dimanche 11 février 2024

films oubliés de 2023 - Sur les chemins noirs

Film vu le 5 mai 2023
Compte-rendu du 11 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB juste après l'avoir vu :De très beaux paysages au long de ces chemins noirs, des rencontres, un montage astucieux qui en parallèle remonte le temps à mesure que le héros avance et un Jean Dujardin très éloigné de son personnage de OSS 117

Au final un film qui donne envie de lire le livre de Sylvain Tesson dont il est inspiré

Les souvenirs qui restent au delà de ce qui avait été initialement écrit; 
- Tout d'abord le personnage de Sylvain Tesson (interprété par J Dujardin) : autant le marcheur est intéressant et même attachant dans sa manière de faire face aux difficultés, autant l'homme qui a pu exister avant s'avère de plus en plus insupportable au fur et à mesure que son passé est dévoilé.
J'ignorais alors tout de Tesson, de sa vie avant l'accident et de celle d'après, de ce qu'il pouvait être assez contesté à la fois en tant qu'écrivain voyageur mais aussi comme personne véhiculant des idées de "droite", "réactionnaire" . Je n'avais même pas fait le lien avec l'un des 2 héros, le plus bavard, du film "la panthère des neiges" réalisé après son accident et sa longue marche.
- Ensuite... et c'est venu quelques mois, la vision du film, après la lecture de la BD de Etienne Davodeau "le droit du sol", la manière dont la vie quotidienne du marcheur est décrite, ses paysages parfois immenses, le besoin de solitude pour réfléchir,  redevenir "soi" mais qui n'exclut pas pour autant les rencontres ou les "chemins faisant" avec d'autres connus ou inconnus.
Je ne sais pas au final si j'achèterai le livre. En fait ça dépendra de la lecture du livre "la panthère des neiges" qui attend depuis au moins 2 ans que je le lise. 

samedi 10 février 2024

films oubliés de 2023 - Le bleu du caftan

Film vu le 5 mai 2023
Compte-rendu du 10 février 2024
Ce que j'en avais dit sur FB juste après l'avoir vu "Un beau film… très sensuel, très pudique, très émouvant … avec des plans comme des tableaux"
Quasi un an plus tard, les souvenirs qui me restent:
Celui de l'immense amour/tolérance/complicité (même si certaines choses ne sont jamais ouvertement évoquées) au sein de ce couple. 
Elle est très croyante, lui, pas vraiment si on songe à son attitude lorsqu'il la voit faire ses prières ou tout à la fin du film, lorsqu'il retire la tenue "purifié" (mise par les femmes lors de la toilette mortuaire) pour la revêtir de ce caftan bleu si beau qu'il a mis des heures à broder pour une autre alors que c'est à elle qu'il le dédiait.
Elle a soif de sensualité mais doit se contente de le caresser lorsqu'il préfère les rencontres homosexuelles dans les cabines fermées du hammam. Et dans le même temps, sa délicatesse lorsqu'il l'aide à s'habiller alors qu'elle est devenue si maigre*, rongée qu'elle est par une récidive de cancer.
Et puis il y a les images: la beauté des gestes des brodeurs (travail à la main et non à la machine), la manière de caresser les étoffes (dont ce tissu bleu, si beau) les mandarines qu'elle mange (il n'y a d'ailleurs quasiment de cela qui "passe"), leur manière de chanter et danser en trio soudé et pudique. Et en guise de conclusion, sa lente et longue traversée de la ville, portée par son mari et l'apprenti (qui s'aiment et dont elle a facilité la rencontre après avoir essayé de la contrer) pour aller vers la lumière, la mer.

* mention spéciale à l'actrice qui a non seulement volontairement maigri pour coller au personnage, et cela alors même que durant le tournage son père était gravement malade et est décédé le dernier jour du tournage.

dimanche 14 janvier 2024

"Mars Express"

Un « anime »  français c'es rare. Qui traite de SF, encore plus. Avec une femme flic, pardon "détective" secondée par un androïde, voilà qui promettait d'être intéressant, d'autant que je pensais trouver des échos avec « Ghost in the Shell » (le dessin animé) mais aussi « Blade Runer » (le film) que j'avais l'un et l'autre bien aimés. 
Ici il y a donc Aline, une humaine et Carlos, son robot « réservé » (comprendre un humain DCD dont les souvenirs ont été implantés dans un robot!) qui enquêtent dans une ambiance de film noir. Dans ce genre de film les héros qui sont loin d'être parfaits: ici la femme sort d'une cure de désintoxication à l'alcool et le "Réservé" cherche désespérément à revoir sa fille (ce que refuse la mère -son ex-femme- qui s'est remariée puisque veuve). Loin d'être parfait aussi du monde dans lequel ils évoluent: mensonges et trahison sont vite de mise, au point où l'on s'interroge très vite sur qui est réglo et qui est pourri, tant sur la Terre que sur la planète Mars. Ainsi cette hackeuse qui libère les androïdes et que pourchassait sur Terre la détective va devenir son alliée sur Mars. Il va vite devenir évident que la jeune étudiante disparue que recherche désormais Aline a du trouver quelque chose d'anormal dans le programme informatique sur lequel elle travaillait. Et que toutes les sphères, politiques, industrielles, semblent impliquées. Semblent? Non, sont impliquées. Et les humains dépassés.

La fin est belle, on y voit des milliers d'étoiles. Mais triste. Et pas seulement parce que les humains, les plus "humains" meurent, ainsi que les robots les plus "humains".* Il n'y a plus aucun espoir. 
* en fait tous les robots les plus récents ayant fait l'objet d'une mise à jour avec le fameux programme découvert par l'étudiante partent d'eux-mêmes à la casse/mort en ayant cru partir vers une autre vie sur une autre planète, remplacés par de monstrueuses créatures  

lundi 30 octobre 2023

La petite


 

Un petit film avec un Fabrice Luchini surprenant.
Oui, c'est un "petit film" car je ne pense pas que le budget ait atteint les sommes phénoménales de certains films. En plus le thème, un peu de société (les conséquences d'une grossesse pour autrui chez un couple homosexuel) n'est pas ceux qui drainent des foules immenses. En outre, mis à part Luchini (que les gens adorent ou détestent) les acteurs sont, à ma connaissance,  inconnus avec notamment une débutante (Mara Taquin) qui lui donne la réplique.
Mais voilà, la bande annonce avait titillé ma curiosité avec ce Luchini barbu et qui semblait pour une fois ne pas en faire des tonnes, pardon, être sobre dans sa manière de jouer.
Et effectivement il est surprenant dans le rôle de ce veuf qui s'apprête à devenir grand-père après le décès de son fils (en couple avec un autre homme) dans un accident d'avion. Il redécouvre celui-ci à travers le témoignage de la future maman, apprend comment son fils le percevait, noue d'autres liens avec sa fille et surtout, revient du côté de la vie en apprenant à vivre un autre type de paternité. 
Je l'ai trouvé touchant, lorsqu'il préfère quitter la cérémonie religieuse en l'honneur de son fils pour aller monologuer sur la tombe de sa femme ou lorsqu'il engueule sa fille qui "dérange" le classement des anciens livres de son fils alors qu'il les enterre dans son jardin sous l'arbre en dessous son fils lisait. Et surtout lorsqu'il assiste à la naissance du bébé, avant de choisir timidement le prénom, en se souvenant d'une discussion avec les futurs papas. 
Par contre j'ai été un peu gênée par le regard posé sur les Belges flamands qui m'ont semblé très traditionnels, hostiles aux Français, obsédés par les apparences, l'appât du gain... avec notamment un portrait à charge des parents (et notamment du père) du compagnon de son fils.
Et puis j'ai regretté d'être laissée, au milieu du gué, à la fin du film, avec le retour de la maman, de passage dans la région bordelaise, et qui vient voir sa fille désormais âgée de un an. Que se passera t il plus tard, quand l'enfant grandira avec ce père (aux yeux de la société) qui est en réalité l'un de ses grands-pères? 

lundi 23 octobre 2023

L’arbre aux papillons d’or

Cela faisait fort, fort longtemps que je n'avais pas eu autant envie de sortir durant d'une séance de cinéma et alors même que le film n'était pas achevé. Mais j'étais au milieu d'une rangée, alors je me suis contentée d'éviter de m'endormir car le film est fort long et lent. 
La bande annonce semblait pourtant intéressante, tout comme le résumé : un homme qui vit à Séoul retourne dans son village natal afin de ramener le corps de sa belle-soeur (décédée accidentellement) ainsi que son neveu... avant de partir à la recherche de son frère aîné, disparu bien des années auparavant. J'aurais mieux fait de lire les critiques spectateurs avant d'aller m'enfermer pour 3 longues heures, parce qu'ils étaient partagés: la moitié trouvait ça génial (comme beaucoup de critiques) les autres se sont ennuyé (formulation polie).
Effectivement , la 1ère moitié du film ça passait, malgré les longues scènes contemplatives avec de loin en loin de très beaux paysages. 
Après ça se gâte, lorsqu'il retrouve un amour de jeunesse devenue religieusen(incursions dans le passé) et surtout lorsqu'il part à la recherche de son frère qui travaillait dans la soie. Le héros roule, fait des rencontres. S'endort... du coup on ne sait plus si ces rencontres étaient réelles ou imaginaires.
Chez le réparateur de motos, a t il partagé un thé avec cette très vieille dame qui lui a parlé de l'âme, des corps? Marcher dans la nuit sous une pluie battante et découvrir le fameux arbre aux papillons d'or du titre? Rêve ou réalité? Aller retrouver son frère avec la compagne de son frère (découverte on ne sait comment) sur le bord d'une rivière où travaille, possible ou pas? Et on a droit à une fin "en queue de poisson" lorsque, réveillé par le paysan du coin, il décide de s'allonger dans le cours d'eau. 
J'allais oublier: beaucoup de scènes de nuit, et/ou sous la pluie, dans la brume... Rien qui donne envie d'aller en Corée. 
Je suis venue, j'ai vu, et, n'en déplaise aux critiques qui ont adoré et décerné une "caméra d'or à Cannes) je n'ai pas été convaincue

dimanche 22 octobre 2023

Le goût des histoires des autres... pour ne pas parler de la sienne?

Constat fait vendredi, après avoir vu le documentaire 'Notre corps" de Claire SIMON: les films que j'aime, ce n'est pas les films d'action, ni de science-fiction, de guerre,  ... non, c'est les films qui me racontent une histoire, fictive ou réelle, d'ici ou à des milliers de kilomètres de là, d'hommes et de femmes qui me font oublier, pendant quelques heures, ma propre vie.  
ça m'a renvoyée à cette réaction, un peu agacée d'une psychologue: "Ce n'est pas l'histoire d'autres personnes, réelles ou fictives que j'ai envie d'entendre mais la vôtre" . Peut-être n'est pas intéressante, sans aucun intérêt même cette vie? Avec l'impression d'avancer, jour après jour, sans grand chose de tangible au final.
Et ce soir, cette réaction d'un internaute par rapport aux gens qui procrastinent (ce qui est souvent mon cas): Procrastiner, "... c'est une peur... d'avancer et d'être jugé... c'est un sentiment de mal être général comme si on n'avait pas le droit d'exister..."  

samedi 21 octobre 2023

"Notre corps" de Claire SIMON

Documentaire féministe (?) de Claire SIMON 
Féministe? Certes, il concerne un service hospitalier où sont prises en charge des pathologies féminines , mais un certain nombre de problématiques, par exemple annoncer à un patient qu'il n'existe plus aucun soin capable de soigner son cancer, ça aurait pu concerner un homme. Tout comme dire à une jeune femme que les soins rendront impossible tout projet de maternité. Peut-être féministe car au delà de l'hommage au personnel du service, la réalisatrice a enregistré, à l'extérieur de l'hôpital, les témoignages de femmes ayant subi des violences gynécologiques de soignants. D'accord, il a été réalisé par une équipe composée uniquement de femmes. Mais dans les "critiques du film" sur le Net, mentionner qu'on ne voit que du personnel soignant féminin ... c'est faux*.

 

Sinon: un documentaire. Oui parce qu'il s'agit d'un vrai service de soins, avec de vraies patientes. Mais ça a des petits côtés "film autobiographique" de la réalisatrice avec
- au début, alors qu'elle se rend à pied à l'hôpital en passant au travers du cimetière du Père Lachaise ses craintes  d'y "choper un cancer"...
- au milieu, son passage devant la caméra lorsqu'on lui l'annonce qu'elle a effectivement un cancer du sein et  qu'elle essaie de négocier: pour éviter qu'il lui soit retiré, pour échapper à la chimio afin de ne pas perdre ses cheveux, pour bénéficier de la chirurgie réparatrice en même temps que l'ablation...
- à la fin, lorsque, après avoir signalé qu'elle a continué à venir après la fin du tournage, elle précise que ses cheveux ont repoussé avant de filer loin, cette fois-ci en vélo...
Quelques moments de la vie d'une femme, avec un début, un milieu et une fin parmi beaucoup d'autres fragments de vies de femmes.
Mais globalement ça reste un documentaire où on partage quelques minutes de la vie** de beaucoup de patientes et de quelques soignants: femmes venues demander une IVG, se préparer à changer de sexe, se lancer dans une PMA, faire suivre leur grossesse parfois problématique (SDF, diabétique, suivie pour un cancer… ) accoucher*** ou suivre des soins liés à l’endométriose ou un cancer.
Des expériences heureuses…ou pas. Je pense à cette jeune femme étrangère à qui le médecin essaye de faire comprendre, malgré le barrage de la langue, que son cancer de l’utérus est à un stade tel qu’après son opération et la radiothérapie elle devra renoncer à tout projet d’avoir un jour un enfant. Ou cette vieille dame qui a du mal à accepter qu'elle, qui toute sa vie a aidé les autres, doit maintenant accepter d'être assistée. Ou, lorsque le médecin explique, avec beaucoup de précautions, à une dame très amaigrie dont elle caresse la main:  qu'elle a été courageuse, qu'elle s'est bien battue mais qu'elle n'a plus rien à lui proposer. Ce n'est pas facile d'annoncer la mort à des proches mais c'est encore plus difficile d'annoncer que le chemin va bientôt s'arrêter.   

* Je dois avouer que l'image renvoyée par certains hommes, côté administratif ou soignant, est parfois agaçante. Ex ce  psychologue (?) qui insiste pour voir le visage des gens sous le masque (film réalisé en période de Covid)
** Un regret... celui de ne voir passer que des "cas" sans connaître ce qu'il est advenu ensuite.  Mais le savoir retirerait cet aspect "universel" au documentaire 
*** Passage TRES éprouvant que d'assister à la naissance, par césarienne, de jumeaux 

dimanche 15 octobre 2023

"L'air de la mer rend libre"

Un film court (1h30 ça devient rare), dont on ne comprend le titre qu'à la toute fin. Il m'a laissée lui aussi (cf "la beauté du geste") sur ma faim car j'aurais bien aimé connaître l'après, l'après cette scène au bord de la mer, on devine que Hadjira et Saïd vont rester ensemble tout en s'éloignant de leurs familles respectives. Mais ça risque d'être compliqué! Surtout qu'entretemps il a renoué avec un ancien amant.
Pour mémoire, si Hadjira avait avoué à Saïd, le soir même du mariage qu'il ne serait pas le 1er homme, ce dernier a mis plusieurs mois avant lui dire qu'il préfère et de loin les hommes.
Alors, que va devenir ce couple atypique issu d'un mariage "arrangé" par des familles soucieuses de caser leurs enfants respectifs pour ne plus devoir accepter les différences? Mystère...
J'ai apprécié qu'à aucun moment ce ne soit la religion qui dicte les choix des protagonistes. Lui fume et boit parfois trop l'alcool. Elle (dont la mère tue le temps avant le mariage en buvant un Martini) bien que devenue, comme elle le dit elle même "bigote" après avoir été "racaille", partage parfois une cigarette avec son mari. Non, c'est  la crainte du "qu'en dira t on" ou plutôt, aussi bien pour les parents que les enfants, le désir de s'intégrer dans la société française (Hadjira et Saïd sont nés en France mais leurs parents restent algériens) , d'être irréprochables, de faire plaisir aux autres... quitte à faire l'autruche et/ou mentir. Les parents de Saïd, même si ils ne lui en ont jamais parlé, ont compris que leur fils est homosexuel... La mère de Saïd l'a même signalé à celle de Hadjira (qui n'a rien dit à sa fille)  Mais elle n'a pu que dire à la mère de Saïd de Hadjira était tombée amoureuse d'un dealer, ce qui l'avait amenée à faire de la prison. Saïd prétend aller faire du footing, mais il file en réalité en tenue de "racaille arabe" à des RV avec des homosexuels dénichés sur des sites de rencontre. 
Frustrant donc de ne pas savoir ce qui va se passer ensuite. Mais c'est aussi bien. ça laisse plein de possibilités. Et peut-être qu'un jour il y aura un autre film avec pour titre "l'air de la mer nous a rendu libre" 

mercredi 4 octobre 2023

"la beauté du geste"

 C'est l'histoire* de Keiko, une jeune femme japonaise sourde, femme de ménage dans un hôtel durant la journée, et qui, le soir venu, s'entraîne à la boxe dans un club de quartier à la périphérie de Tokyo. Le vieux gérant,  parce qu'il a des soucis de santé et que ses clients se font de plus en plus rares, n'a plus le choix, il va devoir fermer. Mais avant, il souhaite qu'elle participe à un nouveau combat, même si il sait qu'outre sa surdité qui la met en danger (elle n'entend ni le gong ni les consignes de l'arbitre) elle est trop petite avec des bras courts.  
Les liens entre ces 2 là sont très forts. plus forts en tout cas que ceux qu'elle a avec sa propre mère qui n'aime pas la boxe. Ainsi, lorsqu'elle assiste aux combats de sa fille, elle rate toutes les photos. Ou même son frère, musicien, qui a lui aussi du mal à comprendre sa soeur. 
En fait, Keiko ne se sent vraiment exister que lorsqu'elle boxe, tout en insistant sur le fait qu'elle n'aime pas avoir mal, au point d'avoir très envie de renoncer à ce combat, ainsi qu'à la boxe lorsqu'elle apprend que le club va fermer, surtout qu'elle n'a pas envie de s'inscrire dans un autre club. 
Des jolies choses, comme par ex le fait que certains personnes, collègues de travail, petite amie du frère... apprennent à signer pour échanger avec elle. Mais ça ne fait pas oublier qu'il faut peu de choses pour le naturel, à savoir le rejet des personnes handicapées. La bande son est aussi intéressante avec très peu de choses, comme si on était un peu dans le monde de Keiko  Et puis des surprises, comme la voir s'entrainer: boxer, courir, faire des exercices, le long d'un canal et de voies autoroutières d'une banlieue très laide.  loin, très loin du Japon traditionnel.
Au final, un film qui m'a laissée sur ma faim, surtout la fin car Keiko a perdu son combat, n'envisage pas de continuer la boxe, d'autant que le vieux gérant est désormais hospitalisé et le club fermé. Mais sur le remblai où elle s'entrainait autrefois, elle revient... et sa dernière adversaire (qui ne connaissait pas semble t il sa surdité) passe la saluer.  
 Inspiré de la biographie de la championne sourde Keiko Ogasawara, devenue professionnelle

lundi 2 octobre 2023

Souvenirs du mois de septembre 2023

 Il y a eu, le 7, la visite à l'exposition photos qui en est à sa 20ème édition. J'y vais régulièrement (avec une exception  pour raison de santé en 2021) depuis 2015. Il y a eu de très bonnes années, d'autres moins mais même dans ce cas il y avait de très belles découvertes


 Le 14, direction la Touraine et plus particulièrement le musée de la Devinière, installé dans la maison natale de Rabelais. De quoi donner envie de relire une partie de l'oeuvre de cet écrivain qui fut aussi médecin, religieux... et à qui la langue française doit beaucoup de mots et d'expressions. 


Le week-end suivant c'était les "journées du Patrimoine" ...et Matrimoine. Pas eu envie de courir de droite à gauche, d'attendre dans des files d'attente. Juste pris le catalogue (parce que certains endroits sont aussi visitables en dehors des journées) avant de retourner au dépôt des trams de la TAN revoir les différents trams ayant circulé (ex celui ci mis en service en 1917) ou appelé à circuler sur le réseau.

Le week-end suivant a été dédié à la Compagnie "Royal de Luxe" qui avait réservé à Nantes la découverte de son nouveau géant, un gros chien dénommé Bull Machin qui a arpenté les rues de Nantes et St Herblain en compagnie d'une ancienne création: El Xolo, le chien mexicain. Si El Xolo a du chien, Bull Machin a une sacrée gueule et un sacré caractère: il bave, boit du whiskey et fume le cigare. Toute ressemblance avec W. Chuchill n'est peut être pas innocente. 


à la fin du mois, petit séjour à la pointe bretonne, le temps devoir une exposition et de visiter la ville où elle se tenait: Landerneau. Une petite ville de province avec de jolies choses à voir dont son pont habité sous lequel passe une rivière dont le niveau monte de façon importante lors des marées hautes. 


Le lendemain, sur le chemin du retour, brève halte matinale à Daoulas. L'idée était de visiter le site de l'abbaye, bien connue pour son jardin remarquable. Pas de chance, à cette saison ci il n'est ouvert au public que certains après-midi (et fermé de fin décembre à début juin) . Mais à l'extérieur il y avait déjà de fort jolies choses à voir à proximité de l'abbaye.


dimanche 1 octobre 2023

"À ma Gloria"

Un joli mais triste film sur le lien qui a pu se nouer et va devoir se défaire entre Cléo 6 ans (dont la maman est décédée quand elle était bébé) qui a été élevée par Gloria, une femme venue du Cap-Vert où elle a laissé ses propres enfants.

Il y a des moments touchants comme de voir, au début du film, la complicité entre Cléo et Gloria. Ou que Cléo fait preuve de jalousie en reprochant à Gloria de chanter à son petit-fils sa chanson (celle qu’elle lui chantait enfant)

Des moments émouvants quand par exemple la petite fille éclate en sanglots quand elle apprend que la mère de Gloria est morte d’un cancer, comme sa propre maman qu’elle n’a pas connue. Ou qu’elle pleure à chaudes larmes en expliquant avoir voulu la mort du petit-fils de Gloria afin que celle-ci puisse revenir en France s’occuper d’elle. Il y a aussi les larmes de Gloria après avoir déposé sa petite fille de cœur à l’aéroport qui l’a ramènera en France où une autre nounou s’occupera d’elle. 

Des moments poétiques aussi pour expliquer via de petites animations à la gouache, des choses difficiles comme la disparition de la maman de Cloé, la tentative de noyade de Cloé, son cauchemar lorsque s’imagine les yeux bandés en train d’essayer d’attraper des adultes qui se cachent derrière des draps avant de lui échapper. 

Je ne sais ce qui m’a le plus plu: la sincérité de la jeune actrice qui interprète Cloé ou la manière dont la réalisatrice, dont c’est le 1er film, revisite sa propre enfance où une concierge portugaise a beaucoup compté. A moins que ça ne soit cette manière d’expliquer que parfois certains liens de cœur peuvent être plus forts que les liens de sang.

jeudi 28 septembre 2023

"O Solitude de Pucell" interprété par "Birds on a Wire"

La mélodie est superbe. A chaque fois que je l'entends, je ressens une émotion intense, similaire à celle éprouvée autrefois, notamment lorsque j'étais enceinte, et que j'écoutais le début du "Requiem" de Gabriel Fauré. 
Je vais essayer de retrouver les paroles. D'ores et déjà et quelles qu'elles soient, je sais que l'atmosphère de ce morceau et de cette interprétation correspondent pleinement à mon humeur et à la tristesse qui m'a envahie, cela depuis que j'ai envoyé en fin d'après midi un SMS. Quelques lignes envoyées à un membre de la famille avec qui quelque chose s'est "cassé "en mai dernier, et cela à un point tel que, même si j'ai fait très attention à mes propos, j'ai peur de la réponse, tout en étant malheureuse à l'idée de ne pas l'avoir reçue , allant même jusqu'à probablement espérer ne pas en recevoir. 


Les paroles (source: la coccinelle.net)

O Solitude
O solitude, my sweetest choice
Places devoted to the night,
Remote from tumult and from noise,
How ye my restless thoughts delight
O solitude, my sweetest choice

Ô Solitude
Ô solitude, mon choix le plus doux
Que ces lieux consacrés à la nuit
Éloignés du monde et du bruit
Plaisent à mes pensées agitées
Ô que j’aime la solitude

O heavens! what content is mine
To see these trees, which have appear’d
From the nativity of time,
And which all ages have rever’d,
To look today as fresh and green
As when their beauties first were seen.

Ciel ! quel bonheur est mien
De voir ces bois, qui se trouvèrent
À la nativité du temps,
Et que tous les siècles révèrent,
Être encore aussi beaux et verts
Qu’aux premiers jours de l’univers

O, how agreable a sight
These hanging mountains do appear,
Which th’ unhappy would invite
To finish all their sorrows here,
When their hard fate makes them endure
Such woes as only death can cure

Que je prends de plaisir à voir
Ces hauts précipices
Qui pour les coups du désespoir
Sont aux malheureux si propices.
Quand la cruauté du sort qu'ils endurent
De tels malheurs que seule la mort peut guérir

O, how I solitude adore
That element of noblest wit,
Where I have learnt Apollo’s lore,
Without the pains to study it

Oh ! que j'adore la solitude
C’est l’élément des bons esprits,
C’est par elle que j’ai compris
L’art d’Apollon sans l'étudier

For thy sake I in love am grown
With what thy fancy does pursue
But when I think upon my own,
I hate it for that reason too,
Because it needs must hinder me
From seeing and from serving thee

Je l’aime pour l’amour de toi
Avec ce que ta fantaisie poursuit
Mais quand je pense bien à moi
Je la hais pour la même raison
Car elle pourrait me ravir
L’heure de te voir et te servir

O solitude, O how I solitude adore!
Oh ! que j'adore la solitude !

C'est une chanson du compositeur baroque anglais Henry Purcell.
Purcell a utilisé un poème de la poétesse anglaise Katherine Philips, lui-même adapté, réduit et traduit d'une élégie du poète français Marc-Antoine Girard de Saint-Amant de 1617 "La solitude"

lundi 25 septembre 2023

"La jeune femme et la mer" de Catherine Meurisse

BD « découverte » via l’émission « le temps d’un bivouac » dont elle était l’invitée. 
BD à la fois pleine d’humour (pas toujours léger quand le tanuki* est présent) je pense par exemple à ce poète qui cherche l'inspiration afin d'écrire LE haïku célébrant la jeune fille du titre mais à qui il arrive quasi toujours un souci qui compromet l'écriture dudit texte. Mais ce sont aussi des réflexions plus sérieuses: par exemple, comment peindre la beauté dans un monde où les espaces naturels se font rares et sont parfois "altérés" par des éléments artificiels, comme ce mur érigé sur la plage afin de protéger des tsunamis.
On retrouve ces 2 aspects dans les dessins où cohabitent parfois des personnages proches de la caricature (l’auteur elle même qui n'est pas tendre avec elle même** le peintre/poète.. et de superbes paysages ou dessins de plantes. Je ne résiste pas à l'envie de partager 2 très belles planches qui compensent largement le texte, parfois un peu léger, de l’album. 
Du coup j'hésite: acheter ou pas "la légèreté" sorti en 2016 et dans lequel elle évoque sa vie après l'attentat de Charlie Hebdo?
  

* Kanuki au Japon mais aussi chien viverrin (Nyctereutes procyonoides) ou « chien martre » (de l'allemand Marderhundraccoon dog en anglais et wasbeerhond en néerlandais, ce qui signifie littéralement « chien raton laveur ». 
Dans la mythologie japonaise, il est l'un des yōkai (esprits) de la forêt, inspiré du chien viverrin auquel les Japonais attribuent des pouvoirs magiques. Maître des déguisements, il est réputé pouvoir changer de forme à volonté. Les tanukis sont souvent représentés avec un chapeau de paille, une gourde de saké, un ventre rebondi qu'ils utilisent comme un tambour et des testicules de grande taille. Symbole de chance et de prospérité, ils sont présents dans l'art et les contes japonais depuis le Moyen Âge.

dimanche 24 septembre 2023

"Le droit du sol" de Davodeau

« Journal d’un vertige » tel est le sous titre. A titre personnel je pense plutôt à : "journal d’un marcheur" 
dans l’espace (entre Peche Merl er le bois du bois Lejuc à Bure) et le temps entre -22 000 ans (les dessins de la grotte) et + 100 000 ans (fin de durée de vie des déchets radioactifs les plus "toxiques"). Un marcheur qui fait des rencontres, comme par ex cette sémiologue* avec qui il va échanger sur la difficulté d'élaborer aujourd'hui des symboles pour signaler la dangerosité de site à ceux/celles qui voudraient l'explorer dans 100 000 ans. 
En fait, c'est à la fois un journal de randonnée comme lorsque j'ai lu "longue marche -la route de la soie(avec de superbes dessins pour illustrer les sensation éprouvées)  mais avant tout une suite de réflexions ou plus exactement de discussions qui ont parfois eu lieu en amont ou durant ce long voyage. Les thèmes abordés tournent principalement autour de ce projet (bien avancé) d’enfouissement pour des décennies de déchets nucléaires.  On apprend un certain nombre de choses par rapport à l’attitude de la police, justice… dans leurs relations aux opposants à ce projet... mais aussi de choses plus périphériques telles que les raisons qui auraient pu pousser le peintre de Perch Merle à s’enfoncer sous terre pour dessiner le mammouth qui a fasciné Davodeau ou Davodeau parle de son quotidien comme par ex du plaisir de se reposer dans une chambre d'hôtel après des jours de marche sous le soleil qui tape et de bivouacs en pleine nature.
Mais il se fait plus sensuel quand il évoque du plaisir de se lever la nuit (en n'oubliant pas ses chaussures!!) pour aller uriner en regardant les étoiles dans le ciel. Le plaisir simpe aussi de différer le moment de manger des abricots gorgés de soleil afin de les savourer dans un cadre qui s'y prête. 
* La sémiologie correspondait initialement à une discipline médicale qui étudiait les signes (symptômes) des maladies. Mais aussi depuis la fin du 19ème siècle, c'est aussi une science qui étudie les systèmes de signes (dans le langage mais aussi d'autres systèmes).

mardi 19 septembre 2023

La dernière image - 2

Juste après ces dernières images liées à la soeur, apparaissent celles liées à ma mère. Oui, ma mère et non ma maman, car ce dernier mot je ne l’utilise que de vive voix, dans le cercle familial. 

Il y a d’abord ma mère sur son lit de mort, dans la chambre funéraire. Elle a reçu des soins conservatoires, mais ce n’est pas ou plus exactement ça ne sera plus vraiment elle. La maladie, cette saleté de cancer qu’elle craignait tant car il avait déjà emporté sa sœur puis son père adorés, l’avait complètement transformée, vidée, non rongée de l’intérieur . Ma seule consolation c’est de me dire qu’elle avait été bien accompagnée durant les 6 semaines qu’avait duré son séjour dans la petite unité de soins palliatifs près de son domicile. 

Durant une soirée où je me suis débrouillée pour rester seule avec elle dans la chambre funéraire, j’ai réalisé quelques photos d’elle, de son visage et de ses mains devenus si maigres. Je mettrai plus de 10 ans à les supprimer du disque dur du PC. Et entre-temps je me garderai bien de renouveler l’expérience avec mon père. Ce type d’image, quand on les revoit, fait plus du mal que du bien. 

Me viennent ensuite à l’esprit quelques images de notre dernière rencontre. Elle, alors que j'étais juste à côté d'elle, s'était redressée  sur son lit en tendant les mains vers le pied du lit. Elle ne disait rien mais à ce moment là j'ai été convaincue qu'elle voyait son père et sa soeur qu'elle adoraient et qui étaient eux aussi morts d'un cancer des années auparavant. Elle avait fini par s'endormir, à mon grand soulagement cat je n'en pouvais plus de la voir souffrir. sans pouvoir la soulager. Vers 23h, alors que je quittais discrètement sa chambre (j'avais 1h30 de route pour rentrer chez moi) elle s'était réveillée et m'avait lancé un regard qui m'avait désespéré: l'une et l'autre avions conscience que c'était probablement la dernière fois qu'on se voyait. Je lui ai alors promis de revenir la voir quelques jours plus tard. Tel a été le cas, mais entretemps elle était décédée, le jour de sa fête qui correspondait cette année là à la fête des pères.