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samedi 16 septembre 2023

"Les vieux fourneaux" T7

Encore une bonne cuvée que ces nouvelles aventures du trio : Antoine (l'ancien cadre syndicaliste dans un laboratoire pharmaceutique désormais retraité et grand-père), Emile (l'amateur de rugby devenu baroudeur pour cause d'amour de jeunesse mal assumé) et Pierrot (célibataire anarchiste toujours prêt à s'enflammer pour une cause) !
Avec toujours cette manière inimitable d‘aborder des sujets sérieux: cette fois-ci ce sont les travailleurs clandestins dans le secteur agricole, l’attrait de certains -mais pas eux!- pour les idées liées au « « grand remplacement »* les limites du « vivre ensemble » (notamment entre ruraux et néo-ruraux, mais aussi les violences faites aux femmes … mais en n'oubliant jamais de le faire avec humour. 
Exemple de dialogue, quand Antoine refuse de manger à l’hôpital où il a été admis avec avoir été tabassé par les flics le 1er mai, Pierrot, à qui on demande de le faire manger, explose: « Je ne vais pas le gaver comme un canard avec un bâton! Il bouffera quand il aura faim! Ça m’étonnerait 
qu’il se laisse dépérir. On parle quand même d’un gars qui dégaine son barbecue à la moindre éclaircie depuis 50 ans »
BD à lire et relire. Les occasions de parler avec légèreté de choses sérieuses sont trop rares pour être boudées. Et j'ai hâte que la volume suivant paraisse, tout en ayant conscience qu'il n'est pas facile de trouver de nouveaux thèmes sans trop "radoter", ce qui serait une triste fin pour ces vieux fourneaux.

* idées développées par un certain E Zemmour lors de la campagne présidentielle 2022

samedi 27 juin 2015

"la loi du marché" de Stéphane Brizé

"la loi du marché" tel est le titre de ce film. En sortant de la séance je pensais plutôt à: "portrait d'un homme cassé", parce que ce l'on voit, c'est comment un homme est brisé, petit à petit, par la loi du marché au point de finir détruit.
Avant de saluer la performance de Vincent Lindon, récompensé à juste titre pour son interprétation d'un quinquagénaire comme on en croise beaucoup dans la vie de tous les jours, il faut  mentionner les autres acteurs, tous des non professionnels ayant pour l'occasion endossé le rôle des personnalités pas forcément glorieuses: 
- de l'agent de pôle emploi qui finit par reconnaître que son organisme a effectivement envoyé en formation de grutier 13 personnes dont il aurait du savoir qu'elles ne trouveraient jamais d'emploi au bout du compte
- à la caissière ayant utilisé sa propre carte de fidélité pour récupérer les points d'un client alors que quelques jours avant un de ses collègues s'était suicidée après avoir été renvoyée pour avoir détourné, elle, des bons de réduction.
Si ces petits rôles sonnent parfois un peu "faux" comme dans un documentaire avec scènes reconstituées,  Lindon est remarquable dans son évolution: au départ il est l'homme qui se révolte contre l'agent de pôle emploi, et puis il va avoir de plus en plus de mal à trouver ses mots, avant de finir par bien souvent se taire et démissionner de fait en abandonnant son poste de surveillant dans une grande surface. Il a encaissé trop de coups. 
Un beau film "social" mais à ne pas aller voir un jour de cafard ou quand on est soi-même demandeur d'emploi ou en grande difficulté.

vendredi 1 mai 2015

Un 1er mai sans muguet ?

Oui, du moins sur le blog car je n'ai pas manqué d'en acheter pour en offrir à ceux et celles que j'aime. Pas de muguet donc mais une référence au travail et plus particulièrement à celui des enfants qui n'existe plus sous nos contrées, mais reste une triste réalité dans beaucoup de pays où la notion de droits de l'enfant, ça n'existe pas.
Ce travail des enfants, Lewis Hine (1874-1940), l'a immortalisé au début du XXème siècle.

jeudi 8 mai 2014

"Airborne 44 - S'il faut survivre" de Philippe Jarbinet

Je croyais la série "Airborne 44" terminée. Et bien non, voici le 1er volume du 3ème diptyque*
Dès le départ on est en terrain connu puisque l'histoire commence à la mi décembre 44, quelque part du côté du Luxembourg. Ses héros sont au nombre de 4: 
- les deux frères LEDER qui sont nés aux Etats-Unis dont l'un, Stefan est retourné en Allemagne (le pays d'origine de leurs parents) en juillet 1941 pour s'engager dans la Wermacht et l'autre, Sebastian, qui après avoir survécu vaille que vaille en multipliant les petits boulots, s'est engagé dans l'armé américaine en décembre 1941. 
- Thomas Dewitt qui est un ami d'enfance de Sebastian et ne s'entend pas du tout avec Stefan.
- Teresa Johansson qui est passionnée d'aviation et a rencontré Sebastian et Thomas sur la route 66 alors que, ayant quitté les grandes plaines dévastées par le Dust Bowl** ils faisaient route comme des milliers d'autres agriculteurs ruinés vers la Californie.  
En fait ce 1er volume est surtout l'occasion de présenter les principaux personnages et notamment ceux qui sont restés sur le territoire américain puisque sur les 53 pages, l'action de 30 d'entre elles se situe entre juin et décembre 1941. 
Ils vont tous se retrouver quelque part du côté de Bastogne: Stefan parce qu'il y interroge les prisonniers capturés, Teresa qui convoyait des avions pour le compte de l'ATA** parce que son avion a été descendu  dans le secteur et Sebastian et Thomas parce que leur unité doit sauter sur Bastogne afin de préparer l'arrivée d'autres troupes. Mais pour savoir ce qui se passera,  il faudra attendre le prochain volume.
Que dire de cet ouvrage. Le dessin est toujours aussi beau (le physique des personnages est quand même assez proche d'une BD à l'autre). Et le scénario est riche de plein de petits détails qui incitent à en savoir plus sur le Dust Bowl**, l'ATA***, le Bund**** ... et la BD offre des clins d'oeil. Parmi ceux que j'ai repéré:
- ce petit voisin orphelin de Teresa qui vit alors en Indiana. Il s'appelle Jimmy Dean, rêve tout haut d'avoir plus tard une moto, ce à quoi sa tante réplique "Et pourquoi pas une voiture de course?"
- cette image (page 37) qui ne peut que faire penser aux photographies de Dorothea Lange
- cette vignette (page 50) qui renvoie à la figure de l'oncle Sam exhortant hommes et femmes àparticiperà l'effort de guerre.
Et j'en oublie probablement plein d'autres.Vous l'avez compris, j'attends avec impatience le second volume de ce diptyque.

* Dans une interview, le dessinateur évoque même l'idée de 10 volumes 
**  Dust Bowl: au sens littéral "bassin de poussière". Thème qui fera l'objet d'un billet spécifique
*** ATA: Air Transport Auxiliary, organisation civile de convoyage aérien
*** German American Bund: organisation américaine pro-nazi créée en 1936

dimanche 4 mai 2014

Audrey Hepburn aurait eu 85 ans...

... si un cancer du colon ne l'avait fait disparaître prématurément en 1993 alors qu'elle n'avait que 63 ans. Google lui rend aujourd'hui hommage.
Pour beaucoup, notamment en France, elle est avant tout une actrice qui a tourné 26 films entre 1948* et 1989, principalement entre 1951 (4 films peu connus) et 1967 avec cette année là:












- "le voyage à deux" qui raconte 12 années de la vie d'un couple à travers 4 voyages accomplis sur la Côte d'Azur
- "Seule dans la nuit" où elle interprète une jeune femme aveugle confrontée à 3 trafiquants de drogue. 
Après elle ne reviendra que 4 fois devant la caméra. La dernière fois ça sera en 1989, pour quelques scènes d'à peine 10 minutes mises bout à bout, dans "Always". Elle y interprète, 4 ans avant sa mort, le rôle d'un ange qui aide un pompier de l'air mort au feu à faire le deuil de sa vie terrestre.
Il est probable que, pour les anglo-saxons, le doodle du jour renvoie aussi à son rôle d'ambassadrice auprès de l'UNICEF, une partie de sa vie peu connue des européens. A ce titre, elle effectuera une cinquantaine de voyages d'études au Soudan, au Salvador, au Honduras, au Mexique, au Venezuela, en Équateur, au Bangladesh, au Viêt Nam, en Thaïlande, en Éthiopie, en Érythrée et en Somalie. Un engagement qui a incité cette ONG a inaugurer en 2002 une statue à sa mémoire. Dénommée "L'Esprit d'Audrey", elle est située au siège de l'organisation internationale.
* Un documentaire, "Le Néerlandais en 7 leçons", où elle, pendant moins de 3 minutes, elle incarne une hôtesse de l'air

samedi 2 novembre 2013

cafés suspendus/solidaires

C'était il y a quelques jours sur FB, quelqu'un racontait cette histoire qui lui était arrivée en Belgique. Installé dans un café, il avait vu plusieurs personnes commander et payer des"cafés suspendus" en plus de ceux qu'ils consommaient elles-même, avant qu'arrive quelqu'un qui a demandé à consommer un de ces "café suspendus".
Le principe est simple: on paie à l’ avance un café qui sera servi à quelqu'un qui ne peut pas se payer une boisson chaude! Il semblerait qu'il existe aussi des sandwich, voire des repas "suspendus". Un geste solidaire qui serait né à Naples avant d'essaimer un peu partout dans le monde.
Partout? Je n'en avais jamais entendu parler sur Nantes. Du moins jusqu'à un article paru le 31 octobre dans le journal "20 minutes" et où il était question de "café au goût solidaire" qui se boivent dans deux établissements de Nantes:  "Chez Mauricette" place Viarme et à "la Réserve", rue St Nicolas.  Dans le premier, seuls les expressos sont concernés tandis que dans le second ce sont toutes les boissons chaudes ainsi que les jus de fruits et les sodas. Des établissements qui devraient bientôt se repérer grâce à un sticker élaboré par l'association "tout en attente". Elle a été mise en place par un jeune cuisinier de 25 ans qui  espère bien étendre l'idée à d'autres thèmes comme le pain, la coupe de cheveux, les pansements ou les loupes de lecture.
La suite, peut-être dans un post-scriptum car j'ai pris contact avec elle via... FB où elle a une page
https://www.facebook.com/toutenattente