jeudi 7 novembre 2019

Les conférences de l'Université Permanente -1-

Le principe pour parler de ces conférences, non pas un compte-rendu en bonne et due forme mais un ou plusieurs éléments qui ont retenu mon attention

le point de départ de l'enquête menée par les archéo-anthropologues de l'INRAP*:  une interrogation d'un champion para-olympique sur la place que réservait autrefois la société aux corps différents: meilleure ou pire? La réponse: les corps différents n'étaient pas exclus voire éliminés d'office puisqu'on les trouve représentés sur des vases antiques, des enluminures, des tableaux...et que leurs tombes n'étaient pas à part et cela aussi loin que l'on puisse remonté dans le temps .
la valorisation du handicap chez les Mochicas* *(le handicap pouvait être considéré comme un signe selon lequel la personne était destinée à devenir chaman ) ou chez les Egyptiens (naître nain était considéré comme un cadeau des Dieux et ceux dans ce cas avaient notamment vocation à devenir des musiciens).
la création des hôpitaux psychiatriques remonte au VIIème siècle à Bagdad et les malades, là où en Europe ils étaient considérés comme les fous, en Orient ils pouvaient faire l'objet de soins de musicothérapie, de zoothérapie sans aucune considération de sexe, âge ou religion...
le rituel de l'exposition... pour les enfants n'ayant pas eu le temps d'être baptisé a perduré bien au delà de la création au XIIème siècle, de la notion de Limbes. Sauf que l'on sait maintenant que le "souffle de Dieu" durant lequel l'enfant était promptement baptisé, correspondait en réalité à l'expulsion des gaz de décomposition du corps
le cas très particulier du personnage enfoui au XIII siècle dans une salle capitulaire et dont l'étude du squelette a révélé qu'il était "spina bifida", qui plus est au niveau des cervicales, ce qui fait qu'il était probablement tétraplégique, ce qui ne l'avait pas empêché d'atteindre la fonction suprême au sein de l'abbaye, celle de chanoine, seules les personnes ayant atteint ce "grade" pouvant être ensevelis dans la salle précitée.
Quelques éléments de conclusion: si en Chine et en Afrique, le handicap est un sujet tabou, dans les autres pays, les handicapés physiques ne sont pas mis au "rebut" isolés dans les cimetières et leurs corps bénéficiant des mêmes rituels (comme dans chez les chrétiens, celui de la pierre qui évite l'apparition du rire sardonique) mais cela ne vaut que lorsque la société va bien. Sinon, les faibles, malades et infirmes paient un lourd tribut. Dernier exemple en date en France, les malades mentaux durant la seconde guerre mondiale. 
* INRAP: Institut National Recherche Archéologique Préventive
** https://fr.wikipedia.org/wiki/Moche_(culture)



dimanche 27 octobre 2019

Plaisir de lire (7) "le journal de mon père" de Jiro Taniguchi

Dans la rubrique "BD" j'avais d'abord songé à
"Maus" de Art Spiegelman... mais   le côté témoignage sur des faits passés durant la seconde guerre mondiale, les camps etc... il en est question dans le livre précité de Primo Levi. Mais aussi aux incontournables Astérix, Valérian (et Laureline) ou Gaston Lagaffe ou Isa,l'héroine des "Passagers du Vent"... et j'en oublie.
Mais Taniguchi,finalement choisi, renvoie à mon goût pour le Japon. Et j'aime beaucoup ses héros, aux traits souvent ronds et le côté sensible tout en restant discret, pudique du dessinateur.
Pendant longtemps dans la presse, quand il était question de "Mangas" pour adultes, on ne mentionnait que  "L'homme qui marche" où Tanguchi narre les déambulations de son héros, avec très peu de mots, alors même que tant de choses sont exprimées.
Mais c'est un autre Taniguchi qui est entré dans la maison familiale via  un cadeau offert à mon fils par la grand-mère des enfants. Elle avait été fort bien conseillée par la vendeuse du rayon "jeunesse" de la plus ancienne librairie nantaise. Cependant, nul doute qu'en offrant l'ouvrage à son petit-fils, alors au tout début de l'adolescence, elle espérait lui donner quelques pistes afin d'aborder avec plus de "tolérance" les relations avec son géniteur, ce qui n'avait pas été le cas entre son mari et son fils. Car cette BD raconte comment un fils, au mi-temps de sa vie, et à l'occasion des cérémonies liées au décès de son père, découvre enfin qui était celui-ci. Comme l'écrit un internaute "On connait parfois bien mal les gens qui nous sont les plus proches. Parfois aussi parce qu'on s'évertue à bien mal les connaitre, engoncés que nous sommes dans nos certitudes." 

samedi 26 octobre 2019

Plaisir de lire (6) "La trilogie Jim Chee" deTony Hillerman

Parmi les nombreux ouvrages lus et appréciés il y a les policiers/polars. Mais c'était bien difficile de choisir. Fallait il privilégier
- l'historique Agatha Christie découverte au collège (et son incontournable "10 petits nègres")... ou la plus récente PD James et son commissaire-poète, Adam Dalgliesh... ou Cadfael créé par Ellis Peters?
- l'un des Nestor Burma, pardon, l'un des Léo Mallet mettant en scène une aventure de son héros dans un des arrondissements de Paris... ou, pour rester sur Paris lui préférer les aventures de Victor Legris inventé par le duo de bouquinistes qui se cache derrière le pseudo de Claude Izner... ou Fred Vargas
- l'un des nombreux Patricia Cornwell, que j'ai préféré à Patricia, Highsmith...
- ou, plus au nord de l'Europe, les aventures du sombre policier créé par Henning Mankell
Rien de tout cela en fait car l'un des coups de coeur a été le héros créé par Tony Hillerman: Jim Chee car j'ai été touchée à la fois par
le décor: la plupart des enquêtes se déroulent en territoire navajo ou juste aux frontières de celui-ci, ce qui donnent un souffle particulier aux descriptions de paysages qui m'ont longtemps fait rêver
le personnage de ce Jim qui hésite pendant longtemps entre une fonction de chanteur navajo et la profession de policier au sein de la police indienne, ce qui régulièrement complique sa vie amoureuse.
En réalité c'est via une aventure de Joe Leaphorn que j'ai connu cet auteur... et qui plus est, via une petite bande dessinée illustrant le début d'une des intrigues publiée dans une revue pour collégiens que j'achetais pour mes enfants

vendredi 25 octobre 2019

Plaisir de lire (5) "Bleu, histoire d'une couleur" par Michel Pastoureau

De mémoire, j'ai connu l'auteur du livre (un historien) via une série d'interviews publiées au fil des semaines dans la revue l'Express. J'avais même découpé les différents articles tellement passionnants, remplis d'informations, érudits sans être pédants.  
Ainsi sur le bleu, la couleur préférée de beaucoup de personnes aujourd'hui mais qui n'avait pas vraiment de nom pour les Grecs (et dans une moindre mesure les Romains) qui ne connaissaient que celui du ciel et parlaient de ce fait de l'azur quand les peuples barbares, ceux du Nord de l'Europe, les Germaniques qui avaient les yeux "clair" connaissait tout un nuancier de "blau" (dont provient notre "bleu").
J'avais mentionné à mes proches à quel point les articles m'avaient passionnée, alors lorsque le 1er livre de la collection, consacré au bleu, est paru, en 2002, je l'ai reçu en cadeau. Depuis 4 autres ont suivi: "Noir" en 2008, "Vert" en 2013 (reçu cet année pour mon anniversaire), "Rouge"en 2016 et enfin "Jaune" en 2019 (les 2 derniers qu'il me reste à acquérir) qui sera le dernier de la série car, ainsi qu'il l'avait dit dans sa série d'entretiens donnés à l'Express, le rose, le orange, le marron (et peut-être le violet) ne sont pas vraiment des couleurs "pures"*.
* Ce à quoi on pourra objecter que le "Vert" est un mélange de bleu et jaune

jeudi 24 octobre 2019

Plaisir de lire (4) "Si c'est un homme" de Primo Levi

C'est un livre dont j'avais beaucoup entendu parler et qu'on disait épuisé sans qu'il ait été ré-édité. J'avais donc renoncé à espérer pouvoir le lire alors même qu'il semblait incontournable. Et puis un jour, miracle, en faisant à tout hasard une recherche sur le Net, j'ai découvert qu'il existait en livre de poche*. Probablement quelques années après avoir lu ces 3 autres témoignages forts que sont la BD "Maus"** de Art Spiegelman,  "Le mort qu'il faut"**  de Jorge Semprun et "Cette aveuglante absence de lumière"** de Tahar Ben Jelloun. Et je me suis alors empressée de l'acheter.
Un témoignage fort, bien avant les autres ouvrages ci dessus mentionnés et qui posait déjà ces questions clés:
- comment rester un homme lorsqu'on est plongé dans des conditions extrêmes
- mais aussi pourquoi cette injustice qui fait que ce ne sont pas les plus "forts" au niveau de la pensée qui souvent survivent mais souvent les plus débrouillards, voire les plus magouilleurs, les moins respectables des individus.
Si je ne me rappelle plus ce qui a fait "tenir" Levi (peut-être le souhait de pouvoir témoigner plus tard) , je me souviens fort bien que pour Semprun il y avait les discussions dans le seul lieu où les gardiens se gardaient bien d'aller: les latrines et la poésie. Quant aux prisonniers dont parle Ben Jelloun, ceux qui ont survécu, après avoir perdu leur maître du temps qui comptait pour eux minutes, heures & jours se sont souvent plongés dans leurs souvenirs du Coran. 
* L'édition française de sa ré-édition date de 2007
** Respectivement parus en 1986 (Tome 1) et 1991 (Tome 2) pour "Maus" et 2001 pour les 2 autres ouvrages

mercredi 23 octobre 2019

Plaisir de lire (3) "La jeune fille à la perle" de Tracy Chevalier


Le second livre aimé cité. Un choix un peu par défaut car ce n'était pas évident de trouver un titre parmi les nombreux romans que j'ai pu lire depuis mon adolescence. Il y avait certes les 2 premiers qui m'ont marquée: "le grand Meaules" de Alain Fournier ou "vent d'est, vent d'ouest" de Pearl Buck...mais aussi et surtout de très nombreux Zola ou Maupassant. Et puis désormais je lis très peu de romans
Mais le livre ci-dessus a une histoire particulière. J'ai toujours beaucoup aimé "la jeune fille à la perle" de Veermer, à vrai dire, c'est mon tableau préféré, celui que j'emmènerai sur une île déserte s'il fallait m'en garder qu'un... alors lorsque j'ai vu qu'une photo illustrait la jaquette du roman, je l'ai acheté sans même l'avoir feuilleté.
Et j'ai beaucoup aimé cette fiction (on sait très peu de chose sur Veermer et rien du tout surs son illustre modèle) qui parle de la manière de peindre au temps du tableau, mais aussi du lien très particulier qui se noue entre une jeune servante et son maître.
Et puis, petite anecdote... ce livre je l'ai pendant possédé en double car le père de mes enfants qui n'avait pas remarqué que je l'avais acheté et lu, me l'avait offert comme cadeau de Noël. A défaut d'être au fait de mes lectures, il connaissait mon goût pour ce tableau. 
Quelques années plus tard, j'ai lu un autre livre de cette auteure: "la dame à la licorne". J'y ai pris moins de plaisir, mais il m'a donné au moins l'envie d'aller voir, pour de vrai, la tapisserie dont la romancière s'est inspirée.  
Par contre, je n'ai pas eu vraiment envie d'aller voir au cinéma le film inspiré du livre. Je craignais trop que le scénario ne tire vers une impossible histoire d'amour entre le peintre et son modèle alors qu'il y a beaucoup plus de choses racontées dans le livre.

mardi 22 octobre 2019

Plaisir de lire (2) "Alcools" de Guillaume Apollinaire

Le 1er livre mentionné est un recueil de poèmes: "Alcools" de Guillaume Apollinaire.
A ce livre plein de souvenirs sont associés:
- c'est en classe de seconde, au lycée,que j'ai découvert de de très nombreux poèmes que j'avais appris à l'école primaire étaient de lui. J'avais oublié son nom, mais plein de vers m'étaient restés en mémoire
- c'est grâce au professeur de français -Armel G. - qui oeuvrait dans cette classe de seconde S (autant dire que le français n'était pas une matière qui plaisait à la majorité des élèves) que j'ai redécouvert cet auteur. Je me souviens d'un cours qu'il avait entièrement consacré un un poème qui ne comportait qu'un seul alexandrin:
"Chantre
Et l'unique cordeau des trompettes marines"
Avec le recul, je me suis même demandé, pour avoir consacré autant de cours à ce poète, si ce professeur n'était pas en train de préparer sa thèse.
- et puis c'est grâce à ce goût partagé pour la poésie, mais aussi de l'écriture que j'ai rencontré celui qui m'a fait passer de l'enfance à l'âge adulte avant que nos chemins ne se séparent, il y a 40 ans de cela.

lundi 21 octobre 2019

Plaisir de lire (1)

Au départ c'est un défi lancé sur Facebook par des internautes à certains de leurs amis: poster la couverture de 7 livres que j'aime ou que j'ai aimé. Un par jour, pas d'explication, pas de critique... juste la couverture et une "victime". Pardon, une personne désignée pour rendre le relais.
Un défi lancé afin de promouvoir l'alphabétisation auquel j'en ai rajouté un autre: partager le plaisir de lire car, il faut être lucide, partager une couverture de livre avec des amis capables de prendre le relais, et qui sont probablement eux même lecteurs, voire très bons lecteurs, ça ne permet pas de promouvoir l'alphabétisation. Sauf peut-être pour les doux rêveurs qui se disent que, peut-être parmi les amis de la personne défiée, il y aura de piètres lecteurs qui auront envie de lire l'un des livres cités.
Ce défi m'ayant laissée sur ma faim: c'est difficile de choisir seulement 7 livres parmi ceux qu'on aime ou qu'on a aimé et encore plus de ne pas préciser pourquoi, parce qu'un livre c'est une histoire qu'il raconte, mais aussi la manière dont il vous a "parlé". Alors j'ai décidé de profiter de ce blog afin d'expliquer pourquoi j'ai retenu ces livres.  

lundi 30 septembre 2019

Les conférences de l'Université Permanente

Voilà, c'est fait depuis quelques jours: après près de 40 ans d'interruption je suis de nouveau une étudiante. Il y a toutefois beaucoup de différences avec ma dernière inscription à la faculté de Droit de Rennes... en septembre 1980.

D'abord cette année je suis inscrite juste pour pouvoir assister aux conférences, et pas aux cours. Et oui, il m'est arrivé trop souvent de rêver* que je passais des examens pour ne pas avoir envie de repiquer à quelque chose qui pourrait impliquer des contraintes comme bosser la matière entre 2 cours, avoir des évaluations etc... Et puis il est probable que la plupart des cours que j'aurais aimé suivre étaient complets car les inscriptions "normales" ont eu lieu dès le mois de juin dernier. Sans compter que, pour une reprise, je n'avais pas envie de me donner des contraintes horaires au delà de celles qui existent d'ores et déjà avec mes cours de sport 3 fois/semaine
Et puis, idée d'Université Permanente oblige, il n'y a pas de spécialisation comme en Droit ou en Lettres puisque les cours et conférences recouvrent toutes les filières et sont regroupées en thématiques : artistique (le lundi), littéraire (le mardi), médical et scientifique (le mercredi) etc...
Et enfin... vu les horaires des conférences (très souvent à 14:30) les étudiants ont bien souvent les cheveux gris ou blancs, voire plus du tout pour ce qui est de certains messieurs. Mais bon, pont positif, il n'y a plus aucune barrière d'âge contrairement à l'époque où il était question d'université du 3ème âge.
* Plus que "rêver" j'aurais du écrire "cauchemarder" car bien souvent la trame du "rêve" était la même: au milieu d'un amphi ou d'une salle de cours,  j'étais dans l'impossibilité de répondre aux questions posées parce que je n'arrivais pas à lire le sujet, que je n'avais pas de copie pour composer, voire de stylo... alors que ceux qui m'entouraient n'éprouvaient aucune difficulté

dimanche 7 juillet 2019

Le père de la Bossa Nova est parti jouer de la musique bien loin du Brésil


ça restera sans doute la chanson la plus connue de João Gilberto... et c'est vrai qu'il est difficile, en matière de BossaNova, de faire mieux que dans sa version avec Stan Getz
https://youtu.be/j8VPmtyLqSY

Mais il y a eu aussi cette chanson là, beaucoup plus mélancolique, un peu à l'image de la fin de sa vie et de certains hommages, parfois dits du bout des lèvres, de certains jazzmens actuels qui oublient un peu vite l'apport qu'il a eu 

https://youtu.be/So718wk426c
Alors j'ai très envie d'en donner les paroles, moi qui ne parle pas un mot de portugais
ó privilegiados têm ouvido igual ao seu
Seuls les privilégiés ont une oreille comme la tienne
Eu possuo apenas o que Deus me deu
Je possède seulement ce que Dieu m'a donné
Se você insiste em classificar
Si tu insistes pour classifier
Meu comportamento de anti-musical
Mon comportement comme antimusical
Eu mesmo mentindo devo argumentar
Moi-même dois mentir en soutenant
Que isto é bossa-nova, isto é muito natural
Que cela est la bossa-nova, ce qui est très naturel
O que você não sabe nem sequer pressente
Que tu ne sais pas, ni même ne pressens
É que os desafinados também têm um coração
Que ceux qui jouent faux ont tout de même un cœur
Fotografei você na minha Roleiflex
J'ai pris une photo de toi avec ma Rolleiflex
Revelou-se a sua enorme ingratidão
Qui a révélé ton énorme ingratitude
Só não poderá falar assim do meu amor
Tu ne peux parler ainsi de mon amour
Este é o maior que você pode encontrar, viu ?
C'est le plus grand que tu puisses rencontrer , vois-tu ?
Você com sua música esqueceu o principal
Toi avec ta musique tu as oublié le principal
Que no peito dos desafinados
Que dans la poitrine de ceux qui jouent faux
No fundo do peito bate calado
Au fond de leur poitrine bat silencieusement
Que no peito dos desafinados,
Au fond de la poitrine de ceux qui chantent faux
Também bate um coração
Bat quand même un cœur

jeudi 4 juillet 2019

Plantu BNF

Cinquante ans de carrière sont retracés à travers une centaine de dessins, pour certains inédits, à la B N F ! Pour ne rêvez pas trop, c'était juste dans une petite salle qui n'avait rien à voir avec l'enfilade de pièces réservées par exemple pour la rétrospective consacrée à Astérix.
Mais bon, il était très intéressant de pouvoir découvrir le travail de Plantu depuis son premier dessin publié par le Monde en 1972 – une colombe portant en guise de rameau un point d’interrogation – jusqu’à aujourd’hui.... de constater comment son style a pu évoluer au fil des planches et des années. Avec quelques étapes clés comme:
- 1985, quand André Fontaine, alors directeur du journal Le Monde de l’époque, lui confie le dessin qui figurera en Une
- 1991, lorsque Plantu commence à fournir une fois par semaine un dessin à l’Express.
Et puis on découvre quand est apparue la fameuse petite souris qui a fini par devenir une signature à elle seule.
Et puis cette exposition est l'occasion de découvrir qu'à côté du Plantu, dessinateur de l'actualité, celle d'hier avec la chute du mur de Berlin, celle d'aujourd'hui avec le Brexit, celle de toujours avec les inégalités Nord/Sud, il y a aussi le Plantu, défenseur des droits et de la liberté d'expression via l’association Cartooning for Peace, fondée en 2006 à la suite d’une rencontre avec Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations Unie. Mais cet aspect là de son travail,je la connaissais déjà grâce à une exposition découverte au Mémorial de Caen, en juin 2012!

mercredi 3 juillet 2019

Les Hollandais à Paris... au Petit Palais

Plus d'un an après l'avoir vue cette exposition,qu'en reste t il?
Au moins ceci, avoir identifié comme Hollandais des peintres dont je connaissais le nom, sans forcement connaître l'origine et le travail. A dire vrai, je ne connaissais que les 3 noms mentionnés sur l'affiche. Et hélas rien n'a changé sur ce point.*
Les organisateurs de l'exposition sont partis d'un constat:"...Dès le premier Empire, et surtout à partir de 1850, plus d’un millier de peintres hollandais quittent leur pays pour renouveler leur inspiration. Parmi eux, la quasi-totalité s’établit à Paris, inexorablement attirée par le dynamisme de sa vie artistique. Les peintres avaient là l’occasion de suivre un enseignement riche, de trouver des lieux d’exposition, d’y vendre leurs œuvres, ou simplement de nouer de nouveaux contacts. Ces séjours, plus ou moins longs, sont parfois le premier pas vers une installation définitive en France."
Du coup l'exposition était chronologique et on pouvait voir: "neuf peintres hollandais : Gérard van Spaendonck pour la fin du XVIIIe et Ary Scheffer pour la génération romantique ; Jacob Maris, Johan Jongkind et Frederik Kaemmerer pour le milieu du XIXe siècle et enfin, George Breitner, Vincent van Gogh, Kees van Dongen et Piet Mondrian pour la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle"
... et à côté de leurs oeuvres étaient présentées celles d'artistes français qui avaient été leurs contemporains comme Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Monet, Cézanne, Signac, Braque, Picasso.
* J'espère être revenue de l'exposition avec l'une des revues d'art consacrées à cette exposition...

mardi 2 juillet 2019

Delacroix au Louvre

Lorsqu'on songe à Delacroix, le 1er tableau qui vient à l'esprit c'est bien sur "La Liberté guidant le Peuple" dont un extrait a illustré pendant des années le billet de 100frs ... et qu'a repris le Musée du Louvre pour annoncer cette grande exposition, la 1ère organisée depuis le centenaire de la mort de Delacroix, en 1963.
Avec 180 oeuvres annoncées, c'était l'occasion ou jamais revoir ou mieux de découvrir le travail de ce peintre et en apprendre plus sur sa biographie. Pour les organisateurs de l'exposition, le choix a été fait de regrouper les oeuvres en 3 trois grandes périodes:
- la décennie 1822-1832 , celle de la conquête et de l’exploration des pouvoirs avec notamment les "Scènes des massacres de Sio" et "La Mort de Sardanapale" ou plus exactement les travaux autour de ce dernier puisque, trop grand, il est resté accroché à sa place habituelle au sein du musée.
- celle des grands décors muraux (cf ceux du Palais Bourbon) où se pose la question de l’impact de ceux ci sur "...sa peinture de chevalet où s’observe une attraction simultanée pour le monumental, le pathétique et le décoratif..."
- les dernières années où Delacroix retrouve l'art du paysage (probablement suite à l'installation d'un atelier à la campagne et ses séjours sur la côte normande) celui des natures mortes avec fleurs, de l'art religieux etc... avec pour élaborer ses toiles, recours à ses souvenirs, notamment ceux mémorisés dans ses notes et carnets. C'est, de mémoire, dans cette partie de l'exposition qu'étaient plus particulièrement abordés ses liens avec le monde politique et celui des arts autres que la peinture.

Plus d'un an après avoir vu cette exposition qu'en reste t il... un souvenir visuel, celui d'un tourbillon de couleurs et de formes... et les grandes oeuvres de "jeunesse", celles réalisées avant ses 35 ans

lundi 1 juillet 2019

Retour d'exposition: "Hugo Pratt" au Musée Confluences de Lyon

 L'an prochain cela 25 ans que Hugo Pratt a disparu... Grâce soit rendue au Musée "Confluences" de Lyon d'avoir organisé cette 1ère grande exposition qui permet aux jeunes générations d'en savoir plus sur cet auteur de BD qui a enchanté plus les générations plus anciennes, notamment celle  était adolescente ou jeunes adultes lors de la publication des 1ères aventures de Corto Maltese, à la fin des années 60.
Une très belle exposition organisée officiellement en 3 parties avec une partie biographique, une autre sur les inspirations de l'auteur de bandes dessinées et une dernière sur ses œuvres.
C'est la seconde qui m'a le plus passionnée. Notamment parce qu'on y voit un certain nombre d'objets dont on retrouve trace dans l'oeuvre du dessinateur,comme un crâne en cristal.
Et puis j'ai eu un très gros coup de coeur pour les versions "aquarellées" de certains de ses dessins (sans que je sois certaine qu'elles soient réellement de la main de Hugo Pratt) Le doute est permis puisque si on voit dans une vidéo, Hugo Pratt réaliser une aquarelle et que ses oeuvres, initialement en noir et blanc ont été republiées en couleurs... un article de presse précise que "Outre les originaux, nombre de dessins ont été retravaillés en couleurs, par la graphiste Tiphaine Massari"
Petit coup de coeur aussi pour l'une des "salles" où étaient regroupées 390 visages des personnages inventés au fil des volumes. Et juste avant, une sorte de carte interactive où les visiteurs étaient invités à faire voyager Corto en utilisant un chat.
J'allais oublier un détail: de nombreuses citations émaillent le parcours de l'exposition, avec beaucoup de références aux auteurs anglo-saxons. Mais pas que,car s'il fallait n'en retenir qu'une ça serait celle de Dont cette fort joli phrase de Jorge Luis Borgès qui colle tellement bien au personnage de CortoMaltese: "Un gentleman ne peut s'intéresser qu'à des causes perdues"

vendredi 28 juin 2019

Retour d'exposition: "125 ans de National Geographic" au Museum d'histoires naturelles de Paris









Pour une revue, 125 ans d'existence ça se fête! Et c'est en 2017 que ça s'est passé et que le Museum d'histoire naturelle de Paris a permis à ceux et celles qui n'étaient pas nés à cette époque là (tous les visiteurs) de voir, année par années,  quelques unes des couvertures et photos, avec 
- beaucoup de photos en grand format, et pour certaines ce fut un choc de voir en taille 2x3 ces photos jusque là connues en format magazine photos
- la découverte de l'immense travail accompli par les photographes (pour beaucoup inconnus du grand public, notamment les plus anciens) afin de garder trace des paysages, des animaux, des civilisations...
- et cela aussi difficiles qu'aient pu être certaines prises de vue.
Bien sur il y avait l'iconique "Jeune fille afghane aux yeux verts " immortalisée en 1984, alors qu'elle n'avait que 13 ans, par Steve Mc Curry... avec à côté la jeune femme, vieillie avant l'heure, qu'elle est devenue.Mais ce n'est pas la photo de Sharbat Gula que j'ai envie de monter mais une autre jeune femme, algérienne immortalisée au début du 20ème siècle par Rudolf Lenherd et Ernst Landrock .
Et puis parce qu'il faut bien choisir parmi cette très belle et riche expositions, 2 autres photos que celle de cette jeune femme algérienne:
-l'une parce qu'elle explore la thématique des espèces animales, avec la mise en avant des immenses progrès réalisés depuis que les 1ers photographies d'animaux nocturnes...
Ici un puma mâle californien (photo de Steve Winter)

l'autre photo c'est un "paysage" grandiose, que l'on croirait de prime abord être un agrandissement de roche avant de remarquer les petites silhouettes en combinaison orangée qui escaladent  des cristaux géants dans une grotte mexicaine (photo de Peter Carsten)


jeudi 27 juin 2019

Retour d'exposition: "Valérian & Laureline" à la Cité des Sciences et de l'Industrie

 Voilà une exposition que je ne voulais à aucun prix manquer... parce que durant mes années de fac j'ai dévoré les différentes BD de la série, avant de recommencer à les acheter plus tard, ravie que désormais la série ne s'intitule plus"Valérian" mais "Valérian & Laureline" quitte à être un petit peu déçue de la manière dont la BD s'achevait et très déçue de l'adaptation cinématographique où la rousse Laureline devient une fade blonde. 
L'exposition elle ne m'a pas déçue. Plus que l'interview d'un certain nombres de scientifiques quant à la probabilité d'exister de certaines inventions du duo Christin-Mézières, ce sont les vignettes qui explicitent l'origine de certains personnages ou certains détails au sein d'une vignette qui m'ont emballée.
Certains liens sont faciles à faire comme ici avec le film "2001, odyssée de l'Espace ou bien encore Orson Welles, démiurge en tant que cinéaste et qui a laissé une impressionnante composition de flic pourri dans "la fureur" du mal qui devient "Dieu le Père" dans la Sainte-Trinité (aux côtés d'un fils baba cool grand amateur de substances diverses et d'un Saint-Esprit ayant les traits d'un juke-box)












Il faut un oeil plus aguerri pour reconnaître la femme rousse de la publicité pour le papier à cigarettes Job inventée par Mucha dans la déesse-mère des "Héros de l'Equinoxe". Et carrément être un spécialiste de la peinture pour retrouver dans les restes d'un repas pris par Laureline qui figurent dans un coin de vignette, une "nature morte aux huitres, citron et coupe d'argent" de Willem Claeszoon Heda!

mercredi 26 juin 2019

Retour d'exposition: "Rodin" au Grand Palais

C'était l'exposition du centenaire. L'occasion de voir les oeuvres habituellement visibles au musée Rodin, mais aussi d'autres,sous un autre jour. Et découvrir à quel point l'artiste fut fécond car si on connaît beaucoup les grandes sculptures de l'âge mur et leurs variations de toutes tailles, ses dessins (assez érotiques, car l'homme était fort sensuel) sont beaucoup moins connus
C'était aussi l'occasion de découvrir un certain nombre d'anecdotes jusque là ignorées. Mais aussi de voir à quel point il a été moderne et source d'inspirations pour des peintres nés bien des années après lui.
Parmi les oeuvres très connues il y avait bien sur "le penseur" et l'âge d'airain" par qui le scandale était arrivé. En effet, certains ont pensé qu'il avait effectué un moulage du corps de celui qui avait posé: un jeune soldat belge du nom d’Auguste Neyt. Le souhait de l’artiste qui était de représenter « le vrai », à la fois au plan de la justesse anatomique mais aussi d'une réelle présence du corps, dans ses 3 dimensions.
Alors, volontairement pour ces 2 oeuvres, j'ai choisi des cadrages atypiques. La 1ère au travers du bras plié de "l'âge d'Airain", la seconde en immortalisant son profil. Accessoirement c'était aussi une manière d'éviter d'avoir dans le champ de vision l'un des très nombreux visiteurs de l'exposition.
Dernière oeuvre choisie: le manteau de Balzac.... parce qu'il est l'un des éléments ayant permis d'aboutir à l'oeuvre finale, le "Monument à Balzac"qui mis beaucoup de temps avant d'être inaugurée (en 1939!) Pourquoi? Tout d'abord, Balzac étant mort en 1850, lorsque Rodin est mandaté, en 1891, pour réaliser une sculpture de l'écrivain, le perfectionniste qu'il est doit effectuer moult recherches, d'autant que  les commanditaires voulaient voir Balzac en robe de moine. Et puis Zola qui présidait la commission des amis de Balzac est pris dans la tourmente de l'affaire Dreyfus...Et de retards en retards... Au final, exit la robe de bure car Rodin qui avait pu récupérer les mensurations de Balzac fit exécuter une réplique de la robe de chambre dont se vêtait l'écrivain afin de mouler celle-ci dans du plâtre afin de travailler au plus près de la réalité.Ce qui donnera une oeuvre puissante que l'on peut voir dans les jardins du musée Rodin mais aussi boulevard Raspail

mardi 25 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (11) Histoire de Jean

J'arrive au bout de ce parcours de 10 photos + 10 histoires autour de la prévention du cancer (et non 10 photos de moi sur cette même thématique) avec Jean, mon père
 Jean a vu son père, puis sa belle-soeur, son beau-père, l'un de ses gendres, son frère, l'un de ses neveux, sa femme... mourir d'un cancer. 7 proches et pourtant il a fallu insister pour qu'il fasse examiner et enlever ce vilain bouton/bobo qu'il avait sur la joue. Et les analyses ont montré qu'on avait bien raison d'insister
 Mais ce n'est pas un cancer de la peau qui l'a emporté, quasi un an plus tard mais de façon quasi certaine un cancer des os. Pas détecté parce que chez les personnes très âgées (il avait 91 ans) il y a souvent pluri-pathologies et un état douloureux fréquent et quasi permanent. Dont il n'a été partiellement soulagé qu'un mois avant son décès, via des patchs à la morphine.
 On parle "prévention cancer" mais il est un autre thème que l'on évoque peu, celui de la prise en charge, en France, de la douleur, chez les personnes âgées -chez qui elle est souvent considéré comme une fatalité liées à l'âge- chez les jeunes enfants et chez les adultes qui souffrent de pathologies "qui ne se voient pas"

lundi 24 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (10) Histoire de Norbert

9ème & avant dernière histoire: celle de Norbert, mort au printemps 2015, 10 ans après son fils Jean-Yves. Mais aussi plus de 15 ans après que Norbert ait perdu un poumon, quelques côtes et les 4/5 de son estomac des suites d'un cancer à l'origine pulmonaire.
Certes comme beaucoup d'hommes de sa génération il avait un peu voire beaucoup fumé. Ne pas oublier que l'armée a distribué jusqu'en octobre 1986 du tabac auprès de ses appelés, et que c'était loin d'être des cigarettes light puisque c'était du tabac brun! Mais en 2011 son armée était loin derrière lui. Et son état de santé était relativement stable... avec un notable affaiblissement de son état physique général mais dont il ne se plaignait bien.
Entretemps, il avait respiré plus d'une fois de drôles de vapeurs car il avait utilisé pendant des années peintures, colles, vernis, solvants etc dans son métier de peintre-décorateur.. Sans compter que c'était du temps où les gants, masques & autres protections étaient rarement de mise
Norbert, contrairement à son fils, n'est pas mort directement d'un cancer généralisé, mais la maladie l'avait tellement affaibli que, lorsqu'il a fait un malaise suivi d'une chute chez lui (où il vivait seul depuis le décès de sa femme) il a été incapable de se relever seul. Et c'est l'aide à domicile qui l'a découvert le lendemain matin. Une fin hélas très fréquente chez les personnes âgées, quelle que soit la pathologie dont elles souffrent. 
Norbert n'est pas décédé directement du cancer, mais ce dernier, bien que officiellement sous contrôle, a lourdement compromis sa fin de vie.

dimanche 23 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (9) Histoire de Claude

Décembre 2011, c'est au tour de Claude, l'un des 5 enfants de Yves, cet oncle décédé 3ans plus tôt d'un cancer, qui est à son tour emporté à l'âge de 57 ans par cette même maladie.
En 2008, Claude, avait une silhouette de bon vivant, de celles qui font plus  craindre les risques cardio-vasculaires qu'un cancer. Sauf que, c'est bel et bien un cancer a priori digestif qui a eu raison de lui. Et de manière assez rapide car la 1ère fois que j'ai eu écho de ses soucis de santé, alors a priori localisés au niveau de l'estomac, c'était en fin mai 2011.
Avec le recul... pour être emporté si rapidement, plus qu'un cancer de l'estomac, n'était ce pas des métastases d'un cancer du foie ou du pancréas, deux cancers qui ont très mauvaise réputation car ils sont régulièrement dépistés beaucoup trop tard pour qu'un protocole de soins puisse être mis en place.... mis à part des soins palliatifs.

samedi 22 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (8) Histoire de Germaine

7ème histoire de cancer, celui de ma mère, morte en juin 2008, 6 semaines après l'annonce de ce qu'elle était atteinte d'un cancer digestif rendu à un stade tel que plus aucun soin curatif n'était envisageable.
Contrairement à son beau-frère, elle n'avait jamais fumé, buvait que très rarement un verre de vin, consommait peu de viande mais mangeait beaucoup de fruits & légumes... En outre elle était suivi depuis des années pour des soucis de cystites à répétition qui étaient préoccupantes car elle vivait depuis son enfance avec un seul rein fonctionnel.
 Durant sa maladie et après son décès j'étais révoltée:
- contre son médecin généraliste qui la voyait régulièrement mais ne faisait pas grand chose car il était du style défaitiste "à plus de 80 ans, c'est normal d'avoir des soucis de santé..." et ne cherchait pas à aller au delà de la pathologie qui l'amenait à consulter... Il faudra que l'une de mes soeurs insiste lourdement par téléphone pour qu'il prenne conscience qu'il y avait beaucoup de "non-dits" et qu'elle souffrait d'autres maux que ses cystites. C'est d'ailleurs durant les années qui ont précédé sa mort, là que nous comprendrons, nous ses filles, que hantise était de mourir d'un cancer comme sa soeur ou son père et qu'elle n'avait jamais pu faire le deuil de notre petit frère survenu plus de 50 ans auparavant
- contre le centre de soins de long séjour où elle était restée près de 2 mois, moins d'un an avant que son cancer ne soit diagnostiqué et cela alors même qu'elle souffrait de soucis digestifs qui l'avait amené à la placer, par mesure de précaution, dans une chambre d'isolement.
Et puis ma généraliste m'a expliqué que, pour certains types de cancers, comme celui du pancréas, le diagnostic est très mauvais car ils sont en général fulgurants... Et que dans ce cas de figure, il n'existe pas d'action de "prévention" comme cela existe pour le cancer du sein ou de la prostate. Sans compter que, lorsqu'il s'agit de personnes âgées, il co-existe régulièrement plusieurs pathologies avec une seule qui est réellement traitée. L'arbre cache la forêt où peut se tapir un crabe.

vendredi 21 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (7) Histoire de Yves

Printemps 2008... Cette fois-ci c'est mon oncle, un de ces hommes que l'on qualifie de "bon vivant" (buveur, fumeur, mangeur...) qu'un cancer digestif l'emporte après plusieurs mois de lutte, dont je n'avais eu que de lointain échos via l'un de mes cousins. Mais sans doute le cancer était il tapi là depuis des années. Mis à part quelques ces de cancers fulgurants, c'est fréquent lorsque la personne est âgée car les cellules cancéreuses sont comme les cellules saines, elles se renouvellent moins vite.
Mon père, qui n'avait pas vu son frère depuis plusieurs années, sera choqué, lorsqu'il se rendra à la chambre funéraire avant la cérémonie d'adieu, de découvrir à quel point la maladie l'avait changé, ce "petit" frère qui avait toujours été tellement plus casse-cou que lui. Gardant un mauvais souvenir de la confrontation, quelques années auparavant avec mon beau-frère lui aussi décédé d'un cancer, je resterai dehors. Cet oncle, la prévention, de toute évidence, il ne connaissait pas...Mais parfois, avec certains cancers, elle ne sert à rien.

jeudi 20 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (6) Histoire de Jean-Yves

Jean-Yves avait une sacré carrure. Au sens propre (plus de 115kgs pour 1m73) comme au sens figuré.
Lorsque j'avais 12 ans (il en avait alors 20),  pour se défouler physiquement
entre 2 révisions pour ses examens de faculté, il m'avait tenue debout en équilibre sur ses mains, une sensation flippante et enivrante à la fois. Au fil des ans, aux muscles s'étaient ajoutés les kilos du bon vivant amateur de plats fins accompagnés de bon crus. Mais il était resté très sportif: ceinture noire de judo, 4ème ou 5ème dan mais aussi arbitre dans cette même discipline. Un homme de caractère -il ne faisait pas bon lui faire un coup bas- en qui j'avais entièrement confiance et qui, grâce à son humour, était l'un des très rares à pouvoir me "chahuter" sans que je lui en tienne rigueur.
Il aura fallu moins d'un an pour qu'un cancer de la vessie* découvert au cours de l'été 2004 l'envahisse et ait le dessus sur celui qui se sera battu, aux dires de ses médecins, comme un lion. Jean-Yves a été vaincu en mai 2005, quelques mois après avoir fêté ses 54 ans.
Cela je m'y attendais dès le départ car, quelques semaines après l'annonce de son cancer, un proche (autre que sa femme) s'était débrouillé pour qu'un tiers ait accès à son dossier médical et lui communique le pronostic: survie estimée à 3/4 mois (ce type de cancer est très rarement guéri car il est souvent découvert trop tard).
Même si Jean-Yves tiendra le double, et que ce proche, qui avait cru bien faire en me tenant au courant -sans cependant prévenir l'intéressé ni même la femme de celui-ci- est désormais décédé je lui en veux encore beaucoup car, pendant plus de 6 mois j'ai du mentir, Jean-Yves, à sa femme, à mes parents (dont ma mère qui l'adorait) à ses enfants. Il a fallu prendre de ses nouvelles, en donner, le laisser lancer des projets ambitieux -qui compliqueront la succession-  ... en sachant qu'il perdrait la bataille.  J'en veux aussi beaucoup à ce toubib qui a profité
de ses "amitiés" franc-maçonniques dans milieu pour consulter le dossier médical (de quelqu'un qui n'était pas son patient!) et en partager le contenu... en oubliant le sacro-saint secret médical
*
Un cancer, fréquent chez les fumeurs, mais cela faisait plus de 20 ans qu'il avait arrêté la cigarette.
Seule autre piste, sa proximité pendant des années avec un four à pain, celui là même où il a enfourné des pizzas avant de se devenir un commercial multi-carte qui circulait sur toute la France.

mercredi 19 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (5) Histoire de Annie


De Annie, je pourrai dire que peu de choses, notamment parce que c'était une collègue de travail qui exerçait dans un service avec lequel et laquelle je n'avais que fort peu de contacts. Mais son histoire m'a doublement marquée
D'abord parce que j'ai trouvé très injuste que cette mère de famille qui avait eu 4 enfants ayant peu ou prou l'âge des miens, décède à moins de 50 ans d'un cancer du poumon, elle qui ne fumait pas.  Mais aussi parce que j'avais appris que très croyante, elle avait tenu, quelques semaines avant sa disparition qu'elle savait désormais proche, à organiser une messe afin de faire ses adieux à ceux & celles qu'elle avait côtoyés.
Plus tard, en côtoyant d'autres malades du cancer, je découvrirai que si des modes de vie, des  professions prédisposent à certains type de cancer... dans bien d'autres cas on ne comprend pas pourquoi tel ou tel organe est touché et que la prévention est primordiale. J'apprendrai aussi qu'il est important, pour le malade et ses proches (quelle que soit la maladie) lorsqu'il devient évident que l'issue est proche, que celui-ci puisse faire ses adieux et partir en paix. 

mardi 18 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (4) Histoire de Julien


Julien, mon grand-père maternel qui était né en 1889, je n'en garde qu'un seul souvenir: j'ai oublié son vrai visage mais je me rappelle qu'il était dans  une grande salle ensoleillée malgré les rideaux qui avaient été tirés. Sans doute quelques semaines avant son décès à la mi juillet. Et c'est tout. Bien des années plus tard, ma mère m'a expliqué que, dans le lit à côté de celui de son père, il y avait un malade qui, pour exprimer et se faire entendre, devait appuyer sur un bouton placé sur sa gorge. Sans doute parce que j'ai été trop choquée de voir cette scène et quelques autres, comme celle où mon grand-père était nourri avec une sonde directement raccordée à l'estomac. J'ai oublié ce moment là. Et il a fallu plus de 40 ans pour que je comprenne pourquoi, durant toute mon enfance, je détestais chez ma grand-mère m'essuyer les mains sur une serviette vert foncé. C'était une serviette de ce type qui était utilisée pour protéger les vêtements de mon grand-père lorsqu'il était nourri par sonde. 
C'est probablement un cancer de la gorge qui l'a emporté. Pourtant il n'était pas à ma connaissance fumeur. Mais il avait fait la grande guerre et avait été blessé (gazé?) avant d'être évacué vers un hôpital militaire situé à Fécamp. Et une fois revenu à la vie civile, il avait repris son métier d'agriculteur qu'il a exercé pendant des années. A t il , lui qui était pourtant hostile à toute forme de progrès (au point d'avoir, jusqu'à sa retraite, labouré avec un cheval, sans jamais acheter un tracteur?) malgré tout recouru à des produits phytosanitaires, dont on sait maintenant qu'ils ont fait et font encore des ravages chez les agriculteurs?
Tant de questions, de suppositions qui resteront sans réponse faute d'avoir osé questionner ma mère tant qu'elle était en vie.

lundi 17 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (3) Histoire de Maria

Maria, ma tante du côté maternel, qui était née en 1920, est morte à 38 ans, quelques mois après ma naissance. D'elle non plus je ne garde, et pour cause, aucun souvenir.
Pour elle, les mots "longue et douloureuse maladie" s'appliquaient pleinement compte tenu de ce que m'a raconté ma mère quant à sa maladie, et qui m'avaient traumatisée enfant
. Notamment le récit de ce moment où Maria était si mal, que mes parents qui veillaient sur elle avaient récité la "prière des agonisants"... avant que quelques heures plus tard elle émerge de son état semi comateux et leur dise: "je vous entendais bien la réciter mais je ne pouvais rien faire"
J'ignore quel organe a été touché au départ. Probablement un cancer féminin. Il existait alors si peu de suivi médical pour les femmes, mis à part peut-être durant leurs grossesses (et encore!) Or, mariée, elle n'avait jamais eu d'enfant (contrairement à son mari qui s'est remarié après son veuvage) alors la palpation des seins ou les frottis vaginaux, elle n'a jamais du en avoir. Sans compter qu'à l'époque ces examens étaient rarement pratiqués, notamment par les généralistes (très souvent alors des hommes) en milieu rural. Autant dire que, si elle a été atteinte d'un cancer féminin, le  le crabe devait être bien installé quand il a été découvert. Et le pèlerinage à Ste Anne d'Auray qu'elle a du accomplir car j'en ai retrouvé les traces via moult images religieuses conservées par sa mère et sa soeur n'aura servi à rien, sauf peut-être à lui donner (de faux) espoirs


dimanche 16 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (2) Histoire de Georges

Georges, c'est mon grand-père paternel. Il est né à la fin du 19ème siècle et mort quelques années avant ma naissance.
Etre plus précise, j'en suis incapable, mon père que j'avais interrogé à son sujet (quelques années avant que lui-même il ne décède) était incapable de se rappeler de ses dates de naissance et de décès. En fait il parlait peu de lui au delà de certains souvenirs qui l'avaient marqué. Il évoquait régulièrement
un "détail" quant à son décès. Il se rappelait fort bien, avoir rasé son père (moins d'une heure avant sa mort) et l'avoir coupé -en ce temps là les rasoirs électriques étaient rares- et constaté alors que son sang était comme "décomposé", comme si la mort faisait déjà son chemin.
Georges est le premier, dans la famille "proche", d'une longue série de décès liés à cette maladie dont, dans les années 50, on n'avait quasi aucune chance d'en réchapper. A l'époque, quel que soit le type de cancer,  il était souvent détectée tardivement, lorsque les métastases avaient colonisé tout le corps, parce que les malades tardaient à consulter pour certains troubles qui désormais alertent: une lésion de peau qui évolue mal, une grosseur dans le sein, une toux qui persiste, des troubles digestifs... 
Le cancer était une maladie tabou qu'on refusait de nommer préférant parler de "longue et douloureuse maladie"

samedi 15 juin 2019

Née sous le signe du Lion ... ou du Cancer? (1)

C'était l'an dernier, sur Facebook, une "amie" pensant bien faire m'avait désignée dans le cadre d'un projet " journées préventives contre le cancer du sein !" qui était ainsi conçu : Publier une photo de soi chaque jour pendant 10 jours, tout en citant une personne chargée de prendre le relais. 
Mon refus a alors été assez cinglant: J'ai refusé de ME mettre en avant pour un SEUL type de cancer alors que tant d'hommes & de femmes meurent chaque jour d'un cancer généralisé pour lequel il n'existe pas forcément de possibilité de prévention.
Mais j'ai agi à ma manière en racontant, pendant 10 jours, l'histoire -autant que je la connaissais-
de membres de ma famille ou d'ancien collègues de travail qui étaient morts d'un cancer avec, dans l'ordre de disparition: Georges, Maria, Julien, Annie, Jean-Yves, Yves, Germaine, Claude, Norbert & Jean.
Et un an plus tard je récidive ici

mardi 4 juin 2019

La dernière bataille de Bruno H. est achevée

Sa femme a annoncé ce matin la nouvelle via Facebook.
"La SLA (=maladie de Charcot) aura eu raison de lui.
Mon amour est parti dignement et heureux c'est ce qu'il nous a dit avec un grand sourire
Tu nous as donné une belle leçon de courage
J'ai été, je suis et je serai toujours fière de de toi et ta première admiratrice".

Cet homme, je l'ai rencontré à plusieurs reprises. La 1ère fois c'était au printemps 2013. Il était alors en arrêt maladie pour des soucis d'équilibre et de marche, peu compatibles avec son métier de contrôleur à la SNCF. Il pouvait alors encore gravir seul les 4 étages qui montaient à son appartement.
Il a ensuite déménagé. Une 1ère fois dans une maison de plain pied. C'est là que nous avons réalisé une séance photo durant laquelle il a réalisé de fort jolis portraits. En devant souvent s'assoir ou s'appuyer sur une chaise pour ne pas tomber. C'est là aussi, lors d'une autre visite qu'il m'a appris qu'il avait une saleté de maladie neuro-dégénérative et que les soins désormais seraient plus destinés à maintenir au maximum ses capacités que curatifs.
Avant un nouveau déménagement destiné à le rapprocher de sa région d'origine, on devait se revoir pour une ultime séance photo qu'il a annulée le matin même car trop fatigué. Je n'ai pas eu le courage de chercher à le revoir car j'avais peur devoir à quel point la maladie l'avait affaibli. C'est donc via le Net que j'ai su qu'il vendait petit à petit tout son matériel photo, que j'ai vu qu'il était de moins en moins présent sur le Facebook en comprenant que son état s'aggravait de plus en plus.
Fin avril, moins d'un mois après avoir fêté ses 59 ans, sa femme m'a signalé qu'il avait été hospitalisé en réanimation. Elle espérait encore qu'il pourrait revenir chez eux.
3 ans, c'est le délai qui se sera écoulé entre notre 1ère rencontre et sa mort qui m'a beaucoup touchée car Bruno était un homme adorable qui correspondait réellement aux photos qu'il utilisait comme "avatar" sur FB. Quand la maladie s'est faite trop pesante il a recouru à des images plus neutres que des autoportraits, mais tellement plus parlantes, jusqu'à la dernière: le clown triste. Il savait que le dernier tour de piste avait commencé

jeudi 30 mai 2019

Méli-mélo de photos et tableaux avec S. Takaoka

Shusaku Takaoka est un "artiste" japonais qui maitrise fort bien l'infographie et a réalisé des photomontages en incrustant des visages cultes de la peinture dans des scènes contemporaines. Il fait aussi l'inverse.
Certains crient au génie. Je me contente de penser que le procédé est amusant à petite dose ... mais lassant à la longue car ce sont souvent les mêmes personnages qui sont utilisés: Mona Lisa ou de la jeune fille à la perle pour les femmes ou l'un des autoportraits de Van Gogh pour les hommes. Mais peut-être ai je mal cherché sur le Net lorsqu'il a fallu rédiger le texte du présent billet.
Ceux que le procédé passionneraient pourront toujours chercher à en voir plus sur le compte Instagram de ce monsieur