Affichage des articles dont le libellé est échos. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est échos. Afficher tous les articles

jeudi 24 octobre 2019

Plaisir de lire (4) "Si c'est un homme" de Primo Levi

C'est un livre dont j'avais beaucoup entendu parler et qu'on disait épuisé sans qu'il ait été ré-édité. J'avais donc renoncé à espérer pouvoir le lire alors même qu'il semblait incontournable. Et puis un jour, miracle, en faisant à tout hasard une recherche sur le Net, j'ai découvert qu'il existait en livre de poche*. Probablement quelques années après avoir lu ces 3 autres témoignages forts que sont la BD "Maus"** de Art Spiegelman,  "Le mort qu'il faut"**  de Jorge Semprun et "Cette aveuglante absence de lumière"** de Tahar Ben Jelloun. Et je me suis alors empressée de l'acheter.
Un témoignage fort, bien avant les autres ouvrages ci dessus mentionnés et qui posait déjà ces questions clés:
- comment rester un homme lorsqu'on est plongé dans des conditions extrêmes
- mais aussi pourquoi cette injustice qui fait que ce ne sont pas les plus "forts" au niveau de la pensée qui souvent survivent mais souvent les plus débrouillards, voire les plus magouilleurs, les moins respectables des individus.
Si je ne me rappelle plus ce qui a fait "tenir" Levi (peut-être le souhait de pouvoir témoigner plus tard) , je me souviens fort bien que pour Semprun il y avait les discussions dans le seul lieu où les gardiens se gardaient bien d'aller: les latrines et la poésie. Quant aux prisonniers dont parle Ben Jelloun, ceux qui ont survécu, après avoir perdu leur maître du temps qui comptait pour eux minutes, heures & jours se sont souvent plongés dans leurs souvenirs du Coran. 
* L'édition française de sa ré-édition date de 2007
** Respectivement parus en 1986 (Tome 1) et 1991 (Tome 2) pour "Maus" et 2001 pour les 2 autres ouvrages

lundi 30 septembre 2019

Les conférences de l'Université Permanente

Voilà, c'est fait depuis quelques jours: après près de 40 ans d'interruption je suis de nouveau une étudiante. Il y a toutefois beaucoup de différences avec ma dernière inscription à la faculté de Droit de Rennes... en septembre 1980.

D'abord cette année je suis inscrite juste pour pouvoir assister aux conférences, et pas aux cours. Et oui, il m'est arrivé trop souvent de rêver* que je passais des examens pour ne pas avoir envie de repiquer à quelque chose qui pourrait impliquer des contraintes comme bosser la matière entre 2 cours, avoir des évaluations etc... Et puis il est probable que la plupart des cours que j'aurais aimé suivre étaient complets car les inscriptions "normales" ont eu lieu dès le mois de juin dernier. Sans compter que, pour une reprise, je n'avais pas envie de me donner des contraintes horaires au delà de celles qui existent d'ores et déjà avec mes cours de sport 3 fois/semaine
Et puis, idée d'Université Permanente oblige, il n'y a pas de spécialisation comme en Droit ou en Lettres puisque les cours et conférences recouvrent toutes les filières et sont regroupées en thématiques : artistique (le lundi), littéraire (le mardi), médical et scientifique (le mercredi) etc...
Et enfin... vu les horaires des conférences (très souvent à 14:30) les étudiants ont bien souvent les cheveux gris ou blancs, voire plus du tout pour ce qui est de certains messieurs. Mais bon, pont positif, il n'y a plus aucune barrière d'âge contrairement à l'époque où il était question d'université du 3ème âge.
* Plus que "rêver" j'aurais du écrire "cauchemarder" car bien souvent la trame du "rêve" était la même: au milieu d'un amphi ou d'une salle de cours,  j'étais dans l'impossibilité de répondre aux questions posées parce que je n'arrivais pas à lire le sujet, que je n'avais pas de copie pour composer, voire de stylo... alors que ceux qui m'entouraient n'éprouvaient aucune difficulté

lundi 1 juillet 2019

Retour d'exposition: "Hugo Pratt" au Musée Confluences de Lyon

 L'an prochain cela 25 ans que Hugo Pratt a disparu... Grâce soit rendue au Musée "Confluences" de Lyon d'avoir organisé cette 1ère grande exposition qui permet aux jeunes générations d'en savoir plus sur cet auteur de BD qui a enchanté plus les générations plus anciennes, notamment celle  était adolescente ou jeunes adultes lors de la publication des 1ères aventures de Corto Maltese, à la fin des années 60.
Une très belle exposition organisée officiellement en 3 parties avec une partie biographique, une autre sur les inspirations de l'auteur de bandes dessinées et une dernière sur ses œuvres.
C'est la seconde qui m'a le plus passionnée. Notamment parce qu'on y voit un certain nombre d'objets dont on retrouve trace dans l'oeuvre du dessinateur,comme un crâne en cristal.
Et puis j'ai eu un très gros coup de coeur pour les versions "aquarellées" de certains de ses dessins (sans que je sois certaine qu'elles soient réellement de la main de Hugo Pratt) Le doute est permis puisque si on voit dans une vidéo, Hugo Pratt réaliser une aquarelle et que ses oeuvres, initialement en noir et blanc ont été republiées en couleurs... un article de presse précise que "Outre les originaux, nombre de dessins ont été retravaillés en couleurs, par la graphiste Tiphaine Massari"
Petit coup de coeur aussi pour l'une des "salles" où étaient regroupées 390 visages des personnages inventés au fil des volumes. Et juste avant, une sorte de carte interactive où les visiteurs étaient invités à faire voyager Corto en utilisant un chat.
J'allais oublier un détail: de nombreuses citations émaillent le parcours de l'exposition, avec beaucoup de références aux auteurs anglo-saxons. Mais pas que,car s'il fallait n'en retenir qu'une ça serait celle de Dont cette fort joli phrase de Jorge Luis Borgès qui colle tellement bien au personnage de CortoMaltese: "Un gentleman ne peut s'intéresser qu'à des causes perdues"

jeudi 27 juin 2019

Retour d'exposition: "Valérian & Laureline" à la Cité des Sciences et de l'Industrie

 Voilà une exposition que je ne voulais à aucun prix manquer... parce que durant mes années de fac j'ai dévoré les différentes BD de la série, avant de recommencer à les acheter plus tard, ravie que désormais la série ne s'intitule plus"Valérian" mais "Valérian & Laureline" quitte à être un petit peu déçue de la manière dont la BD s'achevait et très déçue de l'adaptation cinématographique où la rousse Laureline devient une fade blonde. 
L'exposition elle ne m'a pas déçue. Plus que l'interview d'un certain nombres de scientifiques quant à la probabilité d'exister de certaines inventions du duo Christin-Mézières, ce sont les vignettes qui explicitent l'origine de certains personnages ou certains détails au sein d'une vignette qui m'ont emballée.
Certains liens sont faciles à faire comme ici avec le film "2001, odyssée de l'Espace ou bien encore Orson Welles, démiurge en tant que cinéaste et qui a laissé une impressionnante composition de flic pourri dans "la fureur" du mal qui devient "Dieu le Père" dans la Sainte-Trinité (aux côtés d'un fils baba cool grand amateur de substances diverses et d'un Saint-Esprit ayant les traits d'un juke-box)












Il faut un oeil plus aguerri pour reconnaître la femme rousse de la publicité pour le papier à cigarettes Job inventée par Mucha dans la déesse-mère des "Héros de l'Equinoxe". Et carrément être un spécialiste de la peinture pour retrouver dans les restes d'un repas pris par Laureline qui figurent dans un coin de vignette, une "nature morte aux huitres, citron et coupe d'argent" de Willem Claeszoon Heda!

jeudi 30 mai 2019

Méli-mélo de photos et tableaux avec S. Takaoka

Shusaku Takaoka est un "artiste" japonais qui maitrise fort bien l'infographie et a réalisé des photomontages en incrustant des visages cultes de la peinture dans des scènes contemporaines. Il fait aussi l'inverse.
Certains crient au génie. Je me contente de penser que le procédé est amusant à petite dose ... mais lassant à la longue car ce sont souvent les mêmes personnages qui sont utilisés: Mona Lisa ou de la jeune fille à la perle pour les femmes ou l'un des autoportraits de Van Gogh pour les hommes. Mais peut-être ai je mal cherché sur le Net lorsqu'il a fallu rédiger le texte du présent billet.
Ceux que le procédé passionneraient pourront toujours chercher à en voir plus sur le compte Instagram de ce monsieur



 



vendredi 15 février 2019

Des films qui marquent - 15 - "la jetée" de Chris Marker


Un "film" très atypique car réalisé en quasi totalité à partir de plans fixes d'images, parfois très rapprochées, ce qui donne parfois l'impression d'un film au ralenti . Et puis une histoire n'arrête pas de faire des allers et retours entre le présent et le passé (voire le futur) afin d'essayer de comprendre ce qui a pu se passer bien des années avant, avant la 3ème guerre .
Une trame d'histoire qui sera reprise bien des années plus tard avec "l'armée des 12 singes" avec des acteurs beaucoup plus connus et des moyens financiers très importants. Il n'empêche que c'est le film d'origine que je préfère parce que tellement plus poétique avec ces "photos" qui défilent, autant d'instantanés du temps passé ou présent. Et régulièrement juste la voix du narrateur qui comprend, trop tard, pourquoi la scène de la mort d'un homme sur la jetée d'Orly (celle de la photo) qui daterait de son enfance l'a tant marqué.

jeudi 14 février 2019

Des films qui marquent - 14 - "Pandora" d'Albert Lewin

Quand il a fallu choisir entre ce film et "la comtesse aux pieds nus" de Mankiewicz où Ava Gardner tient aussi l'un des rôles principaux, j'ai hésité. Mais
- de Mankiewicz il avait déjà été question via "l'aventure de Mrs Muir"
- le présent film renvoie à la légende du "Hollandais volant" qui  m'avait beaucoup plu lorsque j'étudiais l'allemand, mais aussi celle de Pandora, la très belle et très douée mais aussi trop curieuse femme qui libère tous les mots sur terre mais sauve in extremis l'espérance
- et comme je l'ai découvert récemment, que la statue que j'avais vue et photographiée à Tossa del Mar (rebaptisée dans le film comme étant "Esperanza") où le tournage s'était en partie déroulé était celle de Ava Gardner.
Un joli film fantastique et une belle histoire d'amour entre
- un homme qui se croyait le plus fort mais erre depuis des siècles sur les mers et ne pourra être libéré de sa malédiction que si une femme l'aime assez pour accepter de mourir pour lui
- une femme libre, indépendante et indifférente aux nombreux hommes qui ont le malheur de tomber amoureux d'elle
et quelques moments gravés dans la mémoire comme le début du film où le corps des héros dont les mains serrées ne se sont pas détachées dans la mort est ramené par des pêcheurs sur le sable, la découverte par Pandora d'un tableau de la femme idéale peint par le Hollandais et qui a ses traits...
à noter qu'elle débarque sur le bateau après avoir nagé jusqu'à lui, nue de nuit... une scène qui fit scandale en 1951

mercredi 12 octobre 2016

"Entre deux Horizons" - Exposition au centre Pompidou de Metz

J'avais un peu de temps à tuer entre le moment où mon train arrivait en gare de Metz et celui où je devais récupérer une voiture de location près du centre Pompidou... alors j'ai visité celui-ci et notamment la seule exposition temporaire visible.
Ce fut l'occasion de vérifier à quel point je connaissais assez mal la peinture allemande (pas forcément surprenant car je pense que celle-ci est assez peu présente dans les collections des musées français)
Mais aussi de constater que je connais très mal  tout ce qui se rattache au courant dit avant-gardiste, quel que soit le côté du Rhin. Et enfin de constater que l'Art n'ayant pas de frontière, que ce soit entre la guerre de 1870 et celle de 14/18, ou bien encore après celle-ci tant les peintres allemands que français, tout en ayant chacun leur regard et leur style particuliers, avaient des sensibilités et des approches très similaires.

jeudi 15 septembre 2016

Retour sur les expositions...Autoportraits: de Rembrandt au selfie

Lors d'un petit séjour à Lyon, la météo n'incitant guère à la promenade, j'avais prévu de retourner voir les collections permanentes du Musée des Beaux-Arts... sauf qu'il y avait cette exposition temporaire. Une occasion idéale de voir des oeuvres que je n'irai jamais voir dans les musées où elles sont habituellement exposées: la "Staatliche Kunsthalle" de Karlsruhe et les "National Galleries of Scotland" à Edimbourg. Et je n'ai pas regretté d'avoir changé de programme car le contenu réel de l'exposition correspondait bien à son sous-titre, sans pour autant miser avant tout sur une simple évolution chronologique.
En très résumé, au fil des siècles, l'approche de l'artiste (d'abord le peintre puis, à compter du XIXème siècle, le photographe) a évolué. D'abord centré sur son regard proprement dit, l'artiste s'est ensuite positionné comme un homme au travail, dans son atelier, avant d'étendre sa représentation en mettant en scène le milieu dans lequel il évolue (et achète ses oeuvres) mais aussi son intimité familiale ou amicale (ceux et celles qu'il considère comme ses amis). Les évolutions les plus récentes, voient les artistes peintres privilégier, non plus l'auto-portrait idéalisé de l'artiste mais se représenter en tant que individu mortel (d'où les nus parfois très réalistes et pas forcément flatteurs) et aussi les portraits "en creux" où ils n'existent que via quelques traits stylisés ou bien encore les objets de leur environnement.


mercredi 14 septembre 2016

"Les rêveries du gourmet solitaire" de Taniguchi & Kusumi

On prend les mêmes (dessinateur & scénariste) et on recommence à balader notre "gourmet solitaire" dans d'autres quartiers de Tokyo et d'autres villes du Japon. Autant de prétextes pour amener ce fin gourmet (même si régulièrement il a plus le comportement d'un gourmand en ayant les yeux plus gros que le ventre!) à tester moult petits restaurants servant de la cuisine japonaise... ou étrangère (même si cette dernière est parfois très adaptée à la sauce japonaise)
Petite réserve toutefois: ces rêveries, aussi cultivées soient-elles, sont à la longue un peu répétitives. Pour reprendre ce qu'a écrit un commentateur: " les pérégrinations d’un homme qui cherche à se restaurer et qui, après moult hésitations, nous décrit avec détails les plats qu’il déguste." ... sachant que le héros ne boit pas d'alcool et un repas sans riz, pour lui, ce n'est souvent pas un vrai repas.
Et oui, le schéma est à la longue répétitif: le héros sort d'une visite chez un client, il a un petit creux et cherche à manger quelque chose. Soit il connait le quartier pour y être venu autrefois, soit il se rappelle des conseils donné par un client, soit il part à l'aveuglette et finit par en choisir un, avec appréhension car il ne veut en aucun cas se faire remarquer au milieu des habitués.Très important ça! Et une fois entré, il finit par essayer, une chose, puis une autre et se raviser en en ajoutant encore une... au point bien souvent de laisser des restes tellement il est lesté! Mais il a tout goûté et souvent tout approuvé!
Parmi toutes ses balades culinaires, j'ai eu une petit coup de coeur pour celle à Tottori, pas tant pour le menu que parce qu'il est question de Shôji Ueda dont l'essentiel de la carrière photographique s'est déroulée dans les dunes de Tottori.

mardi 6 septembre 2016

Variations autour de Abbey Road

Au départ il y a cette image un peu mythique qui figurait sur le dernier album enregistré par les Beatles

Une image qui a donné lieu à moult variations pleines d'humour dont celle-ci que j'ai peut-être déjà publiée... et oui, des poules qui utilisent un passage piéton sur le route de Abbey

Mais depuis lors, j'en ai trouvé quatre autres... Si les deux premières sont des montages avec de vraies photos de chats ou des personnages de la série des Simsons' (où Paul Mc Cartney et sa femme Linda ont été les héros d'un épisode)...

... la 3ème a été traitée en mode bande dessinée et la dernière, trouvée sur Facebook, avait été ainsi légendée: 4 abbés on the road
 


mercredi 31 août 2016

"Le journal de mon père" deJiro Taniguchi

Il avait été autrefois offert à mon fils, alors tout juste adolescent, par sa grand-mère paternelle qui  avait le don de trouver des ouvrages passionnants. Je ne l'avais pas lu alors et ce n'est que récemment, en rangeant dans ma bibliothèque des livres que mon fils ne voulait pas emmener dans son propre logement que je m'y suis plongée, avec beaucoup de plaisir même si l'histoire est extrêmement triste et que par certains côtés, près de 9 mois après le décès de mon père, elle a trouvé beaucoup d'échos dans notre propre histoire.
Dans ce manga, c'est l'histoire d'un fils parti volontairement depuis de longues années loin de chez ses parents et qui revient dans sa ville natale, après 10 années d'absence, à l'occasion du décès de son père. Un père qu'il avait fui, depuis de très longues années. "Je prenais conscience du fossé que j'avais creusé pour échapper à tout dialogue avec lui"
Et là, lors de la veillée funèbre en présence des membres de la famille, amis et voisins, plein de souvenirs lui reviennent en mémoire mais surtout il apprend un certain nombre de choses qui relativisent beaucoup ce qu'il pensait de de ce père qu'il le jugeait responsable du départ de sa mère du foyer conjugal avant que ses parents ne finissent par divorcer, et, l'un et l'autre, de se remarier. Au cours de cette nuit de veille, il va donc mieux à comprendre pourquoi son père a pu agir parfois de telle ou telle façon, constater à quel point c'était un homme bon, et se dire qu'il n'a pas été un très bon fils.  
Mais Taniguichi n'est pas dessinateur à s'arrêter à ce constat. Le héros, grâce à sa soeur, à son oncle maternel, à la seconde femme de son père et sa mère (qu'il n'avait plus vue depuis une fugue qu'il avait fait enfant afin de la retrouver) accepte de ressembler tant physiquement que psychologiquement à son père, s'aperçoit que sa famille ne lui en veut pas de s'être autant éloignée d'elle, fait la paix avec lui même et sait que désormais il reviendra beaucoup plus souvent vers la ville où il a ses racines.

mardi 9 août 2016

La Roche-Bernard, petit village de charme... le vieux lavoir (2)

Ce jour là, pour rejoindre le "centre ville", on a emprunté un petit sentier qui passait près d'un lavoir.
Un joli site, qui a donné matière à plusieurs photos. Et je viens de découvrir qu'une bonne partie de celles-ci, réalisées en 2010, sont historiques car depuis lors le site a été beaucoup réaménagé.
Mais avant d'en arriver là, voici quelques éléments* quant à ce lavoir
Le lavoir a été en service jusqu’aux années cinquante. "Les laveuses arrivaient très tôt, chacune poussant une brouette où s’entassaient le linge, le battoir, le savon, l’eau de javel, le bois, et si nécessaire les provisions pour le déjeuner. On faisait bouillir le linge dans trois ou quatre grandes marmites. Il était ensuite rincé à l’eau des fontaines puis mis à sécher sur les buissons."
Ensuite...ou quelques années après que les laveuses ne soient plus venues?...le site a été le théâtre de nombreuses « batailles de marrons » dont l'enjeu était de prendre possession du lavoir. Les batailles firent souvent rage et régulièrement des "soldats" se réconciliaient en sautant par dessus le muret de séparation entre les deux bassins.Des sauts parfois loupés qui se terminaient dans l'un des bassins, avec à la clé l'obligation de trouver une explication quant aux vêtements trempés une fois de retour à la maison.

Le temps a passé et la nécessité de travaux s'est fait sentir, notamment pour déconstruire les bassins en béton qui dénaturaient le lavoir et le ramener à son état d’origine.
Mais aussi et surtout "La nature, le vent, la pluie et la pente du terrain ont eu raison du marronnier dont une branche protégeait des rayons du soleil la toiture du lavoir. (...) l’arbre s’est couché et a détruit la moitié de la toiture." Et cette fois-ci, il a été décidé de conserver uniquement la seconde moitié de la charpente et de la  toiture.Dans le même temps le site était sécurisé, ré-aménagé et refleuri. A revoir donc quand je retournerai par là bas. 
* Grandement inspirés de la page qui est consacrée à ce lavoir sur le site internet de la mairie

jeudi 4 août 2016

Quelques gitanes...

Oui quelques gitanes immortalisées peu ou prou à la même époque.
Il y a d'abord les vraies gitanes, celle de Jean Dieuzaide et de Piergiorgio Branzi immortalisées l'une et l'autre à la même époque (années 1954/1955) dans des lieux identifiés comme "MonteSacro", probablement celui situé à Grenade pour le 1er photographe et celui du quartier de Rome pour le second.
Le thème de la Gitane -qui ne renvoyait pas systématiquement aux gens du voyage, aux Manouches ou aux Rom comme maintenant- aux robes colorées et dansantes était semble t il assez souvent traité à l'époque* pour avoir incité un cigarettier à donner ce nom à une marque de cigarettes brunes qui reste, pour beaucoup, associé au dessin en bleu, blanc & noir des années 1970, même si, à l'origine, c'étaient d'autres symboles qui étaient utilisés sur les supports publicitaires. 

* Parmi les souvenirs classiques ramenés d'Espagne, il y avait notamment les poupées qui ont décoré plus d'un intérieur... au même titre que les petits jardins se voulant japonais avec du sable, quelques plantes et un petit personnage en kimono sur un pont

lundi 21 septembre 2015

L'Arabie Saoudite & les droits de l'homme

Ci-dessous, un dessin pour deux événements mettant en cause les droits de l'homme et l'Arabie Saoudite...
D'un côté il y a eu cette nouvelle qui est tombée il y a quelques jours: la nomination d'un représentant de l'Arabie saoudite au Conseil des droits de l'homme des Nations unies.
Et puis de l'autre, le cas de ce jeune homme: Ali Mohammed al-Nimr qui a participé en 2011, lors de ce qu'on a appelé le printemps arabe, aux manifestations qui ont eu lieu dans son pays. 
Il avait alors 17 ans. Arrêté l'année suivante, il a été condamné à mort en 2014. Et la sentence est devenue exécutable à partir du , lorsque la peine a été ratifié par le roi d'Arabie saoudite. Une peine de mort qui devrait être atroce puisqu'il est prévu qu'il soit décapité, le reste de son corps étant ensuite crucifié et exposé publiquement jusqu'au pourrissement de ses chairs. 
A ce jour, et grâce à la mobilisation de la communauté internationale, le jeune homme est toujours en vie. Mais pour combien de temps encore?

samedi 5 septembre 2015

Escaliers en tous genres (3)

Et puis de loin en loin, c'est une figure humaine qui se déploie au fil des marches, comme ci dessous, le visage de Salvador Dali sur celles du Musée des Beaux-Arts de Philadephie. Il s’agit en fait d'une installation éphémère mise en place à l'occasion d'une grande exposition consacrée au peintre qui a eu lieu entre février et mai...2005. Oui, il y a 10 ans. Mais tel est le Net, vous y postez une photo et bien après qu'elle ne soit plus du tout d'actualité, elle circule et circule encore.
Il en est de même pour la photo qui suit et qui m'a beaucoup intriguée. Qui était cet homme dont on voyait sur les marches d'un escalier de Rio de Janeiro?
A force de fouiner, j'ai fini par découvrir qu'il s'agissait d'un projet artistique qui s'était déroulé...en 2008!... dans l'une des favelas ayant la pire réputation de Rio de Janeiro.
Un photographe français qui répond au nom  de JR* avait décidé de "...rendre hommage à celles qui occupent un rôle essentiel dans les sociétés, mais qui sont les principales victimes des guerres, des crimes, des viols ou des fanatismes politiques et religieux, JR a habillé l’extérieur de la favela avec ses immenses photos de visages et de regards de femmes, réunissant subitement la colline et le village dans un regard féminin..." Un projet qui a ensuite donné lieu à un film "Women are heroes" sorti en 2010, lors du festival de Cannes. 
C'est dans un article** que j'ai retrouvé le visage de celui qui m'avait tant intrigué... en fait celui d'une femme. Il ne reste plus rien de lui sur les marches de l'escalier... mais grâce au Net, elle est toujours vivante, même si elle n'a pas de nom.
* http://www.jr-art.net/
** http://www.voyageurs-au-bresil.com/voyage-bresil/women-are-heroes/

mercredi 19 août 2015

Deux versions de Marilyn...

Pour beaucoup, Marilyn Monroe n'a été qu'une icône sexy des années 50. Il faut dire que, bien souvent dans les films, c'était sa plastique qui était mise en avant. Un malentendu auquel elle a, d'une certaine manière, contribué car la phrase qui suit lui est attribuée*:
"J'ai toujours pensé que je n'étais personne. Et la seule façon pour moi de devenir quelqu'un... et bien c'est d'être quelqu'un d'autre."
Sur le net, impossible cependant de retrouver à quelle occasion elle l'aurait prononcée, probablement à l'occasion d'une interview au cours de laquelle elle était interrogée sur ma manière de concevoir ses rôles et qui, sortie du contexte, est désormais appliquée à la femme toute entière.
Alors, à défaut de pouvoir retrouver quand elle a dit cette phrase, j'ai voulu retrouver l'original de la photo en N&B qui accompagnait cette phrase. Une recherche fructueuse*.
L’original de la photo est en couleurs. Un cliché réalisé en 1952, par une femme, Eve Arnold, qui précise que Marilyn lisait "Ulysse" de James Joyce. Interrogée par un professeur de littérature grand amateur de Joyce, la photographe a plus tard précisé les conditions de réalisation du cliché: lorsqu'elle était allée voir l'actrice, celle-ci lisait effectivement l'ouvrage** qu'elle l'avait emmené avec elle pour s'y replonger tandis que la photographe rechargeait son appareil photo. Ce qui est fort plausible, le délai pour enlever et recharger une bobine neuve était beaucoup plus long au début des années 50 que celui nécessaire de nos jours pour changer la carte mémoire des APN
*pages 146 & 147 in "Les femmes qui lisent sont dangereuses"
**"L'actrice lui avait confié qu'elle aimait le ton du roman, qu'elle voulait le lire à voix haute pour mieux le comprendre mais que c'était un travail ardu"

mardi 18 août 2015

Les yeux, le regard... avec Michèle Morgan & Jean Anouilh

Allez, pour une fois on oublie le "T'as de beaux yeux tu sais" prononcé Jean (Jean Gabin) en regardant Nelly (Michèle Morgan) dans le film "Quai des Brumes" et on réfléchit sur une phrase de Jean Anouilh qui figure dans "L'invitation au château"
"Ce n'est pas tout d'avoir de jolis yeux, il faut qu'une petite lampe s'allume derrière. C'est cette petite lueur qui fait la vraie beauté."
Ce qui me fait penser à cette petite phrase assassine de Jean-Loup Sieff parlant des modèles qui, dans les années 60/70 portaient de très grandes lunettes opaques. Pour lui elles servaient aussi à masquer le néant qui existait derrière ce regard.

dimanche 16 août 2015

Il était une fois... 4 poules sur une route

Honte à moi, j'ai eu la flemme de chercher qui était l'auteur du cliché de gauche qui m'en a fait aussitôt penser, à un autre, tout comme beaucoup de personnes qui l'ont vu comme un écho de la mythique pochette du disque "Abbey Road" où l'on voit "4 garçons dans le vent" traverser sagement * un passage piétons, celui situé au croisement de Grove End Road et de Abbey Road. En fait juste en face des studios où le quatuor a enregistré presque toutes les chansons depuis 1962.
Pour en revenir à la photo des 4 poules (de Liver? car Liverpool?) deux titres de cet album me sont venus à l'esprit en les voyant: "Here comes the sun" (à cause de la lumière) et puis aussi "Come together"... Sauf que pour les Beatles, c'était la sortie .
En effet, même si j'ignore quand exactement le cliché a été réalisé, il est probable qu'à ce moment là les 4 ne savaient pas que cet album, enregistré entre février et août 69, serait leur dernier. C'est fin septembre (au moment de la sortie du disque en Angleterre) que John a annoncé qu'il quittait le groupe, ce qui revenait à dissoudre ce dernier, une nouvelle que Paul n'a rendue officielle qu'en avril 70.
* enfin tout est relatif car si, par rapport aux autres chanteurs qui ont décidé d'avoir un look plus en adéquation avec ce presque début des années 70, Paul qui porte un costume très classique est pieds nus et tient à la main une cigarette qui sera supprimée sur les ré-éditions de l'album

samedi 15 août 2015

Se rappeler aujourd'hui de hier....


... est parfois plus aisé pour certaines personnes âgées, notamment atteinte de la maladie d'Alzheimer, que de se rappeler des souvenirs récents. Mais tel n'est pas toujours le cas, souvenirs récents et plus anciens disparaissent et famille et amis ne gardent plus en mémoire ce qu'a été la personne autrefois. 

Alors pour promouvoir un nouveau médicament destiné à lutter contre la maladie, il y a quelques années, un laboratoire a lancé un concours. Et le lauréat a été Tom Hussey, un Américain spécialisé dans la photographie commerciale. Dans sa série "Reflexions" il a eu l'idée de mettre en scène des personnes âgées dans les actes de la vie courante: se raser, prendre un café, relever le courrier... mais en introduisant un miroir dans le quel "se reflète" la même personne telle qu'elle était dans sa jeunesse, à un moment clé de son existence ou à l'occasion de tâches où elle excellait

On voit donc face à face l'ancien juriste, la concertiste ou la couturière et l'homme ou la femme qu'ils sont devenus 40 ou 50 ans plus tard. Point communs entre tous ces clichés dont on peut retrouver une partie sur facebook* ou d'autres sites**: outre le miroir précité, le choix du classique noir et blanc ou de traitements spéciaux comme le sépia ou la désaturation partielle qui donnent l'un et l'autre cette patine que l'on est habitués à retrouver dans les vieilles photos.
J'allais oublier, sont aussi régulièrement présents des tiers: membres de la famille ou soignants car il ne faut pas oublier le contexte dans lequel a été conçue cette série d'image: aider à regarder autrement des personnes aujourd'hui atteintes de formes plus ou moins lourdes de la maladie