Reprise de l'activité cinéma après quelques mois d'arrêt avec un beau film d'animation atypique à plus d'un titre:
Il est visible par les enfants... mais à partir de 10 ans. Et pourtant, l'histoire est triste, dure. C'est l'adaptation d'un "conte" mais d'un conte noir car inspiré de faits réels. Je m'imagine mal expliquer à un enfant de 10 ans que tout cela n'est qu'une histoire alors que "Oui il y a eu des camps comme cela où beaucoup sont morts... Oui des personnes ont été menées à la mort parce que dites "sans coeur"... Oui des enfants ont perdu leurs parents, des parents ont perdu leurs enfants..."
Il est à la fois sombre et lumineux, aussi bien à travers ses images que via l'histoire.
Sombre parce qu'il y a beaucoup de scènes d'hiver, beaucoup de violences, de morts: ceux emmenés vers les camps, mais aussi le pauvre bûcheron qui s'est attaché à l'enfant, le déserteur défiguré qui est tué. Lumineux aussi parce que même dans les moments difficiles il reste de l'humanité: la pauvre bûcheronne qui s'attache et défend l'enfant, le pauvre bûcheron qui se sacrifie pour le sauver, le déserteur qui prend des risques pour lui... mais aussi le père qui avait jeté l'enfant hors du train et ayant perdu sa femme et son autre enfant, consacrera sa vie, une fois libéré des camps, aux enfants en devenant pédiatre.
jeudi 9 janvier 2025
"La plus précieuse des marchandises"
vendredi 23 février 2024
films oubliés de 2023 - Oppenheimer
film vu le 30/8
3 heures qui passent assez vite. Mais il faut s’accrocher un peu car le récit n’est pas chronologique puisqu’il mêle 3 périodes:
- les années de « formation »: celles où avec toute une équipe de scientifiques il a porté le projet Manhattan
- le simulacre de commission/procès pour renouveler ou non son habilitation à suivre les questions de nucléaire
Et il ne faut pas espérer se rattraper aux branches en se fiant au noir & blanc ou à la couleur car leur usage ne renvoie pas au passé/présent mais aux données objectives (le N&B) pour lesquelles il y a des traces écrites ou filmées et plus subjectives, le ressenti du héros (couleurs).
Sinon... j'ai été effarée de voir le peu de protection dont bénéficiaient les scientifiques lors du 1er essai (la France fera guère mieux notamment lors de ses explosions dans le Pacifique, notamment avec les populations civiles) .
Qu'ajouter de plus: peut-être deux séquences. Oppenheimer est fêté par ses collaborateurs, probablement après le largage de la 1ère bombe ou plus vraisemblablement après la capitulation japonaise, mais lui a des visions, il imagine l'effet dévastateur de la bombe sur sa propre équipe. ça a beau d'être des "effets spéciaux" je me suis dit que "oui, en contribuant à la réalisation de ce projet, il a ouvert une boîte de Pandore à cause de laquelle beaucoup de civils sont morts ou ont été touchés à jamais." Ce qui rend encore plus atroce la réaction du président des Etats-Unis à qui il est venu faire part de ses doutes et qui le met quasiment dehors en le traitant de "pleurnichard"
vendredi 18 août 2023
Souvenirs des "vacances d'été"

Le 7 Agen
Cette statue, je l'avais déjà photographiée lors de l'une de mes 2 précédentes visites. Tout comme j'avais photographié une très grande plaque, avec un texte (que je pensais être de l'occitan) gravé sur le mur d'une maison située à 2 pas de la place - qui a d'ailleurs été ré-aménagée depuis ces précédents passages.
J'ai d'ailleurs appris, lors de mon dernier séjour, que de ce coiffeur-poète (très célèbre au XIXème siècle) écrivait en langue occitane. Sa statue est à mi chemin entre sa maison natale et le salon de coiffure où il exerçait (et sur laquelle figure le texte repéré lors de ma 1ère visite à Agen).
Le 9 Torroella de Montgris
J'y suis passée en voiture à de nombreuses reprises, je m'y suis même arrêtée à 2 occasions:
- une fois sur les hauteurs, afin d'aller visiter sur la colline la Citadelle qui la surmonte; cette colline constitue d'ailleurs, avec ses 2 "soeurs" un repère visuel pour ceux qui passent dans la baie de l'Empordà.
- une autre fois pour me balader dans la vieille ville aux rues étroites comme celle-ci.
Cette fois-ci, c'était ma 1ère vraie visite. effectuée après le repas de midi (à l'heure de la sieste où seuls les touristes étrangers traînent dans les rues). Plus tôt dans la journée, j'étais allée au Musée de la Méditerranée . Un musée qui vaut la peine de s'y arrêter En plus il est gratuit!
Le 12 La Bisbal d'Empordà
J'y avais déambulé un jour d'été, tout particulièrement dans la vieille ville. Elle était bondée ce jour là car c'était un jour où les géants (une autre institution catalane) étaient regroupés sur la place de la mairie. Cette fois-ci l'idée était de d'abord visiter la musée de la céramique, qui est consacré au travail de l'argile laquelle a fait la renommée de la ville... Le savoir -faire des professions liées à la céramique a failli disparaître avec la mécanisation. Et puis après le musée et la pause déjeuner, ça a été une balade dans la vieille ville avec un retour via les arcades de la rue principale. Comme quand il fait plein soleil, ça peut taper fort en plein mois d'août, c'est drôlement appréciable de pouvoir marcher à l'ombre!

Double sortie le 13, avec pour commencer une étape à Sant Feliu de Boada.
On serait en France, on dirait que c'est une commune rattachée à... Comprendre: un ensemble de quelques maisons, un hameau, rattaché à une commune plus grande. Le comble ici c'est que c'est sur ce hameau que l'on trouve quasi l'essentiel de l'offre de restauration de la commune avec, à ma connaissance, 3 restaurants! Et comme la fois où j'avais déjeuné dans l'un d'eux (et découvert le pain grillé, frotté à l'ail, huile d'olive et à la tomate) il y avait des chats qui jouaient sur la place de l'église. Une église dite fortifiée avec un mur-clocher et une très vieille porte d'entrée, tellement usée, noircie par le temps que j'ai cru un instant qu'elle avait commencé à brûler.
Le 13, il y a eu aussi Perattalada.
Si St Feliu était quasi désert, cet autre joli village grouillait de touristes. Du coup il a fallu ruser et prendre de vitesse les autres visiteurs pour pouvoir y déjeuner avant de partir explorer les ruelles quand eux partaient vers les plages. Après une rapide balade dans des rues déjà visitées par le passé, je suis allée vers le haut du village et je suis grimpée dans la "tour des heures" (environ 70 marches) d'où on a une très belle vue à 360°. Là c'est le NO du village avec, dans le prolongement du mur-clocher (c'est une spécialité catalane semble t il) de l'église, située à l'extérieur du village: tout au fond les 3 collines de Torroella de Montgris avec, sur leur droite, la mer du côté de l'Estartit.
mercredi 19 juillet 2023
Sortie photos... suite
samedi 4 mars 2023
Le goût des images animées - The Fabelmans
C'est un Steven Spielberg... qui a mal marché aux Etats-Unis... et plaira sans doute aussi assez peu en France car ce n'est pas un film dans la lignée de ceux qui ont fait la réputation du réalisateur. En effet, on est loin de "Duel", des "Dents de la Mer", des "Indiana Jones" ou même de "La liste Schindler"...
samedi 18 février 2023
Le goût des images animées - Interdit aux chiens & aux Italiens
- aux liens Italie/Libye: 5 octobre 1911, début de la conquête militaire italienne en Libye et le 5 novembre 1911, annexion officielle par l'Italie. Dans le film, le grand-père y perd l'un de ses jeunes frères
- au rôle joué par les Italiens dans la construction de routes, tunnels, ponts, barrages hydrauliques ... notamment dans le SE de la France et la Suisse
mardi 31 mars 2020
Confinement 1 - J14
Texte rédigé en juillet 2023
Une fois de plus, aucune idée de la date de réalisation de la photo*. Probablement une bonne dizaine d'années. La seule chose certaine c'est que c'était lors de ma seconde visite du parc du Puy du Fou.
La 1ère fois j'avais été assez emballée... même si un des "spectacles" m'avait semblé assez orienté, à savoir une sorte de crypte dédiée aux martyrs chouans. Mais le parc est en Vendée et cette partie du parcours avait semble t il disparu lorsque j'y suis retournée. Sauf que la seconde fois, d'autres spectacles étaient apparus, superbes au niveau chorégraphie, mais comportant des aspects TRES orientés religion catholique que ce soit autour de la légende de St Philbert de Granlieu (apparu pour faire fuir les vilains vikings) ou dans le Colysée où lors de la course de chevaux, seul pouvait gagner le soldat romain converti au catholicisme et qui concourait avec un équipage de chevaux blancs.
Cet oiseau figurait dans le spectacle consacré au vol des rapaces qui passaient au milieu des spectateurs, lesquels devaient rester calmes et silencieux. Impressionnant!
* En cherchant bien sur mon PC, je pourrais la retrouver, mais je préfère me concentrer sur les souvenirs et les impressions qui ont accompagné la photo
jeudi 7 novembre 2019
Les conférences de l'Université Permanente -1- Mot clé: handicap

le point de départ de l'enquête menée par les archéo-anthropologues de l'INRAP*: une interrogation d'un champion para-olympique sur la place que réservait autrefois la société aux corps différents: meilleure ou pire? La réponse: les corps différents n'étaient pas exclus voire éliminés d'office puisqu'on les trouve représentés sur des vases antiques, des enluminures, des tableaux...et que leurs tombes n'étaient pas à part et cela aussi loin que l'on puisse remonté dans le temps .
la valorisation du handicap chez les Mochicas* *(le handicap pouvait être considéré comme un signe selon lequel la personne était destinée à devenir chaman ) ou chez les Egyptiens (naître nain était considéré comme un cadeau des Dieux et ceux dans ce cas avaient notamment vocation à devenir des musiciens).
la création des hôpitaux psychiatriques remonte au VIIème siècle à Bagdad et les malades, là où en Europe ils étaient considérés comme les fous, en Orient ils pouvaient faire l'objet de soins de musicothérapie, de zoothérapie sans aucune considération de sexe, âge ou religion...
le rituel de l'exposition... pour les enfants n'ayant pas eu le temps d'être baptisé a perduré bien au delà de la création au XIIème siècle, de la notion de Limbes. Sauf que l'on sait maintenant que le "souffle de Dieu" durant lequel l'enfant était promptement baptisé, correspondait en réalité à l'expulsion des gaz de décomposition du corps
le cas très particulier du personnage enfoui au XIII siècle dans une salle capitulaire et dont l'étude du squelette a révélé qu'il était "spina bifida", qui plus est au niveau des cervicales, ce qui fait qu'il était probablement tétraplégique, ce qui ne l'avait pas empêché d'atteindre la fonction suprême au sein de l'abbaye, celle de chanoine, seules les personnes ayant exercé ces fonctions pouvant être ensevelies dans la salle précitée.
Quelques éléments de conclusion: si en Chine et en Afrique, le handicap est un sujet tabou, dans les autres pays, les handicapés physiques ne sont pas mis au "rebut" isolés dans les cimetières et leurs corps bénéficiant des mêmes rituels (comme dans chez les chrétiens, celui de la pierre qui évite l'apparition du rire sardonique) mais cela ne vaut que lorsque la société va bien. Sinon, les faibles, malades et infirmes paient un lourd tribut. Dernier exemple en date en France, les malades mentaux durant la seconde guerre mondiale. * INRAP: Institut National Recherche Archéologique Préventive
** https://fr.wikipedia.org/wiki/Moche_(culture)
lundi 6 mai 2019
Souvenirs du château de... Châteaubriant -1- les différents bâtiments
Petite chose avant tout... C'est ChâteaubrianT... et ça n'a rien à voir avec l'écrivain ChâteaubrianD qui d'ailleurs été d'origine bretonne. Petit truc pour se rappeler de l'orthographe: les habitants de laville s'appellent les CastelbrianTais.
Le site du château comprend différentes parties:- il y en a une qui date du moyen-âge, d'où la présence d'un donjon (dont il ne reste pas forcément grand chose car il est en ruine depuis le 18ème siècle) mais aussi, à l'intérieur de la haute cour, d'une chapelle rebâtie au 14ème siècle qui comporte dans sa partie ouest, un logement, celui du chapelain.
- Y a été ajouté, du temps de Jeanne de Laval, soit au XVème siècle, un bâtiment style renaissance, avec sur la gauche, un bâtiment des gardes (non visible sur la photo) et sur la droite, une jolie galerie couverte, hélas en fort mauvais état au point d'avoir du, en plusieurs points être étayée.
samedi 13 avril 2019
Retour d'exposition: "Clémenceau"
Là, via quelques salles à l'étage on re-balaye la riche vie de Clémenceau le Tigre dont on ne retient bien souvent que l'image du vieux grand-père allant sur le front... ou du briseur de grèves. Alors que l'homme a été beaucoup plus que cela
- un passionné d'Asie
- un homme bilingue qui a épousé une américaine* rencontrée alors qu'il enseignait aux Etats-Unis
-un amateur d'art qui a notamment beaucoup soutenu et aidé les impressionniste et plus particulièrement Monet à cause de qui il se battit en duel et dont il obtient que "les Nymphéas" soient exposés au musée de l'Orangerie
Son ancien appartement se situe juste en dessous des salles d'exposition et c'est particulièrement émouvant de voir quel a été son cadre de vie de 1896 à 1929
* Pour eux 2 l'histoire s'est mal terminée et l'attitude de Clémenceau est peu glorieuse "Sa femme ayant une liaison avec son jeune secrétaire précepteur des enfants, il fait constater l'adultère et l'envoie brutalement quinze jours dans la prison Saint-Lazare pour adultère (alors qu'il a eu lui-même de nombreuses liaisons féminines) et pendant cette incarcération demande et obtient le divorce avant de la renvoyer brutalement aux États-Unis en ayant en outre obtenu qu'elle perde la garde de ses enfants et la nationalité française. "
mercredi 27 mars 2019
Dernières BD lues "Ambulance 13 - Pourquoi?" par Ordas & Mounier
En fait la BD se divise en 2 parties.
Il y a le récit des 10 & 11 novembre 1918... et notamment cette dernière mission de Bouteloup, aller récupérer des blessés allemands (volontairement oubliés sans médecin ni médicaments par leur compagnie) alors même que l'ordre est de ne pas fraterniser avec l'ennemi. Il le fait... mais revient avec une dernière victime, un "bleu" qui n'a pas eu le temps d'acquérir certains réflexes et ne plonge pas lorsqu'un soldat allemand rancunier lance une dernière grenade. Bouteloup antidatera sa mort, afin que la mère adoptive de ce "bleu" (qui avait devancé l'appel) dont c'était le seul enfant, puisse bénéficier de sa pension de "mort pour la France".
Avant de revenir à la seconde partie de la BD, centrée elle sur les mésaventures de Jules dit l'Ecaille, je reviens sur ce qu'aurait dit Georges Clémenceau, président du conseil et ministre de la guerre lorsqu'il a été informé que l'armistice prendrait effet le 11/11 à 11 heures: " Le temps de rédiger mon discours et je fonce à l'assemblée. Pas besoin d'escorte, c'est inutile. Je ne serai pas seul. 1 375 000 morts m'accompagneront"
Plusieurs éléments m'ont laissé perplexe lors de la seconde partie de la BD: notamment la manière dont Bouteloup
- aide Jules (qui a eu le malheur de recroiser Dervilly*) à mourir le plus sereinement possible. Même si officiellement c'est juste une piqure de morphine, ça ressemble fort à une euthanasie.
- obtient que son corps de civil (puisque tel était le statut de Jules, démobilisé en mai 1919) puisse être transféré à Verdun, et plus encore au sein de ce qui deviendra le cimetière de Douamont. L'occasion pour les scénariste de rappeler le lourd tribu payé par les services de santé dans une note à la dernière page: "En 1914-1918, le taux de pertes du service de santé [des armées] le place au deuxième rang des armes les plus exposées, après l'infanterie; nous dédions cet ouvrage aux chirurgiens ,médecins, pharmaciens, infirmiers et brancardiers inconnus". Avant que , comme les précédentes BD de la série, celle-ci ne se termine se clôt par un cahier technique où il est notamment mentionnés les progrès techniques réalisés au plan médical durant la 1ère guerre (et dont on pu bénéficier ensuite le reste de la population): en matière d'anesthésie, de transfusion sanguine, de radiologie, de psychiatrie, d'hygiène...
mardi 26 mars 2019
Dernières BD lues "Algériennes" de Meralli & Deloupy
L'histoire? Ou plutôt les histoire car ici où se situe dans le cadre d'une fiction bâtie autour d'un personnage qui va recueillir toute une série de témoignage, pour comprendre. Le personnage central, c'est Béatrice, une "enfant d'appelé" c'est-à-dire qu'elle est née tandis que son père faisait la guerre d'Algérie.Mais ce celle-ci, il refuse d'en parler. Alors sa fille qui a lu un article de presse qui l'a fort touchée, va chercher à savoir, à comprendre ce qu'il a pu vivre en faisant parler... 5 femmes: Lucienne, Saïda, Djamilla, Bernadette et Malika
Des témoignages forts, parfois même bouleversants car certaines de ces femmes ont des mots très durs comme Djamilla: "la campagne algérienne devait se protéger de l'armée le jour et des fellagas la nuit". Il y a aussi des passages très difficiles à lire, comme le long témoignage de Saïda, fille de harki (pas vraiment bienvenue après son arrivée en France) ou Malika. Malika, c'était une militante avant d'être arrêtée et torturée, violée... Elle a pu échapper à la mort grâce à un appelé qui, ayant découvert ce qu'elle vivait, a organisé son transfert dans un hôpital où il a insisté pour déclarer qu'elle était mourante, contagieuse et qu'il ne fallait pas la renvoyer vers le centre d'interrogatoire. Après la fin de la guerre, Malika a participé au gouvernement algérien au sujet duquel elle est très critique: "...chaque jour la violence et l'oligarchie se sont installés. Je voyais des fonctionnaires bien placés s'enrichir quand le peuple se perdait dans la haine"Une BD fort instructive car on voit la guerre, du côté des femmes, elles dont la contribution à l'indépendance sera ensuite bien souvent effacée. Mais aussi parce que cette vision n'oppose pas d'un côté les bons Algériens et les mauvais Français. Et enfin, même si c'est accessoire, on comprend l'attachement viscéral que certains, nés là bas, peuvent garder avec leur terre natale, au point d'y être restée (quitte à y devenir une étrangère) comme Bernadette ou d'être émerveillé comme Saïda, juste en revoyant une photo de la maison natale telle qu'elle est devenue, accompagnée d'un peu de terre et de feuilles et fleur de l'oranger qui poussait à l'angle de la maison.
dimanche 24 mars 2019
Dernières BD lues: "les vieux fourneaux - Celui qui part" par Lupano et Cauuet
Un volume où on se marre toujours autant mais avec des passages plus graves avec les histoires
- à 10 & 20 ans de Berthe, la voisine dont, aux dires d'Antoine et Pierrot, mais aussi des gamins du village, il ne faut surtout pas acheter les oeufs
- et de Errol, un vieil Australien de l'âge de 3 héros, mais en beaucoup plus déglingué et qui cherche "The Biouche"
Peut-être plus que dans le précédent volume, les histoires s'entrecroisent, les histoires de ceux que Sophie baptise les 3 ânes en racontant via ses marionnettes comment les 3 grands copains d'enfance ont eu un comportement assez détestable avec Berthe lorsqu'ils étaient enfants.
Le seul qui ne s'en sort pas trop mal et échappe à l'écrasage d'oeufs sur la tête c'est Emile. Emile dont on a comprend pourquoi il a quitté le village à 20 ans pour aller s'entraîner au rugby aux antipodes. Et qui explique comment il a rencontré Errol, cet Australien, alors tout aussi baroudeur que lui, avant que,toujours à cause de lui, il ne devienne, ainsi que le décrit Pierrot: "un vieil Australien repoussant, farci de prothèses! on dirait qu'il a été mâché par Belzébuth"
Ne pas oublier les passages où, dans l'introduction, Pierrot est déguisé... en abeille quand il fait un coup médiatique contre le lobby des insecticides. Et quand Sophie rencontre le PDG des laboratoires Garan-Servier. Vraiment un sale c** celui-là (avec peut-être un début d'explication quand au comportement bizarre du père de Sophie avec ses parents)
samedi 23 mars 2019
Dernières BD lues: "Les vieux fourneaux- Bonny and Pierrot" par Lupano et Cauuet
Quelle vérité? Celle qui concerne Anita. Pierrot, militant gauchiste, a été amoureux fou dans sa jeunesse d'une certaine Anita (dite aussi Ann Bonny*) avec qui il a fait les 400 coups dans les meetings mais aussi braqué un bureau de poste!... avant qu'elle ne soit reconduite dans son pays d'origine, l'Algérie. Et elle vient de ré-apparaître en lui envoyant une grosse somme d'argent, pour la "cause"*
Sauf que Pierrot a toujours cru dans ce que lui avait dit Riton l'élégant (un ancien rival en amour auprès de Anita) à savoir que Anita était morte en Algérie, victime de la répression. Mais dans la réalité Anita est revenue en France sous un faux nom, elle n'a jamais essayé de revoir Pierrot, elle a choisi d'épouser son rival, et vécu comme le constatent tristement Antoine et Emile, avec un "beauf dans un petit pavillon de banlieue", allant même jusqu'à assommer Pierrot (qu'elle n'a pas reconnu) lorsque ce dernier vient casser la figure à Riton.
Toute vérité est elle bonne à dire? Pour Antoine et Emile, la réponse est non. Ils préfèrent laisser Pierrot avec son ancien chagrin d'amour et ses bons souvenirs d'Anita
En dehors de l'intrigue centrée sur Pierrot, il y a un gag récurent autour des trop nombreuses variétés de baguettes de pain et la triste histoire racontée par Emile (auquel sera consacré le tome 3) de l'île de Nauru (dont il sera de nouveau question dans le Tome 5)
En clair, une BD qui se lit et relit, et re-relit avec plaisir.*La "cause" c'est le groupuscule de "Ni yeux ni maître" qui fait régulièrement des actions ... toujours pacifiques... en utilisant les ressources de ses membres. Un exemple: envoyer chaque soir dans un ancien bistrot devenu bar (très bruyant) à la mode, une bande de retraités joueurs de rami, buveurs de tisanes etc... Ou encore laisser Jean-Chi(ldéric) "empoisonner" à lui seul un dîner mondain de Jean-François Copé
vendredi 22 mars 2019
Dernières BD lues: "La Guerre des Lulus - Le Der des Ders" par R.Hautière & Hardoe
Adonc durant cet "épisode" les 4 Lulus sont assez vite séparés en 2 groupes (avant de se retrouver tous isolés) avec
- Lucien (le plus grand) Luigi (le plus rond, grand amateur de confitures) qui sont envoyés par un groupe de résistants comme espions auprès du fils du Kaiser installé à Charleville... avant d'être expédiés sur le front***, puis après de dures semaines, récupérés par le camp français à l'issue d'un assaut. Luigi restera près du front français tandis que Lucien, blessé et qui a du être amputé sera rapatrié à l'arrière.
- Ludwig (le rouquin qui porte des lunettes) et Lucas (le plus petit) restent eux comme garantie auprès du chef des résistants avant - une fois la nouvelle du transfert de leurs compagnons sur le front connue- d'être convoyés vers la Belgique où Léandre dont ils recroisent le chemin, les trahit une nouvelle fois, ce qui fait que seul Lucas peut passer aux Pays-Bas tandis que Ludwig se retrouve aux mains des soldats allemands qui occupent la Belgique.
Les 4 Lulus finissent donc tous la guerre vivants, ce qui n'est guère surprenant car la BD étant destinée à l'origine plus destinée aux enfants, il semblait peu concevable de faire mourir leurs "héros".
Que penser de la BD. A dire vrai, il était temps qu'elle s'achève car certains éléments commençaient à me peser. Serais-je plus "difficile" que la plupart des lecteurs ayant laissé des commentaires fort élogieux de ci de là sur le Net? Mais il est vrai que je la lis comme un adulte et non comme un enfant à qui la série était destinée. Du coup, pas sure du tout que je craque pour les 2 volumes annoncés et dont l'un est paru en juin 2018.
* L'épilogue se situe bien bien des années plus tard lorsque le dernier des survivants de Lulus (très probablement Ludwig) s'apprête à construire une cabane avec ses petits enfants en leur racontant comment il a rencontré leur grand-mère Luce
** Les 1ères pages du diptyque "la perspective Luidgi" consacré à la quasi année que les Lulus ont passée en Allemagne
*** l'explication comme quoi Lucien aurait prétexté chercher, dans le bureau du fils du Kaiser, de l'argent et non des renseignements militaires et qui aurait justifié l'envoi du duo dans un bataillon disciplinaire et non devant un peloton d’exécution, m'a laissée fort perplexe.
jeudi 21 mars 2019
Dernières BD lues: "Airborne 44 - Génération perdue" par Jarbinet
Un
peu déçue ce coup-ci par ce nouveau dyptique... sans doute parce que l'intrigue qui se passe
cette fois ci dans l'Allemagne d'après la mi mars 1945 est un tantinet
compliquée avec beaucoup de personnages (aux motivations diverses) qui
gravitent autour de Aurélius, dont le passé est lui-même complexe. Aurélius a grandi dans le culte de Hitler au point d'avoir intégré les SS (qu'il a quitté après le passage à tabac et la mort de son jeune frère) avant de finir la guerre dans une unité de la wehrmach . Il accepte une mission secrète de la part de Geisel, un de ses anciens "amis" d'enfance, lui même SS prêt à tout pour préparer l'après-guerre dont il espère bien sortir vivant. Sauf que Geisel qui a entrainé Aurelius dans une mission secrète, meurt plus rapidement qu'il ne pensait en lui laissant le minimum d'instructions ainsi qu'une caisse de plaques d'or.
Et à la fin du volume on retrouve auprès d'Aurélius:
- Solveig, une jeune femme blonde qui accompagnait Geisel avant de signaler qu'elle était passée très tôt du côté des Anglais qui l'ont chargée d'exfiltrer un certain Stadler (un scientifique porteur des plans du V2) auprès des Américains
- Jörg, un jeune soldat déserteur qui ne fait confiance à personne, sauf à ...
- Nadia et Nathan, 2 jeunes juifs évadés de Dora où ils travaillaient pour Stadler, sachant que Nathan a promis à son père de le venger de Stadler .
Et une question: quel est le personnage qui au début de la BD (dont l'action se situe en 1969) tient en joue un autre homme? Bien difficile de répondre à cette question puisque si la reconstitution des armes et véhicules est très pointue, les visages des protagonistes se ressemblent beaucoup. Seuls indices, les 2 hommes qui se font face ont les yeux bleus comme Aurélius, Nathan et Stadler. Et celui qui tient l'arme semble plus jeune que celui qu'il menace. Mais l'interview de Jarbinet que l'on trouve sur le Net laisse penser que c'est probablement plus compliqué que cela!
Réponse au prochain épisode
mercredi 20 mars 2019
Dernières BD lues: "Ambulance 13 - d'un enfer l'autre" par Ordas & Mounier
Je viens d'ailleurs de découvrir que je ne suis pas la seule à regretter que l'aventure ne se soit pas terminée avec le tome 6 puisque, parmi les critiques, j'ai lu ceci: "au bout de 6 tomes, une certaine répétition s’installe dans l’intrigue : les moments de paix sont rares et Louis retourne inlassablement au front alors que tous cherchent à en partir, allant toujours au-devant de nouveaux problèmes"* et même "ce nouveau cycle parait anesthésié, sans rythme et sans émotion. Est-ce une subtile mise en abyme ou la suffocation d'une série de qualité ?"* Mais j'ai appris quelques "truc" intéressants comme:
- que la dernière charge de cavalerie française aurait eu lieu sur le front oriental, à Uskuk pour être précise
- comment conserver des corps avant de les rapatrier en France... en me demandant si, comme mentionné dans l'histoire, certains des jeunes soldats de cette dernière bataille ont bel et bien été embaumés avant d'être convoyés par terre puis mer jusqu'à Marseille afin d'être rendus à leur famille.
Et puis en relisant récemment la BD, j'ai compris le sous-titre de ce volume: "d'un enfer, l'autre" , puisque Bouteloup et son équipe qui avaient été versés dans la cavalerie pour "protéger" le jeune frère d'un gradé, une fois leur mission accomplie se retrouvent une fois de plus sur le front : celui de la Meuse, trèspeu de temps avant que ne soit signé l'armistice puisque c'est le10 novembre 1918.
lundi 11 mars 2019
Dernières BD lues: "Le premier homme" par Jacques Ferrandez
Mes impressions de l'automne 2017: Un vrai plaisir à lire, pour le plaisir des yeux et pour le contenu qui donne très envie d'acheter ce roman autobiographique inachevé de Camus
Pour le dessin, Ferrandez fait partie de ceux qui ne m'ont jamais déçue: un trait réaliste épuré et une palette de couleurs superbe avec ces bleus & ocres bien à lui Quant à l'histoire, très inspirée de la propre enfance de Camus,
- il y a des passages émouvants, par exemple quand il parle de sa mère, quasi sourde, analphabète et qui, même pas après 5 ans de mariage, s'est retrouvée veuve, complètement soumise à sa mère, une forte femme qui dirigeait toute la maisonnée d'une poigne de fer, en n'hésitant pas à châtier son petit fils à coups de nerf de boeuf! La mère de Camus aurait pu "refaire sa vie" avec un homme qui était tombé amoureux d'elle, mais ni sa mère si son frère ne l'ont accepté.
-...mais aussi poignants lorsqu'il évoque la honte qu'il a éprouvé lorsqu'en 6ème il a fallu les documents relatifs à ses parents, la honte de devoir écrire que sa mère était, non pas "ménagère" (maintenant on dirait femme au foyer) mais domestique et servait de personnes qui auraient pu être les parents des autres enfants de sa classe)... et ensuite avoir eu honte d'avoir eu honte de sa réaction. Un sentiment qui s'est renouvelé le soir quand il a du faire signer des documents à sa mère
Bien des mois plus tard, ce sont d'autres éléments qui me viennent à l'esprit: comme sa quête du père, de l'histoire de ce père qu'il n'a jamais connu, mais aussi derrière elle celle des colons venus s'installer en Algérie et qui s'y sont fait une place -souvent aux dépends de leurs habitants- Il y a aussi cet attachement charnel à la terre de son enfance (ses odeurs, couleurs, saveurs... ) lui qui pendant des années à préféré la fuir.
Le livre, pardon la BD, se termine par ces phrases: l'espoir que ce qui "pendant tant d'années l'avait soulevé au dessus des jours, nourri sans mesure, lui fournirait aussi, et de la même générosité inlassable qu'elle lui avait donné des raisons de vivre, des raisons de vieillir et de mourir sans révolte"
samedi 9 mars 2019
Dernières BD lues: "une vie avec Alexandra David-Néel" par F. Campoy & M. Blanchot - T2
De cette seconde partie je retiens surtout deux éléments: d'abord ceux ayant trait à sa jeunesse, très solitaire entre
- une mère qui ne l'a jamais acceptée car c'était une fille et elle voulait un garçon pour que celui-ci devienne évêque!
- et un père instituteur anarchiste
Un couple très atypique pour une enfant qui ne l'était pas moins . Un tantinet fugueuse puisque toute petite elle échappait régulièrement à la surveillance parentale avant de fuguer pour de bon: une fois à 15 ans en Angleterre et ensuite à 18 ans pour accomplir en vélo un long périple Bruxelles/Côte d'Azur/Espagne/ Mt St Michel/Bruxelles!
Elle a aussi beaucoup lu, tout au long de sa vie
Et il y a aussi le récit de ces 17 jours et 18 nuits de son "agonie" avec cette question de "Tortue": "... je ne cesse de me demander comment une telle vie est possible. D'où peut bien provenir cette détermination sans limite, cette rage de vivre et de découvrir le monde, et ce mental hors norme"
La BD se termine sur le récit de la découverte des nombreuses lettres échangées entre Alexandra et son mari, celles là même qui permettront à Marie-Madeleine Peyronnet de ramener au Népal, les cendres d'Alexandra et de son fils adoptif... une sorte d'introduction au tome 3 (encore à lire) qui a été publié en août 2018
mercredi 6 mars 2019
Dernières BD lues: "Monet, nomade de la lumière" de Effa & Rubio
A l'époque voici ce que j'en avais dit sur FB: "[BD] aussi très intéressante car on recroise certains personnages vus dans la BD consacrée à Caillebotte lequel a droit à un joli coup de patte (tout comme Berthe Morisot & Edgard Degas*)" Mais aussi:"J'ai aussi mieux compris en la lisant pourquoi Berthe Morisot citée ci-dessus se plaignait régulièrement du côté "geignard" de Monet, toujours à cours d'argent. Au moins jusqu'à ses 40 ans, en 1880. Avec des années noires, quand il a du entretenir deux foyers, celui fondé avec sa femme Camille dont il a eu 2 enfants ainsi que Alice Hoschedé & ses 6 enfants"
Et puis avec le recul, je m'aperçois que j'avais omis de parler d'un élément important, l'amitié. Celle qui a uniMonet au "Tigre" Clémenceau avec lequel commence et finit la BD. Mais avec Renoir, avec qui il suit de fort mauvais gré des cours à l'Académie Gleyre (après avoir fait ses débuts en Normandie aux côtés de Eugène Boudin) . Renoir l'a plusieurs fois aidé d'abord en partageant ses toiles et couleurs avec lui mais aussi en le soutenant moralement lorsqu'il allait mal, très mal et enfin en l'introduisant auprès du cercle d'amis de Charpentier, l'éditeur de Zola. Monet a alors la quarantaine et ce n'est que désormais qu'il pourra se poser après des années de galère aux côtés de Camille, sa toute première véritable modèle (dont il eut 2 enfants et qui est morte alors qu'elle n'avait que 32 ans) et Alice Hoschedé.
* Tirade de Renoir: "Oscar [le1er prénom de Claude Monet] tu n'as donc rien compris? Les Impressionnistes dont tu parles (...) Degas, Morisot, Caillebotte, ...ils sont riches. Ils n'ont jamais du vivre de la peinture comme toi, Sisley, Cézanne, Pissarro ou moi (...) Ils n'ont jamais souffert de la faim, de la pauvreté ou de la misère ..."



















