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mercredi 23 octobre 2019

Plaisir de lire (3) "La jeune fille à la perle" de Tracy Chevalier


Le second livre aimé cité. Un choix un peu par défaut car ce n'était pas évident de trouver un titre parmi les nombreux romans que j'ai pu lire depuis mon adolescence. Il y avait certes les 2 premiers qui m'ont marquée: "le grand Meaules" de Alain Fournier ou "vent d'est, vent d'ouest" de Pearl Buck...mais aussi et surtout de très nombreux Zola ou Maupassant. Et puis désormais je lis très peu de romans
Mais le livre ci-dessus a une histoire particulière. J'ai toujours beaucoup aimé "la jeune fille à la perle" de Veermer, à vrai dire, c'est mon tableau préféré, celui que j'emmènerai sur une île déserte s'il fallait m'en garder qu'un... alors lorsque j'ai vu qu'une photo illustrait la jaquette du roman, je l'ai acheté sans même l'avoir feuilleté.
Et j'ai beaucoup aimé cette fiction (on sait très peu de chose sur Veermer et rien du tout surs son illustre modèle) qui parle de la manière de peindre au temps du tableau, mais aussi du lien très particulier qui se noue entre une jeune servante et son maître.
Et puis, petite anecdote... ce livre je l'ai pendant possédé en double car le père de mes enfants qui n'avait pas remarqué que je l'avais acheté et lu, me l'avait offert comme cadeau de Noël. A défaut d'être au fait de mes lectures, il connaissait mon goût pour ce tableau. 
Quelques années plus tard, j'ai lu un autre livre de cette auteure: "la dame à la licorne". J'y ai pris moins de plaisir, mais il m'a donné au moins l'envie d'aller voir, pour de vrai, la tapisserie dont la romancière s'est inspirée.  
Par contre, je n'ai pas eu vraiment envie d'aller voir au cinéma le film inspiré du livre. Je craignais trop que le scénario ne tire vers une impossible histoire d'amour entre le peintre et son modèle alors qu'il y a beaucoup plus de choses racontées dans le livre.

mercredi 3 juillet 2019

Les Hollandais à Paris... au Petit Palais

Plus d'un an après l'avoir vue cette exposition,qu'en reste t il?
Au moins ceci, avoir identifié comme Hollandais des peintres dont je connaissais le nom, sans forcement connaître l'origine et le travail. A dire vrai, je ne connaissais que les 3 noms mentionnés sur l'affiche. Et hélas rien n'a changé sur ce point.*
Les organisateurs de l'exposition sont partis d'un constat:"...Dès le premier Empire, et surtout à partir de 1850, plus d’un millier de peintres hollandais quittent leur pays pour renouveler leur inspiration. Parmi eux, la quasi-totalité s’établit à Paris, inexorablement attirée par le dynamisme de sa vie artistique. Les peintres avaient là l’occasion de suivre un enseignement riche, de trouver des lieux d’exposition, d’y vendre leurs œuvres, ou simplement de nouer de nouveaux contacts. Ces séjours, plus ou moins longs, sont parfois le premier pas vers une installation définitive en France."
Du coup l'exposition était chronologique et on pouvait voir: "neuf peintres hollandais : Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe et Ary Scheffer pour la génération romantique ; Jacob Maris, Johan Jongkind et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe siècle et enfin, George Breitner, Vincent van Gogh, Kees van Dongen et Piet Mondrian pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle"
... et à côté de leurs oeuvres étaient présentées celles d'artistes français qui avaient été leurs contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso.
* J'espère être revenue de l'exposition avec l'une des revues d'art consacrées à cette exposition...

mardi 2 juillet 2019

Delacroix au Louvre

Lorsqu'on songe à Delacroix, le 1er tableau qui vient à l'esprit c'est bien sur "La Liberté guidant le Peuple" dont un extrait a illustré pendant des années le billet de 100frs ... et qu'a repris le Musée du Louvre pour annoncer cette grande exposition, la 1ère organisée depuis le centenaire de la mort de Delacroix, en 1963.
Avec 180 oeuvres annoncées, c'était l'occasion ou jamais revoir ou mieux de découvrir le travail de ce peintre et en apprendre plus sur sa biographie. Pour les organisateurs de l'exposition, le choix a été fait de regrouper les oeuvres en 3 trois grandes périodes:
- la décennie 1822-1832 , celle de la conquête et de l’exploration des pouvoirs avec notamment les "Scènes des massacres de Sio" et "La Mort de Sardanapale" ou plus exactement les travaux autour de ce dernier puisque, trop grand, il est resté accroché à sa place habituelle au sein du musée.
- celle des grands décors muraux (cf ceux du Palais Bourbon) où se pose la question de l’impact de ceux ci sur "...sa peinture de chevalet où s’observe une attraction simultanée pour le monumental, le pathétique et le décoratif..."
- les dernières années où Delacroix retrouve l'art du paysage (probablement suite à l'installation d'un atelier à la campagne et ses séjours sur la côte normande) celui des natures mortes avec fleurs, de l'art religieux etc... avec pour élaborer ses toiles, recours à ses souvenirs, notamment ceux mémorisés dans ses notes et carnets. C'est, de mémoire, dans cette partie de l'exposition qu'étaient plus particulièrement abordés ses liens avec le monde politique et celui des arts autres que la peinture.

Plus d'un an après avoir vu cette exposition qu'en reste t il... un souvenir visuel, celui d'un tourbillon de couleurs et de formes... et les grandes oeuvres de "jeunesse", celles réalisées avant ses 35 ans

jeudi 30 mai 2019

Méli-mélo de photos et tableaux avec S. Takaoka

Shusaku Takaoka est un "artiste" japonais qui maitrise fort bien l'infographie et a réalisé des photomontages en incrustant des visages cultes de la peinture dans des scènes contemporaines. Il fait aussi l'inverse.
Certains crient au génie. Je me contente de penser que le procédé est amusant à petite dose ... mais lassant à la longue car ce sont souvent les mêmes personnages qui sont utilisés: Mona Lisa ou de la jeune fille à la perle pour les femmes ou l'un des autoportraits de Van Gogh pour les hommes. Mais peut-être ai je mal cherché sur le Net lorsqu'il a fallu rédiger le texte du présent billet.
Ceux que le procédé passionneraient pourront toujours chercher à en voir plus sur le compte Instagram de ce monsieur



 



samedi 13 avril 2019

Retour d'exposition: "Clémenceau"

Plus que l'exposition en tant que telle, c'est la découverte de ce qui a été la dernière résidence parisienne du Tigre que je retiens de cette visite. En effet un certain nombre de caricatures avaient été plus ou moins vues lors d'une exposition temporaire que j'avais vue en décembre dernier au Panthéon
Là, via quelques salles à l'étage on re-balaye la riche vie de Clémenceau le Tigre dont on ne retient bien souvent que l'image du vieux grand-père allant sur le front... ou du briseur de grèves. Alors que l'homme a été beaucoup plus que cela
- un passionné d'Asie
- un homme bilingue qui a épousé une américaine* rencontrée alors qu'il enseignait aux Etats-Unis
-un amateur d'art qui a notamment beaucoup soutenu et aidé les impressionniste et plus particulièrement Monet à cause de qui il se battit en duel et dont il obtient que "les Nymphéas" soient exposés au musée de l'Orangerie
Son ancien appartement se situe juste en dessous des salles d'exposition et c'est particulièrement émouvant de voir quel a été son cadre de vie de 1896 à 1929
* Pour eux 2 l'histoire s'est mal terminée et l'attitude de Clémenceau est peu glorieuse "Sa femme ayant une liaison avec son jeune secrétaire précepteur des enfants, il fait constater l'adultère et l'envoie brutalement quinze jours dans la prison Saint-Lazare pour adultère (alors qu'il a eu lui-même de nombreuses liaisons féminines) et pendant cette incarcération demande et obtient le divorce avant de la renvoyer brutalement aux États-Unis en ayant en outre obtenu qu'elle perde la garde de ses enfants et la nationalité française. "

vendredi 12 avril 2019

Retour d'exposition: "Le modèle noir" au Musée d'Orsay

Ce qu'en dit le site du Musée:
"En adoptant une approche multidisciplinaire, entre histoire de l'art et histoire des idées, cette exposition se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l'imaginaire que révèle la représentation des figures noires dans les arts visuels, de l'abolition de l'esclavage en France (1794) à nos jours. Tout en proposant une perspective continue, elle s'arrête plus particulièrement sur trois périodes clé : l'ère de l'abolition (1794-1848), la période de la Nouvelle peinture jusqu'à la découverte par Matisse de la Renaissance de Harlem et les débuts de l'avant-garde du XXe siècle et les générations successives d'artistes post-guerre et contemporains."
Ce que j'en ai retenu: Plus que les éléments historiques, c'est la manière dont les artistes ont, au fil du temps, représenté les modèles noirs qui a retenu mon attention. Et j'ai tout particulièrement apprécié le travail qui a été réalisé pour leur redonner un nom. Effort d'autant plus méritoire que ce n'est qu'au XXème siècle que l'on a commencé à "créditer" les modèles, quelle que soit la couleur de leur peau.
Petit moment d'émotion aussi lorsqu'est apparue Jeanne Duval, photographiée par Nadar, peinte par Manet et qui fut longtemps la muse de Baudelaire. Une histoire pas simple que la leur que résume ainsi le site wikipédia: "(...) de longues années de cohabitations, de séparations, de ruptures et de réconciliations."  Au final on ne connait d'elle ni sa date de naissance, ni celle de son décès.On n'est même pas certain de son apparence physique. Et si on dispose d'un certain nombre d'écrits de Baudelaire la concernant, toutes les lettres qu'elle a adressées au poète ont été détruites par la mère de Baudelaire. 
Ci contre, non par un buste de Jeanne mais une anonyme femme (Capresse) des colonies immortalisée par Charles Cordier qui a juxtaposé onyx et bronze patiné et doré

mardi 9 avril 2019

Retour d'exposition: "Hammershoi" au Musée Jacquemart-André

L'un des compte-rendus publiés à l'occasion de cette nouvelle exposition temporaire évoque des intérieurs silencieux. Personnellement j'ajouterai volontiers l'adjectif "mélancolique" car c'est bien ce sentiment que l'on ressent à la vue de ses intérieurs vides*  où figure parfois la silhouette d’une femme de dos**, dans des gammes de gris et de blanc***.
*Des intérieurs vides qui correspondent souvent à des vues de son propre appartement mais dont il ne fait pas figurer, sur la toile, certains éléments décoratifs. C'est ce qui ressort de la comparaison entre certaines toiles et les photographies de son intérieur. Des "épures" de logement en quelque sorte où de loin en loin figurent une coupelle, une tasse, une fleur en pot.
** Une femme qui est en fait très souvent Ida, sa propre femme, laquelle pose souvent de dos.  C'est d'ailleurs l'un de ses portraits, de dos, qui figure dans les collections du Musée d'Orsay qui l'ont prêté à l'occasion de cette rétrospective. La 1ère qui se tient en France et donne l'occasion d'admirer des oeuvres disséminées dans des musées danois (pays dont est originaire le peintre) ou suédois, voire au sein de collections privées. Petite anecdote en passant: il est probable que, pour le 1er portrait de sa femme, il ait beaucoup travaillé à partir d'une photographie de cette dernière car même si ils étaient fiancés lorsqu'il a réalisé en 1890 son portrait, il était inconvenant qu'une femme, même chaperonnée pose pour un peintre.
à noter que lorsque plusieurs personnages figurent sur un tableau (ici Ida entourée de ses 2 belles-soeurs) , non seulement ils ne se regardent jamais les uns les autres, mais il est exceptionnel qu'ils regardent vers le peintre: des personnes isolées chacune dans leur monde.

*** un monde dans un nuancier de gris et blanc... avec des taches noires: les robes de sa femme qui porte souvent un long tablier blanc.. et puis quand on y regarde bien, des tons bleutés, ocrés...mais toujours noyés dans une lumière blanche ou gris très clair. Même si le peintre a parfois été comparé à Veermer ce dernier utilise une palette de couleurs beaucoup plus riche.
Pour conclure ce billet, deux oeuvres jumelles puisqu'elles représentent le même sujet: une fenêtre traversée par la lumière et une porte. Malgré ce qui a été écrit plus haut au sujet de la prédominance de gris dans l'oeuvre du peintre, c'est le tableau de gauche qui figure à l'exposition. Mais je n'ai pu m'empêcher d'ajouter le tableau de droite,à cause de son titre: "danse de la poussière dans la lumière du soleil" car la lumière c'est aussi l'une des thématiques fétiches de Hammershoi.

samedi 16 mars 2019

Dernières BD lues: "E. Manet & B. Morisot, une passion impressionniste" par Jaffredo

J'avais beaucoup aimé les précédents ouvrages consacrés à des artistes de la même période. Ici j'ai été un peu déçue: la BD même si le titre mentionne "Manet et Morisot" elle est centrée sur la vie et l'œuvre de Manet à travers le prisme de lettres que Berthe lui aurait écrites, avec en outre la référence à une passion autre que picturale qui les aurait réunis.
D'elle, mis à part un tableau qu'elle lui offre on ne verra qu'une seule œuvre et qui n'est guère représentative de son travail. Pour mieux la connaitre, elle, il vaut mieux lire la biographie que lui a été consacré Dominique Bona. Et aller au 1er étage du e Marmottan- Monet ... Et regarder ses oeuvres en oubliant cette romance qu'aurait existé entre eux alors même qu'elle avait épousé Eugène Manet, le jeune frère d'Edouard Manet.

ça ce sont les 1ères impressions que j'ai eues après avoir lu la BD, en janvier 2018... 18 mois plus tard, en relisant en diagonale l'ouvrage, je me sens d'humeur plus aimable. 1ère chose qui saute aux yeux: la finesse du trait et la délicatesse des couleurs utilisées par la dessinatrice, Marie Jaffredo. Avec un petit détail qui m'a fait sourire, le visage qu'elle a donné à Berthe n'est pas sans avoir une certaine ressemblance avec la Isa des "Passagers du Vent" de Bourgeon.
Et puis il n'est pas désagréable, alors que régulièrement le soir je plonge dans les questions d'un jeu vendu par le Musée d'Orsay (sur les oeuvres qu'il abrite ainsi que les faits marquants du19ème siècle) de me replonger dans les conditions de création des oeuvres de Manet, ainsi que sur l'accueil qu'elles ont reçu... et se dire que oui, le scénariste fait rappeler via les propos de Manet, la filiation qu'il y a
- entre "le déjeuner sur l'herbe" de Manet et "le concert champêtre" alors attribué à Giorgione (et désormais à Titien)
- ou l'Olympia de Manet et la "Vénus d'Urbin" duTitien ou la Maja nue de Goya
Et il rappelle aussi les défenseurs qu'il eut en la personne de Charles Baudelaire et de Emile Zola.
Finalement la rédaction de ce billet a eu du bon: me faire relire la BD, que je persiste cependant à trouver moins prioritaire à lire que celles consacrées à Rodin*, Monet** ou même Caillebotte***
*https://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2019/03/dernieres-bd-lues-rodin-fugit-amor.html
**https://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2019/03/dernieres-bd-lues-monet-nomade-de-la.html
https://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2019/03/dernieres-bd-lues-gustave-caillobotte.html

mercredi 6 mars 2019

Dernières BD lues: "Monet, nomade de la lumière" de Effa & Rubio

3ème des BD reçues à mon anniversaire en juillet 2017
A l'époque voici ce que j'en avais dit sur FB: "[BD] aussi très intéressante car on recroise certains personnages vus dans la BD consacrée à Caillebotte lequel a droit à un joli coup de patte (tout comme Berthe Morisot & Edgard Degas*)" Mais aussi:"J'ai aussi mieux compris en la lisant pourquoi Berthe Morisot citée ci-dessus se plaignait régulièrement du côté "geignard" de Monet, toujours à cours d'argent. Au moins jusqu'à ses 40 ans, en 1880. Avec des années noires, quand il a du entretenir deux foyers, celui fondé avec sa femme Camille dont il a eu 2 enfants ainsi que Alice Hoschedé & ses 6 enfants"
Et puis avec le recul, je m'aperçois que j'avais omis de parler d'un élément important, l'amitié. Celle  qui a uni
Monet au "Tigre" Clémenceau avec lequel commence et finit la BD. Mais avec Renoir, avec qui il suit de fort mauvais gré des cours à l'Académie Gleyre (après avoir fait ses débuts en Normandie aux côtés de Eugène Boudin) . Renoir l'a plusieurs fois aidé d'abord en partageant ses toiles et couleurs avec lui mais aussi en le soutenant moralement lorsqu'il allait mal, très mal et enfin en l'introduisant auprès du cercle d'amis de Charpentier, l'éditeur de Zola. Monet a alors la quarantaine et ce n'est que désormais qu'il pourra se poser après des années de galère aux côtés de Camille, sa toute première véritable modèle (dont il eut 2 enfants et qui est morte alors qu'elle n'avait que 32 ans) et Alice Hoschedé.
* Tirade de Renoir: "Oscar [le1er prénom de Claude Monet] tu n'as donc rien compris? Les Impressionnistes dont tu parles (...) Degas, Morisot, Caillebotte, ...ils sont riches. Ils n'ont jamais du vivre de la peinture comme toi, Sisley, Cézanne, Pissarro ou moi (...) Ils n'ont jamais souffert de la faim, de la pauvreté ou de la misère ..."

mardi 5 mars 2019

Dernières BD lues: "Gustave Caillobotte" de Laurent Colonnier

Seconde des BD reçues pour mon anniversaire (de juillet 2017!). Complètement différente de la précédente.
L'histoire commence avec le refus, en 1875, par le jury du "salon officiel", de ce qui est probablement l'oeuvre la plus connu de Caillebotte: "les raboteurs de parquet". On y voit Caillebotte à l'oeuvre en tant que peintre, un peintre plein de doutes quant à la qualité de son travail par rapport à celui des peintres impressionnistes qui lui sont contemporains, un peintre qui décide par exemple de recourir à la chambre noire afin de mieux rendre compte de la structure du "Pont de l'Europe".
On croise aussi beaucoup de peintres et artistes de l'époque et ils sont dépeints via quelques anecdotes plus ou moins célèbres où l'on retrouve
le colérique de Camille Pissarro n'hésitant pas à rosser un malotru qui a insulté Berthe Morisot
le quémandeur Monet, bien souvent à la recherche de finances, mais il est vrai qu'il dut entretenir deux ménages
On découvre aussi et surtout Caillebotte le mécène qui va, plus d'une fois, aider les peintres en achetant leurs œuvres, en payant leurs dettes... Caillebotte dont le père et l'un des jeunes frères sont décédés tôt (et qui n'est guère tenté par le mariage) a eu très tôt en tête l'idée de
léguer à l'Etat sa collection privée afin que le public puisse la voir lorsqu'il serait à même de les apprécier. Il dit d'ailleurs "la fortune de mon père vient de son commerce avec l'Etat, il sera juste qu'une partie retourne à l'Etat"* Pissarro aurait même dit à son sujet "Sous ses dehors bourgeois notre ami Caillebotte est un véritable anarchiste"!
Une BD à lire pour le côté biographie, histoire de l'art...tout en pouvant avoir un regard ludique car on peut aussi la lire en cherchant quelles sont les cases inspirées de tableaux et quels sont les tableaux présents dans les cases. Et puis aussi de relire sa biographie officielle**
Un regret... le silence sur ce que fut sa vie  après 1885, quand il commence a beaucoup moins peindre pour se consacrer au activités nautiques et à l'horticulture. Mais l'objet de la BD était de faire mieux connaître au public, "le célèbre inconnu"

* Le père de Caillebotte était dans le commerce de la toile avant d'ouvrir une entreprise de literie spécialisée dans le lit militaire (page 11 de la BD)
** https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Caillebotte

lundi 7 janvier 2019

Partage de souvenirs (6) ... Exposition "Wallace Ting" au musée Cernuschi


Je suis allée plusieurs fois au musée Cernuschi* qui est beaucoup moins connu que le musée Guimet ou celui du quai Branly, sans doute parce qu'il est plus ciblé arts asiatiques avec notamment des oeuvres venues de Chine, Japon, Corée et Vietnam... là où les 2 autres sont plus diversifiés. En outre il est un peu plus compliqué d'accès puisque le trajet le plus simple suppose de prendre la ligne 2, de descendre à "Monceau" de remonter une avenue avant de tourner dans l'avenue Velasquez. Depuis la 1ère fois que j'y suis allée, plus d'une fois j'ai du ré-orienter des touristes un peu perdus.
Pour revenir à cette exposition, qui a eu lieu 7 octobre 2016 au 26 février 2017. Je ne connaissais pas l'artiste mais l'affiche, vue dans le métro, avait attiré mon oeil. A dire vrai, l'exposition m'a déçue... ou plus exactement ce que j'ai vu ne m'a pas incitée à acheter le catalogue et comme, de mémoire il n'y avait pas la moindre revue d'art consacrée à cet événement, je suis partie les mains vides avec en outre aucune image supplémentaire qui se serait ajoutée à celle de l'affiche. Le genre de cas de figure où en sortant on se dit "mauvaise pioche!" 
Mais je suis quand même allée faire ensuite quelques recherches sur le Net. et j'ai trouvé ce qui suit: "L’itinéraire de Walasse Ting, artiste inclassable né à Shanghai, tour à tour actif à Paris, New York et Amsterdam, préfigure l’internationalisation de l’art contemporain chinois
Au début des années 1950, Walasse Ting gagne Paris où ses créations expressives le rapprochent du groupe CoBrA. Si sa prédilection pour Matisse s’affirme pendant ses années parisiennes, c’est à New York qu’il construit son univers, fait d’allers et retours entre l’encre et la couleur pure, entre les codes de la peinture chinoise et la spontanéité de l’action painting. Tout en retraçant le parcours de Walasse Ting, [le catalogue de l'exposition] présente pour la première fois le fonds exceptionnel du musée Cernuschi, révélant une œuvre d’une incroyable vitalité, chargée d’érotisme, ainsi que la figure fascinante d’un artiste se désignant lui-même sous le nom symbolique du « voleur de fleurs ».
*Musée fermé depuis le28/5/2019 et jusqu'en fin mars 2020 "...pour des travaux de refonte du parcours des collections permanentes..."

dimanche 6 janvier 2019

Partage de souvenirs (5) ... Exposition "la peinture américaine"

... autour des expositions, cette fois ci: "la peinture américaine des années 30 - The Age of Anxiety"
Un régal. J'ai retrouvé le tableau de l'affiche qui a eu droit il y a quelques temps à une relecture pleine d'humour sur Arte dans le cadre de "A-musez moi"*. Et surtout il y avait 2
tableaux de Hooper et mine de rien, les voir pour de vrai c'est quelque chose!
Mais avant toute chose, avant d'aller voir cette exposition, la peinture américaine, je n'y connaissais pas grand chose. Maintenant guère plus, mais j'ai au moins appris que celle des années 30 se caractérise par une grande diversité puisque l'exposition montrait aussi bien:
- les natures mortes pour le moins surprenantes de
Georgia O’Keeffe
- que les oeuvres néo-cubiques de Stuart Davis, qui dans New York-Paris No 3 (1931) propose un étonnant paysage urbain, à la fois destructuré et réaliste.












L'exposition est organisée autour de quelques thèmes forts comme
- "contrastes" Et effectivement il y a beaucoup de contrastes entre d'une côté la puissance industrielle et de l'autre la persistance d'un monde rural qui lui aussi fait face à des temps difficiles, notamment au début des années 30 où les vastes plaines du centre des Etats-Unis sont confrontées à la sècheresse et aux tempêtes de sable. D'où le tableau poétique mais tellement triste de Alexandre Hogue où dans "Erosion No2" sa terre ressemble au corps nu et fatigué d'une femme.
- "La Ville spectacle"
où il y a certes des images pleines de joie de vivre notamment via les scènes de rue où les cabarets sont fort nombreux... mais cela ne doit pas faire oublier la jeune femme pensive qu’Edward Hopper immortalise en retrait de la scène dans le tableau "New York Movie" (1939). Pour reprendre les mots du cahier de présentation de l'exposition: sous le vernis de frivolité et de plaisir, la solitude et l’angoisse conservaient toute leur place.
- "L’histoire revisitée "
Certains artistes évoquent aussi une histoire moins glorieuse, comme le passé esclavagiste des États-Unis
- "Cauchemars et réalité"
Avec un tableau qui m'a fort marquée, celui de "American Justice" où Joe Jones, dénonce dès 1933 les exactions racistes du Sud où les KKK était (et est encore) fort présent
L'exposition se terminait avec les années 40 avec ce constat (questionnement?) "Vers un art moderne américain" puisqu'à partir de cette période, les peintres vont se partager entre 2 courants, d'une côté ceux qui, tels Pollock, sont attirés par l’abstraction et de l'autre ceux qui en reste à un réalisme froid et dont Hopper reste le meilleur représentant.

jeudi 3 janvier 2019

Partage de souvenirs (2)... exposition "Peindre l'impossible"

... autour des expositions...
à savoir celle-ci, vue durant l'hiver 2016/2017. Deux ans plus tard, qu'en reste t il dans ma mémoire? A dire vrai, pas grand chose...
D'abord , le titre: "peindre l'impossible". Autant qu'il m'en souvienne, c'était la lumière, l'eau  mais aussi la neige, comme sur la photo.
Et puis les peintres exposés. Monet je connaissais assez. Munch beaucoup moins et même aujourd'hui, je suis incapable de citer un tableau autre que "le cri" qui ne figurait pas parmi les oeuvres exposées. Ceci alors même que , je viens de le vérifier, c'est une oeuvre de Munch qui illustre l'affiche. Quant à Hodler... Mystère. Même son prénom m'échappe
Mais heureusement il y a ... non, pas Findus, mais le Net.
Alors voici quelques extraits d'un article paru dans la revue "Le Point"
"Peindre l'impossible, affronter l'insaisissable, regarder le soleil en face, rendre les courbes sinueuses de l'onde, traduire l'immatérialité de la neige (...)" Ma mémoire n'était donc pas trop mauvaise.
Quant aux peintres choisis, il faut écouter le commissaire général de l'exposition:
"Pourquoi rapprocher le Suisse Hodler, le norvégien Munch et le français Monet ? Monet relève de l'impressionnisme alors que Hodler et Munch sont souvent tenus pour symbolistes.  Ils ne se sont jamais rencontrés. Mais ces peintres sont des contemporains bien qu'ils appartiennent à des générations différentes. Ils vivent dans le même monde, l'Europe d'avant et d'après la Première Guerre mondiale. Ils en éprouvent les mutations techniques, politiques et sociales qui affectent leur mode de vie et leurs pratiques artistiques. (...)"
Et puis retrouver la "bande annonce" de l'exposition
https://www.youtube.com/watch?v=_dd4OTDV0MU

mercredi 16 novembre 2016

"Un bruit étrange et beau" de Zep


Où est la valeur d'une vie? Dans le bruit et la fureur ou dans le recueillement du silence? Dans ses batailles ou ses renoncements? Don Marcus, il y a 25 ans de cela a choisi la solitude et le silence en intégrant l'ordre religieux des Chartreux.
Sauf qu'un héritage le contraint à quitter le confort psychologique du monastère pour retourner à Paris où le monde a beaucoup, beaucoup changé en 25 ans. Mais le plus difficile est ailleurs, dans les retrouvailles avec son ancienne vie, du temps où il s'appelait William, avait un cousin Gabriel (loin d'être un ange) & une cousine Tolède: les enfants de sa tante Elise qui lui a légué un Nu de Modigliani. De plus, il a rencontré durant le voyage vers Paris, Méry, une jeune femme dont les jours sont comptés du fait d'une maladie incurable mais qui est résolument décidée à profiter du temps qui lui reste.
C'est elle qui pèsera probablement le plus lourd dans le choix qu'il fera (notamment par rapport au   tableau) après lui avoir fait un aveu: bien avant d'entrer chez les Chartreux, il a rencontré la mort, via le corps d'un voisin: "la mort m'a fait si peur ce jour là que j'ai voulu croire en un Dieu plus fort qu'elle. Et j'ai fini par choisir une vie voisine de la mort... pour m'habituer"
26 ans plus tard, au moment de mourir, William qui cherchait Dieu dans le vide du silence, retrouvera  Méry (celle qu'il qualifiait de "délicieux vacarme") et trouvera enfin, non le silence, mais un bruit étrange et beau   

mercredi 12 octobre 2016

"Entre deux Horizons" - Exposition au centre Pompidou de Metz

J'avais un peu de temps à tuer entre le moment où mon train arrivait en gare de Metz et celui où je devais récupérer une voiture de location près du centre Pompidou... alors j'ai visité celui-ci et notamment la seule exposition temporaire visible.
Ce fut l'occasion de vérifier à quel point je connaissais assez mal la peinture allemande (pas forcément surprenant car je pense que celle-ci est assez peu présente dans les collections des musées français)
Mais aussi de constater que je connais très mal  tout ce qui se rattache au courant dit avant-gardiste, quel que soit le côté du Rhin. Et enfin de constater que l'Art n'ayant pas de frontière, que ce soit entre la guerre de 1870 et celle de 14/18, ou bien encore après celle-ci tant les peintres allemands que français, tout en ayant chacun leur regard et leur style particuliers, avaient des sensibilités et des approches très similaires.

jeudi 15 septembre 2016

Retour sur les expositions...Autoportraits: de Rembrandt au selfie

Lors d'un petit séjour à Lyon, la météo n'incitant guère à la promenade, j'avais prévu de retourner voir les collections permanentes du Musée des Beaux-Arts... sauf qu'il y avait cette exposition temporaire. Une occasion idéale de voir des oeuvres que je n'irai jamais voir dans les musées où elles sont habituellement exposées: la "Staatliche Kunsthalle" de Karlsruhe et les "National Galleries of Scotland" à Edimbourg. Et je n'ai pas regretté d'avoir changé de programme car le contenu réel de l'exposition correspondait bien à son sous-titre, sans pour autant miser avant tout sur une simple évolution chronologique.
En très résumé, au fil des siècles, l'approche de l'artiste (d'abord le peintre puis, à compter du XIXème siècle, le photographe) a évolué. D'abord centré sur son regard proprement dit, l'artiste s'est ensuite positionné comme un homme au travail, dans son atelier, avant d'étendre sa représentation en mettant en scène le milieu dans lequel il évolue (et achète ses oeuvres) mais aussi son intimité familiale ou amicale (ceux et celles qu'il considère comme ses amis). Les évolutions les plus récentes, voient les artistes peintres privilégier, non plus l'auto-portrait idéalisé de l'artiste mais se représenter en tant que individu mortel (d'où les nus parfois très réalistes et pas forcément flatteurs) et aussi les portraits "en creux" où ils n'existent que via quelques traits stylisés ou bien encore les objets de leur environnement.


mercredi 2 septembre 2015

La rentrée ... fin...provisoire?

Hier il était question des langues, et aujourd'hui de l'une de ces matières* qui figurent au programme des collèges, mais pour laquelle on ne voit jamais les enseignants en début d'année lors des réunions de parents d'élèves: les arts plastiques!  Allez, si on les voit, quand ils font partie de ces enseignants qui enseignent une autre matière, en général une de celles que l'on qualifie de littéraire...
Le genre de matière que beaucoup de parents et surtout d'élèves supprimeraient volontiers de leur emploi du temps. ça sert à quoi? Et on en retient quoi?
Bonne question!
Avec le recul des années, si je peux apprécier un dessin tel que celui qui illustre le présent billet, ce n'est pas grâce aux enseignants que j'ai eu au collège: il y avait peu de théorie, juste une demande de réaliser une oeuvre sur une thématique précise, mais parce que adulte j'ai fréquenté les musées, visité des expositions, feuilleté des livres d'Art etc.. Et je pense qu'il en serait de même de mes enfants.
En attendant, ce genre de questionnement qui concernera désormais mes enfants et leurs propres enfants, moi je me contenterai de regarder ce bref résumé relatif aux courants de l'art moderne pictural. Assez bien fait d'ailleurs à ce qu'il me semble

  * L'autre c'est la musique

samedi 29 août 2015

Peinture...couleurs... sentiments

Au départ il y a eu cette photo:
Une jolie phrase qui a donné envie de revoir certains tableaux de Monsieur Jean (Siméon) Chardin.

Mais aussi de savoir où et quand il aurait prononcé cette phrase. Le Net m'aurait apporté la réponse via un dictionnaire Larousse consacré à l'art, lequel reprend une lettre adressée par un certain Cochin, un ami de Chardin, à Haillet de Couronne qui devait prononcer l'éloge funèbre du peintre devant l'académie de Rouen.
" ... Un jour, un artiste fait grand étalage des moyens qu'il employait pour purifier et perfectionner ses couleurs. M. Chardin, impatient de ce bavardage de la part d'un homme à qui il ne reconnoissoit d'autre talent que celui d'une exécution froide et soignée, lui dit : “Mais qui vous a dit qu'on peignît avec les couleurs ? — Avec quoy donc ? répliqua l'autre, fort étonné. — On se sert des couleurs, reprit M. Chardin, mais on peint avec le sentiment.”

dimanche 23 août 2015

La Gacilly...le nez en l'air

La Gacilly, ce n'est pas que le festival de la photo mais aussi un village où vivent à l'année des artisans. Et lorsqu'il s'agit de signaler leur boutique, certains ne manquent pas d'imagination. La preuve, ce sculpteur qui, sur le mur de son atelier/échoppe, a apposé une grand tête en bois coloré. 
D'autres font plus simple, ce qui ne m'a pas empêchée d'avoir l'oeil attiré par leurs enseignes.
Au fait, savez-vous ce qu'est un "dinandier"?
C'est un artisan d'art (sans doute par opposition aux artisans utilitaires comme les plombiers, électriciens etc...) qui fabrique des objets utilitaires et décoratifs par martelage à partir d'une feuille de cuivre, d'étain ou de fer-blanc. A l'origine, il fabriquait notamment les casseroles, des moules, voire des fontaines. Ce mot vient de Dinant en Belgique (et non de Dinan dans les Côtes d'Armor) où la tradition du travail du cuivre est ancienne puisqu'elle remonte au XIIe siècle.
Et qu'est ce qu'un "peintre de marine"?
Là il y a un piège car il y a le peintre de marines, à savoir celui ou celle qui peint des scènes maritimes et le peintre officiel de marine. En France, c'est un titre accordé par le ministre de la défense, à des artistes ayant consacré leur talent à la mer, à la Marine et aux gens de mer. En fait, il peut être attribué non seulement à des peintres mais également à des photographes, des cinéastes, des illustrateurs, des graveurs et des sculpteurs. 
La procédure est assez longue car il faut d'abord être peintre agréé (validité de l'agrément: 3 ans) par  un jury présidé par un officier général de Marine et constitué d'officiers de marine et des peintres titulaires. Ensuite, après avoir été peintre agréé plus de quatre fois consécutives on devient peintre titulaire.
Le monde de la marine n'étant pas réputé comme particulièrement féministe, je pensais donc que pour la Anne (et non Jane) Smith de l'enseigne il s'agissait d'une femme ayant peint des marines. Erreur! Elle est peintre officiel de marine depuis 2005. Pas mal pour une femme née en 1959 à Londres et qui a peint sur des cargos, des paysages industriels et des ports, et dont les tableaux ont été acquis par de grandes compagnies maritimes, la ville de Brest pour orner sa salle d'honneur, la Fondation d'Art Contemporain de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique...

mardi 11 août 2015

Quand la baigneuse devient un ange déchu

Au tout départ, il y a eu la baigneuse dite "Valpinçon"* (aussi connue sous le nom de "la grande baigneuse"), une oeuvre de jeunesse réalisée par Jean-Baptiste Ingres**. Un tableau dont il reprendra le motif de la jeune femme vue de dos avec la joueuse d'oud qui est l'une des figures clés du "Bain turc"**
Man Ray appréciait beaucoup le tableau de la "Baigneuse". Alors, après avoir fait poser une première fois celle qui était alors sa muse, Kiki de Montparnasse, portant un turban, assise de profil et retenant avec ses mains un tissu autour de ses hanches, il lui a fait prendre une autre pose. Cette fois ci, elle est de dos et les bras ont disparu, accentuant la ressemblance si souvent faite entre le dos d'une femme et un violon. Il est à noter que ce n'est qu'une fois le tirage effectué que Man Ray rehaussera les tons du cliché avec de la mine de plomb et surtout ajoutera à l'encre de Chine les fameux motifs qui correspondent aux ouies d'un violon.
L'histoire aurait pu s'arrêter là. Mais l'oeuvre de Man Ray a inspiré à son tour un autre artiste, lui aussi américain:   Joël-Peter Wikin qui a réalisé "Woman once a bird". Là, je dois avouer que je n'aime pas du tout, même après avoir appris que les cicatrices liées à l'ablation des ailes de l'Ange ne sont en fait que du maquillage. La faute à un autre élément de la photo: le corset en fer***, destiné, tout comme les "cicatrices"  des ailes disparues, à renvoyer à la recherche de la perfection. Une recherche absurde, aux dires même de l'artiste, puisqu'elle passe par un corps torturé (comme pouvait l'être celui des femmes aux pires heures du 19ème siècle).
* Nom d'un des anciens propriétaires de l'oeuvre
** Ingres avait 28 ans lors de la réalisation de la "Baigneuse" et 82 au moment du "Bain turc" 
*** Bien réel lui, il avait été réalisé par le mari de la modèle qui payait le prix fort le goût commun du couple pour ce type de fétichisme puisque elle était suivie médicalement après qu'il ait été constaté que le port de ce type de corset avait modifié la place de ses organes