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mercredi 1 avril 2020

Musiques du temps du confinement -7- Villa-Lobos


Des "Bachianas Brasileiras" (Bachianas brésiliennes?) c'est la partie le plus connue. Elle m'a toujours époustouflée par l'amplitude de voix qu'il suppose chez son interprète, ce que les spécialistes appellent  l'ambitus. Et lorsque je l'écoute, je ne peux m'empêcher de calquer ma respiration la mélodie.
J'ai toujours eu beaucoup de mal à retenir le titre, sans doute parce que je n'ai jamais appris l'espagnol et encore moins le portugais, Villa-Lobo étant Brésilien.
Mais le présent billet m'a incité à faire quelques recherches. J'ai ainsi appris
- que chacune des 9 "bachianas" représente une fusion entre des airs du folklore brésilien (ou des musiques populaires brésiliennes) et le style musical de Jean-Sébastien Bach. C'est pourquoi la plupart des mouvements de chaque suite ont deux titres, l'un emprunté à Bach (Prelúdio, Fuga, etc.), l'autre brésilien (Embolada, O Canto da Nossa Terra, etc.).
- mais aussi que le texte que l'on entend est un poème de Ruth V. Corrêa qui décrit la beauté du ciel le soir
Tarde, uma nuvem rosea lenta e transparente,
Sobre o espaço sonhadora e bela!
Tard, un nuage rose lent et transparent,
Sur l’espace rêveur et beau !



mardi 22 octobre 2019

Plaisir de lire (2) "Alcools" de Guillaume Apollinaire

Le 1er livre mentionné est un recueil de poèmes: "Alcools" de Guillaume Apollinaire.
A ce livre plein de souvenirs sont associés:
- c'est en classe de seconde, au lycée,que j'ai découvert de de très nombreux poèmes que j'avais appris à l'école primaire étaient de lui. J'avais oublié son nom, mais plein de vers m'étaient restés en mémoire
- c'est grâce au professeur de français -Armel G. - qui oeuvrait dans cette classe de seconde S (autant dire que le français n'était pas une matière qui plaisait à la majorité des élèves) que j'ai redécouvert cet auteur. Je me souviens d'un cours qu'il avait entièrement consacré un un poème qui ne comportait qu'un seul alexandrin:
"Chantre
Et l'unique cordeau des trompettes marines"
Avec le recul, je me suis même demandé, pour avoir consacré autant de cours à ce poète, si ce professeur n'était pas en train de préparer sa thèse.
- et puis c'est grâce à ce goût partagé pour la poésie, mais aussi de l'écriture que j'ai rencontré celui qui m'a fait passer de l'enfance à l'âge adulte avant que nos chemins ne se séparent, il y a 40 ans de cela.

vendredi 12 avril 2019

Retour d'exposition: "Le modèle noir" au Musée d'Orsay

Ce qu'en dit le site du Musée:
"En adoptant une approche multidisciplinaire, entre histoire de l'art et histoire des idées, cette exposition se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l'imaginaire que révèle la représentation des figures noires dans les arts visuels, de l'abolition de l'esclavage en France (1794) à nos jours. Tout en proposant une perspective continue, elle s'arrête plus particulièrement sur trois périodes clé : l'ère de l'abolition (1794-1848), la période de la Nouvelle peinture jusqu'à la découverte par Matisse de la Renaissance de Harlem et les débuts de l'avant-garde du XXe siècle et les générations successives d'artistes post-guerre et contemporains."
Ce que j'en ai retenu: Plus que les éléments historiques, c'est la manière dont les artistes ont, au fil du temps, représenté les modèles noirs qui a retenu mon attention. Et j'ai tout particulièrement apprécié le travail qui a été réalisé pour leur redonner un nom. Effort d'autant plus méritoire que ce n'est qu'au XXème siècle que l'on a commencé à "créditer" les modèles, quelle que soit la couleur de leur peau.
Petit moment d'émotion aussi lorsqu'est apparue Jeanne Duval, photographiée par Nadar, peinte par Manet et qui fut longtemps la muse de Baudelaire. Une histoire pas simple que la leur que résume ainsi le site wikipédia: "(...) de longues années de cohabitations, de séparations, de ruptures et de réconciliations."  Au final on ne connait d'elle ni sa date de naissance, ni celle de son décès.On n'est même pas certain de son apparence physique. Et si on dispose d'un certain nombre d'écrits de Baudelaire la concernant, toutes les lettres qu'elle a adressées au poète ont été détruites par la mère de Baudelaire. 
Ci contre, non par un buste de Jeanne mais une anonyme femme (Capresse) des colonies immortalisée par Charles Cordier qui a juxtaposé onyx et bronze patiné et doré

vendredi 22 juillet 2016

La tour Magne à Nîmes

Pendant un certain temps, sur Facebook, j'ai tendu la perche afin que quelqu'un qui aurait gardé en mémoire ce qu'on appelle un distique holorime* (merci Wiki!) me le cite! Ce fut long... et encore ce n'est pas le bon auteur qui avait été crédité. Et oui ce qui suit


« (La reine dit à Gall : "Beau moine rose et gras,
Jusqu'où peux-tu marcher, me tenant dans tes bras ?")
Gall, amant de la Reine, alla, tour magnanime,
Galamment de l'arène à la tour Magne, à Nîmes. »

n'est pas de Hugo mais d'un certain Marc Monnier** (merci Wiki!!)!
Ceci précisé... la vue du haut de la tour Magne ça se mérite, et ça a un prix, celui des nombreuses marches à gravir ... sachant que les marches vont en rétrécissant... un peu comme à St Pierre de Rome. Et c'est un peu angoissant. J'ai d'ailleurs été fort étonnée de croiser des parents avec des enfants en bas âge













Autrement une fois là haut, sans être à 360°, le spectacle vaut le coup d'oeil. Et parmi les "gros plans" j'ai retenu celui qui fait la célébrité de Nîmes: ses arènes




* Les vers holorimes ou olorimes sont des vers entièrement homophones ; c'est-à-dire que la rime est constituée par la totalité du vers, et non pas seulement par une ou plusieurs syllabes identiques à la fin des vers comme dans la rime « classique ».
Le premier sonnet recensé comme tel et qui est de plus entièrement constitué d'holorimes est l'œuvre de Jean Goudezki (1866-1934). Ecrit en 1892 (au cabaret du Chat Noir à Montmartre) il est dédié à Alphonse Allais et s'intitulait "Invitation"
** https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Monnier 

jeudi 13 août 2015

Quelques mots sur "Il meurt lentement..."

Ce poème découvert il y a des années de cela, via un diaporama transmis par une collègue de travail en guise de voeux de "Bonne Année", des mots signés: Pablo Neruda. De mots lus et relus sur le Net avec toujours la même signature...

"Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.
Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement celui qui devient esclave de l'habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère, ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements ou qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions, celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés.
Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant ! Risque-toi aujourd'hui ! Agis tout de suite ! Ne te laisse pas mourir lentement ! Ne te prive pas d'être heureux ! 
... mais aucun ouvrage de référence. Et pour cause, il s'agit de ce que certaines personnes ont appelé un "Hoax" littéraire.



L'original de « A Morte Devagar », le titre portugais du texte ci-dessus  a été publié le 1er novembre 2000 sur la page Web brésilienne "Bacaninha" sous la signature de Martha Medeiros. On peut donc légitimement penser que, puisque c'est elle qui l'a mis en ligne, elle en est l’auteur. Seulement voilà, le texte a commencé à circuler sur Internet via les fameuses "chaînes" en tant que poème de... Pablo Neruda. Et depuis, il tourne, tourne...
Quand au texte original, il ne figure dans aucun recueil de Pablo Neruda... mais semble t il dans aucun des ouvrages publiés par Martha Medeiros. Alors...

mardi 30 juin 2015

Eddy Louis a rejoint Claude Nougaro

Que dire de plus? Rien. Juste écouter (ou re-écouter) cette chanson peu connue de Claude Nougaro où un seul musicien l'accompagne: Eddy Louis lui-même.

Et éventuellement lire cet article consacré à cette chanson qui figurait sur l'album de 1971: "Soeur Ame"
http://mobilismobile.free.fr/oeuvres/fiche.php?id=345

samedi 15 novembre 2014

Que restera-t-il de Lucien Clergue?

Lucien Clergue (qui a eu 80 ans en aout dernier) avait exposé ses oeuvres pour la dernière fois aux rencontres de Arles* en 2007**. 
Que retiendra-t-on de lui. Ou plutôt que retiendrais-je de lui? 
Par forcément ses premiers travaux où, marqué par la mort et les bombardements, il photographie les charognes des bords du Rhône, les corridas...
Non, ça sera plutôt son travail sur "...les nus de la mer, les paysages de Camargue et les éléments qui la compose: l’eau, le sable, les herbes, les signes du vent." Et dont on retrouve trace dans "corps mémorable" cet ouvrage publié en 1957 et qui a été co-réalisé avec Eluard mais aussi Cocteau et Picasso avec lesquels il entretenait des liens très forts. 
Et puis aussi, ce qui peut sembler un détail mais... il a été le premier photographe à entrer à l’Académie des Beaux Arts. 
* qu'il avait fondées en 1970 en compagnie de l'écrivain Michel Tournier et l'historien Jean-Maurice Rouquette.
** En mai 2013, il publie Écritures de lumières (Mélis) à l’occasion de son exposition au Musée Jean Cocteau de Menton.

dimanche 14 septembre 2014

"Oublie un livre quelque part..." Chapitre 7

Dernier livre "oublié" sur un banc, celui qui a fait le "buzz" des années avant le "Indignez-vous" de Stéphane Hessel
Rien ne prédispose cette petite nouvelle (contre la "pensée unique" et ce que l'auteur appelle les "petites compromissions") parue en 1998 chez un éditeur plutôt spécialisé dans la poésie à devenir un "classique". Seulement voilà, au 2ème tour des élections présidentielles de 2002, un journaliste consacre sa chronique à ce livre dont les ventes explosent alors. Traduit dans 25 langues, il en est à sa 40ème édition, totalisant désormais plus de 1 500 000 exemplaires vendus!
Ne pas oublier de rapprocher ce livre, écrit sur un coup de colère après la révélation d'alliances de candidats avec le Front National au deuxième tour d'élections locales, du poème "Ich habe geschwiegen" écrit à Dachau par le Pasteur Martin Niemöller.
« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif. Lorsqu’ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »

lundi 8 septembre 2014

"Oublie un livre quelque part..." Chapitre 1

Le 1er livre oublié a été ... un recueil de poésie. Mais qui est en réalité plus que ça. 
C'est d'abord un hommage à tous ces enseignants qui, au cours des années passées en primaire et au collège, m'ont appris à faire fonctionner ma mémoire via des poésies dont j'ai très souvent oublié le nom de l'auteur, mais pas les vers. Comme par exemple ceux de "Automne malade et adoré"  où 
"...Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule..." 

constituaient bien avant l'heure en France un haïku.
C'est aussi un hommage à ce professeur de français qui, dans une classe de seconde scientifique où les jeunes gens, très nombreux, avaient en tête d'autres préoccupations que la littérature et notamment la poésie, avait consacré de nombreux cours à ce poète. Si je me souviens parfaitement de son prénom qui était fort rare: "Armel" impossible de retrouver l'orthographe exacte de son nom de famille: Gaut(h)ier, à moins que ça ne soit Gaultier. 
C'est enfin un hommage à deux autres hommes: celui avec lequel j'ai échangé cette année là tant de poésies et celui qui, des années plus tard, m'offrit le seul et unique recueil de La Pléiade que je possède: "l'intégralité des oeuvres poétiques" de... Guillaume Apollinaire.

jeudi 26 septembre 2013

"les saltimbanques" de Guillaume Apollinaire chanté par Yves Montand..

Le poème assez peu connu de Guillaume Apollinaire extrait du recueil "Alcool" s'imposait après la statue des Saltimbanques de Burgos

mardi 9 avril 2013

Charles Baudelaire aurait 192 ans...

... car il est né le 9 avril 1821 et bien que cela ne fasse pas un compte rond,  Google lui rend hommage... et avec lui un certain nombre d'amateurs de poésie qui en ont profité pour déposer un certain nombre de poèmes sur... Facebook.
Quel texte retenir de lui? Pas évident. Peut-être celui qui suit et qui est un peu plus lumineux que d'autres.

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

samedi 9 mars 2013

Une pause avec Francis P.

Francis P. pour Francis Panigada.
Impossible de me rappeler quand et comment il est devenu mon "ami" sur Facebook. Un ami féru de poésie et de musique avec lequel je n'échange quasiment jamais*. Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier ses publications qu'il illustre notamment de belles photos d'hommes et de femmes.
Il est aussi le "père" de deux blogs:
- "Raconte moi": http://racontemoi.fr/presentation
à propos duquel il précise: Lire et écrire des histoires en ligne, c'est ce que vous propose Racontemoi.fr, qui se présente sous la forme d'une communauté d'écrivains francophones, publiant leurs récits rédigés dans des genres littéraires tels que des contes, des poèmes, des nouvelles ou romans. Tous les textes, publiés ici, appartiennent aux auteurs. Ils ne sauraient en aucun cas être reproduits ni être diffusés, même partiellement, sans leur autorisation expresse, et ce conformément à la législation relative aux droits d'auteur
- "l'écrit vain": http://ecritvain.over-blog.com/
où ne figurent que ses publications
Que dire de plus à son sujet? 
Que sur Facebook, à la rubrique "à son propos" il mentionne ceci: "En ce monde nous marchons Sur le toit de l'Enfer Et regardons les fleurs" (Kobayashi Issa), à celle relative à sa citation favorite il indique: "On ne peut pas inviter le vent, mais on doit laisser la fenêtre ouverte." (Krishnamurti). Enfin, les photos du présent billet correspondent à quelques unes des "couvertures "qu'il a utilisées.
* Parfois il faut savoir rester lucide et se contenter du rôle de "voyeuse"

vendredi 8 mars 2013

"La femme est l'avenir de l'homme" - Jean Ferrat...

http://youtu.be/kXC4qGOIr_I

On a tous entendu au moins une fois la chanson de Jean Ferrat. Et beaucoup savent que le poète auquel il fait référence est Louis Aragon. Mais rares sont ceux qui savent de quel(s) vers Jean Ferrat est parti pour composer cette chanson, qui a toute sa place en ce 8 mars.
Les voici, tirés de recueil "le fou d'Elsa" tels que j'ai fini par les trouver grâce au net:
L’avenir de l’homme est la femme
Elle est la couleur de son âme
Elle est sa rumeur et son bruit
Et sans elle, il n’est qu’un blasphème

jeudi 7 mars 2013

"Sarah" par Serge Reggiani

Cette chanson, dont ceci :
http://youtu.be/k57Zbo_mnWY

est probablement la version la plus connue, beaucoup ignorent d'elles un certain nombre de choses que la vidéo ci-jointe rappelle, à savoir
- qu'elle commence par quelques vers de ... Baudelaire*... avec une petite modification puisque le poète dit: "... Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse... " que Serge Reggiani transforme en "... Cette bohème-là, c'est mon bien, ma richesse... "
- qu'elle a été composée par GeorgesMoustaki, qui fût, pendant quelques temps le jeune amant d'Edith Piaf pour qui il avait écrit l'un de ses grands succès: "Milord". Un très jeune amant en vérité car si Edith Piaf était née en 1915, Georges Moustaki avait vu le jour 19 ans plus tard, en 1934.
* tirés de "Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre" qui figure parmi les poème divers habituellement adjoints au recueil "les fleurs du mal".

jeudi 17 janvier 2013

"le chat philosophe" - extrait 1

La vie et la mort sont un cycle inévitable,
Un rythme aussi naturel que le jour et la nuit.
Quand vient la vie, tu ne peux résister,
Quand elle s'achève, tu ne peux t'opposer à sa fin.

Tchong Tseu*

* ou plus probablement Tchouang-Tseu, appelé aussi Zhuangzi de son vrai nom Zhuang Zhou est un penseur chinois du IVe siècle av. J.-C. à qui l'on attribue la paternité d'un texte essentiel du taoïsme appelé de son nom: le Zhuangzi

jeudi 20 décembre 2012

"l'homme-joie" de Christian Bobin

En refermant le livre après l'avoir relu, je me suis posé la question de savoir où je le rangerai dans ma bibliothèque. Un souci que j'avais jusqu'alors éludé puisque je n'avais pas assez de place pour ranger mes livres, dont les 2 ou 3 que je possède de lui. Car il faut bien le dire, Christian Bobin est inclassable. Mais la réponse est venue: même s'il est en prose, au rayon poésie!
Ceci dit, ce livre qu'on m'a très gentiment offert m'a t il plu? La réponse est oui... à la seconde lecture, une fois accompli le périple qui va de la phrase (j'ai failli écrire "citation" tant cet auteur s'y prête) d'ouverture:
" Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l'ouvrir"
à celle qui figure au dos de la couverture
" J'ai rêvé d'un livre qu'on ouvrirait comme on pousse la grille d'un jardin abandonné"
... car auparavant j'ai souvent butté sur des mots, des références qui renvoient au fait que Christian Bobin est croyant et tel n'est pas mon cas. Un problème auquel j'avais déjà été confronté avec "le très-bas" consacré à St François d'Assise qui m'avait pourtant été chaudement recommandé par plusieurs personnes. Un livre auquel j'avais beaucoup moins accroché que "la plus que vive" qui était un long poème d'amour adressé à Ghislaine, une femme qu'il avait aimé et est morte très jeune, à 44 ans, d'une rupture d'anévrisme.
D'elle il est de nouveau question dans ce livre, notamment quand il écrit ceci: "Retour d'Autun. J'ai au bord des lèvres le nom de celle avec qui j'allais sur cette route, il y a vingt ans. Les arbres qui se souviennent de son rire font pleuvoir sur son fantôme des taches de couleurs chaudes." Mais aussi de son père, de Maria, une jeune gitane qui attend un enfant, de Soulage et de Glenn Gould... Et puis aussi d'instants précieux comme lorsqu'un cheval brun plonge la tête dans un pré vert cousu de boutons d'or ou que des pois de senteur éclosent.
Le noir, le bleu, la lumière, l'or... Une bonne partie de Christian Bobin est peut-être contenue dans cette phrase anodine qui reflète pourtant bien son oeuvre: "Il faut que le noir s'accentue pour que la première étoile apparaisse."

samedi 20 octobre 2012

Automnes

Même si cela fait bientôt un mois que cette saison a commencé...


Automne malade et adoré
Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n'ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu'on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu'on foule
Un train
Qui roule
La vie
S'écoule
Guillaume APOLLINAIRE

mercredi 8 août 2012

"Nous dormirons ensemble"

Ce poème de Louis Aragon, mis en musique par Jean Ferrat, on l'associe à Elsa Triolet. Et c'est normal. Mais bien souvent on le rattache au recueil "les yeux d'Elsa" publié en 1942. En réalité il est plus tardif car il fait partie des textes publiés sous le titre "le fou d'Elsa", en 1963 (l'année même où Jean Ferrat a créé la chanson). 
J'avais alors 5 ans... et à l'époque, je ne pense pas l'avoir entendu à cette époque car il est peu probable qu'elle ait figuré au programme de l'émission que n'aurait manqué pour rien au monde ma soeur aînée: "âge tendre et tête de bois"

jeudi 19 juillet 2012

"Ô saisons, ô châteaux... de Arthur Rimbaud

Ô saisons ô châteaux,
Quelle âme est sans défauts ?


Ô saisons, ô châteaux,


J'ai fait la magique étude
Du Bonheur, que nul n'élude.


Ô vive lui, chaque fois
Que chante son coq gaulois.


Mais ! je n'aurai plus d'envie,
Il s'est chargé de ma vie.


Ce Charme ! il prit âme et corps.
Et dispersa tous efforts.


Que comprendre à ma parole ?
Il fait qu'elle fuie et vole !


Ô saisons, ô châteaux !


Et, si le malheur m'entraîne,
Sa disgrâce m'est certaine.


Il faut que son dédain, las !
Me livre au plus prompt trépas !

Ô Saisons, ô Châteaux !

NB: Les photos  du présent billet ont été prise à Caen et à Falaise

mardi 20 mars 2012

Le Printemps. Spring. Der Frühling. La primavera....

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie;
Chacun s'habille de nouveau:
Le temps a laissé son manteau.

Charles d'Orléans