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mardi 20 février 2024

films oubliés de 2023 - "L'improbable voyage d'Harold Fry"

Film vu le 29 juin 2023
Compte-rendu du 20 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB: "Un beau film … beau parce que plein d’humanité, de solidarité, d’espoir, de lumière mais aussi très triste parce qu’il est beaucoup question de pertes, d’abandons, de dénuement, de mort(s)

Ce que j'ai appris après avoir vu le film: c'est une fiction, inspirée du réel car l'auteur de cette histoire a vraiment perdu son père avant d'avoir fini la rédaction de son livre.

Et à part ça?
Il y a les scènes qui font mal: physiquement quand on voit l'état de ses pieds après plusieurs jours à marcher, sans aucune préparation, ni chaussures adaptées, puisque son départ est improvisé mais aussi quand on devine comment il a pu souffrir de la faim (il a renvoyé à sa femme sa carte bancaire), du froid (sans argent, il fait le choix de dormir dans des abris de fortune). Mais ce n'est rien à côté de la douleur morale que l'on découvre progressivement: celle de voir ce défaut de communication (alors qu'il l'aime) avec son fils qui plonge dans la dépression, la maladie mentale et dont on pressent l'issue fatale. Et en même temps on a pu mesurer à quel point la maison du couple était devenu une sorte de tombeau pour ce couple que la mort de leur fils unique semble avoir séparés à jamais.
Il y a aussi les moments de grâce, comme ce médecin étranger, qui survit avec un petit boulot, que son mari a abandonnée et qui l'accueille, le soigne sans rien lui demander d'autre que peut-être l'écouter tandis qu'elle épanche sa peine. Ou tout simplement ces fruits et légumes laissés sur la clôture pour ceux qui passent. Ou encore ce chien perdu qui va l'accompagner avant de prendre une autre route (qu'il verra partir, un peu triste car il s'y est attaché, tout en ne faisant rien pour le retenir). Mais aussi les éclats lumineux du petit pendentif acheté dans une abbaye et qu'il a offert à son amie Quinnie, au seuil de la mort et pour qui il a fait tout ce chemin qui lui permet d'être enfin en paix avec elle et surtout avec la mort de son fils. Même âgé, il reste possible partir accomplir des choses avant qu'il ne soit trop tard.

mardi 19 septembre 2023

La dernière image - 2

Juste après ces dernières images liées à la soeur, apparaissent celles liées à ma mère. Oui, ma mère et non ma maman, car ce dernier mot je ne l’utilise que de vive voix, dans le cercle familial. 

Il y a d’abord ma mère sur son lit de mort, dans la chambre funéraire. Elle a reçu des soins conservatoires, mais ce n’est pas ou plus exactement ça ne sera plus vraiment elle. La maladie, cette saleté de cancer qu’elle craignait tant car il avait déjà emporté sa sœur puis son père adorés, l’avait complètement transformée, vidée, non rongée de l’intérieur . Ma seule consolation c’est de me dire qu’elle avait été bien accompagnée durant les 6 semaines qu’avait duré son séjour dans la petite unité de soins palliatifs près de son domicile. 

Durant une soirée où je me suis débrouillée pour rester seule avec elle dans la chambre funéraire, j’ai réalisé quelques photos d’elle, de son visage et de ses mains devenus si maigres. Je mettrai plus de 10 ans à les supprimer du disque dur du PC. Et entre-temps je me garderai bien de renouveler l’expérience avec mon père. Ce type d’image, quand on les revoit, fait plus du mal que du bien. 

Me viennent ensuite à l’esprit quelques images de notre dernière rencontre. Elle, alors que j'étais juste à côté d'elle, s'était redressée  sur son lit en tendant les mains vers le pied du lit. Elle ne disait rien mais à ce moment là j'ai été convaincue qu'elle voyait son père et sa soeur qu'elle adoraient et qui étaient eux aussi morts d'un cancer des années auparavant. Elle avait fini par s'endormir, à mon grand soulagement cat je n'en pouvais plus de la voir souffrir. sans pouvoir la soulager. Vers 23h, alors que je quittais discrètement sa chambre (j'avais 1h30 de route pour rentrer chez moi) elle s'était réveillée et m'avait lancé un regard qui m'avait désespéré: l'une et l'autre avions conscience que c'était probablement la dernière fois qu'on se voyait. Je lui ai alors promis de revenir la voir quelques jours plus tard. Tel a été le cas, mais entretemps elle était décédée, le jour de sa fête qui correspondait cette année là à la fête des pères.  

vendredi 27 janvier 2023

Le goût des images animées - Le professeur Yamamoto...

Film documentaire qui est, d'une certaine manière, en 4 parties.
La 1ère est centré sur les derniers entretiens de ce psychiatre (de 82 ans) avec ses patients, envoyés par l'aide sociale, et dont il s'occupe, parfois depuis une vingtaine d'années, lesquels patients s'inquiètent fort pour ce qui va se passer après son départ car il était très proche d'eux.
La seconde correspond à une invitation à dîner très improvisé du réalisateur chez le professeur. On découvre un domicile qui ressemble plus à capharnaüm ainsi que la femme du psychiatre, assez silencieuse, et qui semble complètement perdue, incapable par exemple de se rappeler le contexte d'une photo prise une dizaine d'année plus tôt.
La 3ème partie apporte des explications quant au comportement de la femme du psychiatre, grâce à une ancienne voisine à qui le couple rend visite: elle est atteinte de démence sénile, comme sa propre mère dont elle s'occupait autrefois, en même temps que ses jeunes enfants... mais aussi des patients de son mari qui parfois logeaient chez le couple. Une vie dans l'ombre, au service des autres, tout comme son mari l'était au service de ses patients.
La dernière partie suit le couple, lorsqu'il se rend au cimetière (situé en pleine campagne) où reposent les parents et grands parents du médecin. Le film s'achève sur une image des mains qui se tiennent du vieux couple, lequel remonte péniblement une petite route pour regagner la voiture.

Film très triste car on en sort en se posant beaucoup de questions
- sur ce que vont devenir les patients de ce psychiatre (ne pas oublier que le handicap et la maladie mentale sont très mal acceptés au Japon)
- combien de temps va tenir le médecin, très fatigué, pour s'occuper de sa femme malade
- sur la place et le peu de reconnaissance des femmes dans ce pays
- sur la place des personnes âgées (surtout quand on se rappelle la glaçante fiction "plan 75")
Et puis même si certains commentateurs mentionnent l'attachement de cet homme pour ses patients et pour sa femme... c'est le silence total quant aux enfants de ce couple: le couple qui aidait tant les autres aurait-il "perdu" leurs propres enfants à force de se consacrer aux autres?

jeudi 7 novembre 2019

Les conférences de l'Université Permanente -1- Mot clé: handicap

Le principe pour parler de ces conférences, non pas un compte-rendu en bonne et due forme mais un ou plusieurs éléments qui ont retenu mon attention

le point de départ de l'enquête menée par les archéo-anthropologues de l'INRAP*:  une interrogation d'un champion para-olympique sur la place que réservait autrefois la société aux corps différents: meilleure ou pire? La réponse: les corps différents n'étaient pas exclus voire éliminés d'office puisqu'on les trouve représentés sur des vases antiques, des enluminures, des tableaux...et que leurs tombes n'étaient pas à part et cela aussi loin que l'on puisse remonté dans le temps .
la valorisation du handicap chez les Mochicas* *(le handicap pouvait être considéré comme un signe selon lequel la personne était destinée à devenir chaman ) ou chez les Egyptiens (naître nain était considéré comme un cadeau des Dieux et ceux dans ce cas avaient notamment vocation à devenir des musiciens).
la création des hôpitaux psychiatriques remonte au VIIème siècle à Bagdad et les malades, là où en Europe ils étaient considérés comme les fous, en Orient ils pouvaient faire l'objet de soins de musicothérapie, de zoothérapie sans aucune considération de sexe, âge ou religion...
le rituel de l'exposition... pour les enfants n'ayant pas eu le temps d'être baptisé a perduré bien au delà de la création au XIIème siècle, de la notion de Limbes. Sauf que l'on sait maintenant que le "souffle de Dieu" durant lequel l'enfant était promptement baptisé, correspondait en réalité à l'expulsion des gaz de décomposition du corps
le cas très particulier du personnage enfoui au XIII siècle dans une salle capitulaire et dont l'étude du squelette a révélé qu'il était "spina bifida", qui plus est au niveau des cervicales, ce qui fait qu'il était probablement tétraplégique, ce qui ne l'avait pas empêché d'atteindre la fonction suprême au sein de l'abbaye, celle de chanoine, seules les personnes ayant exercé ces fonctions pouvant être ensevelies dans la salle précitée.
Quelques éléments de conclusion: si en Chine et en Afrique, le handicap est un sujet tabou, dans les autres pays, les handicapés physiques ne sont pas mis au "rebut" isolés dans les cimetières et leurs corps bénéficiant des mêmes rituels (comme dans chez les chrétiens, celui de la pierre qui évite l'apparition du rire sardonique) mais cela ne vaut que lorsque la société va bien. Sinon, les faibles, malades et infirmes paient un lourd tribut. Dernier exemple en date en France, les malades mentaux durant la seconde guerre mondiale. 
* INRAP: Institut National Recherche Archéologique Préventive
** https://fr.wikipedia.org/wiki/Moche_(culture)


jeudi 24 octobre 2019

Plaisir de lire (4) "Si c'est un homme" de Primo Levi

C'est un livre dont j'avais beaucoup entendu parler et qu'on disait épuisé sans qu'il ait été ré-édité. J'avais donc renoncé à espérer pouvoir le lire alors même qu'il semblait incontournable. Et puis un jour, miracle, en faisant à tout hasard une recherche sur le Net, j'ai découvert qu'il existait en livre de poche*. Probablement quelques années après avoir lu ces 3 autres témoignages forts que sont la BD "Maus"** de Art Spiegelman,  "Le mort qu'il faut"**  de Jorge Semprun et "Cette aveuglante absence de lumière"** de Tahar Ben Jelloun. Et je me suis alors empressée de l'acheter.
Un témoignage fort, bien avant les autres ouvrages ci dessus mentionnés et qui posait déjà ces questions clés:
- comment rester un homme lorsqu'on est plongé dans des conditions extrêmes
- mais aussi pourquoi cette injustice qui fait que ce ne sont pas les plus "forts" au niveau de la pensée qui souvent survivent mais souvent les plus débrouillards, voire les plus magouilleurs, les moins respectables des individus.
Si je ne me rappelle plus ce qui a fait "tenir" Levi (peut-être le souhait de pouvoir témoigner plus tard) , je me souviens fort bien que pour Semprun il y avait les discussions dans le seul lieu où les gardiens se gardaient bien d'aller: les latrines et la poésie. Quant aux prisonniers dont parle Ben Jelloun, ceux qui ont survécu, après avoir perdu leur maître du temps qui comptait pour eux minutes, heures & jours se sont souvent plongés dans leurs souvenirs du Coran. 
* L'édition française de sa ré-édition date de 2007
** Respectivement parus en 1986 (Tome 1) et 1991 (Tome 2) pour "Maus" et 2001 pour les 2 autres ouvrages

dimanche 7 juillet 2019

Le père de la Bossa Nova est parti jouer de la musique bien loin du Brésil


ça restera sans doute la chanson la plus connue de João Gilberto... et c'est vrai qu'il est difficile, en matière de BossaNova, de faire mieux que dans sa version avec Stan Getz
https://youtu.be/j8VPmtyLqSY

Mais il y a eu aussi cette chanson là, beaucoup plus mélancolique, un peu à l'image de la fin de sa vie et de certains hommages, parfois dits du bout des lèvres, de certains jazzmens actuels qui oublient un peu vite l'apport qu'il a eu 

https://youtu.be/So718wk426c
Alors j'ai très envie d'en donner les paroles, moi qui ne parle pas un mot de portugais
ó privilegiados têm ouvido igual ao seu
Seuls les privilégiés ont une oreille comme la tienne
Eu possuo apenas o que Deus me deu
Je possède seulement ce que Dieu m'a donné
Se você insiste em classificar
Si tu insistes pour classifier
Meu comportamento de anti-musical
Mon comportement comme antimusical
Eu mesmo mentindo devo argumentar
Moi-même dois mentir en soutenant
Que isto é bossa-nova, isto é muito natural
Que cela est la bossa-nova, ce qui est très naturel
O que você não sabe nem sequer pressente
Que tu ne sais pas, ni même ne pressens
É que os desafinados também têm um coração
Que ceux qui jouent faux ont tout de même un cœur
Fotografei você na minha Roleiflex
J'ai pris une photo de toi avec ma Rolleiflex
Revelou-se a sua enorme ingratidão
Qui a révélé ton énorme ingratitude
Só não poderá falar assim do meu amor
Tu ne peux parler ainsi de mon amour
Este é o maior que você pode encontrar, viu ?
C'est le plus grand que tu puisses rencontrer , vois-tu ?
Você com sua música esqueceu o principal
Toi avec ta musique tu as oublié le principal
Que no peito dos desafinados
Que dans la poitrine de ceux qui jouent faux
No fundo do peito bate calado
Au fond de leur poitrine bat silencieusement
Que no peito dos desafinados,
Au fond de la poitrine de ceux qui chantent faux
Também bate um coração
Bat quand même un cœur

mardi 25 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (11) Histoire de Jean

J'arrive au bout de ce parcours de 10 photos + 10 histoires autour de la prévention du cancer (et non 10 photos de moi sur cette même thématique) avec Jean, mon père
 Jean a vu son père, puis sa belle-soeur, son beau-père, l'un de ses gendres, son frère, l'un de ses neveux, sa femme... mourir d'un cancer. 7 proches et pourtant il a fallu insister pour qu'il fasse examiner et enlever ce vilain bouton/bobo qu'il avait sur la joue. Et les analyses ont montré qu'on avait bien raison d'insister
 Mais ce n'est pas un cancer de la peau qui l'a emporté, quasi un an plus tard mais de façon quasi certaine un cancer des os. Pas détecté parce que chez les personnes très âgées (il avait 91 ans) il y a souvent pluri-pathologies et un état douloureux fréquent et quasi permanent. Dont il n'a été partiellement soulagé qu'un mois avant son décès, via des patchs à la morphine.
 On parle "prévention cancer" mais il est un autre thème que l'on évoque peu, celui de la prise en charge, en France, de la douleur, chez les personnes âgées -chez qui elle est souvent considéré comme une fatalité liées à l'âge- chez les jeunes enfants et chez les adultes qui souffrent de pathologies "qui ne se voient pas"

samedi 22 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (8) Histoire de Germaine

7ème histoire de cancer, celui de ma mère, morte en juin 2008, 6 semaines après l'annonce de ce qu'elle était atteinte d'un cancer digestif rendu à un stade tel que plus aucun soin curatif n'était envisageable.
Contrairement à son beau-frère, elle n'avait jamais fumé, buvait que très rarement un verre de vin, consommait peu de viande mais mangeait beaucoup de fruits & légumes... En outre elle était suivi depuis des années pour des soucis de cystites à répétition qui étaient préoccupantes car elle vivait depuis son enfance avec un seul rein fonctionnel.
 Durant sa maladie et après son décès j'étais révoltée:
- contre son médecin généraliste qui la voyait régulièrement mais ne faisait pas grand chose car il était du style défaitiste "à plus de 80 ans, c'est normal d'avoir des soucis de santé..." et ne cherchait pas à aller au delà de la pathologie qui l'amenait à consulter... Il faudra que l'une de mes soeurs insiste lourdement par téléphone pour qu'il prenne conscience qu'il y avait beaucoup de "non-dits" et qu'elle souffrait d'autres maux que ses cystites. C'est d'ailleurs durant les années qui ont précédé sa mort, là que nous comprendrons, nous ses filles, que hantise était de mourir d'un cancer comme sa soeur ou son père et qu'elle n'avait jamais pu faire le deuil de notre petit frère survenu plus de 50 ans auparavant
- contre le centre de soins de long séjour où elle était restée près de 2 mois, moins d'un an avant que son cancer ne soit diagnostiqué et cela alors même qu'elle souffrait de soucis digestifs qui l'avait amené à la placer, par mesure de précaution, dans une chambre d'isolement.
Et puis ma généraliste m'a expliqué que, pour certains types de cancers, comme celui du pancréas, le diagnostic est très mauvais car ils sont en général fulgurants... Et que dans ce cas de figure, il n'existe pas d'action de "prévention" comme cela existe pour le cancer du sein ou de la prostate. Sans compter que, lorsqu'il s'agit de personnes âgées, il co-existe régulièrement plusieurs pathologies avec une seule qui est réellement traitée. L'arbre cache la forêt où peut se tapir un crabe.

mardi 4 juin 2019

La dernière bataille de Bruno H. est achevée

Sa femme a annoncé ce matin la nouvelle via Facebook.
"La SLA (=maladie de Charcot) aura eu raison de lui.
Mon amour est parti dignement et heureux c'est ce qu'il nous a dit avec un grand sourire
Tu nous as donné une belle leçon de courage
J'ai été, je suis et je serai toujours fière de de toi et ta première admiratrice".

Cet homme, je l'ai rencontré à plusieurs reprises. La 1ère fois c'était au printemps 2013. Il était alors en arrêt maladie pour des soucis d'équilibre et de marche, peu compatibles avec son métier de contrôleur à la SNCF. Il pouvait alors encore gravir seul les 4 étages qui montaient à son appartement.
Il a ensuite déménagé. Une 1ère fois dans une maison de plain pied. C'est là que nous avons réalisé une séance photo durant laquelle il a réalisé de fort jolis portraits. En devant souvent s'assoir ou s'appuyer sur une chaise pour ne pas tomber. C'est là aussi, lors d'une autre visite qu'il m'a appris qu'il avait une saleté de maladie neuro-dégénérative et que les soins désormais seraient plus destinés à maintenir au maximum ses capacités que curatifs.
Avant un nouveau déménagement destiné à le rapprocher de sa région d'origine, on devait se revoir pour une ultime séance photo qu'il a annulée le matin même car trop fatigué. Je n'ai pas eu le courage de chercher à le revoir car j'avais peur devoir à quel point la maladie l'avait affaibli. C'est donc via le Net que j'ai su qu'il vendait petit à petit tout son matériel photo, que j'ai vu qu'il était de moins en moins présent sur le Facebook en comprenant que son état s'aggravait de plus en plus.
Fin avril, moins d'un mois après avoir fêté ses 59 ans, sa femme m'a signalé qu'il avait été hospitalisé en réanimation. Elle espérait encore qu'il pourrait revenir chez eux.
3 ans, c'est le délai qui se sera écoulé entre notre 1ère rencontre et sa mort qui m'a beaucoup touchée car Bruno était un homme adorable qui correspondait réellement aux photos qu'il utilisait comme "avatar" sur FB. Quand la maladie s'est faite trop pesante il a recouru à des images plus neutres que des autoportraits, mais tellement plus parlantes, jusqu'à la dernière: le clown triste. Il savait que le dernier tour de piste avait commencé

samedi 11 mai 2019

Floralies - Hall Spiritualité (2) avec... quelques touches de violet

Pour moi, le violet est une couleur qui est souvent associée à la spiritualité.
Effectivement quand on fait quelques recherches sur le net on trouve ceci:
"le violet a un aura mystérieuse qui évoque l'esprit, les sentiments et l'étrange. Symbole de spiritualité et de religion (c'est la couleur portée par les évêques), cette couleur est aussi considérée comme désagréable car elle évoque la mélancolie, la solitude et est une représentation du monde des morts." Et effectivement, autrefois, quand les femmes portaient le deuil, la 1ère couleur qu'elles étaient autorisées à porter une fois la période de grand deuil passée (un an) c'était le violet.
"

dimanche 5 mai 2019

Un livre - un extrait: "13 à table" de divers auteurs

Cela fait 2 ans que j'achète chaque automne ce livre où divers auteurs fournissent une nouvelle pour alimenter l'ouvrage* L'an dernier, le fil conducteur c'était l'amitié, cette année: le repas, pris au sens large car il peut aussi si bien s'agir d'un "pot" improvisé que d'un cocktail, d'un pic-nic etc.
Les nouvelles "coup de coeur":
"Dans les bras des étoiles" de Karine Giebel qui m'a laissée en larmes tellement est triste l'histoire de ce SDF qui, le soir de Noël   raconte son histoire d'enfant confié à l'aide sociale après que son père ait battu à mort sa mère et qui va probablement mourir de froid, sous un pont, après avoir recouvert son chien de son unique couverture.
"Je suis longtemps restée une clématite" de Véronique Ovaldé où cette fois ci c'est Perpétua, une petite fille qui raconte sa drôle d'enfance auprès d'un père surprenant dans une petite maison de pierre près de la départementale
" Trouble-fête" de Tatiana de Rosnay qui voit Margaux, toujours en recherche de perfection, d'abord douter d'elle (tant elle pressent une catastrophe lorsqu'elle organise la soirée d'anniversaire des 50 ans son mari) avant de s'effondrer lorsqu'elle se retrouve face à un vilain secret d'adolescence, Virginie, la femme qu'elle avait poussée au suicide.
"la fête des voisins" de Leïla Slimani". Ici c'est une jeune femme, ramenée du pays par un mari qui la coupe du monde au point de l'enfermer chez eux, dans un petit T3, ne lui parle quasiment pas, la bat et n'attend qu'une seule chose, qu'elle ait un enfant... finit par "exploser" .
Les citations:
"L'exil l'a irrémédiablement changée.Ainsi on peut devenir une autre quand on part"(1)
"C'est en devenant père que j'ai réalisé combien l'homme était une formidable entité à la puissance considérable. Nous pouvions créer de l'amour. Mais l'amour ne vient pas seul. Il est accompagné de son corollaire d'angoisses. Celui qui créé l'amour donne un point d'ancrage à la mort"(2)

(1)"L'apparition" de Philippe Besson
(2) "Le point d'émergence" de Maxime Chattam

mercredi 27 mars 2019

Dernières BD lues "Ambulance 13 - Pourquoi?" par Ordas & Mounier

9ème et véritable dernier volume qui commence le matin du 11/11 et s'achève au cimetière militaire de Fleury-devant-Douaumont.
En fait la BD se divise en 2 parties.
Il y a le récit des 10 & 11 novembre 1918... et notamment cette dernière mission de Bouteloup, aller récupérer des blessés allemands (volontairement oubliés sans médecin ni médicaments par leur compagnie)  alors même que l'ordre est de ne pas fraterniser avec l'ennemi. Il le fait... mais revient avec une dernière victime, un "bleu" qui n'a pas eu le temps d'acquérir certains réflexes et ne plonge pas lorsqu'un soldat allemand  rancunier lance une dernière grenade. Bouteloup antidatera sa mort, afin que la mère adoptive de ce "bleu" (qui avait devancé l'appel) dont c'était le seul enfant, puisse bénéficier de sa pension de "mort pour la France".
Avant de revenir à la seconde partie de la BD, centrée elle sur les mésaventures de Jules dit l'Ecaille, je reviens sur ce qu'aurait dit Georges Clémenceau, président du conseil et ministre de la guerre lorsqu'il a été informé que l'armistice prendrait effet le 11/11 à 11 heures: " Le temps de rédiger mon discours et je fonce à l'assemblée. Pas besoin d'escorte, c'est inutile. Je ne serai pas seul. 1 375 000 morts m'accompagneront"
Plusieurs éléments m'ont laissé perplexe lors de la seconde partie de la BD: notamment la manière dont Bouteloup
- aide Jules (qui a eu le malheur de recroiser Dervilly*) à mourir le plus sereinement possible. Même si officiellement c'est juste une piqure de morphine, ça ressemble fort à une euthanasie.
- obtient que son corps de civil (puisque tel était le statut de Jules, démobilisé en mai 1919) puisse être transféré à Verdun, et plus encore au sein de ce qui deviendra le cimetière de Douamont. L'occasion pour les scénariste de rappeler le lourd tribu payé par les services de santé dans une note  à
la dernière page: "En 1914-1918, le taux de pertes du service de santé [des armées] le place au deuxième rang des armes les plus exposées, après l'infanterie; nous dédions cet ouvrage aux chirurgiens ,médecins, pharmaciens, infirmiers et brancardiers inconnus". Avant que , comme les précédentes BD de la série, celle-ci ne se termine se clôt par un cahier technique où il est notamment mentionnés les progrès techniques réalisés au plan médical durant la 1ère guerre (et dont on pu bénéficier ensuite le reste de la population): en matière d'anesthésie, de transfusion sanguine, de radiologie, de psychiatrie, d'hygiène...

lundi 18 mars 2019

Dernières BD lues: "Les Vieux fourneaux - Ceux qui restent" par Lupano & Cauuet

Un régal cette BD parce que ce vieux trio (l'un d'eux va devenir arrière grand-père ) vaut le détour!
Je n'avais quasiment rien écrit à son sujet après acheté & lu dans la foulée cette BD... C'est l'occasion de se rattraper, en commençant par présenter les membres du trio qui auront chacun droit à une BD.
Donc dans le trio: voici Antoine, qui vient de devenir veuf de Lucette, une fort jolie femme (à qui ressemble beaucoup Sophie, sa petite-fille et fille de Bertrand avec lequel il est fâché) qui pendant des années a fait tourner un petit théâtre dont le personnage central était un loup en slip*.
Antoine, est d'une certaine manière le plus "sage" des 3. Il faut dire que réussir à bosser 40 ans auprès du laboratoire Garan-Servier (spécialisé dans les médicaments type anti-dépresseurs) ça calme, même quand on est syndicaliste comme lui, sauf quand on s'appelle Pierrot, un des autres membres du trio auquel une BD sera consacrée.
Enfin, ça calmait jusqu'au moment où, chez le notaire, Antoine lit une lettre laissée par sa femme  et où il est question... de Garan-Servier père... expédié en Toscane depuis qu'il a refusé de s'expliquer sur une somme de 100 millions disparue de la comptabilité. Ce qui l'incite à partir armé d'une fusil voir ledit patriarche. Suivi de près par les 2 autres membres fort inquiets du trio: Pierrot et Mimile le tatoué (qui aura droit lui aussi à sa BD) qui ont réquisitionné Sophie, enceinte de 7 mois (et dont personne ne connait le père de l'enfant, du moins jusqu'au tome 4 de la série)
La BD se finit bien, Antoine ne tue pas Garan-Servier lequel confie à Sophie (qu'il confond avec Lucette à qui il tenait beaucoup) ... le code d'accès à un compte secret qu'il a aux îles Caïmans.
On a désormais quasiment tous les éléments pour les volumes à venir qui aborderont chacun des pans de la vie actuelle et surtout passé de Pierrot (T2) Emile (T3) et Sophie (T4) et on replonge avec plaisir dans les scènes, dialogues et les tirades bourrés d'humour... sans pour autant exclure des moments d'émotion, comme lorsque Pierrot prétexte une envie de faire pipi pour cacher son envie de pleurer car avec Lucette il s'était fâché et "on fait partie de ces vieux cons qui auront pas été fichus de se rabibocher avant le passage de la faucheuse"

samedi 9 mars 2019

Dernières BD lues: "une vie avec Alexandra David-Néel" par F. Campoy & M. Blanchot - T2

Suite & fin (?) du récit de la vie d'Alexandra David-Néel par Marie-Madeleine Peyronnet qui fut sa gouvernante, secrétaire, confidente... On passe en permanence des souvenirs anciens (en couleurs) au récit de leur vie ensemble (sépia)
De cette seconde partie je retiens surtout deux éléments: d'abord ceux ayant trait à sa jeunesse, très solitaire entre
- une mère qui ne l'a jamais acceptée car c'était une fille et elle voulait un garçon pour que celui-ci devienne évêque!
- et un père instituteur anarchiste
Un couple très atypique  pour une enfant qui ne l'était pas moins . Un tantinet fugueuse puisque toute petite elle échappait régulièrement à la surveillance parentale avant de fuguer pour de bon: une fois à 15 ans en Angleterre et ensuite à 18 ans pour accomplir en vélo un long périple Bruxelles/Côte d'Azur/Espagne/ Mt St Michel/Bruxelles!
Elle a aussi beaucoup lu, tout au long de sa vie
Et il y a aussi le récit de ces 17 jours et 18 nuits de son "agonie" avec cette question de "Tortue": "... je ne cesse de me demander comment une telle vie est possible. D'où peut bien provenir cette détermination sans limite, cette rage de vivre et de découvrir le monde, et ce mental hors norme"
La BD se termine sur le récit de la découverte des nombreuses lettres échangées entre Alexandra et son mari, celles là même qui permettront à Marie-Madeleine Peyronnet de ramener au Népal, les cendres d'Alexandra et de son fils adoptif... une sorte d'introduction au tome 3 (encore à lire) qui a été publié en août 2018 

dimanche 3 mars 2019

Dernières BD lues: "Culottées - T2" de Pénélope Bagieu

La suite de "Culottées" du T1... Mêmeprincipe, raconter en mode express, avec des "chapitres"de 10/12pages, l'histoire de femmes très connues (Peggy Guggenheim)... ou tombées dans l'oubli (les membres du groupe The Shaggs), voire très peu connues en Europe (Phulan Devi)...  encore en vie Sonita Alizadeh) ou mortes depuis des années (Frances Glessner Lee), mais qui pour une raison ou une autre ont marqué leur temps. Avec en outre des points communs, avoir connu des choses difficiles durant leur enfance et s'être battu pour dépasser cette souffrance... ou bien encore avoir eu, d'une certaine manière plusieurs vies.
Wikipedia présente Peggy Guggenheim (1898-1979)*  comme une"mécène américaine, collectionneuse d'art moderne et galeriste" ... en passant un peu sous silence la petite fille peu aimée de ses parents, et du reste de sa famille... ainsi que nombre de ses amants furent probablement plus motivés par ses aides financières que par la femme
Autrement qui connait "the Shaggs"** ? Ce groupe de rock américain féminin créé par un père de famille, juste pour réaliser le 3ème des voeux d'une chiromancienne?
Quant à Phulan Devi*** , j'ignorais son nom et même son surnom de "reine des bandits" et pourtant quelle trajectoire de vie entre la petite fille de 11 ans violée pendant des mois par son mari âgé de38 ans et l'élection au Parlement indien après avoir passé 11 ans en prison du fait de ses agissements, parfois très violents en tant que "reine des bandits" 
Et que dire de Frances Glessner Lee**** (1878-1926) dont la vie commence vraiment après ses 55 ans, lorsque, après quelques héritages, elle a contribué à réformer la médecine légale en créant notamment des "Nutshell studies of unexplained deaths" avec un souci du détail inégalé puisqu'elle allait jusqu'à tricoter avec des épingles, de vrais vêtements pour les minuscules poupées/victimes d'un homicide!
En résumé: 15 passionnantes histoires de femmes ...
* https://fr.wikipedia.org/wiki/Peggy_Guggenheim
**  https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Shaggs

*** https://fr.wikipedia.org/wiki/Phoolan_Devi
**** https://fr.wikipedia.org/wiki/Frances_Glessner_Lee

samedi 2 mars 2019

Dernières BD lues: "l'adoption - la Garua" de Zidrou & Monin

J'ai sauté sur la suite du 1er volume* (que je croyais un "One Shot") lorsque je l'ai vu sur l'étal du libraire avant de le dévorer et refermer le livre, un peu déçue, comme semble  t il pas mal d'internautes si je me fie aux commentaires lus ensuite sur les sites spécialisés BD. Et oui, on s'attendait un "happy end" avec Gabriel qui ramène Qinaya en France et son fils Alain qui n'est plus accusé d'enlèvement d'enfant, sort de prison et ne divorce plus d'avec sa femme Lynette. Perdu! Qinaya a bel et bien retrouvé définitivement sa famille de sang. Et ne redeviendra pas la petite fille de Gabriel.
Et puis je l'ai relue récemment ... avec cette fois-ci un regard différent, notamment parce que je connaissais la fin. L'histoire est remplie de tristesse, de deuils qui vont bien au delà de la perte de Qinaya, perte physique puisqu'elle reste au Pérou, mais aussi psychologique car, avec le temps (2 ans c'est une éternité pour une petite fille) elle a quasi oublié cet épisode de sa vie passée en France.
1er point positif, l'humour est toujours présent. Comme avec ce commentaire de Gabriel par rapport à celui qui lui a permis de revoir Qinaya: "Ce détective privé m'a vendu de la vache espagnole pour du charolais label rouge" ou bien encore sur ses projets au Pérou quand il constate qu'il a doit rester encore un certain temps à Lima et s'apprête à faire ".. ce que font tous les vieux, m'emmerder"
En fait c'est à ce moment là (29ème page sur 68!) que démarre l'histoire avec la rencontre de Marco, un Belge venue essayer de retrouver et rapatrier, le corps de sa fille unique venue s'installer pour une mission humanitaire et qui est décédée dans le même tremblement de terre qui avait permis à Qinaya de venir en France. Marco et Gabriel ont 17 ans d'écart mais s'entendent à merveille, au point même que Gabriel va regretter que Marco ne s'appelle pas Ghislain, Georges ou Gaëtan car il aurait fait un "Gégé du tonnerre" ** Les 2 hommes vont parler, s'aider...  et prendre une décision importante.
-Pour Marco ça sera de laisser le corps de sa fille au Pérou, parce qu'il a compris que c'est là qu'elle doit passer sa mort, auprès des gens auprès desquels elle avait décidé de passer sa vie, une belle vie, une vie utile. 
- Pour Gabriel ça sera de retourner en France et, à défaut de ramener une petite fille, de renouer avec son fils Alain, pas si différent de lui en réalité. Ce qui donne l'occasion d'avoir 6 planches avec seulement 2 cases avec une réplique. Une prouesse que je n'avais vue jusqu'alors que dans une BD de Manara.
Donc au final, une BD que je conseille. Dans le T1 de l'adoption on découvrait l'art d'être grand-père... ici c'est comment renouer les fils père/enfant.
* http://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2016/09/ladoption-de-zidrou-et-monin.html
** cf T1 où on découvre le clan des Gégé avec Gabriel et ses 2 amis dont le prénom commence aussi par un G

dimanche 17 février 2019

Des films qui marquent - 17 - "Elephant Man" de David Lynch



Un film dont j'ai retenu quelques scènes marquantes, dont les toutes dernières, lorsqu'aux accents de l'adagio pour cordes de Samuel Barber, Joseph Merrick* (que le réalisateur a rebaptisé John**) décide de dormir, non pas assis mais allongé, tout en sachant que cela lui sera fatal compte tenu du poids de sa tête.
Mais avant cela il y a quelques scènes fort difficiles comme celle où John est exhibé non plus dans de sordides tentes de foire mais dans un amphithéâtre de la faculté de médecine. J'ignorais alors qu'une soixantaine d'années auparavant un sort bien pire avait été réservé en France à Sarrtjie Baartman  la "Vénus Noire"
Et puis celles où l'on peut s'interroger sur les motivations réelles de ceux et celles qui souhaitent être vus à ses côtés, et même du médecin (interprété par Anthony Hopkins) qui s'occupe de lui. Est ce vraiment l'homme cultivé, sensible et délicat au delà de son apparence fort effrayante*** qui les intéresse ou la notoriété que cela pourrait leur amener.
Il convient aussi de noter le performance de l'interprète de John, John Hurt, qui dut, durant le tournage, porter 12 heures par jour une lourde prothèse.



* Joseph Carey Merrick ( à Leicester, Angleterre - à Tower Hamlets, Londres)
** Dans la biographie que Frederick Treves lui consacra en 1923 : L'Homme Éléphant et autres souvenirs, il le prénomma John au lieu de Joseph.
***
recherches génétiques faites à partir de ses ossements ont permis d'établir qu'il souffrait en fait du syndrome de Protée une maladie génétique qui affecte la croissance des tissus et produit des déformations.

samedi 16 février 2019

Des films qui marquent - 16 - "Voyage à Tokyo" de Ozu

Avec ce film... j'avais posé une colle à bon nombre de mes amis car si le cinéma de Ozu a connu un regain de popularité dans les années 70/80, lorsque son oeuvre a commencé à être diffusée plus de 15 ans après sa mort en 1963. Quant aux jeunes générations, quand elles sont intéressées par le Japon, elles se tournent beaucoup plus vers les films d'animation ou les films d'action plus récents ou beaucoup plus sombres.
Le résumé? C'est l'histoire d'un couple de retraités qui vient à Tokyo  afin de rendre visite à ses  enfants. Mais ils découvrent que ces derniers sont trop absorbés dans leur quotidien pour s'occuper d'eux. En fait, seule leur belle-fille qui est veuve (sans enfant) de leur fils mort durant la guerre leur est attentive. Une situation qui se confirmera après que la maman soit décédée en revenant de ce voyage.
Peu d'actions dans ce film, juste une somme de petits détails qui sonnent juste et sont poignants... comme par exemple avec les petits-fils qui sont très "américanisés" et ne cherchent en aucun cas à nouer des liens avec leurs grands-parents... ou les enfants qui offrent à leurs parents venus pour les voir, eux... un séjour dans une station balnéaire, afin de s'en débarrasser. De quoi laisser leurs parents qui se faisaient une joie de ce voyage à Tokyo, fort amers.
 Au delà de l'évolution de la société japonaise, il faut voir ce film comme une illustration du délitement des liens familiaux (des 4 enfants encore vivants, seule la plus jeune éprouve de l'affection pour ses parents) de la difficulté pour les veuves de "tourner la page", de la place des femmes dans la société, de ce que les liens de coeur peuvent être plus forts que les liens de sang.

mercredi 13 février 2019

Des films qui marquent - 13 - "La rose et la flèche" de Richard Lester

Un film classé comme étant un film d'aventure... et dont j'ai complètement oublié l'intrigue mis à part qu'après bien des années d'absence, Robin des Bois qui était parti aux côtés de Richard Coeur de Lion, était revenu chez lui. Enfin dans son pays, et que tous les protagonistes ont bien vieilli. Certes ils gardent les traits plein de charme de Sean Connery (à qui la barbe grise et blanche sied fort bien) et de Audrey Hepburn (toujours pleine de charme même sous la robe et le voile de bure de l'abbesse qu'elle est devenue) mais la forme physique n'est plus là, les rêves et espoirs d'autrefois sont bien loin. Et la tristesse et l'amertume sont plus d'une fois de mise
En fait le ton est donné dès le début du film, lorsque Robin et son fidèle compagnon Petit Jean sont  trahis par Richard Coeur de Lion (devenu vénal et injuste) qui les fait emprisonner avant de les laisser repartir. Cela continue avec l'aveu de Marianne que, quelques temps après le départ de Robin aux côtés de Richard, elle avait tenté de se suicider mais avait survécu et décidé de rentrer dans les ordres. Et plus tard, si Robin gagne, difficilement la lutte contre le nouveau jeune shérif, il est gravement blessé et ses troupes massacrées. Alors la lucide Marianne prend une sage décision. Plutôt que de soigner Robin avant de le laisser repartir encore plein d'illusions sur les combats qu'il pourrait encore mener (quitte à entrainer des gens qui croient en lui dans la mort) elle s'empoisonne ainsi que lui. Une fin à la Roméo et Juliette tellement loin de ce qu'aurait imaginé Walt Disney pour son dessin animé, le " Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants..." cher aux contes de fées
Le film date de 1976 mais il aborde des thèmes forts:
Faut-il continuer à se battre même quand les idéaux d'origine ne sont plus valables?
Il montre la vieillesse des héros... mais aussi des acteurs qui interprètent les rôles*
Il pose la question de l'intérêt de continuer à se battre même quand les idéaux d'origine ne sont plus valables.
Il aborde la question du suicide... solution qui semble préférable lorsqu'il n'est plus possible de se battre
* Pour Audrey Hepburn, c'était un retour devant les caméras après 9 ans d'absence et elle ne tournera ensuite que 3 films sortis en 1979, 1981 et 1989 où elle a un tout petit rôle, celui d'un ange.