vendredi 29 mars 2019

Dernières BD lues: "Les vieux fourneaux - Bons pour l'asile"

Acheté il y a plusieurs semaines et dégusté ce jour... car les dessins et les répliques du duo Lupano & Cauuet ça se déguste
Côté titre: ils jouent à merveille sur les mots car l'asile en question peut tout aussi bien concerner les étrangers pris en charge par les membres du groupe "Ni yeux ni maître" qui profitent bien des locaux de l'île de la Tortue mis à disposition par Fanfan... mais aussi l'asile des fous car mine de rien, Emile va péter un plomb en découvrant de ce qu'il est advenu de son île de Nauru Côté scénario: Lupano à l'art des répliques qui font mouche. Exemple: "Depuis la nuit des temps, notre pays enracine son union dans la défaite: Alésia, Azincourt, Pavie, Waterloo, Sedan, Trafalgar, Dien Bien Phu... (...) c'est même ça la France. On se trouve glorieux dans la défaite, ce qui nous rend invincibles" . Ou encore cette trouvaille: cacher les activités de l'île de la tortue derrière l'entreprise Hiock & Grants" spécialisée notamment en "Global Trade Investissements" dont il faut lire en totalité les noms pour comprendre la réelle activité, à savoir "Dave Hiock (c'est Fanfan et sa petite bande de seniors) et Demi Grants (les étrangers qui ont trouvé refuge chez elle)
Côté dessin Cauuet n'est pas en reste. Il suffit pour cela de regarder aux pages 49 les 5 cases dans lesquelles Sophie récupère sa fille Juliette qu'elle avait confiée à son père et son grand-père (qui ne se parlaient plus depuis des années) un tantinet amochée. Idem les pages 42 à 47 qui narrent le pétage de plomb d'Emile ainsi que les réactions de ses . Ou enfin pages 52 & 53, la 1ère rencontre de Juliette avec ses grands-parents paternels. A chaque fois, il y a très peu de texte, mais les images suffisent pour exprimer tant de choses!

jeudi 28 mars 2019

Dernière BD lue: "l'arabe du futur - T4" de Riad Sattouf

Pour une fois je vais commencer par la fin de la BD: ce n'est pas sympa, mais alors pas sympa du tout Riad Sattouf, de nous laisser en plan après l'appel téléphonique de votre père adressé à votre mère le 31 mai 1992! Parce que maintenant on se demande encore plus ce qu'il est advenu des différents membres de votre famille et notamment de votre plus jeune frère que votre  père a emmené avec lui en Syrie!
Pour le reste... comment dire...
Plus que jamais on sent monter la tension au sein du couple entre cette mère d'un naturel passif et son mari qui se disait "arabe du futur" mais régresse de plus en plus vers le passé au fur & à mesure qu'il renoue avec la religion.
Très fine description des transformations liées à l'adolescence au plan physique mais aussi psychologique lorsqu'on est un jeune rejeté par les petites bandes qui font la loi (ou presque) au sein du collège. De quoi donner très envie de lire, du même auteur, "les cahiers d'Esther"
Et puis, au risque de me redire...l'auteur a un excellent sens de l'observation et une manière inimitable de décrire certaines sensations, choses de la vie quotidienne à la fois tout en retenue mais chargées d'émotions. Par exemple lorsqu'il décrit le comportement de son père, son héros lorsqu'il était enfant, qui parle de plus en plus avec l'accent de son pays natal, ne supporte plus ses chaussures ou lui demande de surveiller la "moralité"de sa mère qui suit en milieu hospitalier un traitement contre le cancer.

mercredi 27 mars 2019

Dernières BD lues "Ambulance 13 - Pourquoi?" par Ordas & Mounier

9ème et véritable dernier volume qui commence le matin du 11/11 et s'achève au cimetière militaire de Fleury-devant-Douaumont.
En fait la BD se divise en 2 parties.
Il y a le récit des 10 & 11 novembre 1918... et notamment cette dernière mission de Bouteloup, aller récupérer des blessés allemands (volontairement oubliés sans médecin ni médicaments par leur compagnie)  alors même que l'ordre est de ne pas fraterniser avec l'ennemi. Il le fait... mais revient avec une dernière victime, un "bleu" qui n'a pas eu le temps d'acquérir certains réflexes et ne plonge pas lorsqu'un soldat allemand  rancunier lance une dernière grenade. Bouteloup antidatera sa mort, afin que la mère adoptive de ce "bleu" (qui avait devancé l'appel) dont c'était le seul enfant, puisse bénéficier de sa pension de "mort pour la France".
Avant de revenir à la seconde partie de la BD, centrée elle sur les mésaventures de Jules dit l'Ecaille, je reviens sur ce qu'aurait dit Georges Clémenceau, président du conseil et ministre de la guerre lorsqu'il a été informé que l'armistice prendrait effet le 11/11 à 11 heures: " Le temps de rédiger mon discours et je fonce à l'assemblée. Pas besoin d'escorte, c'est inutile. Je ne serai pas seul. 1 375 000 morts m'accompagneront"
Plusieurs éléments m'ont laissé perplexe lors de la seconde partie de la BD: notamment la manière dont Bouteloup
- aide Jules (qui a eu le malheur de recroiser Dervilly*) à mourir le plus sereinement possible. Même si officiellement c'est juste une piqure de morphine, ça ressemble fort à une euthanasie.
- obtient que son corps de civil (puisque tel était le statut de Jules, démobilisé en mai 1919) puisse être transféré à Verdun, et plus encore au sein de ce qui deviendra le cimetière de Douamont. L'occasion pour les scénariste de rappeler le lourd tribu payé par les services de santé dans une note  à
la dernière page: "En 1914-1918, le taux de pertes du service de santé [des armées] le place au deuxième rang des armes les plus exposées, après l'infanterie; nous dédions cet ouvrage aux chirurgiens ,médecins, pharmaciens, infirmiers et brancardiers inconnus". Avant que , comme les précédentes BD de la série, celle-ci ne se termine se clôt par un cahier technique où il est notamment mentionnés les progrès techniques réalisés au plan médical durant la 1ère guerre (et dont on pu bénéficier ensuite le reste de la population): en matière d'anesthésie, de transfusion sanguine, de radiologie, de psychiatrie, d'hygiène...

mardi 26 mars 2019

Dernières BD lues "Algériennes" de Meralli & Deloupy

C'est d'abord la couverture qui a attiré mon attention:  si le regard est d'abord attiré par cet oeil de femme qui se cache derrière ses mains, c'est pour mieux découvrir que les motifs traditionnels habituellement effectués au henné sont cette fois-ci réalisés avec du sang , celui là même qui a imbibé le bas des manches de la djellaba .Alors j'ai feuilleté le livre et le peu que j'en ai lu a fini de me convaincre de l'acheter, même si le dessin ne fait pas partie de ceux que j'apprécie.
L'histoire? Ou plutôt les histoire car ici où se situe dans le cadre d'une fiction bâtie autour d'un personnage qui va recueillir toute une série de témoignage, pour comprendre. Le personnage central, c'est Béatrice, une "enfant d'appelé" c'est-à-dire qu'elle est née tandis que son père faisait la guerre d'Algérie.Mais ce celle-ci,  il refuse d'en parler. Alors sa fille qui a lu un article de presse qui l'a fort touchée, va chercher à savoir, à comprendre ce qu'il a pu vivre en faisant parler... 5 femmes: Lucienne, Saïda, Djamilla, Bernadette et Malika
Des témoignages
forts, parfois même bouleversants car certaines de ces femmes ont des mots très durs comme Djamilla: "la campagne algérienne devait se protéger de l'armée le jour et des fellagas la nuit". Il y a aussi des passages très difficiles à lire, comme le long témoignage de Saïda, fille de harki (pas vraiment bienvenue après son arrivée en France) ou Malika. Malika, c'était une militante avant d'être arrêtée et torturée, violée... Elle a pu échapper à la mort grâce à un appelé qui, ayant découvert ce qu'elle vivait, a organisé son transfert dans un hôpital où il a insisté pour déclarer qu'elle était mourante, contagieuse et qu'il ne fallait pas la renvoyer vers le centre d'interrogatoire. Après la fin de la guerre, Malika a participé au gouvernement algérien au sujet duquel elle est très critique: "...chaque jour la violence et l'oligarchie se sont installés. Je voyais des fonctionnaires bien placés s'enrichir quand le peuple se perdait dans la haine"Une BD fort instructive car on voit la guerre, du côté des femmes, elles dont la contribution à l'indépendance sera ensuite bien souvent effacée. Mais aussi parce que cette vision n'oppose pas d'un côté les bons Algériens et les mauvais Français. Et enfin, même si c'est accessoire, on comprend l'attachement viscéral que certains, nés là bas, peuvent garder avec leur terre natale, au point d'y être restée (quitte à y devenir une étrangère) comme Bernadette ou d'être émerveillé comme Saïda, juste en revoyant une photo de la maison natale telle qu'elle est devenue, accompagnée d'un peu de terre et de feuilles et fleur de l'oranger qui poussait à l'angle de la maison.

lundi 25 mars 2019

Dernières BD lues: "les vieux fourneaux - La Magicienne" par Lupano et Cauuet

Les volumes se suivent et sont toujours aussi bons...
- quant aux réparties
- quant aux situations
- quant à la manière de coller à l'actualité
- quant à la manière de distiller des informations sur les personnages
Exemple de répartie avec Antoine qui s'adresse aux clients de la Chope (le café du village) "C'est bien la France ça! Vous passez votre temps à râler que rien ne change, et quand ça change, vous gueulez que ça ne sera plus comme avant"
Pour les situations: voir le passage où Arno Nimousse, le geek qui a quitté l'île de la tortue, erre désespérément dans la campagne pour trouver du réseau avant d'en trouver dans un petit bois... juste au moment où la batterie de son PC s'avoue vaincue
Quant à la manière de coller à l'actualité c'est par exemple l'installation d'une ZAD compte tenu de la découverte, sur les terrains fraîchement achetés par Garan-Servier, d'une espèce protégée, la "magicienne dentelée" ou la désertification médicale des zones rurales où les personnes âgées sont plus ou moins contentes d'avoir affaire à des "migrants", en l’occurrence des médecins venant de l'Europe de l'Est, quand les anciens professionnels partent en retraite
Et pour ce qui est des informations sur les personnages: on apprend enfin qui est le papa de la petite Juliette et pourquoi le grand-père maternel est fâché avec sa famille, dont son propre père Antoine.
En introduction et surtout conclusion, on a aussi la confirmation que le PDG de Garan-Servier est un sale c** puisque avec l'extension il a prévu de relocaliser une partie de ses activités en France (mais avec juste 150 créations d'emploi) tout en fermant son site en Italie (2000 licenciements!)  

dimanche 24 mars 2019

Dernières BD lues: "les vieux fourneaux - Celui qui part" par Lupano et Cauuet

Ils sont toujours aussi en forme nos octogénaires. Bon d'accord, Mimile, le héros de ce volume a droit à un petit séjour à l'hosto mais l'essentiel n'est pas là.
Un volume où on se marre toujours autant mais avec des passages plus graves avec les histoires
- à 10 & 20 ans de Berthe, la voisine dont, aux dires d'Antoine et Pierrot, mais aussi des gamins du village, il ne faut surtout pas acheter les oeufs
- et de Errol, un vieil Australien de l'âge de 3 héros, mais en beaucoup plus déglingué et qui cherche "The Biouche"
Peut-être plus que dans le précédent volume, les histoires s'entrecroisent, les histoires de ceux que Sophie baptise les 3 ânes en racontant via ses marionnettes comment les 3 grands copains d'enfance ont eu un comportement assez détestable avec Berthe lorsqu'ils étaient enfants.
Le seul qui ne s'en sort pas trop mal et échappe à l'écrasage d'oeufs sur la tête c'est Emile. Emile  dont on a comprend pourquoi il a quitté le village à 20 ans pour aller s'entraîner au rugby aux antipodes. Et qui explique comment il a rencontré Errol, cet Australien, alors tout aussi baroudeur que lui, avant que,toujours à cause de lui, il ne devienne, ainsi que le décrit Pierrot: "un vieil Australien repoussant, farci de prothèses! on dirait qu'il a été mâché par Belzébuth"
Ne pas oublier les passages où, dans l'introduction, Pierrot est déguisé... en abeille quand il fait un coup médiatique contre le lobby des insecticides. Et quand Sophie rencontre le PDG des laboratoires Garan-Servier. Vraiment un sale c** celui-là (avec peut-être un début d'explication quand au comportement bizarre du père de Sophie avec ses parents)

samedi 23 mars 2019

Dernières BD lues: "Les vieux fourneaux- Bonny and Pierrot" par Lupano et Cauuet

Un T2 au même niveau, tant au plan graphisme que  réparties (dont certaines sont savoureuses), que le précédent avec, une fois l'album refermé une question:  Antoine et Emile, les amis de Pierrot, ont ils eu raison de ne pas lui dire la vérité une fois qu'ils l'ont découverte?
Quelle vérité? Celle qui concerne Anita. Pierrot, militant gauchiste, a été amoureux fou dans sa jeunesse d'une certaine Anita (dite aussi Ann Bonny*) avec qui il a fait les 400 coups dans les meetings mais aussi braqué un bureau de poste!... avant qu'elle ne soit reconduite dans son pays d'origine, l'Algérie. Et elle vient de ré-apparaître en lui envoyant une grosse somme d'argent, pour la "cause"*
Sauf que Pierrot a toujours cru dans ce que lui avait dit Riton l'élégant (un ancien rival en amour auprès de Anita) à savoir que Anita était morte en Algérie, victime de la répression. Mais dans la réalité Anita est revenue en France sous un faux nom, elle n'a jamais essayé de revoir Pierrot, elle
a choisi d'épouser son rival, et vécu comme le constatent tristement Antoine et Emile, avec un "beauf dans un petit pavillon de banlieue", allant même jusqu'à assommer Pierrot (qu'elle n'a pas reconnu) lorsque ce dernier vient casser la figure à Riton. 
Toute vérité est elle bonne à dire? Pour Antoine et Emile, la réponse est non. Ils préfèrent laisser Pierrot avec son ancien chagrin d'amour et ses bons souvenirs d'Anita
En dehors de l'intrigue centrée sur Pierrot, il y a un gag récurent autour des trop nombreuses variétés de baguettes de pain et la triste histoire racontée par Emile (auquel sera consacré le tome 3) de l'île de Nauru (dont il sera de nouveau question dans le Tome 5)
En clair, une BD qui se lit et relit, et re-relit avec plaisir.
*La "cause" c'est le groupuscule de "Ni yeux ni maître" qui fait régulièrement des actions ... toujours pacifiques... en utilisant les ressources de ses membres. Un exemple: envoyer chaque soir dans un ancien bistrot devenu bar (très bruyant) à la mode, une bande de retraités joueurs de rami, buveurs de tisanes etc... Ou encore laisser Jean-Chi(ldéric) "empoisonner" à lui seul un dîner mondain de Jean-François Copé

vendredi 22 mars 2019

Dernières BD lues: "La Guerre des Lulus - Le Der des Ders" par R.Hautière & Hardoe

BD lue et achevée en avril 2018... et relue à l'occasion du présent billet. Achevée dans tous les sens du terme puisqu'elle se termine - mis à part un épilogue* et un extrait en avant-première** - en novembre 1918, avec la complète séparation des 4 "Lulu" masculin (la seule Lulu fille, Luce était restée en Belgique avec sa grand-mère dans l'épisode précédent).
Adonc durant cet "épisode" les 4 Lulus sont assez vite séparés en 2 groupes (avant de se retrouver tous isolés) avec 
-
Lucien (le plus grand) Luigi (le plus rond, grand amateur de confitures) qui sont envoyés par un groupe de résistants comme espions auprès du fils du Kaiser installé à Charleville... avant d'être expédiés sur le front***, puis après de dures semaines, récupérés par le camp français à l'issue d'un assaut. Luigi restera près du front français tandis que Lucien, blessé et qui a du être amputé sera rapatrié à l'arrière.
-
Ludwig (le rouquin qui porte des lunettes) et Lucas (le plus petit) restent eux comme garantie auprès du chef des résistants avant - une fois la nouvelle du transfert de leurs compagnons sur le front connue- d'être convoyés vers la Belgique où Léandre dont ils recroisent le chemin, les trahit une nouvelle fois, ce qui fait que seul Lucas peut passer aux Pays-Bas tandis que Ludwig se retrouve aux mains des soldats allemands qui occupent la Belgique.
Les 4 Lulus finissent donc tous la guerre vivants, ce qui n'est guère surprenant
car la BD étant destinée à l'origine plus destinée aux enfants, il semblait peu concevable de faire mourir leurs "héros".
Que penser de la BD. A dire vrai, il était temps qu'elle s'achève car certains éléments commençaient à me peser. Serais-je plus "difficile" que la plupart des lecteurs ayant laissé des commentaires fort élogieux de ci de là sur le Net? Mais il est vrai que je la lis comme un adulte et non comme un enfant à qui la série était destinée. Du coup, pas sure du tout que je craque pour les 2 volumes annoncés et dont l'un est paru en juin 2018. 
* L'épilogue se situe bien bien des années plus tard lorsque le dernier des survivants de Lulus (très probablement Ludwig) s'apprête à construire une cabane avec ses petits enfants en leur racontant comment il a rencontré leur grand-mère Luce
** Les 1ères pages du diptyque "la perspective Luidgi" consacré à la quasi année que les Lulus ont passée en Allemagne
*** l'explication comme quoi Lucien aurait prétexté chercher,
dans le bureau du fils du Kaiser, de l'argent et non des renseignements militaires et qui aurait justifié l'envoi du duo dans un bataillon disciplinaire et non devant un peloton d’exécution, m'a laissée fort perplexe.

jeudi 21 mars 2019

Dernières BD lues: "Airborne 44 - Génération perdue" par Jarbinet

Un peu déçue ce coup-ci par ce nouveau dyptique... sans doute parce que l'intrigue qui se passe cette fois ci dans l'Allemagne d'après la mi mars 1945 est un tantinet compliquée avec beaucoup de personnages (aux motivations diverses) qui gravitent autour de Aurélius, dont le passé est lui-même complexe.
Aurélius a grandi dans le culte de Hitler au point d'avoir intégré les SS (qu'il a quitté après le passage à tabac et la mort de son jeune frère) avant de finir la guerre dans une unité de la wehrmach . Il accepte une mission secrète de la part de Geisel, un de ses anciens "amis" d'enfance, lui même SS prêt à tout pour préparer l'après-guerre dont il espère bien sortir vivant. Sauf que Geisel qui a entrainé Aurelius dans une mission secrète, meurt plus rapidement qu'il ne pensait en lui laissant le minimum d'instructions ainsi qu'une caisse de plaques d'or.
Et à la fin du volume on retrouve auprès d'Aurélius:
-
Solveig, une jeune femme blonde qui accompagnait Geisel avant de signaler qu'elle était passée très tôt du côté des Anglais qui l'ont chargée d'exfiltrer un certain Stadler (un scientifique porteur des plans du V2) auprès des Américains
-
Jörg, un jeune soldat déserteur qui ne fait confiance à personne, sauf à ...
Nadia et Nathan, 2 jeunes juifs évadés de Dora où ils travaillaient pour Stadler, sachant que Nathan a promis à son père de le venger de Stadler .
Et une question: quel est le personnage qui au début de la BD (dont l'action se situe en 1969) tient en joue un autre homme? Bien difficile de répondre à cette question puisque si la reconstitution des armes et véhicules est très pointue, les visages des protagonistes se ressemblent beaucoup. Seuls indices, les 2 hommes qui se font face ont les yeux bleus comme Aurélius, Nathan et Stadler. Et celui qui tient l'arme semble plus jeune que celui qu'il menace.  Mais l'interview de Jarbinet que l'on trouve sur le Net laisse penser que c'est  probablement plus compliqué que cela!
Réponse au prochain épisode

mercredi 20 mars 2019

Dernières BD lues: "Ambulance 13 - d'un enfer l'autre" par Ordas & Mounier

BD achetée dès sa sortie (début janvier 2018) mais j'ai attendu mars 2018 pour la lire.  Probablement parce que la lassitude se fait de plus en plus sentir au point de me demander si c'était une bonne idée que faire survivre Bouteloup au bombardement de l'église St Gervais durant lequel, contrairement au livre, seule la dessinatrice Emilie (qui aurait pu lui faire oublier la moniale Isabelle) était décédée.
Je viens d'ailleurs de découvrir que je ne suis pas la seule à regretter que l'aventure ne se soit pas terminée avec le tome 6 puisque, parmi les critiques,  j'ai lu ceci: "
au bout de 6 tomes, une certaine répétition s’installe dans l’intrigue : les moments de paix sont rares et Louis retourne inlassablement au front alors que tous cherchent à en partir, allant toujours au-devant de nouveaux problèmes"* et même "ce nouveau cycle parait anesthésié, sans rythme et sans émotion. Est-ce une subtile mise en abyme ou la suffocation d'une série de qualité ?"* Mais j'ai appris quelques "truc" intéressants comme:
- que la dernière charge de cavalerie française aurait eu lieu sur le front oriental, à Uskuk pour être précise
- comment conserver des corps avant de les rapatrier en France... en me demandant si, comme mentionné dans l'histoire, certains des jeunes soldats de cette dernière bataille ont bel et bien été embaumés avant d'être convoyés par terre puis mer jusqu'à Marseille afin d'être rendus à leur famille.
Et puis en relisant récemment la BD, j'ai compris le sous-titre de ce volume: "d'un enfer, l'autre" , puisque Bouteloup et son équipe qui avaient été versés dans la cavalerie pour "protéger" le jeune frère d'un gradé, une fois leur mission accomplie se retrouvent une fois de plus sur le front : celui de la Meuse, trèspeu de temps avant que ne soit signé l'armistice puisque c'est le10 novembre 1918.

mardi 19 mars 2019

Dernières BD lues: "Canardo - un con en hiver" par Sokal

BD Survolée dans les heures qui ont suivi l'achat puis relu avec soin... et approuvéeUn "Canardo" ce sont des personnages, des situations et des répliques. Celle que je retiens en priorité c'est lorsqu'un des membres du gouvernement parle de Boulachon le syndicaliste:
"...la gauche...est ce bien raisonnable... passe encore pour valoris
er la culture de l'art et des essais en tous genres ou encore pour gérer les particularités sociétales pittoresques... mais pour gérer l'économie et le budget, j'vous demande un peu... ces gens-là s'entendent pour dilapider les deniers de l'Etat"... qui prend un savoureux relief un an plus tard, au moment de rédiger le présent billet parce qu'on a tous en tête quelques uns des petits scandales liés à des membres de la classe politique ayant  pu se référer à la gauche, qui ont émaillé la vie politique française entre mars 2018 (achat et lecture de la BD) et maintenant.
Bon à part ça...c'est un assez bon cru: avec cette fois-ci la Duchesse du Belgambourg elle même qui, cachée sous une burka, vient rendre visite à Canardo qu'elle avait fait emprisonner à la fin de l'épisode précédent. Et oui, elle a besoin de lui pour une mission délicate: son père qui avait abdiqué des années auparavant et qu'elle avait consigné manu militari dans un château "entouré d'une armée d'infirmières compétentes mais lubriques, histoire d'accompagner une fin de vie en pente douce"  a disparu mais poste à sa fille via le Net petites vidéos fort gênantes.
Voilà donc Canardo et la Duchesse qui partent en catimini dans les Flandres française afin récupérer le papa qui joue les séniles* tandis qu'il est le prisonnier de faux scouts mais véritables extrémistes politiques mahométans. Opération qui s'avère vite calamiteuse même si à la fin de la BD, et après la mort de tous les scouts grâce à l'intervention providentielle de SSW0012**  le papa de la duchesse est libre. En effet, entretemps le syndicaliste Boulanchon, profitant de l'inertie des membres du cabinet a pris le pouvoir, déclaré la République et décidé de poursuivre pour haute trahison politique la Duchesse. Comment va t elle s'en sortir? Et la question de pose aussi pour Canardo dont le destin est une fois de plus lié au sien.Réponse au prochain épisode, au mieux à l'automne 2019
*Bien difficile de savoir si le père joue à 100% la comédie, avec beaucoup d'humour, ou si il est effectivement (à force de se(mélanger dans les différentes histoires de sa famille) mais avec des moments d'hyperlucidité

lundi 18 mars 2019

Dernières BD lues: "Les Vieux fourneaux - Ceux qui restent" par Lupano & Cauuet

Un régal cette BD parce que ce vieux trio (l'un d'eux va devenir arrière grand-père ) vaut le détour!
Je n'avais quasiment rien écrit à son sujet après acheté & lu dans la foulée cette BD... C'est l'occasion de se rattraper, en commençant par présenter les membres du trio qui auront chacun droit à une BD.
Donc dans le trio: voici Antoine, qui vient de devenir veuf de Lucette, une fort jolie femme (à qui ressemble beaucoup Sophie, sa petite-fille et fille de Bertrand avec lequel il est fâché) qui pendant des années a fait tourner un petit théâtre dont le personnage central était un loup en slip*.
Antoine, est d'une certaine manière le plus "sage" des 3. Il faut dire que réussir à bosser 40 ans auprès du laboratoire Garan-Servier (spécialisé dans les médicaments type anti-dépresseurs) ça calme, même quand on est syndicaliste comme lui, sauf quand on s'appelle Pierrot, un des autres membres du trio auquel une BD sera consacrée.
Enfin, ça calmait jusqu'au moment où, chez le notaire, Antoine lit une lettre laissée par sa femme  et où il est question... de Garan-Servier père... expédié en Toscane depuis qu'il a refusé de s'expliquer sur une somme de 100 millions disparue de la comptabilité. Ce qui l'incite à partir armé d'une fusil voir ledit patriarche. Suivi de près par les 2 autres membres fort inquiets du trio: Pierrot et Mimile le tatoué (qui aura droit lui aussi à sa BD) qui ont réquisitionné Sophie, enceinte de 7 mois (et dont personne ne connait le père de l'enfant, du moins jusqu'au tome 4 de la série)
La BD se finit bien, Antoine ne tue pas Garan-Servier lequel confie à Sophie (qu'il confond avec Lucette à qui il tenait beaucoup) ... le code d'accès à un compte secret qu'il a aux îles Caïmans.
On a désormais quasiment tous les éléments pour les volumes à venir qui aborderont chacun des pans de la vie actuelle et surtout passé de Pierrot (T2) Emile (T3) et Sophie (T4) et on replonge avec plaisir dans les scènes, dialogues et les tirades bourrés d'humour... sans pour autant exclure des moments d'émotion, comme lorsque Pierrot prétexte une envie de faire pipi pour cacher son envie de pleurer car avec Lucette il s'était fâché et "on fait partie de ces vieux cons qui auront pas été fichus de se rabibocher avant le passage de la faucheuse"

samedi 16 mars 2019

Dernières BD lues: "E. Manet & B. Morisot, une passion impressionniste" par Jaffredo

J'avais beaucoup aimé les précédents ouvrages consacrés à des artistes de la même période. Ici j'ai été un peu déçue: la BD même si le titre mentionne "Manet et Morisot" elle est centrée sur la vie et l'œuvre de Manet à travers le prisme de lettres que Berthe lui aurait écrites, avec en outre la référence à une passion autre que picturale qui les aurait réunis.
D'elle, mis à part un tableau qu'elle lui offre on ne verra qu'une seule œuvre et qui n'est guère représentative de son travail. Pour mieux la connaitre, elle, il vaut mieux lire la biographie que lui a été consacré Dominique Bona. Et aller au 1er étage du e Marmottan- Monet ... Et regarder ses oeuvres en oubliant cette romance qu'aurait existé entre eux alors même qu'elle avait épousé Eugène Manet, le jeune frère d'Edouard Manet.

ça ce sont les 1ères impressions que j'ai eues après avoir lu la BD, en janvier 2018... 18 mois plus tard, en relisant en diagonale l'ouvrage, je me sens d'humeur plus aimable. 1ère chose qui saute aux yeux: la finesse du trait et la délicatesse des couleurs utilisées par la dessinatrice, Marie Jaffredo. Avec un petit détail qui m'a fait sourire, le visage qu'elle a donné à Berthe n'est pas sans avoir une certaine ressemblance avec la Isa des "Passagers du Vent" de Bourgeon.
Et puis il n'est pas désagréable, alors que régulièrement le soir je plonge dans les questions d'un jeu vendu par le Musée d'Orsay (sur les oeuvres qu'il abrite ainsi que les faits marquants du19ème siècle) de me replonger dans les conditions de création des oeuvres de Manet, ainsi que sur l'accueil qu'elles ont reçu... et se dire que oui, le scénariste fait rappeler via les propos de Manet, la filiation qu'il y a
- entre "le déjeuner sur l'herbe" de Manet et "le concert champêtre" alors attribué à Giorgione (et désormais à Titien)
- ou l'Olympia de Manet et la "Vénus d'Urbin" duTitien ou la Maja nue de Goya
Et il rappelle aussi les défenseurs qu'il eut en la personne de Charles Baudelaire et de Emile Zola.
Finalement la rédaction de ce billet a eu du bon: me faire relire la BD, que je persiste cependant à trouver moins prioritaire à lire que celles consacrées à Rodin*, Monet** ou même Caillebotte***
*https://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2019/03/dernieres-bd-lues-rodin-fugit-amor.html
**https://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2019/03/dernieres-bd-lues-monet-nomade-de-la.html
https://un-chat-passant-parmi-les-livres.blogspot.com/2019/03/dernieres-bd-lues-gustave-caillobotte.html

vendredi 15 mars 2019

Dernières BD lues: "Jamais" par Duhamel

J'ai craqué pour cette BD rien qu'en la couverture: une plage avec une vieille dame aux cheveux gris avec une fine cane blanche qui regarde au loin & un gros matou assis sur le sable à côté d'elle.
Il faut savoir que l
a plage est en contrebas d'une falaise, quelque part sur la côte d’Albâtre. Et sur la falaise est "accrochée" (mais pour encore combien de temps car la mer sape de plus en plus le bas de la falaise qui s'écroule petit à petit?) la maison de la vieille dame (Madeleine) qui, à plus de 90 ans, se refuse d'aller en maison de retraite. Notamment parce qu'elle est aveugle et qu'elle refuse de finir sa vie "...entourée de murs sans souvenirs, de parfums sans histoire et de sons inconnus..."
Bon, je ne suis pas forcément fan du graphisme, mais le dessinateur a un joli nuancier de couleurs et l'art de croquer les personnages. Et dieu sait si il y en a de savoureux: Madeleine déjà, aveugle mais  ni folle ni idiote comme le pense le maire et a très bien compris qu'elle ne reverra jamais Jules, disparu en mer depuis bien des années.Mais elle fait comme si il était toujours à ses côtés en lui parlant, en préparant des repas pour 2... dont profite au final son chat Bathazar. C'est lui aussi un "personnage" tout en rondeur et expressif dans ses postures et miaulements comme seuls peuvent en créer ceux qui possèdent réellement un chat. 
Mais mon coup de coeur vient de la manière qu'a l'auteur de glisser de nombreuses répliques bourrées d'humour dans un histoire somme toute très sérieuse.
Exemple d'humour: au maire du village qui demande au nouveau chef des pompiers qui est noir "Vous êtes d'origine africaine?". Celui-ci répond:" Tout dépend à quand on remonte... mes grands-parents étaient de Haute-Volta mais à l'école on leur a dit que leurs ancêtres étaient gaulois, du coup ils ont opté pour le regroupement familial"
Un BD courte, que j'ai quittée à regrets en espérant que la maisonnette s'écroule mais à un moment où ni Madeleine ni Balthazar n'y seront... et vu la vitesse où la falaise disparait ce n'est pas évident.

jeudi 14 mars 2019

Dernières BD lues: "Le couteau dans l'arbre" par Dodier

Quelque part sur le Net, quelqu'un a écrit au sujet de cette BD "on est plus dans le registre du fait-divers que de l'espionnage. Et c'est tout à fait ça.
Bon ceci dit, le fait-divers n'est pas du style"chien écrasé" mais plutôt sordide secret de famille, certes non montré, mais assez explicite toutefois pour qu'aucun doute ne soit possible. Quant aux scènes d'action, ça jamais été le point fort de ce dessinateur et puis difficile d'imaginer Jérôme (une fois de plus avec son imper à la Bogart et circulant -sans casque- non pas sur son éternel solex mais quasi aussi vieux Peugeot bleu) avoir   le comportement de certains cow-boys de la BAC!
Un gros bémol quand même: le traitement réservé aux représentants de la gendarmerie locale: un peu trop présentée comme aveugle à certains faits et manipulée par le fameux industriel...Mais une fois de plus charme opère:
... parce que Jérôme est un faux naïf & un vrai gentil futé qui sait démêler les intrigues (mais aussi un sacré gaffeur)
... parce l'auteur sait créer des personnages, même secondaires, attachants, avec une véritable personnalité, enfin mis à part l'intouchable industriel manipulateur dont la fille a disparu
... parce qu'il y a l'humour Dodier
, notamment dans les relations entre Jérôme et Babette, mais aussi quand Dodier fait référence aux points faibles de Jérôme, comme son goût pour la carbonnade flamande ou le chocolat chaud (rien à voir avec les expressos ou alcools forts des privés américains).
Seul bémol dans cette BD, la manière dont sont décrits  les représentants de la gendarmerie locale: des hommes plein de préjugés à l'encontre des gens un peu différents comme peuvent l'être Jérôme (un détective privé) ou son ancien copain d'école (devenu très baba cool) et prêts à gober n'importe quoi à partir du moment où c'est la version d'un notable du coin.