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mardi 25 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (11) Histoire de Jean

J'arrive au bout de ce parcours de 10 photos + 10 histoires autour de la prévention du cancer (et non 10 photos de moi sur cette même thématique) avec Jean, mon père
 Jean a vu son père, puis sa belle-soeur, son beau-père, l'un de ses gendres, son frère, l'un de ses neveux, sa femme... mourir d'un cancer. 7 proches et pourtant il a fallu insister pour qu'il fasse examiner et enlever ce vilain bouton/bobo qu'il avait sur la joue. Et les analyses ont montré qu'on avait bien raison d'insister
 Mais ce n'est pas un cancer de la peau qui l'a emporté, quasi un an plus tard mais de façon quasi certaine un cancer des os. Pas détecté parce que chez les personnes très âgées (il avait 91 ans) il y a souvent pluri-pathologies et un état douloureux fréquent et quasi permanent. Dont il n'a été partiellement soulagé qu'un mois avant son décès, via des patchs à la morphine.
 On parle "prévention cancer" mais il est un autre thème que l'on évoque peu, celui de la prise en charge, en France, de la douleur, chez les personnes âgées -chez qui elle est souvent considéré comme une fatalité liées à l'âge- chez les jeunes enfants et chez les adultes qui souffrent de pathologies "qui ne se voient pas"

jeudi 20 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (6) Histoire de Jean-Yves

Jean-Yves avait une sacré carrure. Au sens propre (plus de 115kgs pour 1m73) comme au sens figuré.
Lorsque j'avais 12 ans (il en avait alors 20),  pour se défouler physiquement
entre 2 révisions pour ses examens de faculté, il m'avait tenue debout en équilibre sur ses mains, une sensation flippante et enivrante à la fois. Au fil des ans, aux muscles s'étaient ajoutés les kilos du bon vivant amateur de plats fins accompagnés de bon crus. Mais il était resté très sportif: ceinture noire de judo, 4ème ou 5ème dan mais aussi arbitre dans cette même discipline. Un homme de caractère -il ne faisait pas bon lui faire un coup bas- en qui j'avais entièrement confiance et qui, grâce à son humour, était l'un des très rares à pouvoir me "chahuter" sans que je lui en tienne rigueur.
Il aura fallu moins d'un an pour qu'un cancer de la vessie* découvert au cours de l'été 2004 l'envahisse et ait le dessus sur celui qui se sera battu, aux dires de ses médecins, comme un lion. Jean-Yves a été vaincu en mai 2005, quelques mois après avoir fêté ses 54 ans.
Cela je m'y attendais dès le départ car, quelques semaines après l'annonce de son cancer, un proche (autre que sa femme) s'était débrouillé pour qu'un tiers ait accès à son dossier médical et lui communique le pronostic: survie estimée à 3/4 mois (ce type de cancer est très rarement guéri car il est souvent découvert trop tard).
Même si Jean-Yves tiendra le double, et que ce proche, qui avait cru bien faire en me tenant au courant -sans cependant prévenir l'intéressé ni même la femme de celui-ci- est désormais décédé je lui en veux encore beaucoup car, pendant plus de 6 mois j'ai du mentir, Jean-Yves, à sa femme, à mes parents (dont ma mère qui l'adorait) à ses enfants. Il a fallu prendre de ses nouvelles, en donner, le laisser lancer des projets ambitieux -qui compliqueront la succession-  ... en sachant qu'il perdrait la bataille.  J'en veux aussi beaucoup à ce toubib qui a profité
de ses "amitiés" franc-maçonniques dans milieu pour consulter le dossier médical (de quelqu'un qui n'était pas son patient!) et en partager le contenu... en oubliant le sacro-saint secret médical
*
Un cancer, fréquent chez les fumeurs, mais cela faisait plus de 20 ans qu'il avait arrêté la cigarette.
Seule autre piste, sa proximité pendant des années avec un four à pain, celui là même où il a enfourné des pizzas avant de se devenir un commercial multi-carte qui circulait sur toute la France.

vendredi 12 avril 2019

Retour d'exposition: "Le modèle noir" au Musée d'Orsay

Ce qu'en dit le site du Musée:
"En adoptant une approche multidisciplinaire, entre histoire de l'art et histoire des idées, cette exposition se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l'imaginaire que révèle la représentation des figures noires dans les arts visuels, de l'abolition de l'esclavage en France (1794) à nos jours. Tout en proposant une perspective continue, elle s'arrête plus particulièrement sur trois périodes clé : l'ère de l'abolition (1794-1848), la période de la Nouvelle peinture jusqu'à la découverte par Matisse de la Renaissance de Harlem et les débuts de l'avant-garde du XXe siècle et les générations successives d'artistes post-guerre et contemporains."
Ce que j'en ai retenu: Plus que les éléments historiques, c'est la manière dont les artistes ont, au fil du temps, représenté les modèles noirs qui a retenu mon attention. Et j'ai tout particulièrement apprécié le travail qui a été réalisé pour leur redonner un nom. Effort d'autant plus méritoire que ce n'est qu'au XXème siècle que l'on a commencé à "créditer" les modèles, quelle que soit la couleur de leur peau.
Petit moment d'émotion aussi lorsqu'est apparue Jeanne Duval, photographiée par Nadar, peinte par Manet et qui fut longtemps la muse de Baudelaire. Une histoire pas simple que la leur que résume ainsi le site wikipédia: "(...) de longues années de cohabitations, de séparations, de ruptures et de réconciliations."  Au final on ne connait d'elle ni sa date de naissance, ni celle de son décès.On n'est même pas certain de son apparence physique. Et si on dispose d'un certain nombre d'écrits de Baudelaire la concernant, toutes les lettres qu'elle a adressées au poète ont été détruites par la mère de Baudelaire. 
Ci contre, non par un buste de Jeanne mais une anonyme femme (Capresse) des colonies immortalisée par Charles Cordier qui a juxtaposé onyx et bronze patiné et doré

dimanche 4 septembre 2016

"Un tout petit bout d'elles" de Raphaël Beuchot & Zidou

C'est l'histoire d'un jeune chinois, Lee Yue Kiang qui travaille dans une exploitation de bois congolaise et tombe amoureux, alors même que son patron interdit les relations avec la population locale -sauf celle qu'il exploite au sein de son entreprise- de Antoinette, une jeune femme africaine, déjà maman de 2 jeunes enfants. Il devient son amant et découvre qu'elle a été autrefois excisée, comme beaucoup de petite filles avant elle auparavant.
Les chiffres cités, notamment par l'un des personnages font froid dans le dos "3 millions de fillettes subissent chaque année ces mutilations, quelque chose comme 8 000 fillettes mutilées chaque jour"... et dans le cahier pédagogique, les auteurs rappellent que si l'excision est majoritairement pratiquée en Afrique, elle n'est pas un phénomène religieux mais bel et bien une coutume. Et qu'elle était même pratiquée en France jusqu'à la fin du 19ème siècle pour lutter contre l'onanisme et l'hystérie.
Pour l'heure il découvre à quel point ce thème est tabou: ce sont des femmes qui font subir ce genre de choses à d'autres femmes  au nom de la coutume, la même qui voulait, comme le fait remarquer un de ses compagnons de travail chinois, que les femmes chinoises aient les pieds bandés. Mais aussi que Antoinette a dessiné, pour tenter d'oublier, ce qui s'est passé ce jour là et qu'elle refuse que sa petite fille, Marie-Léontine subisse un sort similaire. 
Je ne raconterai pas la fin de l'histoire à la fois triste et heureuse: juste que le héros, en réponse à l'un des compagnons de travail qui disait "Quand on mélange du noir & du jaune on obtient toujours du noir" considère lui que "Quand on mélange du noir & du jaune, ce qu'on obtient c'est de l'amour"

mercredi 14 octobre 2015

Les restos du coeur ont 30 ans

Et oui, les statuts de l'association qui vient en aide à des milliers de personnes via ses plus de 2000 centres de part la France entière, ont été déposés les 14 octobre 1985.
Celui qui en est à l'origine, lorsqu'il est mort accidentellement 9 mois plus tard,  était long de se douter que ce qu'il voyait comme une action temporaire destinée à aider le temps d'un hiver, deviendrait en réalité pérenne. 
Elle fait même partie des rares associations reconnues d'utilité publique* 
Si cet aspect peut être considéré comme positif** ... on ne peut qu'être désolé que tant de personnes dépendent des aides qu'elle octroie lors de ses campagnes qui à l'origine débutaient le 1er jour de l'hiver (pour s'achever au 1er jour du printemps) et commenceront cette année dès le 30 novembre
En 2014-2015, 950 000 personnes ont été accueillies et 128.5 millions de repas distribués, sachant que cette distribution de repas de concerne qu'une partie de l'activité qui mobilise plus de 69200 bénévoles.
* avec en fin 2014,  1 948 associations ayant ce statut, on ne peut pas vraiment écrire qu'elles sont rares... sauf si on rapproche ce chiffre du nombre d'associations qui existent en France...
** compte tenu des avantages liés à cette reconnaissance

lundi 21 septembre 2015

L'Arabie Saoudite & les droits de l'homme

Ci-dessous, un dessin pour deux événements mettant en cause les droits de l'homme et l'Arabie Saoudite...
D'un côté il y a eu cette nouvelle qui est tombée il y a quelques jours: la nomination d'un représentant de l'Arabie saoudite au Conseil des droits de l'homme des Nations unies.
Et puis de l'autre, le cas de ce jeune homme: Ali Mohammed al-Nimr qui a participé en 2011, lors de ce qu'on a appelé le printemps arabe, aux manifestations qui ont eu lieu dans son pays. 
Il avait alors 17 ans. Arrêté l'année suivante, il a été condamné à mort en 2014. Et la sentence est devenue exécutable à partir du , lorsque la peine a été ratifié par le roi d'Arabie saoudite. Une peine de mort qui devrait être atroce puisqu'il est prévu qu'il soit décapité, le reste de son corps étant ensuite crucifié et exposé publiquement jusqu'au pourrissement de ses chairs. 
A ce jour, et grâce à la mobilisation de la communauté internationale, le jeune homme est toujours en vie. Mais pour combien de temps encore?

mercredi 9 septembre 2015

Les réfugiés de l'été et l'automne 2015

Un homme, un dessinateur, a très bien résumé le type d'opinions que je ne pourrai jamais accepter... Mais il faut être lucide, de plus en plus de personnes oublient que, dans leur histoire familiale, une ou plusieurs personnes ne sont pas nées en France et  osent, par un biais ou un autre,  laisser sous-entendre que "Si! Les personnes auraient du rester dans leur pays car il n'est pas si difficile que ça d'y vivre!!"

mardi 8 septembre 2015

Il s'appelait Alan*...

...et il avait 3 ans lorsque qu'il s'est noyé tout comme son frère et de sa mère alors qu'avec leur père et un certain nombre d'autres syriens ils essayaient de gagner l'Europe sur une fragile embarcation. Et cette photo là, prise par  la journaliste turque Nilüfer Demir, a suscité beaucoup de réactions.

Parfois positives parce que, enfin, certaines mesures ont été prises au niveau des Etats (reste à voir jusqu'à quel points elles se concrétiseront). 
Mais aussi négatives. Je ne fais pas référence ici qu'aux interventions visant à re-découvrir et souhaiter une préférence à "nos" SDF made in France plutôt que ces étrangers venus d'ailleurs. Non, il y a eu aussi toutes ces rumeurs** qui ont circulé comme celles qui suivent:
1. « Il s’agit d’une mise en scène »
2. « Son nom a été connu bien rapidement… »
3. « Il n’avait pas de gilet de sauvetage »
4. « Le père d’Aylan* voulait se faire refaire les dents »
Alan va encore rester dans les mémoires comme cela a été le cas de "la jeune afghane"*** de Steve McCurry  ou "la petite fille au vautour"de Kevin Carter. Mais d'autres enfants sont morts avant lui. Et surtout d'autres mourront encore car, que ce soit en venant du Moyen-Orient ou d'Afrique, la route qui mène à ce qui semble un Eldorado vu ce que vivent ceux qui fuient leur pays, est longue, difficile, dangereuse.
* son prénom a aussi été orthographié Aylan
** Merci aux sites comme Hoaxbuster qui prennent le temps de vérifier les informations quand tant d'autres s'empressent d'en propager des fausses de préférence sur les réseaux sociaux
***  https://fr.wikipedia.org/wiki/Sharbat_Gula

mardi 11 août 2015

Quand la baigneuse devient un ange déchu

Au tout départ, il y a eu la baigneuse dite "Valpinçon"* (aussi connue sous le nom de "la grande baigneuse"), une oeuvre de jeunesse réalisée par Jean-Baptiste Ingres**. Un tableau dont il reprendra le motif de la jeune femme vue de dos avec la joueuse d'oud qui est l'une des figures clés du "Bain turc"**
Man Ray appréciait beaucoup le tableau de la "Baigneuse". Alors, après avoir fait poser une première fois celle qui était alors sa muse, Kiki de Montparnasse, portant un turban, assise de profil et retenant avec ses mains un tissu autour de ses hanches, il lui a fait prendre une autre pose. Cette fois ci, elle est de dos et les bras ont disparu, accentuant la ressemblance si souvent faite entre le dos d'une femme et un violon. Il est à noter que ce n'est qu'une fois le tirage effectué que Man Ray rehaussera les tons du cliché avec de la mine de plomb et surtout ajoutera à l'encre de Chine les fameux motifs qui correspondent aux ouies d'un violon.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais l'oeuvre de Man Ray a inspiré à son tour un autre artiste, lui aussi américain:   Joël-Peter Wikin qui a réalisé "Woman once a bird". Là, je dois avouer que je n'aime pas du tout, même après avoir appris que les cicatrices liées à l'ablation des ailes de l'Ange ne sont en fait que du maquillage. La faute à un autre élément de la photo: le corset en fer***, destiné, tout comme les "cicatrices"  des ailes disparues, à renvoyer à la recherche de la perfection. Une recherche absurde, aux dires même de l'artiste, puisqu'elle passe par un corps torturé (comme pouvait l'être celui des femmes aux pires heures du 19ème siècle).
* Nom d'un des anciens propriétaires de l'oeuvre
** Ingres avait 28 ans lors de la réalisation de la "Baigneuse" et 82 au moment du "Bain turc" 
*** Bien réel lui, il avait été réalisé par le mari de la modèle qui payait le prix fort le goût commun du couple pour ce type de fétichisme puisque elle était suivie médicalement après qu'il ait été constaté que le port de ce type de corset avait modifié la place de ses organes

lundi 13 juillet 2015

Les femmes et l'argent

On "fête" aujourd'hui le 50ème anniversaire de la loi de 1965 qui a réformé les textes relatifs au régime matrimonial entre époux, avec pour la femme mariée la possibilité désormais :
- de gérer ses biens propres
- d'ouvrir un compte en banque seule
- d'exercer une profession sans l'autorisation de son mari.
Et oui, si je me réfère à ma propre mère, née en 1922: 
- quand elle avait commencé à travailler à 12 ans comme "bonne à tout faire", ses gages étaient versés à ses parents puisqu'elle était mineure... et je ne suis d'ailleurs pas certaine que tel n'a pas été le cas jusqu'à son mariage en 1947, alors même qu'elle avait 25 ans*
- quand elle a recommencé à travailler, comme employée de maison, après ma naissance en 1958, elle avait du solliciter l'accord de mon père pour exercer ce métier.
Le genre de chose dont il n'a été nullement question lorsque je suis rentrée dans la vie active en 1981 ou que je me suis mariée en 1982!
Du coup je me suis replongé dans l'histoire des femmes et de l'argent et j'ai trouvé ceci comme grandes dates:
1881: Loi autorisant les femmes à ouvrir un livret de Caisse d'épargne sans l'autorisation de leur époux
1907 : La femme mariée qui travaille a le droit de disposer de son salaire, mais seulement de lui. Il faudra attendre 1965 pour qu'elle ait le droit de gérer  ses autres biens.
1938 : La femme -quel que soit son statut matrimonial- a désormais une "capacité juridique" (même si celle-ci reste restreinte) ce qui l'autorise à "ester en justice", témoigner, etc...
Puis donc ce texte de 1965. Et maintenant la lutte porte sur d'autres fronts, comme celui de l'égalité salariale...
* NB: la majorité civile est fixée à 18 ans depuis le (elle était fixée à 21 ans depuis 1792).

vendredi 1 mai 2015

Un 1er mai sans muguet ?

Oui, du moins sur le blog car je n'ai pas manqué d'en acheter pour en offrir à ceux et celles que j'aime. Pas de muguet donc mais une référence au travail et plus particulièrement à celui des enfants qui n'existe plus sous nos contrées, mais reste une triste réalité dans beaucoup de pays où la notion de droits de l'enfant, ça n'existe pas.
Ce travail des enfants, Lewis Hine (1874-1940), l'a immortalisé au début du XXème siècle.

vendredi 3 avril 2015

Mourir pour des idées parce que d'autres sont intolérants

Il y a eu la France avec les morts de Charlie Hebdo, le Danemark, la Tunisie et maintenant...
Et à chaque fois c'est la même histoire, des hommes qui en s'appuient sur une lecture d'un livre religieux pour tuer d'autres hommes et femmes, parce qu'ils considèrent qu'ils ont offensé le nom de leur Dieu ou parce qu'ils refusent que d'autres ne croient pas au même Dieu qu'eux.
On ne peut que pleurer, en regrettant que la mobilisation des citoyens soit inversement proportionnelle à la distance qui les sépare de ceux qui ont été tués.

mardi 31 mars 2015

"300 hommes" un film de Alice Dalbis & Emmanuel Gras

Voici ce que dit la société de production au sujet de ce film : "Entre ces murs, il y a trois cents hommes, et il y a l'urgence. Ils ont des noms mais ils ont égaré leur histoire en route. Ils rient et se confrontent, ils refont le monde, celui qu'ils ont perdu. Ils ont un lit, et là ils attendront le jour. C'est Forbin, un accueil de nuit à Marseille." * Mais ça, je ne l'ai su qu'après. Après avoir visualisé la bande annonce de ce documentaire que j'ai trouvé relativement bien fait eu égard à ce que j'avais pu apprendre lors de mon ancienne vie  professionnelle et qui m'a donné envie de le voir en totalité.
Le film suit peut ou prou le déroulement d'une journée qui ne commence en réalité que le soir, lorsque le foyer ouvre ses portes pour accueillir ceux qui n'ont plus nulle part où aller. 300 hommes. Pas un de plus. Quelle que soit l'urgence. Et sous réserve qu'ils n'amènent ni alcool ni drogue. Et qu'ils n'aient pas fait preuve d'un comportement incompatible avec la vie en groupe. Malheur à celui qui arrive trop tard le soir. Et tant pis pour celui qui a fait autrefois un esclandre au point que la police ait du intervenir.
Alcool et violence, deux problèmes récurrents dans ce type de structure.
Pour un certain nombre d'entre eux, il est plus facile et rapide de noyer ses problèmes dans la boisson que d'entamer une cure de désintoxication...dont ils ressortent à jeun, mais prêts à replonger à la moindre sollicitation d'une ancien compagnon de beuverie.
Qui dit alcoolisation, dit risques de bagarres ou au moins de tensions avec les autres. Et si la violence peut être dirigée vers les autres, elle peut aussi être exercée envers soi-même. Avec pour certains dont le mal être est sensible, rien qu'en voyant leur posture, en entendant leur voix, en écoutant au delà de leurs propos, un risque potentiel de passage à l'acte que le personnel essaye de désamorcer en parlant, sans juger.
La violence est aussi institutionnelle car il existe des règles de vie, d'hygiène... que tous doivent respecter. Par exemple sortir, quand c'est demandé, ses affaires des chambres collectives afin qu'elles puissent être désinfectées, sinon ils retrouve leurs quelques biens personnels en vrac dans une pièce, avec le risque de ne pas tout retrouver.
Si beaucoup sont âgés, ou du moins le semblent tant la vie à la rue peut user vite les corps, il y a quelques jeunes d'une vingtaine d'années qui ont parfois des projets, plus ou moins réalistes. Ce sont eux qui m'ont le plus émue. Ils ont la vie devant eux... mais est ce une vie que de devoir passer ses journées à la rue et ses nuits dans un foyer de nuit?
* Géré par des membres appartenant à la fondation St Jean de Dieu

mercredi 18 mars 2015

James et Dolly Madison

Au départ il y a cette statue d'un couple qui m'a intrigué pour deux raisons:
- D'abord elle est tantôt référencée sous le nom de James et Dolly (ou Dolley) Madison, tantôt sous le seul nom de James Madison.
- Ensuite, cette statue est localisée à Montpelier (avec un seul "l")
Pour ce qui est du 1er point, James Madison (1751-1836) est l'un des Pères fondateurs des Etats-Unis puisqu'il est l'un des principaux auteurs de la Constitution (en particulier pour ce qui a trait à  l’équilibre entre les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif). De plus, de 1809 à 1817 il a été le quatrième président des États-Unis (succédant à Thomas Jefferson)
Et Dorothea « Doll(e)y* » Payne Todd Madison** (1768-1849) a d'une certaine manière inauguré le rôle de ce que nous appelons désormais celui de la Première Dame des Etats-Unis, d'abord sous le mandat de Thomas Jefferson (qui était veuf) puis sous celui de son mari, James Madison. Ces points précisés, on comprend donc à la fois mieux sa présence et sa posture dans ce groupe de statues. 
Pour ce qui est de Montpelier? Non il n'y a aucune faute d'orthographe car cette ville existe officiellement aux Etats-Unis où, bien qu'elle comptant moins de 7 900 habitants au recensement de 2010, c'est la capitale de l’État du Vermont!
Et le nom de la ville vient effectivement de Montpellier, le chef-lieu de l'Hérault
La première colonie permanente s'est établie sur le site en mai 1787 avec notamment le colonel Jacob Davis et le général Davis Parley. Le colonel Davis qui avait défriché la forêt et construit une grande maison en bois pour sa famille choisit le nom de « Montpelier » en hommage à la ville de Montpellier en France. À cette époque, suite à l'aide apporté par la France durant la Révolution américaine, il y avait en effet un fort engouement général pour ce qui était d'origine française, 
* Le surnom de Dorothea, Dolley est souvent orthographié Dolly
** Dorothea Payne a épousé en 1ères noces John Payne (un avocat) avant, devenue veuve, d'épouser James Madison

dimanche 15 mars 2015

Les prix Nobel...pas pour les femmes?

Hier il a été très brièvement question de Marie Curie, morte en 1934 et qui a du attendre plus de 60 ans pour entrer au Panthéon alors même qu'elle avait obtenu 2 prix Nobel, de physique en 1903 et de chimie en 1911. On s'accorde désormais à reconnaître que d'autres femmes auraient elles aussi mérité un prix Nobel mais on leur en a souvent préféré un autre ...de sexe masculin. En voici 5 exemple*:
Nettie Stevens (1861-1912)
En 1933 Thomas Hunt Morgan qui travaillait au Bryn Mawr College obtient le prix Nobel de physiologie ou médecine pour ses découvertes sur le chromosome et l'hérédité...Sauf que l'on sait désormais que c'est une autre des employées de cet établissement qui avait découvert, dès 1905, que le sexe de l'enfant était déterminé par les chromosomes: Nettie Stevens. Et étant décédée 20 ans plus tôt, elle aurait été bien en peine de protester. 
Lise Meitner (1878-1968)
Son nom a été proposé 3 fois pour recevoir le fameux prix pour son travail sur la fission nucléaire, en 1938. Oui mais... les mauvaises langues (?) disent qu'elle avait 3 torts: être une femme, autrichienne et juive. Ce qui faisait beaucoup en ce temps là pour certains. Moralité c'est Otto Hahn, son collègue et ami qui sera récompensé en 1944.
Cecilia Payne (1900-1979)
...s'est fait piéger par un autre professeur, un certain Russell**, car quand elle était à Havard elle avait découvert que les étoiles étaient composées à 98% d’hydrogène et d'hélium. Oui piégée car il a réussi à la convaincre que le monde n'était pas prêt à accepter que la Terre et les étoiles n'avaient pas la même composition...avant de publier lui-même un article sur le sujet en s'attribuant au passage tout le mérite de la découverte.
Rosalind Franklin (1920-1958)
La femme qui n'a vraiment pas eu de chance: elle est morte à 37 ans d'un cancer de l'ovaire probablement dû à sa surexposition aux rayons radiations. Et surtout, elle a initié des travaux pour lesquels ce sont des hommes qui ont reçu le prix:
- de Médecine pour la structure de l'ADN (voir Crick et Watson)
- de Chimie pour la structure des virus (voir Aaron Klug)
Esther Lederberg (1922-2006)
Tout comme Marie Curie elle travaillait avec son mari, cette fois-ci sur les bactéries. Mais lui seul a reçu le prix en 1958.
* Il ne sera pas question d en 1988 Jocelyn Bell Burnell encore en vie... et qui a eu le tort d'être douée trop tôt, alors qu'elle n'était qu'une étudiante, puisque ce sera son directeur de thèse qui sera récompensé en 1974
** Petite vengeance en passant... sur le net on trouve 2 Russell: Henry et Bertrand et si l'un des 2 a reçu le Nobel, c'était celui de littérature

jeudi 19 février 2015

Femmes... d'ici et d'ailleurs

Toujours en matière de représentation de la femme, j'ai vu passer sur Face Book, ce cliché d'un photographe néerlandais qui a beaucoup voyagé:  Jan Zwart. 
http://www.janzwart.nl/
Pour lequel je vous invite à aller visiter ses galeries  au delà de ce cliché qui figure en tête de celle intitulée "Women". Il résume à merveille ce qui semble se dessiner de part le monde entre
- une femme occidentale dont le corps est multi-exposé au point qu'elle en perd parfois tout regard pour ne plus être, d'une certaine manière, qu'un objet
- une femme voilée à qui il ne reste plus que le regard pour s'exprimer

lundi 2 février 2015

Le "Droit des femmes" en arabie saoudite

En voyant cette photo prise en Arabie Saoudite, à l'Université de Qassim pour être plus précise, que pensez-vous? 
Qu'il s'agit d'une de ses réunions probablement consacrée à une thématique très masculine puisque dans l'assistance on ne voit que des hommes en tenue traditionnelle. Ce qui n'est pas forcément surprenant dans un pays où, de plus, les femmes ne peuvent pas conduire une voiture, ni sortir, se promener, aller faire ses courses, s’attabler au restaurant... sans être accompagnées d'un homme de la famille.
Seulement voilà, c'était une conférence sur le thème des "femmes dans la société". Et que voit-on?
Des rangées d'hommes portant le couvre-chef traditionnel avec parmi eux deux moutons noirs, pardons deux hommes atypiques: tous deux sont tête nue et l'un d'entre eux porte une chemise en flanelle à carreaux. Un étranger à coup sur.
Il semblerait cependant que pour elles la situation s'améliore: la police religieuse régie par la charia a récemment levé l'interdiction concernant les motos et vélos (mais ces dames doivent garder une pleine longueur de voile et être accompagnées d'un parent de sexe masculin). Et quelques années auparavant, à savoir en 2011, les femmes ont obtenu le droit de voter et de se présenter aux élections municipales de... 2015.
Ne pas se voiler la face à la lecture de ces micros avancées: le pays à fait savoir au CIO qu'il souhaitait pouvoir organiser des JO à l'avenir, mais en précisant que dans leur Etat, seuls les hommes pourraient participer. A charge pour, par exemple l'Etat du Bahreïn, d'organiser ceux relatifs aux femmes. Proposition qui a heureusement été rejetée par le CIO* Le chemin sera long avant qu'il n'y ait ne serait qu'une tiers de l'assemblée qui soit des femmes quand il est question de droits de la femme!
* Ne pas oublier cependant que le baron Pierre de Coubertin s'est très longuement opposé à la participation des femmes. De fait, si les JO modernes ont recommencé en 1896 pour les hommes, il faudra attendre 1928 pour que les femmes puissent aussi concourir dans un certain nombre d'épreuves.

vendredi 30 janvier 2015

Robert Ladd est mort... ou quand il ne fait pas bon être noir & handicapé mental au Texas

Dès l'âge de 13 ans, il avait été jugé "de toute évidence retardé" par un psychiatre du Texas (NB: il avait un QI de 67*). À 18 ans, il avait été pris en charge par un centre spécialisé dans le retard mental et avait occupé un emploi pour handicapé.
Et puis sa vie a basculé et il a été condamné à une peine de prison pour avoir tué une femme et ses deux enfants dans un incendie. Au bout de 16 années il a pu bénéficier d'une libération conditionnelle... durant laquelle il a violé et étranglé une jeune femme dont la maison avait été mise à sac et incendiée.
En France, avec un tel retard mental, malgré la gravité des faits, il aurait très probablement été jugé comme irresponsable et emprisonné à vie, voire hospitalisé à vie. Aux Etats-Unis, la cour suprême a, à deux reprises (2002 et 2014) interdit la peine de mort pour les handicapés mentaux... tout en laissant à chaque État le soin de définir le retard intellectuel.
Il faut croire qu'au Texas avec un Q.I. de 67 vous n'êtes pas un handicapé mental car  Robert Ladd qui avait été jugé et condamné à mort en 1996... a été exécuté hier par injection léthale.   
Il avait 57 ans
* A noter que il est d'usage de considérer comme "retardée" la personne qui obtient un score inférieur à 80

mercredi 7 janvier 2015

Charlie Hebdo est en deuil

La nouvelle est tombée en milieu de journée: deux tueurs ont fait irruption dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo faisant de 11 morts dont 4 figures emblématiques du journal satirique: Cabu, Charb, Tignous et Wolinski avant de tuer dans leur fuite un autre policier, celui qui était affecté à la protection de Charb, menacé depuis longtemps, faisant lui aussi partie des victimes.

"On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui" disait Pierre Desproges. Les deux tueurs étaient semblent ils de ces "n'importe qui". Et ils ne supportaient pas la manière le journal s'en prenait régulièrement à leur religion (mais s'il l'avait bien lu, pas qu'à elle).
Quelques heures plus tard des regroupements spontanés ont eu lieu un peu partout en France. En hommage à ceux qui étaient morts. Mais aussi pour qu'au delà de "Charlie" la Liberté d'Expression puisse continuer d'exister.

jeudi 11 décembre 2014

Bébés en usine: le sein ou le biberon?

Pour facebook, ça sera biberon et rien d'autre! 
Et oui, dans le cadre d'un hommage à Doisneau, un internaute a eu le malheur de déposer la photo ci-jointe sur sa page. Très mauvaise idée! Dans la demie journée qui a suivi elle a été signalée de façon anonyme aux censeurs de Facebook qui ont enjoint à celui l'ayant déposée de la supprimer sous peine de voir son compte fermé pour une durée plus ou moins longue.
Et oui, même si, sur le papier ce réseau social tolère depuis quelques mois de voir un mamelon de sein féminin lorsqu'il est question d'allaitement, là rien n'y a fait: ni le fait qu'il s'agit d'une vieille photo des années 50 d'un grand Monsieur de la photo, ni qu'il s'agit bel et bien d'une scène d'allaitement!
Dans le même temps les images violentes, appelant à la haine ... ne sont que rarement censurées. Ainsi il a fallu un certain temps pour que la vidéo de l’exécution d'un otage disparaisse.
Bon, ceci dit, ça a été l'occasion pour moi de faire quelques recherches sur le net car je me rappelais fort bien avoir eu en ma possession un livre de Doisneau où un homme donnait le biberon à un bébé. Le genre de scène assez rare pour avoir marqué mon esprit.
Et je l'ai retrouvée sur le net et là surprise: c'est la même usine! Et le cadrage est quasi le même!Serait -ce le même bébé? 

Je doute qu'on puisse avoir un jour la réponse car Doisneau est mort, tout comme probablement le vieux monsieur aux airs de Raimu. La jeune Maman qui doit avoir maintenant environ 70 ans se rappelle t elle de ce jour là? Le bébé, certainement pas, car l’heure du biberon c'est sacré!