lundi 15 avril 2013

Ménage de printemps (7)

Il y a des images qui  évoquent des mots. Les deux du présent billet faisaient penser à une phrase: "Il y eut un soir, il y eut un matin"... avec en arrière plan la voix de Gérard Lenorman.
Après recherches, il s'avère que la phrase exacte était: "Il était un soir, il était une fois" et provenait de "Quelque chose et moi", sorti en 1974. C'est aussi l'occasion de relire les paroles de cette chanson écrite par Pierre Delanoé et de s'interroger. Maintenant on connait un peu mieux l'histoire personnelle du chanteur: sa mère n'avait que 16 ans quand elle a accouché en février 1945. 35 ans plus tard il a appris que son père était un soldat allemand. Une enfance pas vraiment heureuse aux côtés d'une mère peu aimante. Alors il reste une question: qu'est ce qui fait que devenu adulte il sera et restera toujours le chanteur souriant?
Cette chanson là ne pouvait être que pour lui.

Il était un soir, il était une fois
Quelque chose et moi, quelque chose et moi
Un signe un espoir, une image une voix, 

Quelque chose et moi...
Et je n'étais plus seul au monde, et je n'avais plus peur ni froid
Et je vivais chaque seconde, et j'étais partout à la fois
Et une araignée de légende tisse le ciel de ma nuit
Comme je suis heureux dans ma chambre, je ne sais pourquoi ni pour qui
Je vais et je viens, mal et bien sous mon toit
Quelque chose et moi...
Et je n'attends rien ni des dieux ni des rois
Quelque chose et moi...

Comme un prisonnier s'émerveille à regarder vivre une fourmi
J'ai reçu de bonnes nouvelles, il paraît que ça va bien la vie
J'ai envie d'ouvrir la fenêtre pour me voir passer dans la rue
Savoir si j'ai changé de tête, revoir ce que je ne suis plus
la la la la....
Et je n'étais plus seul au monde et je n'ai plus peur ni froid
La nuit ne sera plus très longue oui, je sais que tu existeras
Il était un soir, il était une fois...

dimanche 14 avril 2013

"Pluto" de Urasawa & Tezuka - T3

Avec le volume 3 de Pluto, on a une histoire toujours aussi bien dessinée mais dont l'intrigue devient de plus en plus complexe avec l'apparition de plusieurs personnages importants.
Il y a d'abord Uran, l'adorable petite "soeur" d'Astro, un robot, tout comme lui. Un robot qui a un don bien particulier: celui de repérer à distance les êtres (humains et animaux) qui sont "tristes" et de chercher à les consoler.
Sauf que cette fois-ci l'être qu'elle veut aider est lui aussi un robot, un robot qui ne se rappelle plus son nom, juste son numéro (inconnu de Uran). Un robot artiste qui peint des fleurs sur les murs du souterrain dans lequel il s'est réfugié. Il a aussi la capacité de redonner vie aux plantes tout en étant obsédé des visions de mort associées à un mot, celui de "Bora". A la fin du volume on apprend qu'il s'agit d'un robot "perdu" qui, tel une "âme errante", peut fonctionner sans cerveau électronique! 
Il y a aussi Epsilon, l'un des 7 robots que doit détruire Pluto. Un étrange robot que ce Epsilon qui, bien que très puissant, s'est rendu impopulaire durant la guerre des robots car il était pacifiste. Il fait même preuve d'une immense compassion envers les enfants humains victimes de cette guerre.
Une compassion dont n'a guère envie de faire preuve Adolf Haas (qui fait partie d'un groupuscule inspiré du KKK et qui veut détruire tous les robots) surtout lorsqu'il découvre que son frère -pourtant peu fréquentable- a autrefois été tué par l'inspecteur Gesicht (à qui on a ensuite effacé la mémoire de ce fait car un robot n'a pas le droit de tuer un humain)
Et puis il y a le Professeur Abdullah, un Perse féru d'informatique dont Astro n'arrive pas à déterminer s'il est un humain ou un robot et dont on découvre qu'il est le "père" d'un horrible robot qui laisse échapper des cafards espions, mais aussi et surtout le créateur de Pluto qui, après avoir abandonné le corps d'emprunt du robot artiste et jardinier, repasse sous son contrôle.





samedi 13 avril 2013

"Je fais souvent ce rêve..."

à M...

... même s'il n'aime pas la poésie.
"Nobody's perfect" comme le disait, non pas Deep Purple, mais Joe E. Brown (alias  Osgood Fielding III) dans "Some Like it Hot"

vendredi 12 avril 2013

"Я люблю ФОТО" - 6 -

Il y a quelques années de cela, j'ai beaucoup photographié les escaliers que je croisais lors de mes balades. Depuis lors, pour différentes raisons, je me promène moins... 
Mais les escaliers sont revenus via le net et notamment le site ci-dessus mentionné.Si ceux reproduits ici sont beaucoup plus beaux que ceux j'avais attrapés au vol, je ne suis pas certaine d'avoir envie de me réjouir de les voir ré-apparaître parmi les choses qui retiennent mon attention.
 
Au fait, avec-vous remarqué qu'en général les escaliers sont immortalisés de haut en bas.
La récompense pour celui ou celle qui les a gravi ou la hantise de la chute?
Crédits photographiques:
- Jounery to the centre by Jure Kravanja
- Descendant by Mincage
- Twirl by Laszlo
 

jeudi 11 avril 2013

Le goût du sucré

On a tous plus ou moins en mémoire ces images qui illustraient les livres consacrés aux sens et plus particulièrement celui du goût où l'on voyait les mimiques d'un bébé à qui ont faisait tester le sucré, le salé, l'acide et l'amer... et qui dès les jours suivants sa naissance montrait une nette préférence pour le sucré. Une préférence que l'on disait "innée" alors même que le liquide amniotique et le lait maternel ne le sont pas.
Une préférence dont on s'est parfois servi en calmant les pleurs d'un bébé via un biberon d'eau sucrée, associant encore plus le plaisir, celui de téter, à la douceur consolatrice du sucrée.
Des douceurs dans lesquelles on se réfugie plus tard en cas de coups de blues. Combien de fois les ai-je soignés à l'adolescence via des pots de Nutella, des nonnettes à l'orange ou des tubes de lait concentré qu'il fallait ensuite faire disparaître discrètement puisqu'ils étaient rarement présent à la table familiale.
Un goût qui ne s'oublie pas. Si je me fie aux confidences qui m'ont été faites par rapport à quelques personnes âgées, tendance au diabète ou pas, le goût du sucré reviendrait en force avec l'âge. Au point que certain(e)s, surtout quand ils deviennent un peu désorientés, n'hésiteraient plus à se remplir les poches de bonbons de crainte d'en manquer.
Besoin de sucre ou besoin de ressusciter le tendre souvenir des bras maternel qui y est associé?

mercredi 10 avril 2013

Les mauvais souvenirs - 4/4

Durant ces plus de 20 années dans le monde du travail, parmi les personnes rencontrées, ce sont d'abord les plus "désagréables" dont on se souvient:

- celles qui vous ont fait des "crasses" en vous envoyant seul(e) à une réunion difficile en oubliant de vous passer des informations essentielles, ou bien encore en étant absent(e) au dernier moment alors qu'il s'agit de défendre sa position avec laquelle il ou elle sait que vous n'étiez pas d'accord... ou pire, en modifiant de façon notable un de vos courriers avant de le signer en laissant vos références... 
-les amnésiques en tout genre, notamment quand il s'y ajoute une dose de mauvaise foi, et parmi eux, ceux et celles qui ont l'art de tirer la couverture à eux et de vous confiner dans un placard quand une de vos propositions a eu du succès... quant ils ne cherchent pas à vous faire "porter le chapeau" pour des décisions malencontreuses prises par eux et sur lesquelles vous aviez attiré leur attention sur les risques qu'elles comportaient. 
- ceux et celles qui sont notoirement incompétents, tire-au-flan... et dont il aurait été mis fin au CDD bien avant terme s'ils avaient été dans le privé, mais voilà ils sont titulaires! Alors vous vous coltinez leur boulot en espérant vous en débarrassez, mais ils s’incrustent... Et quand le torchon brûle trop entre vous et qu'ils cherchent à quitter le service, comme ils sont connus comme le loup blanc, personne n'en veut 
Et puis vient à l'esprit le nom de ceux et celles qui étaient charmants, souriants, efficaces, plein de bonnes idées... ceux à qui on demandait toujours plus sans beaucoup leur donner en retour... Ceux là je suis toujours heureuse de les revoir au hasard des rues* et d'avoir de leurs nouvelles en espérant qu'elles soient bonnes. 
* "... au hasard des rues..." car contrairement à d'anciens collègues qui revenaient régulièrement dans les locaux, avec maintenant 2 ans de recul, les mauvais souvenirs étant majoritaires,  je n'y ai plus remis les pieds.
crédits photos:
- Autumn Leaves by Thomas Lottermoser
- Greys of November by Elhanh

mardi 9 avril 2013

Charles Baudelaire aurait 192 ans...

... car il est né le 9 avril 1821 et bien que cela ne fasse pas un compte rond,  Google lui rend hommage... et avec lui un certain nombre d'amateurs de poésie qui en ont profité pour déposer un certain nombre de poèmes sur... Facebook.
Quel texte retenir de lui? Pas évident. Peut-être celui qui suit et qui est un peu plus lumineux que d'autres.

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

lundi 8 avril 2013

"Я люблю ФОТО*" - 5 -

Juste une image de Olof Petterson dont le titre peut être lu de différentes manières: ""Who are you"

dimanche 7 avril 2013

"Sang dessus dessous" de Claude Izner

Petit rappel pour les non habitués aux livres de Claude Izner: derrière ce prénom et ce nom se cachent deux soeurs dont l'une (Liliane) a longtemps été chez monteuse de cinéma avant d'exercer le même métier que sa soeur (Laurence) celui de bouquiniste sur les quais de la Seine. Et ce livre, le 1er qu'elles aient commis en duo, vient d'être re-édité avec pour héros, Milo Jassy, un bouquiniste sur les quais de la Seine passionné de cinéma!

Que dire de ce premier opus? Qu'il m'a déçue par rapport aux ouvrages traitant des aventures de Victor Legris, lui aussi passionné de livres puisque libraire à la recherche de livres anciens et de photographie. Bon d'accord, c'était le galop d'essai des 2 frangines, alors je vais être sympa.
Un bon point pour la galerie de personnages, assez réjouissante, avec un goût pour ce que dans la littérature du XIXème on appelait "le petit peuple", ces gens de tous les jours que l'on pourrait croiser en bas de chez soi et que l'auteur croque en quelques phrases bien senties. Mais un regret, bien peu trouvent grâce aux yeux de Milo Jassy.
Un bon point pour l'humour... sauf que celui que le héros exerce notamment aux dépends de sa voisine de quai (une vendeuse de souvenirs) tombe un peu à l'eau car quand il sera dans la mouise, c'est chez elle qu'il ira se réfugier, au final c'est son intervention à elle qui contribuera à le sauver et surtout il deviendra ami avec elle au point d'être le témoin de son mariage.
Un bon point pour la culture de l'auteur car son livre est bourré de références sur les livres mais aussi, dans une moindre mesure, le cinéma, la musique et l'actualité.
Un mauvais point sur... la méchante, "la fille aux écouteurs", celle qui trucide ou veut trucider de manière alambiquée tous ceux qu'elle juge responsable de faits survenus 10 ans auparavant. On peine à croire sur la possibilité d'un individu d'être aussi polymorphe. Et cela concerne tant Milo que Laura, l'amie de Milo.
Moralité, sauf à être passionné par l'oeuvre des deux frangines, il vaut mieux en rester aux aventures de Victor Legris et oublier Milo Jassy.

samedi 6 avril 2013

Les mauvais souvenirs - 3/4

Au final, au bout de toutes ces années, c'est une immense impression de solitude qui ressort, solitude avec les collègues car il y a eu trop de postes atypiques où l'on se sent à part, tout seul comme le vilain petit canard de la couvée quand par exemple:
- on s'occupe de tarification dans les structures médico-sociales... alors que seul compte le secteur sanitaire
- on suit les structures pour handicapées... quand il n'y en a que pour celles qui accueillent des enfants
- on élabore péniblement des statistiques, parfois à la demande de collègues... pour les entendre dire ensuite qu'il est probable que les précédentes travaux qu'on leur a envoyés ont déjà été recyclées comme papier de brouillon sans même avoir été lus.
Et il en a été ainsi pour tous les postes. Jusqu'au dernier. Celui où il y avait les formations de niveau V (1) (beaucoup d'élèves, beaucoup d'écoles et trop peu de temps pour prendre du recul, "lever la tête du guidon"...) et les autres, principalement les post-bac. Un poste où il était demandé de s'y connaître en pédagogie sans jamais reçu la moindre formation en la matière et sans pouvoir espérer l'aide du conseiller pédagogique (2)

Des postes peu nombreux et surtout peu prisés tant au niveau local qu'au niveau national, ce qui fait que bien souvent on se retrouve tout seul sans l'aide de la hiérarchie pour aller "au charbon", avec en face des personnes qui arrivent en nombre et sont beaucoup plus diplômées et mieux formées. Et, tant au niveau local qu'au plan national, on n'a pas ou plus d'interlocuteur pour répondre aux questions que l'on nous  pose.
Quand on a de la chance, on arrive à dénicher un collègue qui dans un autre département ou région a un peu de bouteille, a suivi les réformes et connaît les circuits beaucoup mieux que l'Attaché fraîchement au Ministère pour reprendre les dossiers laissés en souffrance pendant plusieurs mois parce que personne ne voulait de ce poste là!
Alors on en arrive à des choses assez énormes comme voir sortir une circulaire qui explique un texte... plus de 18 mois après qu'il ait fallu le mettre en oeuvre. Entretemps ça a été "Démerd* toi et croise les doigts pour ne pas tomber sur un emmerd*** qui va déposer un recours contre une des décisions que tu as signées au nom du Préfet". (1) Professions dont le diplôme final correspond à un BEP ou un CAP
(2) Celui qui intervenait dans le secteur social est parti en retraite plus de 6 mois avant mon arrivée et n'a jamais été remplacé et dans le le secteur paramédical, ils ont été 3 à se succéder avant de, chacun à leur manière jeter l'éponge face à l'ampleur de la tâche.
Crédits photos: 
-  The seeker by Edmondo
-  Snowstorm by Mikael Sundberg

vendredi 5 avril 2013

Dis moi ton prénom...

... et je te dirai quel bac tu as passé.
Bon, c'est un peu réducteur comme titre, mais il y a de ça. En effet, le sociologue qui l'an dernier avait travaillé sur les prénoms et le taux de réussite au bac*, a remis ça avec le cru 2012 en constatant que certains prénoms étaient plus fréquents dans certaines filières. En gros: " les prénoms anciens/bobos sont surreprésentés dans les séries générales (S, ES et L) quand les prénoms « anglo-saxons»  et «arabes» empruntent plutôt les filières techniques..."
Quelques exemples pour illustrer ses propos:
- Aliénor, Violette, Orane, Marguerite et Anouk** arrivent en tête des candidats du bac L (pour Littéraires) 
- Augustin, Marin, Henri, Hadrien et Gaspard*** sont dans le haut du panier du bac S (pour Scientifiques)
- Sixtine, Anouk, Capucine, Victoire et Louison sont les prénoms les plus représentés dans la filière ES
- Teddy, Adrian, Alain, Jean Phillippe et Lillian  "privilégient" plutôt le bac STI2 (Sciences des techniques de l'informatique)
- Ahmed, Nadia, Amel, Youssef et Walid forment le top 5 des prénoms du bac STG (Science et technologies de la gestion)
- Prescillia, Allison, Alisson et Vanessa sont les prénoms les plus représentées en ST2S (Sciences et technologies de la santé et du social)
* Ont obtenu en 2011 la mention "Très Bien" 25% des personnes qui portaient les prénoms de Côme, Madeleine, Ariane et Irène, et 20% des personnes pour qui les parents avaient opté pour les prénoms de Marie-Anne, Anne-Claire et Gaspard. 
** et *** et oui, il faudra encore quelques années avant que la gente féminine soit un peu plus présente dans les sections scientifiques et surtout que les filles ne représentent plus la quasi majorité des candidats inscrits au bac littéraire

jeudi 4 avril 2013

Le printemps? Vraiment??

C'est un article de "20 minutes" qui confirme ce qu'on ressent tous depuis la mi mars, et plus précisément le 20: le printemps n'est pas là et il ne semble pas prêt d'arriver. La preuve, les petites clochettes du 1er mai ont bien du mal à pousser, ce qui n'est pas sans inquiéter les maraîchers nantais qui mettent sur le marché 85% de la production française.
Bon, depuis le temps qu'ils sont sur ce créneau, ils savent comment faire pour ralentir ou au contraire forcer les plantes afin qu'elles soient fin prêtes pour LA date fatidique. Sauf que là, avec le déficit de chaleur ET de soleil, les plantes ont du mal, beaucoup de mal à pousser. Du coup elles ont pris un retard d'environ une dizaine de jours sur le calendrier moyen. Pour les producteurs, ça va être tendu, très tendu avec au final un fort risque de devoir mettre sur le marché des brins aux hampes plus courtes que d'habitude.
Et le retard ne concerne pas que les petites fleurs blanches porte-bonheur. La fédération des maraîchers déclare en effet: "C'est surtout la lumière qui fait défaut. Il y a un déficit d'environ quinze jours". Pour les produits frais plantés en pleine champ comme la salade, la mâche, ou le poireau nouveau mais aussi ceux qui poussent sous serres (tomates, concombres, fraises) il faudra attendre un peu pour trouver des produits locaux que l'on ira acheter après avoir rangé les gros manteaux. Mais je n'ose pas trop râler car par ici on a encore échappé à la neige , ce qui n'est pas le cas de nos voisins normands pour qui une nouvelle alerte a été lancée.

mercredi 3 avril 2013

Les mauvais souvenirs - 2/4

Parmi les mauvais souvenirs, il y a aussi celui-ci, quand un GRAND chef de service (que j'appellerai J-M) a fait payer très cher à une collègue - rebaptisée Catherine pour l'occasion - le prix de sa franchise en me faisant jouer un rôle qui ne m'a pas du tout plu.
Au départ, il y avait un très gros dossier, que nous étions deux à suivre, Catherine pour les aspects plus techniques, notamment les relations avec certains professionnels et moi pour les aspects administratifs. Sauf que nous avions des approches assez opposées: tandis qu'elle fonçait sans se préoccuper des détails pratiques de mise en oeuvre ni solliciter au préalable l'accord de la hiérarchie, je freinais sans cesse en lui rappelant  les limites de notre intervention.
Dans un premier temps, le Grand chef, qui était du genre "presse-citron" avec ses agents, a apprécié les initiatives de Catherine. Même s'il savait que notre binôme fonctionnait mal (au point qu'il avait du désigner un cadre de son équipe rapprochée pour calmer le jeu) et surtout qu'elle fonctionnait bien souvent en "free-lance". Mais le jour où, là où tout le monde se contentait de dire "oui-oui" aux propositions du chef J-M, (quitte à ensuite traîner des pieds pour mettre en oeuvre), Catherine a osé dire qu'elle n'était pas d'accord,  J-M n'a pas aimé et a décidé de la "remettre à sa place". Et il l'a fait de manière lamentable.
Il s'est d'abord débrouillé pour ne plus l'inviter à des réunions où il était pourtant logique qu'elle participe. Cela jusqu'au jour où devait avoir lieu une réunion qu'elle avait soigneusement préparée car elle était devenue pour nos interlocuteurs le "poisson-pilote", LA personne référente. Il s'est assis de telle sorte qu'il lui tournait quasiment le dos. Et durant toute la réunion, il ne s'est adressé qu'à moi, me demandant d'expliciter des options sur des questions techniques qu'il savait de la compétence de Catherine. Et les quelques fois où j'ai cherché à l'impliquer, elle, parce que je savais qu'elle avait beaucoup donné de sa personne, il coupait court en exigeant d'avoir "mon" avis et non le sien.
Catherine, si prompte à ruer dans les brancards ne disait quasiment rien car elle savait ses jours comptés. A la fin de la réunion elle a juste demandé: "J'ai appris par votre secrétariat que vous souhaitiez me rencontrer, sans qu'il me soit précisé l'objet de cet entretien". Il n'a pas répondu à sa question, se contentant de la renvoyer vers son secrétariat pour fixer une date de rendez-vous... qu'il a à plusieurs reprises repoussée... jusqu'au moment où ayant demandé l'une et l'autre à changer de service, nous n'avons plus eu affaire à lui.

mardi 2 avril 2013

Les mauvais souvenirs - 1/4

Le pire souvenir remonte au début de la carrière. Les deux personnes qui étaient en face de moi de jour là sont très probablement désormais retraitées, mais le devoir de réserve qui a été le mien pendant tant d'années fera que leurs prénoms seront changés. Et comme le hasard a voulu que ces deux là aient eu un prénom commençant par la même lettre, elles seront M1 et M2.
Pour situer le contexte, M1, le grand Manitou, avait eu la délicate mission de reprendre en charge une direction amputée de plus de la moitié de ses effectifs qui, suite à une première vague de décentralisation, avaient été affectés, bien souvent contre leur volonté, auprès d'une collectivité locale. M2 avait en charge les services du personnel et du budget de cette même direction et "faisait l'intérim" lorsque M1 était en congés.
C'est à ce dernier titre que, quelques jours auparavant, avec un collègue nous l'avions  rencontré afin de connaître les modalités de mise en oeuvre de nos demandes de mutation qui venaient de recevoir un avis favorable. M2 était d'un naturel prudent, très prudent. Alors il avait fini par lâcher quelques promesses tout en nous conseillant de prendre rendez-vous avec M1 afin d'obtenir confirmation de ce qu'il avançait.
A ce second rendez-vous le collègue ne pouvait être présent et c'est seule que j'ai du affronter le Dragon et son toutou, pardon M1 et M2. M1 a attaqué bille en tête en s'étonnant d'une telle demande de RV ... parce que bien sur M2 avait "oublié" de le lui indiquer.
Quand je lui ai expliqué que mon collègue et moi-même souhaitions obtenir une confirmation des engagements faits en son nom par M2: M1 s'est d'abord étonné: "Pas besoin d'une telle confirmation, ce que dit [M2] en mon absence m'engage" avant de s'enquérir de ce à quoi l'avait engagé M2. Quand elle l'a su, la première réaction a été "Vous avez mal compris, il n'a pas pu promettre ça". Et quand j'ai demandé à M2 de confirmer les propos qu'il avait tenus lors de la précédente réunion, il a encore plus piqué du nez vers ses dossiers, sans rien dire.
Mon erreur a été d'insister en regrettant que mon collège ne soit pas là pour conforter mes propos. M1 a alors clôt la discussion avec un magistral:  "C'est ça, dites que [M2] ment" qui m'a laissée sans voix. Oui M2, en se taisant lamentablement, mentait... sauf que c'était moi qui passait pour une menteuse. A ce stade, il ne restait plus qu'une chose à faire: écouter M1 expliquer que pour elle primait avant tout ses bonnes relations avec la collectivité locale.... avant de retourner fondre en larmes dans mon bureau.
C'est ce jour-là que j'ai compris pour la première fois que, même dans la fonction publique, les personnels n'étaient que des "moyens humains". 
Crédits photos:
- de sombres pensées by Cédric Leblond
- Panic by Mikel Lastra

lundi 1 avril 2013

Un petit poisson, des petits poissons...

Il y a deux ans, le 1er avril, j'ai joué à un drôle de tour à mon employeur en décidant de partir en retraite, non pas officiellement le 30 juin au soir comme cela était mentionné sur l'arrêté qui mettait fin à mes fonctions mais... dès le 1er avril. Et oui, le hasard avait voulu qu'en cumulant les jours de congés non pris l'année précédente, ceux auxquels j'avais droit au titre de l'année en cours et ceux accumulés sur le C.E.T.* la date de fermeture réelle de mon PC boulot tombait le 1er avril au soir.
A ce jour, je n'ai aucun regret d'avoir pris cette retraite anticipée. Cette période "anniversaire" est juste l'occasion de me rappeler de bons souvenirs... et surtout des mauvais, dont il était difficile de faire jusqu'ici état.
Parmi les bons, eu égard à la date, place aux blagues du 1er avril qui, au fil des années, sont devenues de plus en plus rares au travail. La toute dernière a probablement circulé en 2008 ou 2009, avant que toutes les réformes de l'Administration ne soient mises sur rails, et elle émanait... du service informatique. Ce matin là, en ouvrant nos différents PC, nous avons trouvé des pages d'accueil avec ... des poissons dessinés en noir sur fond blanc qui sont restés là toute la journée. On nous proposait de les colorier (en dehors des heures de travail bien sur) avec l'un des logiciels mis à notre disposition. Puis de les renvoyer une fois achevés au service qui quelques jours plus tard a élu le plus joli avec, en guise de récompense, un petit sachet... de friture au chocolat.
A noter que une fois le nom du gagnant et le taux de participation des différents services connus, on a tous relevé que parmi ceux et celles qui avait répondu, il y avait une nette prédominance des agents d'un des services réputé comme très "coooool" en charge de travail. Etonnant non?