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vendredi 3 mai 2024

BD lues il y a quelques temps: "Loire"

 Attention le titre est "Loire" et non 'la Loire"

Sortie hier* achetée cet AM, lue aussitôt, bien installée au soleil sur les marches de la fontaine Royale : "Loire" de Etienne Davodeau. Je la relierai tranquillement pour mieux profiter des dessins (splendides) des petites phrases et des silences...
Une BD dans la lignée de "Lulu femme nue" (sur une quadra) et des "couloirs aériens" (avec Yvan le tout juste quinqua) avec un petit quelque chose en plus qui n'est ni Louis (le sexagénaire venu retrouver Agathe avec qui il a vécu autrefois) ni même Agathe Mais il s'aperçoit qu'il n'est pas le seul à avoir reçu une invitation. En fait, même si on s'attache à connaître Agathe... et ceux/celle qu'elle a aimé(e)s ;le personnage central, c'est bien Loire
De l'humour, et beaucoup de moments forts, parfois très émouvants. Les dernières pages sont de merveilleux condensés d'instants de vie. Et puis il y a la "conclusion", qui pourra sembler inachevée pour certains, tout comme l'étaient celles des 2 BD précitées. C'est une phrase de Louis, appuyé sur les rebords d'un pont qui enjambe la Loire tout en regardant les oiseaux "je voudrais penser comme un fleuve"

* Il faut dire que je la guettais depuis quelques temps car j'apprécie beaucoup l'auteur, tant dans son graphiste, les couleurs qu'il emploie... que dans les histoires qu'il invente et le regard, assez tendre qu'il porte sur ses personnages 

mercredi 27 mars 2024

Le début d l'année au cinéma avec.. "Winter Break"

Film vu le 27 janvier... mais commentaire du 27 mars 

Encore un long film (+ de 2 heures) sauf que cette fois-ci je n’ai pas vu le temps passer et que j’aurais bien voulu, même si je sais que c’est une fiction, savoir ce qu’il est advenu ensuite des 3 principaux personnages qui sont très attachants.
Mention spéciale aux coiffures et tenues (l’action se passe fin 1970) .

Dans un établissement privé américain des années 70, 3 personnes vont devoir passer ensemble les "fêtes" de Noël:
un professeur d'histoire très aigri qui méprise les élèves et ses collègues... lesquels le détestent eux aussi
la cuisinière dont le fils, qui avait pu faire ses études dans l'établissement avant de partir au Viet-Nam, vient d'y mourir
un élève, dont la mère s'est remariée avec un homme qui le déteste.
La cohabitation n'est pas simple au départ. Mais les uns et les autres finissent par s'apprivoiser. Un voyage improvisé à Détroit donnera même plein d'espoirs:
la cuisinière commencera à faire le deuil de son fils en renouant avec sa jeune soeur enceinte,
le professeur donnera quelques détails de ce qu'était sa vie avant avant qu'un "incident" du à son intégrité le condamne à rester dans l'établissement actuel
l'élève reverra enfin son père, très malade, ce à quoi s'opposaient sa mère et le nouveau mari de celle-ci.
Une fois les vacances finies, la vie  aurait pu reprendre, plus douce entre ces 3 là qui ont constitué une sorte de famille de coeur. Mais un petit "cadeau" laissé par l'élève à son père va changer la donne. Et le professeur va devoir choisir: avouer ce qui s'est passé (et condamner l'élève à aller dans un établissement qui le broiera) ou mentir tout en laissant parler son coeur avant de s'enfoncer de telle sorte que si l'élève est sauvé, lui est viré de l'établissement.
Heureusement les dernières images, filmées sous un beau soleil, laissent espérer que finalement ce "Winter Break" qui se termine avec son départ, lui sera bénéfique.  
NB: Découverte au début du film: le film est classé « R »  aux USA… et pourtant pas de scène ultra violente (même si a un moment deux adolescents en viennent aux mains) pas de scène de sexe ouvertement montrée .. mais le langage est correct, même lorsque le vieux prof compare son proviseur à un cancer du pénis!

Alors serait-ce parce que 
les 2 adultes boivent et fument ++ et qu'il y a quelques allusions sexuelles: une petite dame plus toute jeune propose une "gâterie » au professeur et ce dernier montre une scène de sodomie sur un vase grec (ce qui  incite à se demander si il ne préfère pas les hommes.). N'y aurait il pas aussi le fait que ce vieux prof grincheux mais très intègre, refuse de remonter la note d’un élève au motif que le père de ce dernier pourrait alors financer un nouveau gymnase.




dimanche 24 septembre 2023

"Le droit du sol" de Davodeau

« Journal d’un vertige » tel est le sous titre. A titre personnel je pense plutôt à : "journal d’un marcheur" 
dans l’espace (entre Peche Merl er le bois du bois Lejuc à Bure) et le temps entre -22 000 ans (les dessins de la grotte) et + 100 000 ans (fin de durée de vie des déchets radioactifs les plus "toxiques"). Un marcheur qui fait des rencontres, comme par ex cette sémiologue* avec qui il va échanger sur la difficulté d'élaborer aujourd'hui des symboles pour signaler la dangerosité de site à ceux/celles qui voudraient l'explorer dans 100 000 ans. 
En fait, c'est à la fois un journal de randonnée comme lorsque j'ai lu "longue marche -la route de la soie(avec de superbes dessins pour illustrer les sensation éprouvées)  mais avant tout une suite de réflexions ou plus exactement de discussions qui ont parfois eu lieu en amont ou durant ce long voyage. Les thèmes abordés tournent principalement autour de ce projet (bien avancé) d’enfouissement pour des décennies de déchets nucléaires.  On apprend un certain nombre de choses par rapport à l’attitude de la police, justice… dans leurs relations aux opposants à ce projet... mais aussi de choses plus périphériques telles que les raisons qui auraient pu pousser le peintre de Perch Merle à s’enfoncer sous terre pour dessiner le mammouth qui a fasciné Davodeau ou Davodeau parle de son quotidien comme par ex du plaisir de se reposer dans une chambre d'hôtel après des jours de marche sous le soleil qui tape et de bivouacs en pleine nature.
Mais il se fait plus sensuel quand il évoque du plaisir de se lever la nuit (en n'oubliant pas ses chaussures!!) pour aller uriner en regardant les étoiles dans le ciel. Le plaisir simpe aussi de différer le moment de manger des abricots gorgés de soleil afin de les savourer dans un cadre qui s'y prête. 
* La sémiologie correspondait initialement à une discipline médicale qui étudiait les signes (symptômes) des maladies. Mais aussi depuis la fin du 19ème siècle, c'est aussi une science qui étudie les systèmes de signes (dans le langage mais aussi d'autres systèmes).

dimanche 17 septembre 2023

"Putain de salopard" - T3

La série continue: on en est au T3 & ça va se poursuivre. Pas mal pour une BD initialement pensée comme un diptyque. Le rythme reste soutenu, à l'image du dessin de couverture.
Sinon, rien de vraiment neuf sous le soleil:
- les femmes, sans exception, restent de super nanas, solidaires, prêtes à aider... 
- le Manchot (dont on avait appris à la fin du volume précédent qu'il était le père de Max) fût autrefois connu sous le pseudo de Mermoz (car il était pilote). Il reste un "putain de salopard" et les dernières pages de la BD montrent que ça fait très longtemps que c'est le cas.
- la plupart des autres hommes ne valent guère mieux (mais le Manchot se charge de les faire "disparaître" les concurents) avec quand même quelques exceptions le flic Rego et 2 personnages qui évoluent doucement. Il y a d'abord Max qui perd un peu de sa naïveté (en espérant qu'il ne suivre pas une voie semblable à celle de son père). Il y a aussi Hermann, le propriétaire de la mine qui, avant de mourir voudrait retrouver le corps de sa fille,  enlevée par Mermoz et le comptable, elle est décédée (après paiement d'une rançon en diamants) dans l'accident d'avion piloté par Mermoz/Le Manchot. Hermann voudrait que sa fille (devenue l'esprit qui avait guidé Baïa) parte en paix via un rite amazonien.

Pour conclure, il va falloir attendre avant de savoir si Baïa et Max vont échapper au Manchot, si Hermann va survivre et retrouver sa fille tout en éliminant le Manchot. Quant aux amours de Max & Baïa, si le père de celle-ci est bien celui qui a violé sa mère à l'issue du massacre d'une tribu (glaçantes images quasi sans texte des dernières pages) elles seront très compromises.

dimanche 27 octobre 2019

Plaisir de lire (7) "le journal de mon père" de Jiro Taniguchi

Dans la rubrique "BD" j'avais d'abord songé à
"Maus" de Art Spiegelman... mais   le côté témoignage sur des faits passés durant la seconde guerre mondiale, les camps etc... il en est question dans le livre précité de Primo Levi. Mais aussi aux incontournables Astérix, Valérian (et Laureline) ou Gaston Lagaffe ou Isa,l'héroine des "Passagers du Vent"... et j'en oublie.
Mais Taniguchi,finalement choisi, renvoie à mon goût pour le Japon. Et j'aime beaucoup ses héros, aux traits souvent ronds et le côté sensible tout en restant discret, pudique du dessinateur.
Pendant longtemps dans la presse, quand il était question de "Mangas" pour adultes, on ne mentionnait que  "L'homme qui marche" où Tanguchi narre les déambulations de son héros, avec très peu de mots, alors même que tant de choses sont exprimées.
Mais c'est un autre Taniguchi qui est entré dans la maison familiale via  un cadeau offert à mon fils par la grand-mère des enfants. Elle avait été fort bien conseillée par la vendeuse du rayon "jeunesse" de la plus ancienne librairie nantaise. Cependant, nul doute qu'en offrant l'ouvrage à son petit-fils, alors au tout début de l'adolescence, elle espérait lui donner quelques pistes afin d'aborder avec plus de "tolérance" les relations avec son géniteur, ce qui n'avait pas été le cas entre son mari et son fils. Car cette BD raconte comment un fils, au mi-temps de sa vie, et à l'occasion des cérémonies liées au décès de son père, découvre enfin qui était celui-ci. Comme l'écrit un internaute "On connait parfois bien mal les gens qui nous sont les plus proches. Parfois aussi parce qu'on s'évertue à bien mal les connaitre, engoncés que nous sommes dans nos certitudes." 

jeudi 24 octobre 2019

Plaisir de lire (4) "Si c'est un homme" de Primo Levi

C'est un livre dont j'avais beaucoup entendu parler et qu'on disait épuisé sans qu'il ait été ré-édité. J'avais donc renoncé à espérer pouvoir le lire alors même qu'il semblait incontournable. Et puis un jour, miracle, en faisant à tout hasard une recherche sur le Net, j'ai découvert qu'il existait en livre de poche*. Probablement quelques années après avoir lu ces 3 autres témoignages forts que sont la BD "Maus"** de Art Spiegelman,  "Le mort qu'il faut"**  de Jorge Semprun et "Cette aveuglante absence de lumière"** de Tahar Ben Jelloun. Et je me suis alors empressée de l'acheter.
Un témoignage fort, bien avant les autres ouvrages ci dessus mentionnés et qui posait déjà ces questions clés:
- comment rester un homme lorsqu'on est plongé dans des conditions extrêmes
- mais aussi pourquoi cette injustice qui fait que ce ne sont pas les plus "forts" au niveau de la pensée qui souvent survivent mais souvent les plus débrouillards, voire les plus magouilleurs, les moins respectables des individus.
Si je ne me rappelle plus ce qui a fait "tenir" Levi (peut-être le souhait de pouvoir témoigner plus tard) , je me souviens fort bien que pour Semprun il y avait les discussions dans le seul lieu où les gardiens se gardaient bien d'aller: les latrines et la poésie. Quant aux prisonniers dont parle Ben Jelloun, ceux qui ont survécu, après avoir perdu leur maître du temps qui comptait pour eux minutes, heures & jours se sont souvent plongés dans leurs souvenirs du Coran. 
* L'édition française de sa ré-édition date de 2007
** Respectivement parus en 1986 (Tome 1) et 1991 (Tome 2) pour "Maus" et 2001 pour les 2 autres ouvrages

mercredi 3 juillet 2019

Les Hollandais à Paris... au Petit Palais

Plus d'un an après l'avoir vue cette exposition,qu'en reste t il?
Au moins ceci, avoir identifié comme Hollandais des peintres dont je connaissais le nom, sans forcement connaître l'origine et le travail. A dire vrai, je ne connaissais que les 3 noms mentionnés sur l'affiche. Et hélas rien n'a changé sur ce point.*
Les organisateurs de l'exposition sont partis d'un constat:"...Dès le premier Empire, et surtout à partir de 1850, plus d’un millier de peintres hollandais quittent leur pays pour renouveler leur inspiration. Parmi eux, la quasi-totalité s’établit à Paris, inexorablement attirée par le dynamisme de sa vie artistique. Les peintres avaient là l’occasion de suivre un enseignement riche, de trouver des lieux d’exposition, d’y vendre leurs œuvres, ou simplement de nouer de nouveaux contacts. Ces séjours, plus ou moins longs, sont parfois le premier pas vers une installation définitive en France."
Du coup l'exposition était chronologique et on pouvait voir: "neuf peintres hollandais : Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe et Ary Scheffer pour la génération romantique ; Jacob Maris, Johan Jongkind et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe siècle et enfin, George Breitner, Vincent van Gogh, Kees van Dongen et Piet Mondrian pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle"
... et à côté de leurs oeuvres étaient présentées celles d'artistes français qui avaient été leurs contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso.
* J'espère être revenue de l'exposition avec l'une des revues d'art consacrées à cette exposition...

jeudi 27 juin 2019

Retour d'exposition: "Valérian & Laureline" à la Cité des Sciences et de l'Industrie

 Voilà une exposition que je ne voulais à aucun prix manquer... parce que durant mes années de fac j'ai dévoré les différentes BD de la série, avant de recommencer à les acheter plus tard, ravie que désormais la série ne s'intitule plus"Valérian" mais "Valérian & Laureline" quitte à être un petit peu déçue de la manière dont la BD s'achevait et très déçue de l'adaptation cinématographique où la rousse Laureline devient une fade blonde. 
L'exposition elle ne m'a pas déçue. Plus que l'interview d'un certain nombres de scientifiques quant à la probabilité d'exister de certaines inventions du duo Christin-Mézières, ce sont les vignettes qui explicitent l'origine de certains personnages ou certains détails au sein d'une vignette qui m'ont emballée.
Certains liens sont faciles à faire comme ici avec le film "2001, odyssée de l'Espace ou bien encore Orson Welles, démiurge en tant que cinéaste et qui a laissé une impressionnante composition de flic pourri dans "la fureur" du mal qui devient "Dieu le Père" dans la Sainte-Trinité (aux côtés d'un fils baba cool grand amateur de substances diverses et d'un Saint-Esprit ayant les traits d'un juke-box)












Il faut un oeil plus aguerri pour reconnaître la femme rousse de la publicité pour le papier à cigarettes Job inventée par Mucha dans la déesse-mère des "Héros de l'Equinoxe". Et carrément être un spécialiste de la peinture pour retrouver dans les restes d'un repas pris par Laureline qui figurent dans un coin de vignette, une "nature morte aux huitres, citron et coupe d'argent" de Willem Claeszoon Heda!

jeudi 30 mai 2019

Méli-mélo de photos et tableaux avec S. Takaoka

Shusaku Takaoka est un "artiste" japonais qui maitrise fort bien l'infographie et a réalisé des photomontages en incrustant des visages cultes de la peinture dans des scènes contemporaines. Il fait aussi l'inverse.
Certains crient au génie. Je me contente de penser que le procédé est amusant à petite dose ... mais lassant à la longue car ce sont souvent les mêmes personnages qui sont utilisés: Mona Lisa ou de la jeune fille à la perle pour les femmes ou l'un des autoportraits de Van Gogh pour les hommes. Mais peut-être ai je mal cherché sur le Net lorsqu'il a fallu rédiger le texte du présent billet.
Ceux que le procédé passionneraient pourront toujours chercher à en voir plus sur le compte Instagram de ce monsieur



 



vendredi 12 avril 2019

Retour d'exposition: "Le modèle noir" au Musée d'Orsay

Ce qu'en dit le site du Musée:
"En adoptant une approche multidisciplinaire, entre histoire de l'art et histoire des idées, cette exposition se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l'imaginaire que révèle la représentation des figures noires dans les arts visuels, de l'abolition de l'esclavage en France (1794) à nos jours. Tout en proposant une perspective continue, elle s'arrête plus particulièrement sur trois périodes clé : l'ère de l'abolition (1794-1848), la période de la Nouvelle peinture jusqu'à la découverte par Matisse de la Renaissance de Harlem et les débuts de l'avant-garde du XXe siècle et les générations successives d'artistes post-guerre et contemporains."
Ce que j'en ai retenu: Plus que les éléments historiques, c'est la manière dont les artistes ont, au fil du temps, représenté les modèles noirs qui a retenu mon attention. Et j'ai tout particulièrement apprécié le travail qui a été réalisé pour leur redonner un nom. Effort d'autant plus méritoire que ce n'est qu'au XXème siècle que l'on a commencé à "créditer" les modèles, quelle que soit la couleur de leur peau.
Petit moment d'émotion aussi lorsqu'est apparue Jeanne Duval, photographiée par Nadar, peinte par Manet et qui fut longtemps la muse de Baudelaire. Une histoire pas simple que la leur que résume ainsi le site wikipédia: "(...) de longues années de cohabitations, de séparations, de ruptures et de réconciliations."  Au final on ne connait d'elle ni sa date de naissance, ni celle de son décès.On n'est même pas certain de son apparence physique. Et si on dispose d'un certain nombre d'écrits de Baudelaire la concernant, toutes les lettres qu'elle a adressées au poète ont été détruites par la mère de Baudelaire. 
Ci contre, non par un buste de Jeanne mais une anonyme femme (Capresse) des colonies immortalisée par Charles Cordier qui a juxtaposé onyx et bronze patiné et doré

mercredi 10 avril 2019

Retour d'exposition: "Doisneau & la musique" à la Cité de la Musique



Doisneau et la musique, j'en étais restée à ses photos avec Maurice Bacquet. Et j'avais tort!
On peut en voir un certain nombre de ces photos, avec notamment quasi une salle entière réservée à cette collaboration qui a duré des années, les 2 compères ayant pas mal bourlingué, en France comme aux USA pour réaliser certains clichés. Au point qu'il n'est pas évident d'en sélectionner pour illustrer leur travail en commun! Une moins connue peut-être?
Mais j'ai découvert d'autres aspects du travail de Doisneau. Par exemple, ses clichés plus anciens, juste après la seconde guerre mondiale, de ceux qui le rattachent à 100% au courant de la "photographie humaniste", lorsqu'il arpentait aussi bien les quartiers populaires (n'hésitant pas à suivre plusieurs jours d'affilée un duo composé d'une chanteuse assez bien en chair qu'accompagnait à l'accordéon une jeune et mince jeune femme vers laquelle tous les regards se tournaient) que les personnalités montantes à la demande de la revue Vogue.
Et puis j'ai oublié l'amitié qui a uni Doisneau et Prévert...  Prévert le poète, dont certains textes ont été mis en musique. Ce qui permet de visualiser un certain nombre de photos sur la thématique: "un parolier &un compositeur de musique à la recherche du succès" ... qui se fait attendre et est illustrée par des photos d'interprètes très connus. Par exemple Bourvil ou Montand (mais aussi d'autres) tous très naturels sur la photo car, par la magie du Rolleiflex qui se porte à hauteur de nombril et tandis que le photographe ne les regardent, ils ne pensent pas poser.
Et surtout, j'ai découvert que Doisneau a aussi immortalisé la jeune génération qui avait l'âge d'être ses enfants comme ... par ordre alphabétique: Higelin, Renaud, les Rita Mitsouko...dont il aréalisé les pochettes de disques

mercredi 27 mars 2019

Dernières BD lues "Ambulance 13 - Pourquoi?" par Ordas & Mounier

9ème et véritable dernier volume qui commence le matin du 11/11 et s'achève au cimetière militaire de Fleury-devant-Douaumont.
En fait la BD se divise en 2 parties.
Il y a le récit des 10 & 11 novembre 1918... et notamment cette dernière mission de Bouteloup, aller récupérer des blessés allemands (volontairement oubliés sans médecin ni médicaments par leur compagnie)  alors même que l'ordre est de ne pas fraterniser avec l'ennemi. Il le fait... mais revient avec une dernière victime, un "bleu" qui n'a pas eu le temps d'acquérir certains réflexes et ne plonge pas lorsqu'un soldat allemand  rancunier lance une dernière grenade. Bouteloup antidatera sa mort, afin que la mère adoptive de ce "bleu" (qui avait devancé l'appel) dont c'était le seul enfant, puisse bénéficier de sa pension de "mort pour la France".
Avant de revenir à la seconde partie de la BD, centrée elle sur les mésaventures de Jules dit l'Ecaille, je reviens sur ce qu'aurait dit Georges Clémenceau, président du conseil et ministre de la guerre lorsqu'il a été informé que l'armistice prendrait effet le 11/11 à 11 heures: " Le temps de rédiger mon discours et je fonce à l'assemblée. Pas besoin d'escorte, c'est inutile. Je ne serai pas seul. 1 375 000 morts m'accompagneront"
Plusieurs éléments m'ont laissé perplexe lors de la seconde partie de la BD: notamment la manière dont Bouteloup
- aide Jules (qui a eu le malheur de recroiser Dervilly*) à mourir le plus sereinement possible. Même si officiellement c'est juste une piqure de morphine, ça ressemble fort à une euthanasie.
- obtient que son corps de civil (puisque tel était le statut de Jules, démobilisé en mai 1919) puisse être transféré à Verdun, et plus encore au sein de ce qui deviendra le cimetière de Douamont. L'occasion pour les scénariste de rappeler le lourd tribu payé par les services de santé dans une note  à
la dernière page: "En 1914-1918, le taux de pertes du service de santé [des armées] le place au deuxième rang des armes les plus exposées, après l'infanterie; nous dédions cet ouvrage aux chirurgiens ,médecins, pharmaciens, infirmiers et brancardiers inconnus". Avant que , comme les précédentes BD de la série, celle-ci ne se termine se clôt par un cahier technique où il est notamment mentionnés les progrès techniques réalisés au plan médical durant la 1ère guerre (et dont on pu bénéficier ensuite le reste de la population): en matière d'anesthésie, de transfusion sanguine, de radiologie, de psychiatrie, d'hygiène...

lundi 25 mars 2019

Dernières BD lues: "les vieux fourneaux - La Magicienne" par Lupano et Cauuet

Les volumes se suivent et sont toujours aussi bons...
- quant aux réparties
- quant aux situations
- quant à la manière de coller à l'actualité
- quant à la manière de distiller des informations sur les personnages
Exemple de répartie avec Antoine qui s'adresse aux clients de la Chope (le café du village) "C'est bien la France ça! Vous passez votre temps à râler que rien ne change, et quand ça change, vous gueulez que ça ne sera plus comme avant"
Pour les situations: voir le passage où Arno Nimousse, le geek qui a quitté l'île de la tortue, erre désespérément dans la campagne pour trouver du réseau avant d'en trouver dans un petit bois... juste au moment où la batterie de son PC s'avoue vaincue
Quant à la manière de coller à l'actualité c'est par exemple l'installation d'une ZAD compte tenu de la découverte, sur les terrains fraîchement achetés par Garan-Servier, d'une espèce protégée, la "magicienne dentelée" ou la désertification médicale des zones rurales où les personnes âgées sont plus ou moins contentes d'avoir affaire à des "migrants", en l’occurrence des médecins venant de l'Europe de l'Est, quand les anciens professionnels partent en retraite
Et pour ce qui est des informations sur les personnages: on apprend enfin qui est le papa de la petite Juliette et pourquoi le grand-père maternel est fâché avec sa famille, dont son propre père Antoine.
En introduction et surtout conclusion, on a aussi la confirmation que le PDG de Garan-Servier est un sale c** puisque avec l'extension il a prévu de relocaliser une partie de ses activités en France (mais avec juste 150 créations d'emploi) tout en fermant son site en Italie (2000 licenciements!)  

dimanche 24 mars 2019

Dernières BD lues: "les vieux fourneaux - Celui qui part" par Lupano et Cauuet

Ils sont toujours aussi en forme nos octogénaires. Bon d'accord, Mimile, le héros de ce volume a droit à un petit séjour à l'hosto mais l'essentiel n'est pas là.
Un volume où on se marre toujours autant mais avec des passages plus graves avec les histoires
- à 10 & 20 ans de Berthe, la voisine dont, aux dires d'Antoine et Pierrot, mais aussi des gamins du village, il ne faut surtout pas acheter les oeufs
- et de Errol, un vieil Australien de l'âge de 3 héros, mais en beaucoup plus déglingué et qui cherche "The Biouche"
Peut-être plus que dans le précédent volume, les histoires s'entrecroisent, les histoires de ceux que Sophie baptise les 3 ânes en racontant via ses marionnettes comment les 3 grands copains d'enfance ont eu un comportement assez détestable avec Berthe lorsqu'ils étaient enfants.
Le seul qui ne s'en sort pas trop mal et échappe à l'écrasage d'oeufs sur la tête c'est Emile. Emile  dont on a comprend pourquoi il a quitté le village à 20 ans pour aller s'entraîner au rugby aux antipodes. Et qui explique comment il a rencontré Errol, cet Australien, alors tout aussi baroudeur que lui, avant que,toujours à cause de lui, il ne devienne, ainsi que le décrit Pierrot: "un vieil Australien repoussant, farci de prothèses! on dirait qu'il a été mâché par Belzébuth"
Ne pas oublier les passages où, dans l'introduction, Pierrot est déguisé... en abeille quand il fait un coup médiatique contre le lobby des insecticides. Et quand Sophie rencontre le PDG des laboratoires Garan-Servier. Vraiment un sale c** celui-là (avec peut-être un début d'explication quand au comportement bizarre du père de Sophie avec ses parents)

samedi 23 mars 2019

Dernières BD lues: "Les vieux fourneaux- Bonny and Pierrot" par Lupano et Cauuet

Un T2 au même niveau, tant au plan graphisme que  réparties (dont certaines sont savoureuses), que le précédent avec, une fois l'album refermé une question:  Antoine et Emile, les amis de Pierrot, ont ils eu raison de ne pas lui dire la vérité une fois qu'ils l'ont découverte?
Quelle vérité? Celle qui concerne Anita. Pierrot, militant gauchiste, a été amoureux fou dans sa jeunesse d'une certaine Anita (dite aussi Ann Bonny*) avec qui il a fait les 400 coups dans les meetings mais aussi braqué un bureau de poste!... avant qu'elle ne soit reconduite dans son pays d'origine, l'Algérie. Et elle vient de ré-apparaître en lui envoyant une grosse somme d'argent, pour la "cause"*
Sauf que Pierrot a toujours cru dans ce que lui avait dit Riton l'élégant (un ancien rival en amour auprès de Anita) à savoir que Anita était morte en Algérie, victime de la répression. Mais dans la réalité Anita est revenue en France sous un faux nom, elle n'a jamais essayé de revoir Pierrot, elle
a choisi d'épouser son rival, et vécu comme le constatent tristement Antoine et Emile, avec un "beauf dans un petit pavillon de banlieue", allant même jusqu'à assommer Pierrot (qu'elle n'a pas reconnu) lorsque ce dernier vient casser la figure à Riton. 
Toute vérité est elle bonne à dire? Pour Antoine et Emile, la réponse est non. Ils préfèrent laisser Pierrot avec son ancien chagrin d'amour et ses bons souvenirs d'Anita
En dehors de l'intrigue centrée sur Pierrot, il y a un gag récurent autour des trop nombreuses variétés de baguettes de pain et la triste histoire racontée par Emile (auquel sera consacré le tome 3) de l'île de Nauru (dont il sera de nouveau question dans le Tome 5)
En clair, une BD qui se lit et relit, et re-relit avec plaisir.
*La "cause" c'est le groupuscule de "Ni yeux ni maître" qui fait régulièrement des actions ... toujours pacifiques... en utilisant les ressources de ses membres. Un exemple: envoyer chaque soir dans un ancien bistrot devenu bar (très bruyant) à la mode, une bande de retraités joueurs de rami, buveurs de tisanes etc... Ou encore laisser Jean-Chi(ldéric) "empoisonner" à lui seul un dîner mondain de Jean-François Copé

lundi 18 mars 2019

Dernières BD lues: "Les Vieux fourneaux - Ceux qui restent" par Lupano & Cauuet

Un régal cette BD parce que ce vieux trio (l'un d'eux va devenir arrière grand-père ) vaut le détour!
Je n'avais quasiment rien écrit à son sujet après acheté & lu dans la foulée cette BD... C'est l'occasion de se rattraper, en commençant par présenter les membres du trio qui auront chacun droit à une BD.
Donc dans le trio: voici Antoine, qui vient de devenir veuf de Lucette, une fort jolie femme (à qui ressemble beaucoup Sophie, sa petite-fille et fille de Bertrand avec lequel il est fâché) qui pendant des années a fait tourner un petit théâtre dont le personnage central était un loup en slip*.
Antoine, est d'une certaine manière le plus "sage" des 3. Il faut dire que réussir à bosser 40 ans auprès du laboratoire Garan-Servier (spécialisé dans les médicaments type anti-dépresseurs) ça calme, même quand on est syndicaliste comme lui, sauf quand on s'appelle Pierrot, un des autres membres du trio auquel une BD sera consacrée.
Enfin, ça calmait jusqu'au moment où, chez le notaire, Antoine lit une lettre laissée par sa femme  et où il est question... de Garan-Servier père... expédié en Toscane depuis qu'il a refusé de s'expliquer sur une somme de 100 millions disparue de la comptabilité. Ce qui l'incite à partir armé d'une fusil voir ledit patriarche. Suivi de près par les 2 autres membres fort inquiets du trio: Pierrot et Mimile le tatoué (qui aura droit lui aussi à sa BD) qui ont réquisitionné Sophie, enceinte de 7 mois (et dont personne ne connait le père de l'enfant, du moins jusqu'au tome 4 de la série)
La BD se finit bien, Antoine ne tue pas Garan-Servier lequel confie à Sophie (qu'il confond avec Lucette à qui il tenait beaucoup) ... le code d'accès à un compte secret qu'il a aux îles Caïmans.
On a désormais quasiment tous les éléments pour les volumes à venir qui aborderont chacun des pans de la vie actuelle et surtout passé de Pierrot (T2) Emile (T3) et Sophie (T4) et on replonge avec plaisir dans les scènes, dialogues et les tirades bourrés d'humour... sans pour autant exclure des moments d'émotion, comme lorsque Pierrot prétexte une envie de faire pipi pour cacher son envie de pleurer car avec Lucette il s'était fâché et "on fait partie de ces vieux cons qui auront pas été fichus de se rabibocher avant le passage de la faucheuse"

jeudi 14 mars 2019

Dernières BD lues: "Le couteau dans l'arbre" par Dodier

Quelque part sur le Net, quelqu'un a écrit au sujet de cette BD "on est plus dans le registre du fait-divers que de l'espionnage. Et c'est tout à fait ça.
Bon ceci dit, le fait-divers n'est pas du style"chien écrasé" mais plutôt sordide secret de famille, certes non montré, mais assez explicite toutefois pour qu'aucun doute ne soit possible. Quant aux scènes d'action, ça jamais été le point fort de ce dessinateur et puis difficile d'imaginer Jérôme (une fois de plus avec son imper à la Bogart et circulant -sans casque- non pas sur son éternel solex mais quasi aussi vieux Peugeot bleu) avoir   le comportement de certains cow-boys de la BAC!
Un gros bémol quand même: le traitement réservé aux représentants de la gendarmerie locale: un peu trop présentée comme aveugle à certains faits et manipulée par le fameux industriel...Mais une fois de plus charme opère:
... parce que Jérôme est un faux naïf & un vrai gentil futé qui sait démêler les intrigues (mais aussi un sacré gaffeur)
... parce l'auteur sait créer des personnages, même secondaires, attachants, avec une véritable personnalité, enfin mis à part l'intouchable industriel manipulateur dont la fille a disparu
... parce qu'il y a l'humour Dodier
, notamment dans les relations entre Jérôme et Babette, mais aussi quand Dodier fait référence aux points faibles de Jérôme, comme son goût pour la carbonnade flamande ou le chocolat chaud (rien à voir avec les expressos ou alcools forts des privés américains).
Seul bémol dans cette BD, la manière dont sont décrits  les représentants de la gendarmerie locale: des hommes plein de préjugés à l'encontre des gens un peu différents comme peuvent l'être Jérôme (un détective privé) ou son ancien copain d'école (devenu très baba cool) et prêts à gober n'importe quoi à partir du moment où c'est la version d'un notable du coin.

lundi 4 mars 2019

Dernières BD lues: "Le vrai sexe de la vraie vie" de Cy(rielle)

C'est une drôle de BD offerte par l'ainée de mes enfants! Une BD qu'en temps normal je n'aurais pas achetée, ni même remarquée, car ce n'est pas le style de graphisme que j'apprécie et je ne suis pas fan des BD compilations de micros histoires. Mais celle-ci a un immense mérite: parler de choses ayant trait à la vie sexuelle, non pas sous l'angle performance, mais au travers de choses que l'on évoque peu dans la vraie vie.Parmi les choses dont on parle rarement, il y a les loupés comme le partenaire qui, dans le feu de l'action, confond le tube de lubrifiant avec celui... du gel hydroalcoolique. 3 douches de rinçage plus tard, le feu me semblait pas calmé chez la Dame qui raconte sa mésaventure. Ou cette histoire du petit couple qui fantasme sur l'idée d'un trio et invite un ami... et cale en pleine action parce que pour de vrai, si les "plans à 3" ça les fait rêver,les vivre pour de vrai, c'est pas leur truc. Ils sont loin, très loin du couple de la 1ère histoire qui se rend costumé dans un château qui a organisé un week-end libertin... avant de filer vite fait récupérer les enfants.  Et puis il y a les choses sérieuses comme la sexualité des personnes handicapées qui ont besoin parfois d'aides (l'auteure de la BD en cite quelques unes) mais aussi de l'importance de la prévention (il y a quelques encarts plus techniques) et aussi du consentement, quel que soit le stade où en sont arrivées les choses. Ici une jeune femme qui a invité chez elle un jeune homme rencontré lors d'une sortie en boite de nuit. Alors même que les préliminaires sont bien avancés, ellearrive à lui faire comprendre que  son désir à elle n'est pas/plus au diapason du sien et qu'il n'y aura rien de plus. Et lui n'insiste pas, retourne dormir chez lui et elle finit la soirée devant un épisode de"Games of Thrones" 
Pas une grande BD, mais écrit sur la couverture du livre "Cy n'a pas la prétention de monter LE sexe mais plus un échantillon DES sexualités."

jeudi 21 février 2019

Des films qui marquent - 21 - "Le grand silence" de Philippe Gröning

Un film OFNI* comme je me plaisais à le dire après l'avoir vu et beaucoup apprécié, sur les conseils d'une collègue de travail... avec pour seule différence entre nous deux, c'est qu'elle était  tout comme bouddhiste là où je suis agnostique.
L'histoire? Le réalisateur, 15 ans après avoir demandé au Père responsable du monastère de la Grande Chartreuse, si il pouvait filmer la vie quotidienne au sein de ce monastère où ne vivent que des contemplatifs, le cinéaste avait obtenu un accord.
Il avait donc vécu six mois parmi eux (entre  2002 & 2003) dans la discrétion la plus grande et sans le moindre assistant, afin d'obtenir 120 heures d'images dont il a tiré un film de 2 heures 42, sans dialogues ou presque (généralement des prières, des chants et quelques témoignages de frères de tous âges) sans musique additionnelle, sans commentaire, sans autres bruits que ceux produits par les gestes du quotidien, sans autres voix que celles relevant de l'accomplissement du rite,sans autre lumière que celles des lampes ordinaires, ou des bougies.
Ce qui donne au final notamment cette scène où l'un après l'autre les frères se réunissant dans l'église, prennent connaissance grâce à une minuscule loupiotte de la prière chantée du jour, éteignent celle-ci et attendent dans le noir &le silence que l'un d'eux commence à chanter et lui répondent. Et c'est un moment de grâce absolu. Même pour un non croyant.
Autant dire que même si beaucoup de personnes ont vu ce documentaire qui avait créé la surprise fin 2005, tant le bouche à oreille avait été excellent à son sujet, aucun de mes amis sur Facebook, même les croyants n'a reconnu le film à partir de la simple image ci-dessus.
*Objet Filmé Non Identifié 

mercredi 20 février 2019

Des films qui marquent - 20 - "La leçon de piano" de Jeanne Campion

Sur ce coup là j'avais été un peu sournoise avec mes "amis" facebookiens car j'avais posté l'image ci dessus et je m'étais bien gardée de mettre une de celles où figurait l'héroïne et/ou son piano... notamment quand elle attend sur la plage avec sa petite fille qui tue le temps en dormant ou en dansant.
Mais si des images fortes me sont restées en mémoire, ce ne sont pas celles qui m'ont le plus impressionnée.
Il y a la scène où Ada, qui a accepté le"deal" avec Baines son voisin (à savoir accepter qu'il l'écoute jouer tout en la touchant afin qu'elle récupère petit à petit son piano) apprend, elle si froide et distante -notamment avec son mari- la sensualité. Avant de passer à l'acte tandis que Alistair, son mari les épie à une fente dans la cloison. 
Celle aussi où Ada essaye, via des caresses très sensuelles, d'amadouer son mari qui finalement se dérobe, effrayé des sensations et émotions que sa femme lui fait éprouver.
Celle où Ada qui ne peut accepter de renoncer à son piano qui alourdit la barque qui l'emmène au loin, se laisse couler comme une pierre au fond de l'eau... avant finalement de choisir de renoncer à lui et préfère remonter vers la vie.
Mais avant tout, il y a la scène sous la pluie, dans la boue où Alistair, rendu fou furieux d'apprendre que sa femme tient à Baines au point de lui sacrifier une touche de son piano, l'entraine dehors pour lui couper un doigt, pensant ainsi la punir et l'empêcher définitivement de communiquer avec lui via sa musique, via son piano. Sauf qu'en agissant ainsi il la perd à jamais.
Un film très romantique, par l'histoire, les costumes, la musique... mais aussi et surtout un très beau portrait de femme plus libre qu'il n'y paraît de prime abord. Mais aussi de petite fille qui apprend le monde des adultes et notamment que sa mère reste une femme. Et d'hommes, que ce soit le mari qui aime sa femme mais n'arrive pas à communiquer avec elle, et ce n'est pas qu'une affaire de mots... ou le voisin qui, bien que illettré, arrive lui à communiquer avec Ada via la musique et le langage des corps, de la peau...