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mardi 13 février 2024

films oubliés de 2023 - The quiet girl

Film vu le 27 mai 2023
Compte-rendu du 13 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB juste après l'avoir vu:" Un très beau film "

Plus tard... Tout est effectivement beau, mais aussi très triste dans ce film.
La petite fille est très belle physiquement, le couple qui l'accueille très beau "moralement". Il faut voir comment ils l'accompagnent, l'aident à  trouver sa place, à être quelqu'un. Certaines scènes sont aussi très belles, avec peu de mots. Comme cette phrase  prononcée par la femme qui, après s'être vraiment occupée de la petite (lui donner un bain, la coiffer longuement, l'habiller...en la respectant, se contente de dire lorsqu'elle découvre qu'elle ne mouille plus son lit la nuit: "En fait, tu avais juste besoin qu'on s'occupe de toi". Ou l'homme qui, alors que sa femme va mal, va emmener la petite sur la plage et lui redonner juste en montrant des lumières au loin sur la mer.
Tout est très beau? Non! Certaines scènes sont très tristes et même dures: par exemple voir comment la petite fille est oublié, niée, voire méprisée, par ses soeurs, ses propres parents et notamment son père qui va jusqu'à la laisser chez des parents de sa femme en remportant avec lui sa pauvre petite valise qui ne contenait que quelques vêtements (et ne rien faire ensuite pour les lui faire parvenir). Je n'ai même pas le souvenir qu'il lui ai fait une bise en la quittant. Autre exemple: cette voisine du couple qui, jalouse de celui-ci, va essayer de casser l'image que celui-ci donne en révélant un douloureux secret: à savoir que ce couple a eu un enfant qui est mort accidentellement.
Après le film, j'ai cherché à savoir si c'était une histoire vrai ou une fiction. Pourquoi? Parce que je voulais savoir ce qui se passait après que la petite ait été ramenée chez ses parents. Une fois les retrouvailles (tout sauf chaleureuse car personne dans la famille ne semble ravi qu'elle soit de retour)passées, le couple repart. Elle court après la voiture avant de sauter dans dans les bras de l'homme qui s'est arrêté. Et alors que son père arrive, furieux, elle murmure alors à l'oreille de son bienfaiteur "Papa". Cherche t elle à lui dire "Attention mon Papa arrive" ou "C'est toi que je considère comme mon papa, emmène moi avec toi" ? Le film s'arrête là sans que l'on sache si le couple arrive ou non à convaincre les parents et notamment le père, de laisser la petite grandir auprès d'eux, sa famille de coeur et non auprès de sa famille de sang. 

lundi 18 janvier 2021

1er canevas, 1er puzzle …

Je me rappelle fort bien de l’un et de l’autre.
Le 1er canevas figurait dans une petite mallette, probablement reçue à Noël lorsque j’avais 6 ou 7 ans. Elle contenait un petit dé en plastique rouge, un centimètre de couturière en papier, quelques boutons, des bobines de fil à coudre ET un minuscule canevas qui représentait un coq (avec quelques longueurs de coton à broder de couleurs vives).
Ma mère était une excellente couturière, mais aussi tricoteuse et brodeuse. Elle avait même réalisé de grands tableaux au point de demi-croix qui étaient encadrés. Mais je ne garde aucun souvenir de ce qu’elle m’ait montré comment faire. Et je n'ai pas osé lui demander*. Alors j’ai improvisé en multipliant les erreurs peu graves comme commencer et arrêter une couleur avec un noeud. Ou plus gênantes comme broder en haut puis en bas du canevas, mais avec des points dans des sens différents. Sur une broderie au point de croix, ça n’aurait pas posé problème, mais là la bêtise était irréparable (même si j’avais défait la plus petite des parties réalisées, je n’aurais plus eu assez de fil). Et je me me voyais mal quémander du fil à ma mère, ce qui m’aurait obligée à avouer mon échec. L'ouvrage est donc resté inachevé, caché au fond de la mallette où si elle l’a aperçu, elle n’en a rien dit. Et j’ai attendu 20 ans avant de me relancer dans un travail de broderie, en optant cette fois ci pour un travail... au point de croix.
* Je gardais aussi un fort mauvais souvenir de mon 1er et unique tricot. Après une dizaine de rangs, ma mère ayant remarqué que je m'étais trompée n'a pas hésité à tout détricoter jusqu'aux erreurs avant de me redonnant l'ouvrage... avec tous les mailles à ré-enfiler sur l'aiguille. 
C'est l'une de mes soeurs qui m'a offert pour mes 13 ou 14 ans, mon 1er puzzle. On y voyait une jeune femme brune, en bikini rouge et blanc, sur une goélette en bois blanc qui fendait les vagues. 250 pièces assez faciles à assembler qu'au fil du temps j'avais appris à ne plus trier car j'avais mémorisé plein de détails comme les nuances de blanc parfois grisâtres des voiles qui étaient différentes de celles blanc jaunâtre de l'écume. 
Voyant que ça me plaisait, elle m'en avait offert d'autres et durant mon adolescences, j'ai passé des heures à les réaliser, allongée sur la moquette de ma chambre. Un merveilleux passe-temps...  

dimanche 27 octobre 2019

Plaisir de lire (7) "le journal de mon père" de Jiro Taniguchi

Dans la rubrique "BD" j'avais d'abord songé à
"Maus" de Art Spiegelman... mais   le côté témoignage sur des faits passés durant la seconde guerre mondiale, les camps etc... il en est question dans le livre précité de Primo Levi. Mais aussi aux incontournables Astérix, Valérian (et Laureline) ou Gaston Lagaffe ou Isa,l'héroine des "Passagers du Vent"... et j'en oublie.
Mais Taniguchi,finalement choisi, renvoie à mon goût pour le Japon. Et j'aime beaucoup ses héros, aux traits souvent ronds et le côté sensible tout en restant discret, pudique du dessinateur.
Pendant longtemps dans la presse, quand il était question de "Mangas" pour adultes, on ne mentionnait que  "L'homme qui marche" où Tanguchi narre les déambulations de son héros, avec très peu de mots, alors même que tant de choses sont exprimées.
Mais c'est un autre Taniguchi qui est entré dans la maison familiale via  un cadeau offert à mon fils par la grand-mère des enfants. Elle avait été fort bien conseillée par la vendeuse du rayon "jeunesse" de la plus ancienne librairie nantaise. Cependant, nul doute qu'en offrant l'ouvrage à son petit-fils, alors au tout début de l'adolescence, elle espérait lui donner quelques pistes afin d'aborder avec plus de "tolérance" les relations avec son géniteur, ce qui n'avait pas été le cas entre son mari et son fils. Car cette BD raconte comment un fils, au mi-temps de sa vie, et à l'occasion des cérémonies liées au décès de son père, découvre enfin qui était celui-ci. Comme l'écrit un internaute "On connait parfois bien mal les gens qui nous sont les plus proches. Parfois aussi parce qu'on s'évertue à bien mal les connaitre, engoncés que nous sommes dans nos certitudes." 

dimanche 5 mai 2019

Un livre - un extrait: "13 à table" de divers auteurs

Cela fait 2 ans que j'achète chaque automne ce livre où divers auteurs fournissent une nouvelle pour alimenter l'ouvrage* L'an dernier, le fil conducteur c'était l'amitié, cette année: le repas, pris au sens large car il peut aussi si bien s'agir d'un "pot" improvisé que d'un cocktail, d'un pic-nic etc.
Les nouvelles "coup de coeur":
"Dans les bras des étoiles" de Karine Giebel qui m'a laissée en larmes tellement est triste l'histoire de ce SDF qui, le soir de Noël   raconte son histoire d'enfant confié à l'aide sociale après que son père ait battu à mort sa mère et qui va probablement mourir de froid, sous un pont, après avoir recouvert son chien de son unique couverture.
"Je suis longtemps restée une clématite" de Véronique Ovaldé où cette fois ci c'est Perpétua, une petite fille qui raconte sa drôle d'enfance auprès d'un père surprenant dans une petite maison de pierre près de la départementale
" Trouble-fête" de Tatiana de Rosnay qui voit Margaux, toujours en recherche de perfection, d'abord douter d'elle (tant elle pressent une catastrophe lorsqu'elle organise la soirée d'anniversaire des 50 ans son mari) avant de s'effondrer lorsqu'elle se retrouve face à un vilain secret d'adolescence, Virginie, la femme qu'elle avait poussée au suicide.
"la fête des voisins" de Leïla Slimani". Ici c'est une jeune femme, ramenée du pays par un mari qui la coupe du monde au point de l'enfermer chez eux, dans un petit T3, ne lui parle quasiment pas, la bat et n'attend qu'une seule chose, qu'elle ait un enfant... finit par "exploser" .
Les citations:
"L'exil l'a irrémédiablement changée.Ainsi on peut devenir une autre quand on part"(1)
"C'est en devenant père que j'ai réalisé combien l'homme était une formidable entité à la puissance considérable. Nous pouvions créer de l'amour. Mais l'amour ne vient pas seul. Il est accompagné de son corollaire d'angoisses. Celui qui créé l'amour donne un point d'ancrage à la mort"(2)

(1)"L'apparition" de Philippe Besson
(2) "Le point d'émergence" de Maxime Chattam

jeudi 28 mars 2019

Dernière BD lue: "l'arabe du futur - T4" de Riad Sattouf

Pour une fois je vais commencer par la fin de la BD: ce n'est pas sympa, mais alors pas sympa du tout Riad Sattouf, de nous laisser en plan après l'appel téléphonique de votre père adressé à votre mère le 31 mai 1992! Parce que maintenant on se demande encore plus ce qu'il est advenu des différents membres de votre famille et notamment de votre plus jeune frère que votre  père a emmené avec lui en Syrie!
Pour le reste... comment dire...
Plus que jamais on sent monter la tension au sein du couple entre cette mère d'un naturel passif et son mari qui se disait "arabe du futur" mais régresse de plus en plus vers le passé au fur & à mesure qu'il renoue avec la religion.
Très fine description des transformations liées à l'adolescence au plan physique mais aussi psychologique lorsqu'on est un jeune rejeté par les petites bandes qui font la loi (ou presque) au sein du collège. De quoi donner très envie de lire, du même auteur, "les cahiers d'Esther"
Et puis, au risque de me redire...l'auteur a un excellent sens de l'observation et une manière inimitable de décrire certaines sensations, choses de la vie quotidienne à la fois tout en retenue mais chargées d'émotions. Par exemple lorsqu'il décrit le comportement de son père, son héros lorsqu'il était enfant, qui parle de plus en plus avec l'accent de son pays natal, ne supporte plus ses chaussures ou lui demande de surveiller la "moralité"de sa mère qui suit en milieu hospitalier un traitement contre le cancer.

dimanche 24 mars 2019

Dernières BD lues: "les vieux fourneaux - Celui qui part" par Lupano et Cauuet

Ils sont toujours aussi en forme nos octogénaires. Bon d'accord, Mimile, le héros de ce volume a droit à un petit séjour à l'hosto mais l'essentiel n'est pas là.
Un volume où on se marre toujours autant mais avec des passages plus graves avec les histoires
- à 10 & 20 ans de Berthe, la voisine dont, aux dires d'Antoine et Pierrot, mais aussi des gamins du village, il ne faut surtout pas acheter les oeufs
- et de Errol, un vieil Australien de l'âge de 3 héros, mais en beaucoup plus déglingué et qui cherche "The Biouche"
Peut-être plus que dans le précédent volume, les histoires s'entrecroisent, les histoires de ceux que Sophie baptise les 3 ânes en racontant via ses marionnettes comment les 3 grands copains d'enfance ont eu un comportement assez détestable avec Berthe lorsqu'ils étaient enfants.
Le seul qui ne s'en sort pas trop mal et échappe à l'écrasage d'oeufs sur la tête c'est Emile. Emile  dont on a comprend pourquoi il a quitté le village à 20 ans pour aller s'entraîner au rugby aux antipodes. Et qui explique comment il a rencontré Errol, cet Australien, alors tout aussi baroudeur que lui, avant que,toujours à cause de lui, il ne devienne, ainsi que le décrit Pierrot: "un vieil Australien repoussant, farci de prothèses! on dirait qu'il a été mâché par Belzébuth"
Ne pas oublier les passages où, dans l'introduction, Pierrot est déguisé... en abeille quand il fait un coup médiatique contre le lobby des insecticides. Et quand Sophie rencontre le PDG des laboratoires Garan-Servier. Vraiment un sale c** celui-là (avec peut-être un début d'explication quand au comportement bizarre du père de Sophie avec ses parents)