mercredi 25 mai 2022

En thérapie ?

 Ça y est, j’ai fini de regarder le dernier épisode de la saison 2. Elle m’a plus touchée que la saison 1. Peut-être parce que j’ai plus accroché à l’histoire de certains personnages ou du moins que leurs histoires ont davantage trouvé un écho dans ma propre histoire. Peut-être aussi parce que dans la 1ere saison, certains patients m’agaçaient: par exemple ce couple qui oscillait sans cesse entre « je t’aime / je te déteste » ou cette femme urgentiste qui fonctionnait en mode séduction, du thérapeute, du flic…

Là il n’y a qu’avec le jeune Robin que c’est moins « passé » même si, en réfléchissant bien, sa difficulté à trouver sa place au collège ainsi que le harcèlement dont il faisait l’objet viennent de faire remonter en surface de vilains souvenirs : la dernière colo où je suis allée juste avant de rentrer au lycée et les 1eres semaines dans un centre de formation pour devenir fonctionnaire… 

Avec Inès… qui découvre sur le tard qu’elle a été élevée par sa grand-mère car sa propre mère qui souffrait d’une dépression postpartum était repartie un an dans son pays natal … comment ne pas penser aux mois que j’ai passé en nourrice, loin de mes parents et de mes sœurs (beaucoup plus âgées que moi) avant de revenir auprès de ma famille et notamment qui ne m’avait jamais caché qu’elle n’avait pas été ravie de récupérer un bébé qui portait encore des couches. Pas surprenant qu’à l’âge adulte et même encore maintenant j’ai autant de mal à avoir des liens avec la famille 

Avec Lydia … grande sœur d’un frère autiste (qui fait aussi des crises d’épilepsie) et qui refuse de soigner un cancer pour ne pas être une charge de plus pour ses parents, j’ai retrouvé ce cas de figure de l’enfant qui doit s’oublier car seul compte celui qui a toujours des soucis dont il se plaint. Je me suis alors rappelé de plein de choses que j’avais tues, cachées pour éviter que mes parents, plein de préjugés, ne se mêlent de mes affaires comme ils l’avaient fait avec d’une sœur aînée. D’abord ado avec des soucis scolaires quand j’étais une enfant qui apprenait sans souci. Puis jeune mère de famille qui ne se résolvait pas à quitter un mari pervers narcissique quand ado je découvrais, seule (car aucune de mes très rares amies de primaire/collège/lycée ne m’avaient suivie au collège/lycée/fac) que je n’étais pas une si bonne élève que ça… 

Avec Alain… tyran dans sa vie privée comme professionnelle qui craque après le suicide d’une employée et découvre qu’il a toujours essayé d’égaler, pour les autres, un frère ou un ami très brillant morts prématurément … j’ai retrouvé le poids du souvenir des morts. Dur, dur de naître après un bébé mort au bout de 3 jours, une grossesse extra-utérine et dans un contexte où le cancer a fait disparaître en quelques années plusieurs membres de la famille proche…et qui me fait parfois dire « Lionne du 27 juillet née sous le signe du cancer.

J’allais oublier Philippe, le thérapeute. Pardon: thérapeute mais aussi patient dans le cadre de ses relations avec son superviseur. De lui je retiens plusieurs choses: sa manière d’être vraiment à l’écoute une fois qu’il a prononcé le « je vous écoute » (sachant qu’il est aussi attentif aux silences, aux moindres réactions de ses patients…) mais cette autre phrase fétiche « vos mots et votre manière de raconter sont aussi importants que ce que vous racontez »

vendredi 28 janvier 2022

L’art d’être grand-mère? …

 … est un art que je n’aurai guère l’occasion de pratiquer même si, depuis la fin de soirée d’hier je le suis. Seulement voilà, la maman du bébé vit à plus de 1200kms de Nantes et lorsqu’elle partira en voyage avec lui, ça sera pour passer un peu de temps auprès du papa du bébé qui, lui, doit s’installer, seul, d’ici fin mars à 7000kms d’ici.
Beaucoup de parents sont ravis de devenir grands-parents…. Moi je suis juste inquiète.
Inquiète pour la maman … parce que je me rappelle mes premières semaines, premiers mois : la fatigue (difficile de se reposer quand on allaite, surtout que le papa n’avait droit qu’à 3 jours de congé paternité) et la solitude: ma famille était loin, les liens familiaux distendus, tout comme ceux qui me reliaient aux 2 amies restées dans ma ville natale, quant aux collègues de travail, celles que je côtoyais de plus n’avaient pas d’enfant. Heureusement tel ne sera pas le cas de la maman du bébé qui vient de naître. 
Inquiète pour le bébé … né un mois et un jour avant terme. Certes c’est un beau prématuré de 2kgs800 et il va grandir dans un « pays développé » où l’accès aux soins est assez facile.  Mais il va grandir en ne voyant son papa qu’au mieux quelques mois par an. Cependant l’essentiel n’est il pas la qualité des liens qui se nouent, même si les contacts sont rares? 
Inquiète pour le papa qui a commencé, bien avant la naissance du bébé, à réfléchir sur ce que peut être la paternité, là où beaucoup de pères ne se posent pas la moindre question, ni durant la grossesse ni après la naissance. Et se réveillent des années plus tard en s'apercevant combien les liens avec leurs enfants sont distendus.

Mise à jour du 15 février 2022
En fait j'avais mal compris, le message avait été envoyé quelques jours après la visite dite du 9ème mois et le poids annoncé était celui qui était estimé.  
Mise à jour du 15 février 2023
Finalement j'avais des raisons d'être inquiète car un an plus tard, si le bébé va aussi bien que possible et que la maman l'adore et s'en occupe bien, elle a parfois du mal à faire face au quotidien. Quant au papa, il adore lui aussi son enfant mais ce n'est pas simple d'être le père d'un enfant qui vit au loin et qu'on ne voit que quelques semaines par an.
Mise à jour du 14 juillet 2023
Cet enfant va avoir un cousin (ou une cousine) d'ici la fin de l'année. Et de nouveau ça ne sera pas évident pour moi d'être une grand-mère car la maman a choisi de prendre ses distances. 

vendredi 14 janvier 2022

Passe-temps

Au fil des années j’ai cultivé l’art d’avoir des passe-temps qui occupent l’esprit et empêchent de réfléchir aux sujets qui mettent mal à l’aise.
Ainsi, en couple, avant d’avoir des enfants je me rappelle avoir profité plus d'une fois de l’absence de Monsieur parti faire du sport pour passer les matinées du WE à bouquiner dans le lit avant de me précipiter pour effectuer quelques taches ménagères avant son retour. La lecture est un merveilleux moyen d’évasion. 

Plus tard, comme dans un certain nombre de couples salariés des années 80, au fil des années la répartition des corvées ménagères (courses, ménage, cuisine, lessive, repassage...) est devenue de plus en plus inéquitable. Et encore plus lorsqu'il y a eu des enfants. Il y a eu alors la broderie au point de croix puis les mots croisés ou fléchés. 
Les premières broderies ont été destinées aux enfants. Plus tard ce sont plus les motifs floraux qui ont eu ma préférence. Des coussinets remplis de lavande avec l'initiale d'un prénom. La dernière broderie (inachevée) date de 2006: de petits sachets décorés d'un brin de lavande.*
* En fait j'ai repris fils et aiguilles  

Les mots fléchés sont venus plus tard, avec une préférence pour les grilles faciles de certains revues. Le père de mes enfants m’avait même offert au moins 2 livres dont un réalisé par Georges Pérec. Si l’intention était fort louable, il aurait dû toutefois se renseigner davantage sur l’auteur car ces mots fléchés étaient loin d’être simples. Du coup il n’y a que peu de grilles que j’ai complétées mais j’ai gardé les ouvrages car un cadeau ne se jette pas. J’ai recommencé à faire des grilles, celles du journal gratuit "20 minutes" il y a quelques années avec ma dernière et désormais c'est avec mon compagnon : un mot pour l’un, un mot pour l’autre… 

Désormais, ayant un iPad à ma disposition, il y a quelques applications qui m’occupent beaucoup, au point que je n'exclus pas qu'elles soient devenues un tantinet addictives. Il y a d’abord eu les puzzles. Une sorte de retour en arrière car durant mon adolescence et jusqu'à mes premières années de mariage j'ai réalisé pas mal de puzzles dont une reproduction du "déjeuner des canotiers". 

Et puis j'ai découver tles coloriages. il est facile d’y passer des heures en oubliant tout le reste. ça permet d’atteindre une certaine sérénité en ne pensant pas/plus pendant un certain temps aux choses qui tracassent… et dieu sait si elles peuvent être nombreuses avec les personnes d’un naturel anxieux…Mais est ce vraiment une bonne chose? Qu’en reste t il au final de ces activités qui occupent l’esprit: vraiment peu de choses.

mercredi 12 janvier 2022

Insomnie

Insomnie… j’ai failli rajouter «nocturne » avant de me raviser. Une insomnie n’est elle pas ipso facto « nocturne »? Et cette expression ne serait elle pas une … comment dit on déjà « litote» non… «redondance» non… enfin je ne crois pas. Ça commence mal cette reprise de la tenue du blog: à peine commencée il me faut faire des vérifications.
Pause… « insomnie nocturne » c’est un « pléonasme ».

Et moi en ajoutant cette photo je m’aperçois que j’ai perdu mes réflexes pour insérer des photos. Il faut dire qu’il y a longtemps que je n’ai pas rédigé de billet. En plus cela n’est jamais arrivé en utilisant un mini iPad.
Mais je digresse une fois encore… histoire de différer le moment d’expliquer pourquoi je reprends l'écriture de ce blog.
Donc… insomnie… et ayant terminé les petites choses commencées sur la tablette comme par exemple le coloriage ci contre  ou cet autre, ci dessous, réalisé via une autre application installée sur la tablette, j’ai décidé de faire le saut et reprendre ce blog là où je l’avais laissé, il y a quelques années de cela, après le décès de mon père … enfin presque car après il y a eu quelques articles, parus à des dates totalement décalées de la réalité.

Entre les débuts sur ce blog, en mai 2008 et maintenant il s’est passé tellement de choses.
En très résumé: en commençant à écrire ici je voulais surtout échanger avec un internaute, C. qui m’avait fait prendre conscience à compter de mai 2006 à quel point mon mariage « battait de l’aile » … C’était quelques semaines avant que ma mère décède, en juin 2008, après avoir regretté de ne pas avoir su ou plus exactement pris le temps d’écrire au sujet de ce qu’elle avait vécu.
Quelques années plus tard, via cet internaute que je n’ai jamais rencontré, j’ai fait la connaissance d’un de ses "contacts" qui est, lui, devenu bien plus qu’un ami. C’est d'ailleurs lui qui était à mes côtés lorsqu’en octobre 2015 mon père, à son tour, s’en est allé. Mais il y avait un certain temps déjà que la motivation pour continuer, jour après jour la rédaction du blog, me faisait défaut. Sans doute parce que je n’éprouvais plus le besoin d’écrire. Une longue pause s’est alors instaurée, à peine suspendue lors de l’un des confinements liés au Covid. 

Et puis l’été dernier … après une année 2019 pleine d’interrogations liées en partie au changement climatique (mais qui chez moi n’étaient au final que des interrogations quant au temps qui reste à vivre, sur ma propre fin, sur ce qu’on laisse derrière soi…) et une année 2020 sous le signe du Covid, ses confinements, les gestes barrières et l'éloignement d'avec ceux rencontrés (pour de vrai) via les réseaux sociaux...l’un de mes enfants m’a appris que j’allais être grand-mère.
Désormais ce n’est pas pour l’enfant à naître que j’écris:
non, car il vivra loin, sans réels contacts avec sa grand-mère paternelle, avec en plus l'obstacle d'une langue qui ne sera pas la sienne
ni même pour mes propres enfants, ils sont à un âge où, tout comme moi je l'étais au leur, on se préoccupe plus de son quotidien et son futur que du passé de ses parents
ni même pour mon compagnon.
Non, c’est juste pour garder une trace des jours qui passent. Ne pas finir ma journée en me disant : «Qu’as tu fait aujourd’hui ? Qu’as tu appris, même si tu sais que d’ici quelques heures, semaines ou au mieux mois tu l’auras oublié? ». Et laisser une trace de mots sur ce support si éphémère qu’est le Net.
Tiens c’est amusant… je retrouve du coup le titre que j’avais donné à ce blog. Sauf qu’alors je pensais aux papillons qui ne vivent qu’un jour après avoir passé des années à grandir cachés sous terre. Encore un point à vérifier : ce qu’est la vie réelle des éphémères.

mercredi 5 janvier 2022

Reprise?

 



lundi 18 janvier 2021

1er canevas, 1er puzzle …

Je me rappelle fort bien de l’un et de l’autre.
Le 1er canevas figurait dans une petite mallette, probablement reçue à Noël lorsque j’avais 6 ou 7 ans. Elle contenait un petit dé en plastique rouge, un centimètre de couturière en papier, quelques boutons, des bobines de fil à coudre ET un minuscule canevas qui représentait un coq (avec quelques longueurs de coton à broder de couleurs vives).
Ma mère était une excellente couturière, mais aussi tricoteuse et brodeuse. Elle avait même réalisé de grands tableaux au point de demi-croix qui étaient encadrés. Mais je ne garde aucun souvenir de ce qu’elle m’ait montré comment faire. Et je n'ai pas osé lui demander*. Alors j’ai improvisé en multipliant les erreurs peu graves comme commencer et arrêter une couleur avec un noeud. Ou plus gênantes comme broder en haut puis en bas du canevas, mais avec des points dans des sens différents. Sur une broderie au point de croix, ça n’aurait pas posé problème, mais là la bêtise était irréparable (même si j’avais défait la plus petite des parties réalisées, je n’aurais plus eu assez de fil). Et je me me voyais mal quémander du fil à ma mère, ce qui m’aurait obligée à avouer mon échec. L'ouvrage est donc resté inachevé, caché au fond de la mallette où si elle l’a aperçu, elle n’en a rien dit. Et j’ai attendu 20 ans avant de me relancer dans un travail de broderie, en optant cette fois ci pour un travail... au point de croix.
* Je gardais aussi un fort mauvais souvenir de mon 1er et unique tricot. Après une dizaine de rangs, ma mère ayant remarqué que je m'étais trompée n'a pas hésité à tout détricoter jusqu'aux erreurs avant de me redonnant l'ouvrage... avec tous les mailles à ré-enfiler sur l'aiguille. 
C'est l'une de mes soeurs qui m'a offert pour mes 13 ou 14 ans, mon 1er puzzle. On y voyait une jeune femme brune, en bikini rouge et blanc, sur une goélette en bois blanc qui fendait les vagues. 250 pièces assez faciles à assembler qu'au fil du temps j'avais appris à ne plus trier car j'avais mémorisé plein de détails comme les nuances de blanc parfois grisâtres des voiles qui étaient différentes de celles blanc jaunâtre de l'écume. 
Voyant que ça me plaisait, elle m'en avait offert d'autres et durant mon adolescences, j'ai passé des heures à les réaliser, allongée sur la moquette de ma chambre. Un merveilleux passe-temps...  

dimanche 12 avril 2020

Confinement 1 - J26

Texte rédigé en juillet 2023

Le 12 avril 2020
Photo de "gendarmes" en plein travail) réalisée le même jour que la précédente, (la rose visitée par un insecte).  

En 2023, il n'y a plus de poisson dans le réservoir du lac du grand Vioreau,  plus de poissons car plus d'eau. Le réservoir a en effet été vidé car le barrage qui assure la retenue d'eau avait besoin de travaux urgents
Mais pas sure du tout que, lorsque le lac sera de nouveau rempli (en espérant qu'il pleuve assez) la reprise des activité de plein air (et notamment nautiques) sur ce site créé par le Département de Loire-Atlantique en 

En effet, le potentiel biologique des eaux de Vioreau était déjà auparavant mauvais: niveau élevé de composés nutritifs tel que l'azoteprésence de cyanophytes qui la rendaient impropre en tant qu'eau potable. Et il aurait très probablement fallu limiter voire interdire les loisirs aquatiques (sauf compter que l'eau est opaque*. 
Pour compléter le "paysage", trois types de métaux (cadmiumnickel et plomb) sont présents dans le lac. Or ils font partie des substances dangereuses. Sans compter que d'autres métaux sont aussi présents épisodiquement (par ex du mercure en 

samedi 11 avril 2020

Confinement 1 - J25

Texte rédigé en juillet 2023

Le 11 avril 2020

Dans mes souvenirs, cette image a été réalisée lors d'une sortie, réalisée en  semaine, au réservoir d'eau du grand Vioreau. Ce lac artificiel avait été rempli au siècle dernier afin de garantir l'alimentation en eau et en toute saison de la partie est du canal de Nantes à Brest qui servait alors pour le transport de marchandises entre le bassin de la Loire et Brest. Maintenant il est surtout utilisé pour la navigation touristique.
Lorsque j'ai fait cette photo, il y a quelques années de ça, à une époque où on parlait beaucoup moins du changement climatique, j'avais remarqué que le niveau d'eau était bas, au point qu'en se baladant sur les berges sableuses, j'avais vu plusieurs squelettes de poissons. Mais il se pourrait que leur mort ne soit pas que liée à une baisse de niveau d'eau. 


vendredi 10 avril 2020

Confinement 1 - J24

Texte rédigé en juillet 2023

Le 10 avril 2020
Ah ce goéland sur les remparts de St Malo, qu'est ce qu'il pouvait crier fort! Oui crier, parce que autant les mouettes peuvent gentiment piailler, lui il crie, non il braille! 
Bon, pour de vrai, le goéland "pleure" ou "raille" et la mouette... et bien je n'ai pas trouvé. On peut juste écrire que les mouettes rieuses rient?
Une chose est certaine, si les goélands pouvaient avoir une image favorable lorsque adolescente j'avais lu le livre de Richard Bach "Jonathan Livingston le goéland" (avant, étudiante de voir le film), une fois adulte je n'ai plus trouvé aucun charme à ces oiseaux qui en plus pullulent dans les décharges à ciel ouvert.
Pour revenir au jour de la photo, j'avais eu de la chance de pouvoir avoir un bel  arrière-plan avec du ciel bleu car il faisait beau en arrivant à St Malo en fin de matinée. Mais une sournoise brume (dite de de mer) était tombée sur la ville durant l'heure du déjeuner (qui avait été composé de galettes et crêpes bien sur). Et du coup la visite de la ville s'était limitée à l'intra-muros. 

jeudi 9 avril 2020

Confinement 1 - J23

Texte rédigé en juillet 2023

Le 9 avril 2020
Cette photo date très probablement de l'une des toutes premières, voire de ma 1ère visite au site de la vieille mine d'étain d'Abbaretz. Rectificatif, l'une des 1ères fois que j'y suis retournée, bien des années après y être allée avec celui qui deviendra le père de mes enfants. Mais la partie du site où on était allés était trop humide alors on s'était rabattu sur le site de l'étang juste à côté (en fait le trou de l'ancienne mine qui s'est rempli d'eau)  
En prenant cette photo j'avais en tête une image de Edouard Boubat qui illustrait un livre de Christian Bobin: une petite fille qui s'était confectionné une couronne avec une longue traîne de feuilles mortes*. 
Ce jour là, je crois que j'étais à peu près seule seule à déambuler un peu partout sur le site et notamment dans les nombreux canyons et autres ravines de "sable" blanc qui donnait à certaines parties du site un aspect lunaire. Quelqu'un semblait cependant y vivre dans une vieille caravane sans eau (mis à part celle qui coulait dans un petit ru dont les bords étaient soit irisés, soit rougeâtres) ni électricité.
Ce n'est que quelques années plus tard que j'ai appris que l'eau du ru était imbuvable et que le site avait été fermé: trop dangereux à la fois à cause des éboulements imprévisibles de sable mais aussi à cause de la composition dudit sable qui contenait des résidus de métaux toxiques, lesquels étaient entrainés dans l'eau. 
La dernière fois que je m'y suis rendue, des travaux d'aménagement étaient en cours afin de le rendre en partie accessible ... avec obligation de suivre le sentier qui faisait le grand tour. Je comprends le souhait de sécuriser le site, mais craint qu'il ne perde le charme de son côté sauvage. 
*Bizarrerie de la mémoire qui m'a fait confondre "la petite fille aux feuilles mortes" avec celle qui orne la couverture de "une petite robe de fête"

mercredi 8 avril 2020

Confinement 1 - J22

Texte rédigé en juillet 2023

Le 8 avril 2020
Joli souvenir d'un bouquet d'anniversaire offert par l'un de mes enfants, en je ne sais trop quelle année. J'avais apprécié les tournesols, des fleurs de saison puisque je suis née fin juillet, mais aussi les couleurs, dans les tons jaunes orangés avec lesquels contrastaient bien, si ma mémoire est bonne, des "chardons" dans des tons bleus. Un fort joli bouquet bien choisi.
Petit constat en passant: plus une femme vieillit, plus la tendance est forte de lui offrir des bouquets dans des tons pastels, même si elle n'a pas les cheveux gris ou blancs. A défaut de pousser Mamie dans les orties, on lui passe le message qu'elle prend de la bouteille (éventuellement en plus du poids) et qu'il faut devenir sage et renoncer aux couleurs vives.    

mardi 7 avril 2020

Confinement 1 - J21

Texte rédigé en juillet 2023

Le 7 avril 2020
Il y a beaucoup plus de souvenirs liés à cette photo.
Déjà le lieu, le "parc oriental du Maulévrier", à une petite quinzaine de kms au sud-est de Cholet... mais à une bonne heure de route à partir de Nantes. Ce qui explique notamment pourquoi je m'y rends si peu souvent (sans compter qu'il s'agit d'un parc privé payant) ou plus exactement pas aussi souvent que je l'aimerais car il est très beau, quelle que soit la saison. Enfin l'hiver, je n'en sais trop rien car il est fermé au public du 15 novembre au 15 mars, et l'étang central est vidé pour des raisons de sécurité. 
Là c'était probablement un soir au printemps car les feuilles des arbres sont d'un beau vert clair, tout comme les rives de l'étang. Le printemps n'est pas ma saison préférée, même si c'est un grand moment que celui où les prunus* puis les azalées et rhododendrons sont fleuris. Non, je lui préfère l'automne où petit à petit les arbres prennent de belles couleurs allant du jaune au rouge. 
Dans l'un et l'autre cas, c'est toujours un peu un pari que celui d'arriver au bon moment car lorsque le printemps est frais et un peu humide, la montée en fleurs se fait attendre. Au contraire, lorsque l'été joue les prolongations (St Michel voire St Martin) il faut vraiment attendre le début novembre pour voir les arbres prendre leur parure finale. 
Je ne parle pas du parc durant l'été, parce que alors il n'y a pas ces superbes touches de couleurs des fleurs ou des feuilles, mais aussi parce que les visiteurs sont alors très, trop nombreux à mon goût.  Impossible à cette saison là de passer quelques minutes en paix sur la "colline de la méditation" à écouter le bruit de l'eau, le bruissement des feuilles, le chant des oiseaux...
Je garde cependant le souvenir de 2 visites en été, à l'occasion de nocturnes (avec parfois des spectacles) qui donnent l'occasion de visiter la partie basse du parc et de le re-découvrir: avec pour seules lumières quelques sites plus éclairés entre lesquels on se déplace avec juste des bougies individuelles dans de petits lumignons. Seul regret pour la Nantaise que je suis, en pareil cas, le parc ne rouvre au public qu'à la tombée de la nuit, et une fois la balade d'environ une heure achevée, il faut reprendre la voiture. 
* appelés aussi "cerisiers du Japon" . Ce sont eux qui donnent leur nom à "Hanami", cette fête que célèbre aussi le parc, comme au Japon, en permettant aux visiteurs de déjeuner sous les arbres en fleurs et bénéficier de spectacles notamment de musique avec des instruments traditionnels.  

lundi 6 avril 2020

Musiques du temps du confinement -12- "une sorcière comme les autres"


Pour moi cette chanson fait partie des très grandes et très belles chansons d'Anne Sylvestre. Et pourtant, c'est souvent d'autres interprètes, souvent féministes, qui l'ont fait connaître et notamment Pauline Julien (1928-1998) . 
Bien des années plus tard, je m'aperçois que je n'avais que 17 ans lorsqu'elle a créé cette chanson en 1975. Dans celle ci, je serais bien en peine de privilégier un des couplets, tant ils sonnent tous justes. En voici quelques uns:  
"...Je vous ai porté vivant, Je vous ai porté enfant, Dieu comme vous étiez lourd, Pesant votre poids d'amour
Je vous ai porté encore, À l'heure de votre mort, Je vous ai porté des fleurs, Vous ai morcelé mon coeur. 
Quand vous jouiez à la guerre moi je gardais la maison, J'ai usé de mes prières les barreaux de vos prisons, Quand vous mouriez sous les bombes je vous cherchais en hurlant, Me voilà comme une tombe et tout le malheur dedans...
...Vous m'avez aimée servante, M'avez voulue ignorante, Forte vous me combattiez, Faible vous me méprisiez,
Vous m'avez aimée putain, Et couverte de satin, Vous m'avez faite statue, Et toujours je me suis tue
Quand j'étais vieille et trop laide, vous me jetiez au rebut, Vous me refusiez votre aide quand je ne vous servais plus, Quand j'étais belle et soumise vous m'adoriez à genoux, Me voilà comme une église toute la honte dessous..."

Confinement 1 - J20

Texte rédigé en juillet 2023

Le 6 avril 2020 

Une très classique fleur mauve, comme j'en ai croisé des dizaines au bord des chemins laissés non pas à l'abandon mais au naturel. Mais celle-là m'avait plu assez pour que je l'immortalise et qu'elle devienne une fleur intemporelle, quasi universelle. Le genre de petite fleur qui m'a beaucoup manqué en ce long mois de confinement strict où seuls les bords de Loire étaient accessibles puisque les parcs et jardins publics étaient fermés. Alors, à défaut de pouvoir profiter directement du printemps, je m'aérais en me promenant dans mes galeries photos accumulées sur le PC au fil des années. 

dimanche 5 avril 2020

Musiques du temps du confinement -11- "Nisi Dominus -Cum Dederit"

Je ne sais plus comment j'ai découvert cette musique il y a fort, fort longtemps. Dans un recoin de ma mémoire flotte le vague souvenir de l'avoir entendue un jour comme musique d'attente sur un téléphone. Mais la mémoire est trompeuse! La seule chose certaine, c'est que ce morceau là fait partie de ceux que je peux écouter des dizaines de fois sans m'en lasser*, alors même qu'il s'agit d'un chant religieux. 
La curiosité a fini par m'inciter à récupérer le texte et le faire traduire (Vive Internet). "Cum dederit dilectis suis somnum. Ecce hæreditas Domini, filii. Merces fructus ventris.
Soit en français "Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. Voici l'héritage du Seigneur : des fils. Le fruit des entrailles est une récompense". ça parlait très certainement aux croyants du temps de Vivaldi, mais à moi ça ne dit rien. Des siècles plus tard, il n'en demeure pas moins que, pour moi, la mélodie est superbe. * Est ce parce que c'est sur un tempo largo ou en sol mineur? Voire les 2?