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dimanche 25 février 2024

Expositions... "Suzanne Valadon"

 Exposition vue quelques jours avant qu'elle ne quitte l'affiche. Et je n'ai pas regretté!
Déjà parce que, dans ma tête, j'étais restée très en deça de ce qu'a réellement été cette femme, d'abord connue comme modèle, puis mère du peintre Maurice Utrillo mais qui était aussi devenue peintre! Certes, une visite du Musée de Montmartre où le temps d'une autre exposition elle partageait la vedette avec son fils et son second mari (lui aussi peintre) et où j'étais passée dans une reconstitution de son atelier d'alors... m'avaient incitée à penser qu'il aurait fallu aller au delà de la seule image du modèle ayant un "peu" peint!
Grave erreur! En fait, elle a payé cher Marie-Clémentine (son vrai prénom) le fait d'avoir commencé la peinture d'abord comme modèle et de n'être jamais passée par une école d'art! Pas grand chose à voir avec une autre femme peintre de la fin du 19ème: Berthe Morisot. Si Berthe Morisot (qui avait quasi 25 ans de plus) est une peintre impressionniste, Suzanne Valadon est une post-impressionniste avec une approche naturaliste. Pas issues du même milieu! Et elle a créé son propre style en osant notamment montrer des femmes telles qu'elles pouvaient être, à l'instar de celle qui figure sur l'affiche: Mauricia Coquiot (1880-1964) artiste de cirque, devenue amie d'artistes en se mariant avec un critique d'art avant de d'être maire pendant 19 ans au sortir de la seconde guerre mondiale!

jeudi 4 juillet 2019

Plantu BNF

Cinquante ans de carrière sont retracés à travers une centaine de dessins, pour certains inédits, à la B N F ! Pour ne rêvez pas trop, c'était juste dans une petite salle qui n'avait rien à voir avec l'enfilade de pièces réservées par exemple pour la rétrospective consacrée à Astérix.
Mais bon, il était très intéressant de pouvoir découvrir le travail de Plantu depuis son premier dessin publié par le Monde en 1972 – une colombe portant en guise de rameau un point d’interrogation – jusqu’à aujourd’hui.... de constater comment son style a pu évoluer au fil des planches et des années. Avec quelques étapes clés comme:
- 1985, quand André Fontaine, alors directeur du journal Le Monde de l’époque, lui confie le dessin qui figurera en Une
- 1991, lorsque Plantu commence à fournir une fois par semaine un dessin à l’Express.
Et puis on découvre quand est apparue la fameuse petite souris qui a fini par devenir une signature à elle seule.
Et puis cette exposition est l'occasion de découvrir qu'à côté du Plantu, dessinateur de l'actualité, celle d'hier avec la chute du mur de Berlin, celle d'aujourd'hui avec le Brexit, celle de toujours avec les inégalités Nord/Sud, il y a aussi le Plantu, défenseur des droits et de la liberté d'expression via l’association Cartooning for Peace, fondée en 2006 à la suite d’une rencontre avec Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations Unie. Mais cet aspect là de son travail,je la connaissais déjà grâce à une exposition découverte au Mémorial de Caen, en juin 2012!

mercredi 3 juillet 2019

Les Hollandais à Paris... au Petit Palais

Plus d'un an après l'avoir vue cette exposition,qu'en reste t il?
Au moins ceci, avoir identifié comme Hollandais des peintres dont je connaissais le nom, sans forcement connaître l'origine et le travail. A dire vrai, je ne connaissais que les 3 noms mentionnés sur l'affiche. Et hélas rien n'a changé sur ce point.*
Les organisateurs de l'exposition sont partis d'un constat:"...Dès le premier Empire, et surtout à partir de 1850, plus d’un millier de peintres hollandais quittent leur pays pour renouveler leur inspiration. Parmi eux, la quasi-totalité s’établit à Paris, inexorablement attirée par le dynamisme de sa vie artistique. Les peintres avaient là l’occasion de suivre un enseignement riche, de trouver des lieux d’exposition, d’y vendre leurs œuvres, ou simplement de nouer de nouveaux contacts. Ces séjours, plus ou moins longs, sont parfois le premier pas vers une installation définitive en France."
Du coup l'exposition était chronologique et on pouvait voir: "neuf peintres hollandais : Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe et Ary Scheffer pour la génération romantique ; Jacob Maris, Johan Jongkind et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe siècle et enfin, George Breitner, Vincent van Gogh, Kees van Dongen et Piet Mondrian pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle"
... et à côté de leurs oeuvres étaient présentées celles d'artistes français qui avaient été leurs contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso.
* J'espère être revenue de l'exposition avec l'une des revues d'art consacrées à cette exposition...

mardi 2 juillet 2019

Delacroix au Louvre

Lorsqu'on songe à Delacroix, le 1er tableau qui vient à l'esprit c'est bien sur "La Liberté guidant le Peuple" dont un extrait a illustré pendant des années le billet de 100frs ... et qu'a repris le Musée du Louvre pour annoncer cette grande exposition, la 1ère organisée depuis le centenaire de la mort de Delacroix, en 1963.
Avec 180 oeuvres annoncées, c'était l'occasion ou jamais revoir ou mieux de découvrir le travail de ce peintre et en apprendre plus sur sa biographie. Pour les organisateurs de l'exposition, le choix a été fait de regrouper les oeuvres en 3 trois grandes périodes:
- la décennie 1822-1832 , celle de la conquête et de l’exploration des pouvoirs avec notamment les "Scènes des massacres de Sio" et "La Mort de Sardanapale" ou plus exactement les travaux autour de ce dernier puisque, trop grand, il est resté accroché à sa place habituelle au sein du musée.
- celle des grands décors muraux (cf ceux du Palais Bourbon) où se pose la question de l’impact de ceux ci sur "...sa peinture de chevalet où s’observe une attraction simultanée pour le monumental, le pathétique et le décoratif..."
- les dernières années où Delacroix retrouve l'art du paysage (probablement suite à l'installation d'un atelier à la campagne et ses séjours sur la côte normande) celui des natures mortes avec fleurs, de l'art religieux etc... avec pour élaborer ses toiles, recours à ses souvenirs, notamment ceux mémorisés dans ses notes et carnets. C'est, de mémoire, dans cette partie de l'exposition qu'étaient plus particulièrement abordés ses liens avec le monde politique et celui des arts autres que la peinture.

Plus d'un an après avoir vu cette exposition qu'en reste t il... un souvenir visuel, celui d'un tourbillon de couleurs et de formes... et les grandes oeuvres de "jeunesse", celles réalisées avant ses 35 ans

lundi 1 juillet 2019

Retour d'exposition: "Hugo Pratt" au Musée Confluences de Lyon

 L'an prochain cela 25 ans que Hugo Pratt a disparu... Grâce soit rendue au Musée "Confluences" de Lyon d'avoir organisé cette 1ère grande exposition qui permet aux jeunes générations d'en savoir plus sur cet auteur de BD qui a enchanté plus les générations plus anciennes, notamment celle  était adolescente ou jeunes adultes lors de la publication des 1ères aventures de Corto Maltese, à la fin des années 60.
Une très belle exposition organisée officiellement en 3 parties avec une partie biographique, une autre sur les inspirations de l'auteur de bandes dessinées et une dernière sur ses œuvres.
C'est la seconde qui m'a le plus passionnée. Notamment parce qu'on y voit un certain nombre d'objets dont on retrouve trace dans l'oeuvre du dessinateur,comme un crâne en cristal.
Et puis j'ai eu un très gros coup de coeur pour les versions "aquarellées" de certains de ses dessins (sans que je sois certaine qu'elles soient réellement de la main de Hugo Pratt) Le doute est permis puisque si on voit dans une vidéo, Hugo Pratt réaliser une aquarelle et que ses oeuvres, initialement en noir et blanc ont été republiées en couleurs... un article de presse précise que "Outre les originaux, nombre de dessins ont été retravaillés en couleurs, par la graphiste Tiphaine Massari"
Petit coup de coeur aussi pour l'une des "salles" où étaient regroupées 390 visages des personnages inventés au fil des volumes. Et juste avant, une sorte de carte interactive où les visiteurs étaient invités à faire voyager Corto en utilisant un chat.
J'allais oublier un détail: de nombreuses citations émaillent le parcours de l'exposition, avec beaucoup de références aux auteurs anglo-saxons. Mais pas que,car s'il fallait n'en retenir qu'une ça serait celle de Dont cette fort joli phrase de Jorge Luis Borgès qui colle tellement bien au personnage de CortoMaltese: "Un gentleman ne peut s'intéresser qu'à des causes perdues"

vendredi 28 juin 2019

Retour d'exposition: "125 ans de National Geographic" au Museum d'histoires naturelles de Paris









Pour une revue, 125 ans d'existence ça se fête! Et c'est en 2017 que ça s'est passé et que le Museum d'histoire naturelle de Paris a permis à ceux et celles qui n'étaient pas nés à cette époque là (tous les visiteurs) de voir, année par années,  quelques unes des couvertures et photos, avec 
- beaucoup de photos en grand format, et pour certaines ce fut un choc de voir en taille 2x3 ces photos jusque là connues en format magazine photos
- la découverte de l'immense travail accompli par les photographes (pour beaucoup inconnus du grand public, notamment les plus anciens) afin de garder trace des paysages, des animaux, des civilisations...
- et cela aussi difficiles qu'aient pu être certaines prises de vue.
Bien sur il y avait l'iconique "Jeune fille afghane aux yeux verts " immortalisée en 1984, alors qu'elle n'avait que 13 ans, par Steve Mc Curry... avec à côté la jeune femme, vieillie avant l'heure, qu'elle est devenue.Mais ce n'est pas la photo de Sharbat Gula que j'ai envie de monter mais une autre jeune femme, algérienne immortalisée au début du 20ème siècle par Rudolf Lenherd et Ernst Landrock .
Et puis parce qu'il faut bien choisir parmi cette très belle et riche expositions, 2 autres photos que celle de cette jeune femme algérienne:
-l'une parce qu'elle explore la thématique des espèces animales, avec la mise en avant des immenses progrès réalisés depuis que les 1ers photographies d'animaux nocturnes...
Ici un puma mâle californien (photo de Steve Winter)

l'autre photo c'est un "paysage" grandiose, que l'on croirait de prime abord être un agrandissement de roche avant de remarquer les petites silhouettes en combinaison orangée qui escaladent  des cristaux géants dans une grotte mexicaine (photo de Peter Carsten)


jeudi 27 juin 2019

Retour d'exposition: "Valérian & Laureline" à la Cité des Sciences et de l'Industrie

 Voilà une exposition que je ne voulais à aucun prix manquer... parce que durant mes années de fac j'ai dévoré les différentes BD de la série, avant de recommencer à les acheter plus tard, ravie que désormais la série ne s'intitule plus"Valérian" mais "Valérian & Laureline" quitte à être un petit peu déçue de la manière dont la BD s'achevait et très déçue de l'adaptation cinématographique où la rousse Laureline devient une fade blonde. 
L'exposition elle ne m'a pas déçue. Plus que l'interview d'un certain nombres de scientifiques quant à la probabilité d'exister de certaines inventions du duo Christin-Mézières, ce sont les vignettes qui explicitent l'origine de certains personnages ou certains détails au sein d'une vignette qui m'ont emballée.
Certains liens sont faciles à faire comme ici avec le film "2001, odyssée de l'Espace ou bien encore Orson Welles, démiurge en tant que cinéaste et qui a laissé une impressionnante composition de flic pourri dans "la fureur" du mal qui devient "Dieu le Père" dans la Sainte-Trinité (aux côtés d'un fils baba cool grand amateur de substances diverses et d'un Saint-Esprit ayant les traits d'un juke-box)












Il faut un oeil plus aguerri pour reconnaître la femme rousse de la publicité pour le papier à cigarettes Job inventée par Mucha dans la déesse-mère des "Héros de l'Equinoxe". Et carrément être un spécialiste de la peinture pour retrouver dans les restes d'un repas pris par Laureline qui figurent dans un coin de vignette, une "nature morte aux huitres, citron et coupe d'argent" de Willem Claeszoon Heda!

mercredi 26 juin 2019

Retour d'exposition: "Rodin" au Grand Palais

C'était l'exposition du centenaire. L'occasion de voir les oeuvres habituellement visibles au musée Rodin, mais aussi d'autres,sous un autre jour. Et découvrir à quel point l'artiste fut fécond car si on connaît beaucoup les grandes sculptures de l'âge mur et leurs variations de toutes tailles, ses dessins (assez érotiques, car l'homme était fort sensuel) sont beaucoup moins connus
C'était aussi l'occasion de découvrir un certain nombre d'anecdotes jusque là ignorées. Mais aussi de voir à quel point il a été moderne et source d'inspirations pour des peintres nés bien des années après lui.
Parmi les oeuvres très connues il y avait bien sur "le penseur" et l'âge d'airain" par qui le scandale était arrivé. En effet, certains ont pensé qu'il avait effectué un moulage du corps de celui qui avait posé: un jeune soldat belge du nom d’Auguste Neyt. Le souhait de l’artiste qui était de représenter « le vrai », à la fois au plan de la justesse anatomique mais aussi d'une réelle présence du corps, dans ses 3 dimensions.
Alors, volontairement pour ces 2 oeuvres, j'ai choisi des cadrages atypiques. La 1ère au travers du bras plié de "l'âge d'Airain", la seconde en immortalisant son profil. Accessoirement c'était aussi une manière d'éviter d'avoir dans le champ de vision l'un des très nombreux visiteurs de l'exposition.
Dernière oeuvre choisie: le manteau de Balzac.... parce qu'il est l'un des éléments ayant permis d'aboutir à l'oeuvre finale, le "Monument à Balzac"qui mis beaucoup de temps avant d'être inaugurée (en 1939!) Pourquoi? Tout d'abord, Balzac étant mort en 1850, lorsque Rodin est mandaté, en 1891, pour réaliser une sculpture de l'écrivain, le perfectionniste qu'il est doit effectuer moult recherches, d'autant que  les commanditaires voulaient voir Balzac en robe de moine. Et puis Zola qui présidait la commission des amis de Balzac est pris dans la tourmente de l'affaire Dreyfus...Et de retards en retards... Au final, exit la robe de bure car Rodin qui avait pu récupérer les mensurations de Balzac fit exécuter une réplique de la robe de chambre dont se vêtait l'écrivain afin de mouler celle-ci dans du plâtre afin de travailler au plus près de la réalité.Ce qui donnera une oeuvre puissante que l'on peut voir dans les jardins du musée Rodin mais aussi boulevard Raspail

dimanche 12 mai 2019

Floralies - Hall Spiritualité (3) avec... ambiances sereines











En restant sur la lignée de Bouddha, du violet associé à l'esprit, à la méditation... quelques photos, des détails de décors mis en place par les paysagistes, emprunts de calme et de sérénité. A noter que beaucoup d'entre eux dans ce hall ont eu recours à des "fontaines" d'où de l'eau sortait sous forme de fort poétiques vapeurs

vendredi 10 mai 2019

Floralies - Hall Spiritualité (1) avec... Bouddha



Et si, pour rendre compte des Floralies internationales de Nantes (édition 2019),  je commençais par la fin... à savoir le grand hall consacré à la "Spiritualité"? En effet, cette année, ce sont les images réalisées dans ce hall là, censé conclure un parcours sur la thématique "des fleurs à vivre" et qui débutait avec l'innocence et s'achevait avec justement la spiritualité et un immense arbre que j'ai  commencé à travailler les photos ramenées de cette journée passée au Floralies.
Début de la visite avec deux photos de Bouddha. La suite des billets ne comportera que des photos regroupées autour de thématiques.... et très peu de texte, parce que les Floralies, pour le visiteur lambda, c'est d'abord un plaisir visuel
A noter, la petite citation de Montaigne qui illustre le dossier "scénographie" visible sur le Net*
" Si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs"
*http://www.comite-des-floralies.com/uploads/fichiers/Floralies-Dossier-scenographie-2019-FR.pdf

jeudi 9 mai 2019

Floralies... en ville

 2019... mes 5ème Floralies Internationales de Nantes. Sachant que l'événement se tient tous les 5 ans, cela fait très exactement 25 ans que j'ai découvert, éblouie, cette manifestation. La 1ère fois j'avais emmené ma petite dernière, dans sa poussette. Et elle avait été fort, fort patiente. Mais il faut dire que sa grand-mère maternelle qui m'avait accompagnée, s'était fort gentiment occupée d'elle, ce qui lui avait permis d'éviter les halls bondés de monde.
Passé le choc de la 1ère fois, j'ai été régulièrement déçue lors des éditions suivantes. A se demander si la mémoire ne magnifierait pas les souvenirs. J'ai eu aussi l'impression que le nombre de participants, notamment internationaux était moins important. Il faut dire que financer un long voyage en avion avec toutes les plantes (qui resteront sur place) et toute l'équipe nécessaire pour assurer sa mise en place et son entretien durant une dizaine de jours, sans pouvoir espérer de retombées financières directes, cela donne à réfléchir.
Pour cette édition, un certain nombre de personnes se sont organisées pour permettre, quelques jours avant, voire durant les Floralies elles-mêmes, une sorte de "Off des Floralies" via différentes manifestations comme le fleurissement de statues (celle de Anne de Bretagne près du château des Ducs ou de Aristide Briand sur la place du même nom) que je n'ai pu immortaliser les fleurs s'étant très vite dégradées compte tenu de la chaleur... ou des mosaïques fleuries (qui ne m'ont guère convaincue)
Plus réussis, à mon goût étaient la création d'un cheminement piétonnier fleuri rue Scribe ainsi que les fleurissements des entrées du passage Pommeraye, de la fontaine de la Place Royale ou ... plus caché, du passage Chatelaine qui illustrent le présent billet.

vendredi 12 avril 2019

Retour d'exposition: "Le modèle noir" au Musée d'Orsay

Ce qu'en dit le site du Musée:
"En adoptant une approche multidisciplinaire, entre histoire de l'art et histoire des idées, cette exposition se penche sur des problématiques esthétiques, politiques, sociales et raciales ainsi que sur l'imaginaire que révèle la représentation des figures noires dans les arts visuels, de l'abolition de l'esclavage en France (1794) à nos jours. Tout en proposant une perspective continue, elle s'arrête plus particulièrement sur trois périodes clé : l'ère de l'abolition (1794-1848), la période de la Nouvelle peinture jusqu'à la découverte par Matisse de la Renaissance de Harlem et les débuts de l'avant-garde du XXe siècle et les générations successives d'artistes post-guerre et contemporains."
Ce que j'en ai retenu: Plus que les éléments historiques, c'est la manière dont les artistes ont, au fil du temps, représenté les modèles noirs qui a retenu mon attention. Et j'ai tout particulièrement apprécié le travail qui a été réalisé pour leur redonner un nom. Effort d'autant plus méritoire que ce n'est qu'au XXème siècle que l'on a commencé à "créditer" les modèles, quelle que soit la couleur de leur peau.
Petit moment d'émotion aussi lorsqu'est apparue Jeanne Duval, photographiée par Nadar, peinte par Manet et qui fut longtemps la muse de Baudelaire. Une histoire pas simple que la leur que résume ainsi le site wikipédia: "(...) de longues années de cohabitations, de séparations, de ruptures et de réconciliations."  Au final on ne connait d'elle ni sa date de naissance, ni celle de son décès.On n'est même pas certain de son apparence physique. Et si on dispose d'un certain nombre d'écrits de Baudelaire la concernant, toutes les lettres qu'elle a adressées au poète ont été détruites par la mère de Baudelaire. 
Ci contre, non par un buste de Jeanne mais une anonyme femme (Capresse) des colonies immortalisée par Charles Cordier qui a juxtaposé onyx et bronze patiné et doré

jeudi 11 avril 2019

Retour d'exposition: "Toutankhamon" à la grande Halle de la Villette

LA grande* exposition en cours... pour encore quelques mois. Un exposition très courue qu'il vaut mieux visiter, lorsqu'on en a la possibilité, en dehors du mercredi ou des périodes de vacances scolaire car il y a beaucoup de monde et notamment de jeunes enfants dont certains ne comprennent pas l'intérêt de l'exposition.
Ce 1er coup de patte mis à part, on y voit de très beaux objets (enfin quand on arrive à se faufiler entre les visiteurs armés de leur téléphone et qui immortalisent à tout va alors que les conditions de lumière sont loin d'être idéales) dans un état de conservation fabuleux si l'on se réfère à leur âge. Certes ils n'ont émergé (après plus de 3000 ans protégés, notamment des pillards**, par le sable) qu'il n'y a que cent ans...
Grâce doit être rendue à ceux qui les ont sortis de leur cachette, petit à petit, après les avoir référencés et avant de les expédier en lieu sur. Et dieu sait si les conditions de vie sur le site n'étaient pas simples, pour les archéologues mais encore plus pour les ouvriers.
* 150 objets, avec quelques pièces majeures absentes car beaucoup trop fragiles pour quitter l'Egypte, sur les 5000 quiont été découvertes
** Protégé aussi par le fait qu'une fois mort, le nom de Toutankhamon et ce qui rattachaient à lui ont été effacés.
voir: http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/pourquoi-l-histoire-de-toutankhamon-a-ete-oubliee-pendant-plusieurs-millenaires-23-03-2019-8038032.php

mercredi 10 avril 2019

Retour d'exposition: "Doisneau & la musique" à la Cité de la Musique



Doisneau et la musique, j'en étais restée à ses photos avec Maurice Bacquet. Et j'avais tort!
On peut en voir un certain nombre de ces photos, avec notamment quasi une salle entière réservée à cette collaboration qui a duré des années, les 2 compères ayant pas mal bourlingué, en France comme aux USA pour réaliser certains clichés. Au point qu'il n'est pas évident d'en sélectionner pour illustrer leur travail en commun! Une moins connue peut-être?
Mais j'ai découvert d'autres aspects du travail de Doisneau. Par exemple, ses clichés plus anciens, juste après la seconde guerre mondiale, de ceux qui le rattachent à 100% au courant de la "photographie humaniste", lorsqu'il arpentait aussi bien les quartiers populaires (n'hésitant pas à suivre plusieurs jours d'affilée un duo composé d'une chanteuse assez bien en chair qu'accompagnait à l'accordéon une jeune et mince jeune femme vers laquelle tous les regards se tournaient) que les personnalités montantes à la demande de la revue Vogue.
Et puis j'ai oublié l'amitié qui a uni Doisneau et Prévert...  Prévert le poète, dont certains textes ont été mis en musique. Ce qui permet de visualiser un certain nombre de photos sur la thématique: "un parolier &un compositeur de musique à la recherche du succès" ... qui se fait attendre et est illustrée par des photos d'interprètes très connus. Par exemple Bourvil ou Montand (mais aussi d'autres) tous très naturels sur la photo car, par la magie du Rolleiflex qui se porte à hauteur de nombril et tandis que le photographe ne les regardent, ils ne pensent pas poser.
Et surtout, j'ai découvert que Doisneau a aussi immortalisé la jeune génération qui avait l'âge d'être ses enfants comme ... par ordre alphabétique: Higelin, Renaud, les Rita Mitsouko...dont il aréalisé les pochettes de disques

mardi 9 avril 2019

Retour d'exposition: "Hammershoi" au Musée Jacquemart-André

L'un des compte-rendus publiés à l'occasion de cette nouvelle exposition temporaire évoque des intérieurs silencieux. Personnellement j'ajouterai volontiers l'adjectif "mélancolique" car c'est bien ce sentiment que l'on ressent à la vue de ses intérieurs vides*  où figure parfois la silhouette d’une femme de dos**, dans des gammes de gris et de blanc***.
*Des intérieurs vides qui correspondent souvent à des vues de son propre appartement mais dont il ne fait pas figurer, sur la toile, certains éléments décoratifs. C'est ce qui ressort de la comparaison entre certaines toiles et les photographies de son intérieur. Des "épures" de logement en quelque sorte où de loin en loin figurent une coupelle, une tasse, une fleur en pot.
** Une femme qui est en fait très souvent Ida, sa propre femme, laquelle pose souvent de dos.  C'est d'ailleurs l'un de ses portraits, de dos, qui figure dans les collections du Musée d'Orsay qui l'ont prêté à l'occasion de cette rétrospective. La 1ère qui se tient en France et donne l'occasion d'admirer des oeuvres disséminées dans des musées danois (pays dont est originaire le peintre) ou suédois, voire au sein de collections privées. Petite anecdote en passant: il est probable que, pour le 1er portrait de sa femme, il ait beaucoup travaillé à partir d'une photographie de cette dernière car même si ils étaient fiancés lorsqu'il a réalisé en 1890 son portrait, il était inconvenant qu'une femme, même chaperonnée pose pour un peintre.
à noter que lorsque plusieurs personnages figurent sur un tableau (ici Ida entourée de ses 2 belles-soeurs) , non seulement ils ne se regardent jamais les uns les autres, mais il est exceptionnel qu'ils regardent vers le peintre: des personnes isolées chacune dans leur monde.

*** un monde dans un nuancier de gris et blanc... avec des taches noires: les robes de sa femme qui porte souvent un long tablier blanc.. et puis quand on y regarde bien, des tons bleutés, ocrés...mais toujours noyés dans une lumière blanche ou gris très clair. Même si le peintre a parfois été comparé à Veermer ce dernier utilise une palette de couleurs beaucoup plus riche.
Pour conclure ce billet, deux oeuvres jumelles puisqu'elles représentent le même sujet: une fenêtre traversée par la lumière et une porte. Malgré ce qui a été écrit plus haut au sujet de la prédominance de gris dans l'oeuvre du peintre, c'est le tableau de gauche qui figure à l'exposition. Mais je n'ai pu m'empêcher d'ajouter le tableau de droite,à cause de son titre: "danse de la poussière dans la lumière du soleil" car la lumière c'est aussi l'une des thématiques fétiches de Hammershoi.

mardi 5 mars 2019

Dernières BD lues: "Gustave Caillobotte" de Laurent Colonnier

Seconde des BD reçues pour mon anniversaire (de juillet 2017!). Complètement différente de la précédente.
L'histoire commence avec le refus, en 1875, par le jury du "salon officiel", de ce qui est probablement l'oeuvre la plus connu de Caillebotte: "les raboteurs de parquet". On y voit Caillebotte à l'oeuvre en tant que peintre, un peintre plein de doutes quant à la qualité de son travail par rapport à celui des peintres impressionnistes qui lui sont contemporains, un peintre qui décide par exemple de recourir à la chambre noire afin de mieux rendre compte de la structure du "Pont de l'Europe".
On croise aussi beaucoup de peintres et artistes de l'époque et ils sont dépeints via quelques anecdotes plus ou moins célèbres où l'on retrouve
le colérique de Camille Pissarro n'hésitant pas à rosser un malotru qui a insulté Berthe Morisot
le quémandeur Monet, bien souvent à la recherche de finances, mais il est vrai qu'il dut entretenir deux ménages
On découvre aussi et surtout Caillebotte le mécène qui va, plus d'une fois, aider les peintres en achetant leurs œuvres, en payant leurs dettes... Caillebotte dont le père et l'un des jeunes frères sont décédés tôt (et qui n'est guère tenté par le mariage) a eu très tôt en tête l'idée de
léguer à l'Etat sa collection privée afin que le public puisse la voir lorsqu'il serait à même de les apprécier. Il dit d'ailleurs "la fortune de mon père vient de son commerce avec l'Etat, il sera juste qu'une partie retourne à l'Etat"* Pissarro aurait même dit à son sujet "Sous ses dehors bourgeois notre ami Caillebotte est un véritable anarchiste"!
Une BD à lire pour le côté biographie, histoire de l'art...tout en pouvant avoir un regard ludique car on peut aussi la lire en cherchant quelles sont les cases inspirées de tableaux et quels sont les tableaux présents dans les cases. Et puis aussi de relire sa biographie officielle**
Un regret... le silence sur ce que fut sa vie  après 1885, quand il commence a beaucoup moins peindre pour se consacrer au activités nautiques et à l'horticulture. Mais l'objet de la BD était de faire mieux connaître au public, "le célèbre inconnu"

* Le père de Caillebotte était dans le commerce de la toile avant d'ouvrir une entreprise de literie spécialisée dans le lit militaire (page 11 de la BD)
** https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Caillebotte

mardi 8 janvier 2019

Partage de souvenirs (7) ... Exposition "Oscar Wilde" au Petit Palais


Exposition vue sur un coup de tête car j'étais venue à l'origine juste pour revoir les collections permanentes du Petit Palais. Une fois sur place j'ai changé d'avis. Et je ne le regrette pas! Cette exposition fût l'occasion de découvrir moult choses au sujet de cet artiste dont je ne connaissais que "le portrait de Dorian Gray"  et le fait qu'il avait été enterré (en 1900) au cimetière du Père Lachaise où le monument érigé quelques années après sa mort (ruiné) avait du récemment être nettoyé à fond de toutes les traces laissées par ses admirateurs (plus que admiratrices semble t il)
Cette exposition était semble t il une grande première en France. Elle retracerait "...la vie et l’oeuvre de ce parfait francophone et ardent francophile à travers un ensemble de plus de 200 pièces rassemblant documents exceptionnels, inédits pour certains, manuscrits, photographies, dessins, caricatures, effets personnels, et tableaux empruntés en Irlande et en Angleterre bien sûr, mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en Italie, dans les musées français (musée d’Orsay, BnF...) et dans différentes collections privées."
"Le portrait de Dorian Gray", son livre le plus connu cache la forêt d'une oeuvre beaucoup plus vaste car Oscar Wilde était un immense homme de lettres : critique d’art, dramaturge, romancier et poète. C'était aussi un homme complexe, tout à la fois esthète, dandy, expert en provocations et en mots d’esprit, ce qui lui valu tout d'abord la gloire jusqu'en 1894 mais aussi des solides inimitiés et le déshonneur, notamment lorsqu'il crût bon d'intenter un procès pour diffamation au père de son jeune amant: Lord Alfred Douglas de Queensberry. Ce fût une très mauvaise idée car au final il fut condamné à 2 ans de travaux forcés pour  homosexualité. Une fois sorti de prison, il n'écrira plus rien sauf "La Ballade de la geôle de Reading" long poème qui décrit les derniers moments d'un condamné à mort.

lundi 7 janvier 2019

Partage de souvenirs (6) ... Exposition "Wallace Ting" au musée Cernuschi


Je suis allée plusieurs fois au musée Cernuschi* qui est beaucoup moins connu que le musée Guimet ou celui du quai Branly, sans doute parce qu'il est plus ciblé arts asiatiques avec notamment des oeuvres venues de Chine, Japon, Corée et Vietnam... là où les 2 autres sont plus diversifiés. En outre il est un peu plus compliqué d'accès puisque le trajet le plus simple suppose de prendre la ligne 2, de descendre à "Monceau" de remonter une avenue avant de tourner dans l'avenue Velasquez. Depuis la 1ère fois que j'y suis allée, plus d'une fois j'ai du ré-orienter des touristes un peu perdus.
Pour revenir à cette exposition, qui a eu lieu 7 octobre 2016 au 26 février 2017. Je ne connaissais pas l'artiste mais l'affiche, vue dans le métro, avait attiré mon oeil. A dire vrai, l'exposition m'a déçue... ou plus exactement ce que j'ai vu ne m'a pas incitée à acheter le catalogue et comme, de mémoire il n'y avait pas la moindre revue d'art consacrée à cet événement, je suis partie les mains vides avec en outre aucune image supplémentaire qui se serait ajoutée à celle de l'affiche. Le genre de cas de figure où en sortant on se dit "mauvaise pioche!" 
Mais je suis quand même allée faire ensuite quelques recherches sur le Net. et j'ai trouvé ce qui suit: "L’itinéraire de Walasse Ting, artiste inclassable né à Shanghai, tour à tour actif à Paris, New York et Amsterdam, préfigure l’internationalisation de l’art contemporain chinois
Au début des années 1950, Walasse Ting gagne Paris où ses créations expressives le rapprochent du groupe CoBrA. Si sa prédilection pour Matisse s’affirme pendant ses années parisiennes, c’est à New York qu’il construit son univers, fait d’allers et retours entre l’encre et la couleur pure, entre les codes de la peinture chinoise et la spontanéité de l’action painting. Tout en retraçant le parcours de Walasse Ting, [le catalogue de l'exposition] présente pour la première fois le fonds exceptionnel du musée Cernuschi, révélant une œuvre d’une incroyable vitalité, chargée d’érotisme, ainsi que la figure fascinante d’un artiste se désignant lui-même sous le nom symbolique du « voleur de fleurs ».
*Musée fermé depuis le28/5/2019 et jusqu'en fin mars 2020 "...pour des travaux de refonte du parcours des collections permanentes..."