féminins à la fois fragiles et forts, le shintoïsme...
Mais avec lequel il présente aussi des différences comme le fait que les héros ne sont pas deux grands ados/jeunes adultes (avec une possible histoire d'amour) mais 3 femmes: une adolescente qui a fui son père (séparé de sa mère) qui est violent avec elle, une fillette dont on apprend qu'elle est devenue muette suite à une succession de deuils qu'elle n'a plus aucune famille et cette grand-mère sortie de nulle part, qui raconte des histoires fantastiques mettant en scène des divinités japonaises  (dont les "petites filles" comprennent vite que ces dernières sont aussi ses ami(e)s). 
"Suzume", sorti quelques mois avant fera probablement une meilleure carrière que "la maison des égarées" mais je préfère cette dernière:
- à cause des personnages, cette adolescente brisée par son père mais qui saura lui échapper et devenir la grande soeur de la petite fille qui retrouvera sa voix grâce à elle mais aussi sa voie en décidant de prendre le moment venue le relais de la vieille dame auprès des divinités
- l'idée de ses maisons refuges, isolées, dans les bois
- la présentation, certes rapide, des multiples dieux qui m'a fait penser au "voyage de Chihiro" 
- la graphisme retenu pour narrer les contes mettant en scène ces divinités qui m'ont fait penser à ceux racontés dans la BD "Naoto, le gardien de Fukushima" 
- l'idée de ce monstre qui se nourrit des peurs, pertes etc... des humains et les pousse à fuir ailleurs pour oublier.

dimanche 16 avril 2023

Le goût des images animées - A vol d'oiseaux

 

Un très joli petit film d’une heure. En fait il s'agit d'une compilation de 3 courts métrages d’animation (réalisés par 3 équipes différentes) à base de gouaches ou d’aquarelles. 
J'ai assez peu accroché avec le 1er, notamment à cause du graphisme, même si je reconnais que l'histoire était intéressante puisqu'il était question d'un enfant qui imagine, rêve, le monde tel qu'il le verrait si il était oiseau.
J'ai beaucoup aimé le second petit film qui était sans paroles. C'était l'histoire  d'un vieux monsieur très fatigué, en maison de retraite. Il se liait avec une mouette qu'il nourrissait, avant de la soigner (en cachette du personnel) car elle s'était blessée un jour de tempête, puis de la relâcher une fois guérie... et redevenir un petit garçon avant de se transformer lui même une mouette et s'envoler. 
Mais ma préférée ça a été la dernière histoire. C'est celle d'une adolescente qui est assez solitaire, même avec ceux de son âge. Elle se lie avec la documentariste de son collège, comme elle passionnée d’oiseaux et qui vit sur une île isolée en Loire. Et elle va s'y rendre afin de lui redonner un livre qu'elle lui a prêté . Durant cette balade, le rendu de la nature (dont les animaux) et celui des sons est superbe.
En fait ça m'a rappelé ces très jolies histoires d'une famille de petites souris racontées par un auteur japonais, Kazuo Iwamura. 

vendredi 31 mars 2023

Le goût des images animées - Les petites victoires

Depuis que j'ai vu le film "Monsieur Hire", où Michel Blanc interprétait  un rôle tellement éloigné de celui qu'il jouait dans la série des "Bronzés" j'apprécie voir comment évolue sa filmographie*. Et quand j'avais vu la bande annonce de celui-là, même si a priori il m'avait pas le 1er rôle (celui de l'institutrice directrice d'une classe unique ET maire d'un petit village) j'avais fort envie de voir ce film. 
Et c'est un sympathique petit film… un peu dans la lignée de « la famille Bélier » sauf que là il n'est plus question d'une jeune fille passionnée de chant qui est née dans une famille de sourds profonds.
Non, là il est question de la vie quotidienne dans les petits villages (moins de 500 habitants) où petit à petit il n’y a plus ni médecin, ni café, ni boulanger. Ici, même l’école à classe unique est en sursis depuis le départ en cours d'année d'une famille qui avait 3 enfants. Et l'institutrice a fort à faire car elle est aussi maire du village, pas vraiment aidée par ses adjoints. Arrive un nième petit grain de sable avec les soucis causés par un artisan du village qui, depuis le décès de son frère, vit mal sa solitude. Et pour cause, il finit par avouer à l'institutrice que, même si il est allé à l'école et a obtenu son permis de conduire, il est devenu illettré et que ça lui pose de gros problèmes dans sa vie quotidienne et professionnelle. Du coup il décide alors de se redonner une chance de maîtriser la lecture et l'écriture en retournant à l'école du village à côté de gamins ayant l'âge d'être ses petits enfants. 
Mais le plus intéressant se situe probablement en "off" des gags, lorsqu'Michel Blanc découvre que, pendant des années, son frère aîné lui a caché les lettres envoyées par une femme dont il était tombé amoureux** et auxquelles il n'a jamais pu répondre... là aussi il aura droit à une seconde chance.  Et aussi lorsque l'institutrice comprend que sa rencontre d'un soir (faite via un site spécialisé) et dont elle espérait beaucoup, n'est en fait qu'un beau séducteur peu désireux de s'attacher à une femme qui est très prise entre ses élèves et ses administrés. Là pas de seconde chance... Quoique... à la fin de l'année scolaire et sa classe étant condamnée à être fermée, la jeune institutrice décide de partir en vélo pour de TRES longues vacances, loin de l'éduction nationale et de son petit village. Et qui sait... 
* Pas vu "Tenue de soirée" et, malgré des critiques élogieuses, les quelques extraits vus m'ont toujours freinée. 
** Le personnage joué par Michel Blanc ose se poser la question "Ce grand frère qui a tant fait pour moi aurait il pu vouloir me garder pour lui seul?" 

dimanche 5 mars 2023

Le goût des images animées - Le retour des Hirondelles

Le titre à l’international est « return to dust » et convient mieux à cette histoire de mariage arrangé entre de 2 « déshérités » dont les familles respectives veulent se débarrasser pour qu’ils ne vivent plus sous leurs toits: un vieux paysan (exploité par son frère aîné mais aussi le gros propriétaire terrien du coin) et une femme devenue handicapée (et incontinente) à force d’avoir été battue enfant. Entre ces 2 là naît une jolie histoire d’entraide et d’amour…* avant qu’elle ne s’achève dans la poussière de la destruction de la maison qu’ils avaient construite. 
Ceci est la version occidentale et originale d’un film qui avait connu un joli succès en salles chinoises... avant d’être interdit dans son pays d'origine puis diffusé une fois remonté dans un sens plus conforme à l’image que veulent montrer les autorités chinoises. Et oui, même si les faits sont censés remonter à 2011, il ne pouvait être accepté par les autorités de montrer qu’il existait alors
- de très pauvres agriculteurs
- exploités par des propriétaires terriens ravis de les maintenir dans la pauvreté en les payant le plus tard possible
- avant de les "oublier" afin de privilégier la spéculation foncière
- le tout dans un contexte de corruption.
Pas sure que les choses aient beaucoup changé depuis 2011.
*Aucune scène sensuelle mais beaucoup de signes de pudique tendresse

samedi 4 mars 2023

Le goût des images animées - The Fabelmans

C'est un Steven Spielberg... qui a mal marché aux Etats-Unis... et plaira sans doute aussi assez peu en France car ce n'est pas un film dans la lignée de ceux qui ont fait la réputation du réalisateur. En effet, on est loin de "Duel", des "Dents de la Mer", des "Indiana Jones" ou même de "La liste Schindler"... 

En fait, le titre du film pourrait être "The Spielbergs" tant le scénario est proche de l'histoire du réalisateur. Même composition familiale, avec un fils ainé et ses deux soeurs, un père cadre informatique -un secteur qui alors n'en était qu'à ses débuts- une mère qui renonce à ses ambitions musicales, un ami très proche de la famille et surtout de la mère de famille... Et surtout l'histoire de ce garçon puis jeune homme, passionné d'images depuis sa 1ère séance de cinéma (qui le traumatise quand même, car il s'agit de "sous le plus grand chapiteau du monde" avec une scène où un train déraille) et qui pendant des années mettra à contribution famille et amis pour réaliser durant son temps libre, des fictions. Du moins jusqu'au moment où en faisant le montage des petites vidéos des vacances familiales, il découvrira un secret que sa mère croyait bien gardé. 
Alors oui, ceux qui cherchent un grand film d'action dans la lignée des "Indiana Jones" ou des "Jurassic Park" seront déçus. Les autres qui, comme moi, aiment savoir comment la vie privée d'un réalisateur a pu influencer son oeuvre apprécieront ce film. Surtout que ce film incite à se poser plein de questions et notamment celle-ci : jusqu'où peut on aller lorsqu'on met en scène sa propre histoire.

mardi 7 avril 2020

Confinement 1 - J21

Texte rédigé en juillet 2023

Le 7 avril 2020
Il y a beaucoup plus de souvenirs liés à cette photo.
Déjà le lieu, le "parc oriental du Maulévrier", à une petite quinzaine de kms au sud-est de Cholet... mais à une bonne heure de route à partir de Nantes. Ce qui explique notamment pourquoi je m'y rends si peu souvent (sans compter qu'il s'agit d'un parc privé payant) ou plus exactement pas aussi souvent que je l'aimerais car il est très beau, quelle que soit la saison. Enfin l'hiver, je n'en sais trop rien car il est fermé au public du 15 novembre au 15 mars, et l'étang central est vidé pour des raisons de sécurité. 
Là c'était probablement un soir au printemps car les feuilles des arbres sont d'un beau vert clair, tout comme les rives de l'étang. Le printemps n'est pas ma saison préférée, même si c'est un grand moment que celui où les prunus* puis les azalées et rhododendrons sont fleuris. Non, je lui préfère l'automne où petit à petit les arbres prennent de belles couleurs allant du jaune au rouge. 
Dans l'un et l'autre cas, c'est toujours un peu un pari que celui d'arriver au bon moment car lorsque le printemps est frais et un peu humide, la montée en fleurs se fait attendre. Au contraire, lorsque l'été joue les prolongations (St Michel voire St Martin) il faut vraiment attendre le début novembre pour voir les arbres prendre leur parure finale. 
Je ne parle pas du parc durant l'été, parce que alors il n'y a pas ces superbes touches de couleurs des fleurs ou des feuilles, mais aussi parce que les visiteurs sont alors très, trop nombreux à mon goût.  Impossible à cette saison là de passer quelques minutes en paix sur la "colline de la méditation" à écouter le bruit de l'eau, le bruissement des feuilles, le chant des oiseaux...
Je garde cependant le souvenir de 2 visites en été, à l'occasion de nocturnes (avec parfois des spectacles) qui donnent l'occasion de visiter la partie basse du parc et de le re-découvrir: avec pour seules lumières quelques sites plus éclairés entre lesquels on se déplace avec juste des bougies individuelles dans de petits lumignons. Seul regret pour la Nantaise que je suis, en pareil cas, le parc ne rouvre au public qu'à la tombée de la nuit, et une fois la balade d'environ une heure achevée, il faut reprendre la voiture. 
* appelés aussi "cerisiers du Japon" . Ce sont eux qui donnent leur nom à "Hanami", cette fête que célèbre aussi le parc, comme au Japon, en permettant aux visiteurs de déjeuner sous les arbres en fleurs et bénéficier de spectacles notamment de musique avec des instruments traditionnels.  

lundi 6 avril 2020

Musiques du temps du confinement -12- "une sorcière comme les autres"


Pour moi cette chanson fait partie des très grandes et très belles chansons d'Anne Sylvestre. Et pourtant, c'est souvent d'autres interprètes, souvent féministes, qui l'ont fait connaître et notamment Pauline Julien (1928-1998) . 
Bien des années plus tard, je m'aperçois que je n'avais que 17 ans lorsqu'elle a créé cette chanson en 1975. Dans celle ci, je serais bien en peine de privilégier un des couplets, tant ils sonnent tous justes. En voici quelques uns:  
"...Je vous ai porté vivant, Je vous ai porté enfant, Dieu comme vous étiez lourd, Pesant votre poids d'amour
Je vous ai porté encore, À l'heure de votre mort, Je vous ai porté des fleurs, Vous ai morcelé mon coeur. 
Quand vous jouiez à la guerre moi je gardais la maison, J'ai usé de mes prières les barreaux de vos prisons, Quand vous mouriez sous les bombes je vous cherchais en hurlant, Me voilà comme une tombe et tout le malheur dedans...
...Vous m'avez aimée servante, M'avez voulue ignorante, Forte vous me combattiez, Faible vous me méprisiez,
Vous m'avez aimée putain, Et couverte de satin, Vous m'avez faite statue, Et toujours je me suis tue
Quand j'étais vieille et trop laide, vous me jetiez au rebut, Vous me refusiez votre aide quand je ne vous servais plus, Quand j'étais belle et soumise vous m'adoriez à genoux, Me voilà comme une église toute la honte dessous..."

dimanche 5 avril 2020

Musiques du temps du confinement -11- "Nisi Dominus -Cum Dederit"

Je ne sais plus comment j'ai découvert cette musique il y a fort, fort longtemps. Dans un recoin de ma mémoire flotte le vague souvenir de l'avoir entendue un jour comme musique d'attente sur un téléphone. Mais la mémoire est trompeuse! La seule chose certaine, c'est que ce morceau là fait partie de ceux que je peux écouter des dizaines de fois sans m'en lasser*, alors même qu'il s'agit d'un chant religieux. 
La curiosité a fini par m'inciter à récupérer le texte et le faire traduire (Vive Internet). "Cum dederit dilectis suis somnum. Ecce hæreditas Domini, filii. Merces fructus ventris.
Soit en français "Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. Voici l'héritage du Seigneur : des fils. Le fruit des entrailles est une récompense". ça parlait très certainement aux croyants du temps de Vivaldi, mais à moi ça ne dit rien. Des siècles plus tard, il n'en demeure pas moins que, pour moi, la mélodie est superbe. * Est ce parce que c'est sur un tempo largo ou en sol mineur? Voire les 2?


samedi 4 avril 2020

Musiques du temps du confinement -10- "les Marquises"


Je n'ai jamais possédé ce CD* là, le tout dernier de Jacques Brel. Pourtant, il comporte d'autres chansons que j'aime: Orly, Voir un ami pleurer... 
Mais le coup de coeur est pour cette chanson là, pour sa musique et le texte par exemple 
"...La pluie est traversière, Elle bat de grain en grain, Quelques vieux chevaux blancs, Qui fredonnent Gauguin..."
et surtout les dernières phrases:
"...Les pirogues s'en vont, Les pirogues s'en viennent, Et mes souvenirs deviennent, Ce que les vieux en font 
Veux tu que je te dise, Gémir n'est pas de mise, Aux Marquises."
Et puis je ne peux m'empêcher de penser à C. cet internaute avec qui j'ai échangé pendant plusieurs années, et qui, parce qu'il aimait beaucoup Brel, était allé passer quasi une semaine sur l'île où il avait vécu et où il est enterré , pas très loin de Paul Gauguin.
* En fait j'aurais du écrire "33 tours" car l'album est sorti en 1977, 5 ans avant le tout premier disque compact. 

vendredi 3 avril 2020

Musiques du temps du confinement -9- "Miserere" de Allegri

Il m'aura fallu de nombreuses années avant de pourvoir mettre un nom sur ce morceau que je croyais avoir découvert lors de la sortie du film "les chariots de feu"* où, de mémoire, elle accompagnait les scènes finales où les héros qui avaient participé à ces JO de 1924 assistaient à une cérémonie religieuse commémorative. Perdu, la musique que l'on entend à la fin est en réalité l'hymne britannique Jérusalem!

Alors  comment ai je découvert ce "Miserere" qui à chaque fois m'émeut profondément, notamment lors de la partie réservée au soliste. J'ai lu un jour (où???) que quelqu'un comparait ce passage à un chant d'alouette. Un chose est certaine, je voudrais qu'il ne cesse jamais.
Mais aussi que la partition était, pendant des années et à la demande du Vatican (seul endroit où l'on pouvait l'entendre), restée secrète. Jusqu'au moment où un génie de la musique, bien que ne l'ayant entendue qu'une seule fois, aurait été capable de la retranscrire de mémoire. Il s'agissait de Mozart. Mythe ou réalité? La réalité c'est que Mozart, alors âgé de 14 ans, l'a bel et bien entendu à au moins 2 reprises. La mention de sa transcription par Mozart ne figure quant à elle que dans une lettre de son père adressée à sa mère. Et, autre réalité, la 1ère publication de a eu lieu un an après le séjour de Mozart et a été le fait d'un musicologue anglais.
* J'avais été marquée par les motivations fort différentes des 2 coureurs: "Harold Abrahams est juif et court pour combattre l'adversité qu'il a vécu à l'université de Cambridge. Eric Lidell est écossais, fils d'un missionnaire en Chine, qui court pour la gloire de Dieu."  

dimanche 29 mars 2020

Confinement 1 - J12

Texte rédigé en juillet 2023

Le 29 mars 2020

La photo a été faite dans l'un de ces jardins créés à la fin du 20ème siècle à Paris. Ouvert au public en 2004, il s'intitulait initialement  « jardin de la ZAC-Didot "; il porte désormais le nom de "Jardin Françoise Héritier"*. 

Je l'avais découvert par hasard en suivant une petite ruelle qui donne sur la rue Pernety et était ressortie rue Losserand. Une bien belle intuition. 
J'avais beaucoup aimé ce petit poumon vert loin de l'asphalte, des  voitures, du bruit... avec une petite partie "jardin des voisins" et sa  parcelle créée pour les enfants de l'école toute proche. C'est là que j'ai découvert ce joli hôtel à insectes.
J'y suis retournée quelques années plus tard et apprécié de voir que les arbres et arbustes avaient pris entretemps une belle ampleur.
*
philosophe féministe (1933-2017).

dimanche 27 octobre 2019

Plaisir de lire (7) "le journal de mon père" de Jiro Taniguchi

Dans la rubrique "BD" j'avais d'abord songé à
"Maus" de Art Spiegelman... mais   le côté témoignage sur des faits passés durant la seconde guerre mondiale, les camps etc... il en est question dans le livre précité de Primo Levi. Mais aussi aux incontournables Astérix, Valérian (et Laureline) ou Gaston Lagaffe ou Isa,l'héroine des "Passagers du Vent"... et j'en oublie.
Mais Taniguchi,finalement choisi, renvoie à mon goût pour le Japon. Et j'aime beaucoup ses héros, aux traits souvent ronds et le côté sensible tout en restant discret, pudique du dessinateur.
Pendant longtemps dans la presse, quand il était question de "Mangas" pour adultes, on ne mentionnait que  "L'homme qui marche" où Tanguchi narre les déambulations de son héros, avec très peu de mots, alors même que tant de choses sont exprimées.
Mais c'est un autre Taniguchi qui est entré dans la maison familiale via  un cadeau offert à mon fils par la grand-mère des enfants. Elle avait été fort bien conseillée par la vendeuse du rayon "jeunesse" de la plus ancienne librairie nantaise. Cependant, nul doute qu'en offrant l'ouvrage à son petit-fils, alors au tout début de l'adolescence, elle espérait lui donner quelques pistes afin d'aborder avec plus de "tolérance" les relations avec son géniteur, ce qui n'avait pas été le cas entre son mari et son fils. Car cette BD raconte comment un fils, au mi-temps de sa vie, et à l'occasion des cérémonies liées au décès de son père, découvre enfin qui était celui-ci. Comme l'écrit un internaute "On connait parfois bien mal les gens qui nous sont les plus proches. Parfois aussi parce qu'on s'évertue à bien mal les connaitre, engoncés que nous sommes dans nos certitudes." 

dimanche 7 juillet 2019

Le père de la Bossa Nova est parti jouer de la musique bien loin du Brésil


ça restera sans doute la chanson la plus connue de João Gilberto... et c'est vrai qu'il est difficile, en matière de BossaNova, de faire mieux que dans sa version avec Stan Getz
https://youtu.be/j8VPmtyLqSY

Mais il y a eu aussi cette chanson là, beaucoup plus mélancolique, un peu à l'image de la fin de sa vie et de certains hommages, parfois dits du bout des lèvres, de certains jazzmens actuels qui oublient un peu vite l'apport qu'il a eu 

https://youtu.be/So718wk426c
Alors j'ai très envie d'en donner les paroles, moi qui ne parle pas un mot de portugais
ó privilegiados têm ouvido igual ao seu
Seuls les privilégiés ont une oreille comme la tienne
Eu possuo apenas o que Deus me deu
Je possède seulement ce que Dieu m'a donné
Se você insiste em classificar
Si tu insistes pour classifier
Meu comportamento de anti-musical
Mon comportement comme antimusical
Eu mesmo mentindo devo argumentar
Moi-même dois mentir en soutenant
Que isto é bossa-nova, isto é muito natural
Que cela est la bossa-nova, ce qui est très naturel
O que você não sabe nem sequer pressente
Que tu ne sais pas, ni même ne pressens
É que os desafinados também têm um coração
Que ceux qui jouent faux ont tout de même un cœur
Fotografei você na minha Roleiflex
J'ai pris une photo de toi avec ma Rolleiflex
Revelou-se a sua enorme ingratidão
Qui a révélé ton énorme ingratitude
Só não poderá falar assim do meu amor
Tu ne peux parler ainsi de mon amour
Este é o maior que você pode encontrar, viu ?
C'est le plus grand que tu puisses rencontrer , vois-tu ?
Você com sua música esqueceu o principal
Toi avec ta musique tu as oublié le principal
Que no peito dos desafinados
Que dans la poitrine de ceux qui jouent faux
No fundo do peito bate calado
Au fond de leur poitrine bat silencieusement
Que no peito dos desafinados,
Au fond de la poitrine de ceux qui chantent faux
Também bate um coração
Bat quand même un cœur

jeudi 4 juillet 2019

Plantu BNF

Cinquante ans de carrière sont retracés à travers une centaine de dessins, pour certains inédits, à la B N F ! Pour ne rêvez pas trop, c'était juste dans une petite salle qui n'avait rien à voir avec l'enfilade de pièces réservées par exemple pour la rétrospective consacrée à Astérix.
Mais bon, il était très intéressant de pouvoir découvrir le travail de Plantu depuis son premier dessin publié par le Monde en 1972 – une colombe portant en guise de rameau un point d’interrogation – jusqu’à aujourd’hui.... de constater comment son style a pu évoluer au fil des planches et des années. Avec quelques étapes clés comme:
- 1985, quand André Fontaine, alors directeur du journal Le Monde de l’époque, lui confie le dessin qui figurera en Une
- 1991, lorsque Plantu commence à fournir une fois par semaine un dessin à l’Express.
Et puis on découvre quand est apparue la fameuse petite souris qui a fini par devenir une signature à elle seule.
Et puis cette exposition est l'occasion de découvrir qu'à côté du Plantu, dessinateur de l'actualité, celle d'hier avec la chute du mur de Berlin, celle d'aujourd'hui avec le Brexit, celle de toujours avec les inégalités Nord/Sud, il y a aussi le Plantu, défenseur des droits et de la liberté d'expression via l’association Cartooning for Peace, fondée en 2006 à la suite d’une rencontre avec Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations Unie. Mais cet aspect là de son travail,je la connaissais déjà grâce à une exposition découverte au Mémorial de Caen, en juin 2012!