mercredi 17 novembre 2010

... "le lien tashô"

Ci-après un extrait du dialogue échangé entre Tsukkiko et celui qu'elle appelle le maître: Kojima Takashi

- "Frôlement de manches est signe de lien tachô." Tsukiko, connaissez-vous le sens de l'expression "
lien tashô"
?
- Euh... Oui...Il y a un petit lien c'est ça?
- Non! Il ne s'agit pas de "tashô" dans le sens de "un peu" voyons! Tashô, dans ce cas, ça veut dire "plusieurs vies"
-Ah bon!? Le japonais n'est décidément pas mon fort...
- Parce que vous n'avez jamais sérieusement étudié! Ce terme a son sens dans la pensée bouddhiste selon laquelle tous les êtres vivants se réincarnent plusieurs fois.. Le lien "tashô" que j'évoquais à l'instant, c'est ce qui unit des êtres dans une vie antérieure. C'est ça que ça veut dire.
- Dans une vie antérieure? Nous étions unis depuis une autre vie, vous et moi?
- Un lien entre deux êtres... ça existe pour nous tous... probablement...
- Les vies antérieures, vous y croyez, vous?
- Oui. Juste un peu"

En fait, mine de rien, sous des aspects qui renvoient à un échange autour d'une expression japonaise peu connue, le professeur qui bien souvent peut rester quasiment sans parler à côté de la jeune femme pendant qu'ils dînent côte à côte de mets souvent similaires car ils ont des goûts très proches en matière d'aliments, pourrait bien être en train de lui faire une déclaration d'amour.

dimanche 14 novembre 2010

les années douces et...

C'est semble t il le dernier Taniguchi puisque la date du dépôt légal est août 2010.

Autant l'avouer dès le départ, bien qu'aimant beaucoup Taniguchi, ce dernier ouvrage m'a un peu déçue, contrairement au précédent que j'avais lu de lui: "un zoo en hiver" où il racontait ses premiers pas dans l'univers du manga.
Qu'en dire? "Les années douces" c'est une sorte de croisement entre "l'homme qui marche" et "le gourmet solitaire" de ce même Taniguchi avec en arrière plan ... le cinéma de Ozu.

Pour qui ne connaît pas a minima la culture japonaise, cette histoire d'amitié amoureuse qui se noue entre une jeune femme indépendante et très solitaire de presque 38 ans et un des ses anciens professeurs qui donne l'impression d'être un peu "vieux jeu" a de quoi dérouter.
En vrac:
- si dans beaucoup de bars, le soir viennent y manger et boire (parfois beaucoup) les travailleurs même mariés après leur journée de travail, la présence d'une femme y reste rare (parce que le statu de la femme mariée est d'être au foyer)
- pour une femme, préparer la "boîte à bento" (comprendre le repas de déjeuner du midi) d'un amant est lourd de signification
- un homme peut dire qu'il a mal aux fesses alors que ce mot est indécent chez une femme qui elle ne peut que parler du bas du dos
- que certains chiffres sont très importants comme le "8", ce qui explique qu'un marché puisse ne s'y dérouler que le 8, le 18 et le 28 du mois, quel que soit le jour de la semaine!
- l'importance des fêtes au moment de la floraison des cerisiers en fleurs
- etc...

Pour en revenir à l'histoire, elle se déroule très lentement, au gré des rencontres, répétitives et pourtant en même temps aléatoires et dont certaines (une petite dizaine dans le volume 1) émergent.
Tout comme une autre blogeuse, bien que cette nouvelle BD de Taniguchi ne m'ai pas autant enthousiasmée que les précédentes, je vais très probablement acheter l'ouvrage dont s'est inspiré Taniguchi: "les douces années" qui est en fait une étrange traduction d'un petit livre de Mme Hiromi Kawakami, roman dont le titre original est en fait "la sacoche du professeur".

samedi 13 novembre 2010

Stevenson & Mary Reilly

J'aime bien Google... même si comme moteur de recherche il est un peu trop "monopolistique" ... notamment parce que le dessin de sa page d'accueil varie. Ainsi aujourd'hui, à minuit c'est ce dessin qui est apparu.

Comment ne pas penser aussitôt: "l'île au trésor, Stevenson... ça doit être l'anniversaire de sa naissance ou de sa mort"... et avoir envie d'en savoir plus sur lui... Effectivement il est né le 13 novembre 1850. De lui je retiendrai 3 livres... que je n'ai jamais lus:
- "l'île au trésor", qui a passionné plus d'un petit garçon
- "voyage avec un âne dans les Cévennes" dont le trajet qu'il réalisé fait désormais partie du GR70 sous le nom de "chemin de Stevenson"
- "l'étrange histoire du Dr Jekyl et de M. Hyde" qui a donné matière à tant de films qu'ils soient directement inspirés de l'histoire ou des dérivés.

Parmi eux "Mary Reilly" de Stephan Frears qui est une adaptation du livre du même nom de Valerie MARTIN.
Les deux personnages principaux y sont joués par Pretty Woman, pardon Julia Roberts, qui est bouleversante en servante à la fois si fragile et si forte face à ce grand acteur qu'est John Malkovitch. Ce dernier trouve dans ce rôle, pardon ces rôles, car il interprète de manière très convaincante et le vieux Dr Jeckyll et le jeune M. Hyde...

Ce film fait partie des grands films "en costume" de Stephan Frears, tout comme l'est: "les liaisons dangereuses" où joue aussi John Malkovitch

vendredi 12 novembre 2010

pour oublier la pluie et le vent...

... juste une image d'été en ce 12 novembre, celle de coquelicots et marguerites qui poussaient sur le vieux mur d'une grande propriété privée de la commune où j'habitais en 2006.

jeudi 11 novembre 2010

Jean-Marie Vivier " Vieillir "

En écho plus qu'en réponse à Malaussen qui, cette nuit écrivait ceci après avoir évoqué les soucis de santé de ses parents et notamment ceux de sa mère :
"Devant notre athéisme, papa ne manquait jamais de poser à chaque fois la même question : "Mais comment expliquez-vous que des gens qui ne sont pas croyants, invoquent Dieu quand ils sont confrontés à la mort... ?"... cette chanson de Jean-Marie Vivier,

http://jeanmarievivier.free.fr/

un auteur/compositeur/interprète installé sur les côtes bretonnes que m'a fait connaître... un Suisse!

"...Vieillir c'est s'inquiéter soudain du salut de son âme
Entrer dans une église sans bien savoir pourquoi
De tous les Saints Patrons devenir polygame
Et avoir des frissons en regardant la croix
C'est ignorer la fin d'un sketch qu'on a écrit
Vouloir rejouer encore devant ses spectateurs
En cherchant une réplique ou bien un mot d'esprit
Tout en sachant très bien qu'on en n'est pas l'auteur..."

mercredi 10 novembre 2010

les cahiers de gribouillages

Le tout premier, je crois bien que c'était celui intitulé "pour les adultes qui s'ennuient au bureau" et je l'ai offert à un ami qui ne supportait plus son travail (même s'il y est toujours...), tout simplement parce que j'avais bien ri en le feuilletant.
Et puis l'autre jour, après une semaine assez stressante... quoique ces temps ci je devrais plutôt compter les jours où je reviens relativement "zen" à la maison, non pas parce que la journée est finie, mais parce qu'elle s'est bien passée, ça irait plus vite...Donc, l'autre jour je suis tombée sur l'un de ses petits frères. Alors pour rire un peu, voici quelques dessins choisis:
- un pied avec un boulet que l'on coupe après avoir collé la photo dudit boulet...
- un bonhomme qui plutôt que de nager dans les dossiers s'entraîne à "lever le pied" ou bien encore "brasser de l'air"
- un coquillage sur lequel on pose la tête afin d'écouter l'appel du large...
- des crabes autour desquels on dessine un panier (bien que ça ne soit pas mentionné, rien n'interdit de donner un nom aux crabes...)
- quelques puces avec pour consigne d'en dessiner d'autres avant de secouer la page...
Et pour finir: extrait de la 4ème de couverture qui déclare : "Il est temps d'être libre: OSEZ"


mardi 9 novembre 2010

Quelques statistiques (2)

On continue aujourd'hui avec deux thématiques cette fois-ci: les mots clés qui ont servi aux recherches et l'origine géographique des visiteurs

1°) les mots clés

J'ai volontairement regroupés ceux où figurent chat et livre car il est probable que derrière se trouvent des personnes qui connaissent les vers de ce poème de Guillaume Apollinaire dont est directement issu le titre du blog.

un chat passant parmi les livres (143 consultations) et un chat parmi les livres (23)

Puis deux noms propres d'artistes: Lucien Legras (39) et Auguste Rodin 32. Une demie surprise avec Lucien Legras, car les sites qui parlent de lui ne doivent pas être si fréquents que cela, contrairement à Rodin.

Les deux surprises viennent des deux mots suivants avec un mot rare: la garance avec garance fleur (38). Mais là l'explication avancée pour Lucien Legras joue probablement aussi. Et, beaucoup plus surprenant, une expression autour des personnes handicapées (14). En effet je n'ai pas le souvenir d'un seul billet qui soit consacré à cette thématique.

Et pour finir, non pas les Daltons mais: la fraise Tagada (6)

2°) l'origine géographique des internautes:

La sur-représentation française (6 373) ne surprend guère vu la langue utilisée ainsi que les thèmes dits "de société" qui lorsqu'ils sont abordés concernent l'hexagone. C'est elle qui explique les scores belge (321) canadiens 301) ou suisses (166) et probablement marocains (53) où certains enseignements ont lieu en français.
La présence anglo-saxonne quelle soit américaine (539) ou britannique (80) est à rapprocher de la présence de mots en anglais, que ce soit des noms communs comme "precious" ou "poppies" ou propres avec "Hooper".
En fait les vrais surprises viennent des consultations originaires de Russie (101) d'Allemagne (78) ou des Pays-Bas 45) ... sauf si l'on songe à l'écrasante présence du mot propre "Kundera" et là tout pourrait s'expliquer: il y aurait une simple consultation sans aucune suite.

Allez, je refais le point dans 6 mois

lundi 8 novembre 2010

Quelques statistiques (1)

C'est une fonction de blogger que j'ai du installer en mai dernier... avant de l'oublier. Et puis je l'ai redécouverte par hasard et j'ai trouvé ça assez intéressant pour avoir envie de partager ce que j'y lisais via un billet.
Aujourd'hui, les billets les plus consultés depuis, non pas l'ouverture blog mais mai dernier sont les suivants.

la compassion selon Milan Kundera 20 nov. 2009, 610 Pages vues

La femme en rouge... 22 oct. 2009, 268 Pages vues

LA fraise TAGADA 6 nov. 2009, 255 Pages vues

Precious 3 avr. 2010, 246 Pages vues

St Martin et les "poppies"1er nov. 2008, 155 Pages vues

des campagnes qui agacent 2 déc. 2009, 136 Pages vues

... c'est le nom d'une fleur... 26 mars 2010, 129 Pages vues

Ces films qui font peur 6 avr. 2010, 88 Pages vues

Edward Hopper, peintre de la solitude? 20 déc. 2008, 75 Pages vues

Drôles de noms (1) 9 sept. 2010, 54 Pages vues

La surprise est venue de Milan Kundera, d'autant que, autant qu'il m'en souvienne, le billet consistait juste en un extrait du livre.

Le trio qui suit s'explique lui aussi sans problème: le second surtout quand on connaît les pics de fréquentation des sites photos consacrés aux femmes (surtout dénudées) et là, couplé avec l'une des couleurs les plus attirantes après le bleu... Pour le 3ème, je parierais volontiers que ses bons résultats sont à rapprocher de la période d'Halloween. Quand au 4ème mot du trio de tête (Precious) son score vient de ce que rédigé en anglais et consacré à un livre et surtout un film récent, il a aussi attiré des internautes anglo-saxons... qui ont du rapidement tourner les talons en voyant un texte rédigé en langue étrangère. Et il doit en être de même du 5ème où le mot anglais de coquelicots, "poppies" figure...

Moi, pessimiste? Plutôt lucide. La preuve, le dessin rigolo qui illustre le billet est rédigé... en anglais!

dimanche 7 novembre 2010

Au nom de la loi

Juste 30 ans aujourd'hui qu'il est décédé cet acteur qui est avant tout pour moi Josh Randall, le héros de cette série télévisée des années 60. Le générique de "au nom de la loi" avait l'art de faire rappliquer illico presto les 3 filles de la famille, fascinées par sa démarche et son regard bleu si clair... si dur aussi. Aucune de nous ne connaissait alors les parts d'ombre de cet homme telles qu'elles ont fini par être révélées.

samedi 6 novembre 2010

Jour de repos :-)...

.. et voici l'occasion de revenir sur l'humour de l'un des agents qui va bientôt quitter "nos murs" pour aller travailler sur le nouveau site où il a été affectée. C'est lui qui pendant longtemps a affiché la photo ci-dessous. Une photo de poids quand on savait qu'il travaillait autrefois à la Poste où il avait gardé un certain nombre de bons contacts, dont certains avaient du être confrontés à ce qui a pendant été considéré comme un problème de santé majeur au sein de cette entreprise: l'alcool!
Elle me manquera cette personne qui connaissait le prénom de chacun des 250 agents du site et était toujours souriante, prête à rendre service.

vendredi 5 novembre 2010

Il y a des jours comme ça...

... où l'on se sent plein de doutes d'hésitations sur le chemin à suivre, la direction à prendre

La tentation pourrait être grande alors de tout laisser tomber.

Ou alors de se laisser porter par le sens du vent...
Mais est-ce une solution?

jeudi 4 novembre 2010

Quelques visages qui émeuvent

Il y a parfois des visages qui émeuvent.

Ainsi autrefois celui de "la jeune fille à la perle" de Veermer, une jeune fille dont on ne sait rien et dont certains ont supposé qu'elle était la plus jeunes des filles du peintre, d'autres une servante de la famille.

Les deux jeunes femmes ci contre sont mieux connues. "la femme à l'hermine" et "la belle Ferronnière" ont en commun le même auteur qui a repris le même type de vêtements, de visage, de coiffure, de regard qui tient un peu le sectateur à distance.

Est ce pour cela qu'elles ont été mieux mémorisées, au point que lors d'une récente séance photo improvisée, c'est la dernière image, réalisée "comme ça" juste avant de fermer l'appareil, qui a retenu l'attention et que la filiation avec les deux peintures de da Vinci est apparue?

mercredi 3 novembre 2010

Quelques "Bleu"(s)

Ils sont d'une couleur unique Le bleu, Ce n'est pas le bleu angélique Mais pour un peu On les prendrait bien pour des anges Un peu déchus, un peu tombés Tant ils ont le regard étrange De bleu cerné Bien curieuse est leur tendresse Pour peu Qu'on s'y abandonne, ils vous laissent Couverts de bleus Ils brûlent en ne voulant le dire Ou seulement par dérision Ils sont les premiers à sourire De leurs passions Mais quand trop fort ça tourbillonne Quand c'en est trop d'avoir quinze ans Trop dur de n'attendre personne D'aimer si fort, sans rien dedans Sans rien dedans Ils se dessinent à l'encre bleue Des larmes Par jeu

Ils sont d'une couleur précise Ce bleu Par quoi tant d'autres se déguisent Oui, mais pas eux Ils le malmènent, ils le délavent Le portent au-delà des saisons En piétinant la mode, ils savent Qu'ils ont raison Ils sont de la couleur des vagues Ou mieux De ces bleuets qui se divaguent Au chemin bleu Au milieu des champs bien trop sages Oubliés par le désherbant Ils sont cette traînée sauvage Bravant le temps Mais quand trop fort ça déménage Quand c'en est trop d'avoir treize ans De cogner son coeur à la cage Et quand grandir met trop de temps Trop de temps Ils se dessinent à l'encre bleue Des larmes Par jeu

Si l'amour déjà monte en graine Chez eux C'est un rempart contre la haine Contre le feu En les voyant toujours j'espère Qu'ils n'iront pas jusqu'au moulin Et que leurs graines dans la terre Feront demain, Feront un monde à leur mesure Où bleu Et rouge et vert et sans fêlure Vivront heureux Et même si parfois ils doutent Si leur coeur est trop lourd pour eux Je leur dis, voyant sur la route Qu'ils ont le bleu Ne boudez pas votre tendresse Il se peut qu'elle vous tienne chaud C'est pour aimer que le temps presse Même si c'est un peu trop tôt Un peu trop tôt Même si tombent sur le bleu Des larmes C'est peu

C'est peu

* photo de "bleus" trouvée chez Françoise, enfin

http://chez-salpiglossis.viabloga.com/news/hallot-hallot-ici-l-espace

mardi 2 novembre 2010

Georges Seurat, l'homme secret

En ce 2 novembre, une anecdote peu connue au sujet de Georges Seura. Né le 2 décembre 1859 à Paris, dans un milieu bourgeois, il semblerait bien qu'il ait hérité de son père, fonctionnaire, le caractère d'un homme solitaire.

En 1884, alors qu'il a 25 ans, il achève "Une baignade à Asnières", le premier des sept grands tableaux qu'il va peindre dans sa très courte vie.
Très courte car 7 ans plus tard, en 1891, alors qu'il est allé rendre visite à ses parents, il meurt subitement, à l'âge de 31 ans, probablement de diphtérie.
Quelques jours plus tard sa famille découvre alors avec stupéfaction qu'il entretenait depuis plusieurs années une liaison avec Madeleine Knobloch dont il avait eu un fils, né en 1890. Cet enfant décèdera d'ailleurs deux semaines après son père. Quant à l'enfant dont était enceinte Madeleine lors du décès de Seurat, il n'atteindra pas lui non plus l'âge de deux ans.

Qui était Madeleine, l'amour caché de Georges Seurat? On connaît en réalité chose peu de choses d'elle, si ce n'est qu'elle était issue du milieu ouvrier et qu'elle avait 20 ans quand ils se rencontrèrent.
D'une beauté épanouie, elle est devenue son modèle, sa maîtresse, sans qu'il ose la présenter, ni même en parler à sa famille. Lorsqu'il décidera en 1889 de faire son portrait en train de se poudrer ("La Jeune femme se poudrant")il ira même jusqu'à remplacer son autoportrait qui apparait via dans une glace fixée au mur par... un tableau avec un pot de fleurs!

lundi 1 novembre 2010

"l'insomnie des étoiles"

Marc Dugain, l'auteur de ce livre, je l'ai découvert via "la chambre des officiers" qui racontait l'histoire de son grand-père. Je n'ai pas les deux autres ouvrages qu'il a publié en 2005 et 2007 chez Gallimard, l'un consacré à Edgard Hooper, l'autre à Staline. Mais celui-là m'a attirée: le titre, la photo de la jaquette avec une femme dans une tenue des années 30 qui avance dans le brouillard?

Du brouillard il n'est pas directement question dans "l'insomnie des étoiles". Mais du froid et surtout de la "nuit et brouillard", oui.
C'est ce que va découvrir le héros, le capitaine Louyre qui cherche à comprendre pourquoi Maria, la très jeune fille à moitié morte de faim trouvée dans une ferme allemande durant l'hiver 45 a camouflé le corps carbonisé d'un homme qu'elle n'a pas tué.
Beaucoup ne comprennent pas son acharnement à comprendre alors qu'il y a tellement d'autres morts. Alors il interroge le maire, le prêtre catholique qui s'occupe des orphelins, l'ancien médecin chef de cette ancienne maison de convalescence désormais fermée -mais dont le personnel est toujours payé- installée tout en haut de la ville.
Ceux qui se sont un peu documentés sur la Shoah, connaissent les conditions de la mort de Camille Claudel, de Séraphine de Senlis et de tant d'autres qui ont été hospitalisées en psychiatrie, devineront bien avant la longue confession du médecin psychiatre ce qui s'est passé.

Marc Dugain a l'art rare, de dire beaucoup avec peu de phrases. Mais quelles phrases parfois. Ainsi ce point de vue de Louyre sur le maire qui vient d'avouer qu'il était autrefois professeur de philosophie:
"Ce n'est pas facile de faire du doute son métier. On se brûle vite à côtoyer l'essentiel, et j'imagine qu'on se sent tellement soulagé quand on y renonce. Mais en refusant le doute, on est certain de se priver de la vérité"
Ou cette analyse du secret tel que le conçoit le médecin psychiatre:
"Le secret est incompatible avec l'être humain. (...) Parce que s'il n'est pas lourd, ce n'est pas un secret. S'il est écrasant, cela devient intolérable pour la personne qui le porte et elle doit le partager sauf à se mettre elle même en péril"