mercredi 10 avril 2019

Retour d'exposition: "Doisneau & la musique" à la Cité de la Musique



Doisneau et la musique, j'en étais restée à ses photos avec Maurice Bacquet. Et j'avais tort!
On peut en voir un certain nombre de ces photos, avec notamment quasi une salle entière réservée à cette collaboration qui a duré des années, les 2 compères ayant pas mal bourlingué, en France comme aux USA pour réaliser certains clichés. Au point qu'il n'est pas évident d'en sélectionner pour illustrer leur travail en commun! Une moins connue peut-être?
Mais j'ai découvert d'autres aspects du travail de Doisneau. Par exemple, ses clichés plus anciens, juste après la seconde guerre mondiale, de ceux qui le rattachent à 100% au courant de la "photographie humaniste", lorsqu'il arpentait aussi bien les quartiers populaires (n'hésitant pas à suivre plusieurs jours d'affilée un duo composé d'une chanteuse assez bien en chair qu'accompagnait à l'accordéon une jeune et mince jeune femme vers laquelle tous les regards se tournaient) que les personnalités montantes à la demande de la revue Vogue.
Et puis j'ai oublié l'amitié qui a uni Doisneau et Prévert...  Prévert le poète, dont certains textes ont été mis en musique. Ce qui permet de visualiser un certain nombre de photos sur la thématique: "un parolier &un compositeur de musique à la recherche du succès" ... qui se fait attendre et est illustrée par des photos d'interprètes très connus. Par exemple Bourvil ou Montand (mais aussi d'autres) tous très naturels sur la photo car, par la magie du Rolleiflex qui se porte à hauteur de nombril et tandis que le photographe ne les regardent, ils ne pensent pas poser.
Et surtout, j'ai découvert que Doisneau a aussi immortalisé la jeune génération qui avait l'âge d'être ses enfants comme ... par ordre alphabétique: Higelin, Renaud, les Rita Mitsouko...dont il aréalisé les pochettes de disques

mardi 9 avril 2019

Retour d'exposition: "Hammershoi" au Musée Jacquemart-André

L'un des compte-rendus publiés à l'occasion de cette nouvelle exposition temporaire évoque des intérieurs silencieux. Personnellement j'ajouterai volontiers l'adjectif "mélancolique" car c'est bien ce sentiment que l'on ressent à la vue de ses intérieurs vides*  où figure parfois la silhouette d’une femme de dos**, dans des gammes de gris et de blanc***.
*Des intérieurs vides qui correspondent souvent à des vues de son propre appartement mais dont il ne fait pas figurer, sur la toile, certains éléments décoratifs. C'est ce qui ressort de la comparaison entre certaines toiles et les photographies de son intérieur. Des "épures" de logement en quelque sorte où de loin en loin figurent une coupelle, une tasse, une fleur en pot.
** Une femme qui est en fait très souvent Ida, sa propre femme, laquelle pose souvent de dos.  C'est d'ailleurs l'un de ses portraits, de dos, qui figure dans les collections du Musée d'Orsay qui l'ont prêté à l'occasion de cette rétrospective. La 1ère qui se tient en France et donne l'occasion d'admirer des oeuvres disséminées dans des musées danois (pays dont est originaire le peintre) ou suédois, voire au sein de collections privées. Petite anecdote en passant: il est probable que, pour le 1er portrait de sa femme, il ait beaucoup travaillé à partir d'une photographie de cette dernière car même si ils étaient fiancés lorsqu'il a réalisé en 1890 son portrait, il était inconvenant qu'une femme, même chaperonnée pose pour un peintre.
à noter que lorsque plusieurs personnages figurent sur un tableau (ici Ida entourée de ses 2 belles-soeurs) , non seulement ils ne se regardent jamais les uns les autres, mais il est exceptionnel qu'ils regardent vers le peintre: des personnes isolées chacune dans leur monde.

*** un monde dans un nuancier de gris et blanc... avec des taches noires: les robes de sa femme qui porte souvent un long tablier blanc.. et puis quand on y regarde bien, des tons bleutés, ocrés...mais toujours noyés dans une lumière blanche ou gris très clair. Même si le peintre a parfois été comparé à Veermer ce dernier utilise une palette de couleurs beaucoup plus riche.
Pour conclure ce billet, deux oeuvres jumelles puisqu'elles représentent le même sujet: une fenêtre traversée par la lumière et une porte. Malgré ce qui a été écrit plus haut au sujet de la prédominance de gris dans l'oeuvre du peintre, c'est le tableau de gauche qui figure à l'exposition. Mais je n'ai pu m'empêcher d'ajouter le tableau de droite,à cause de son titre: "danse de la poussière dans la lumière du soleil" car la lumière c'est aussi l'une des thématiques fétiches de Hammershoi.

dimanche 6 janvier 2019

Partage de souvenirs (5) ...

... autour des expositions, cette fois ci: "la peinture américaine des années 30 - The Age of Anxiety"
Un régal. J'ai retrouvé le tableau de l'affiche qui a eu droit il y a quelques temps à une relecture pleine d'humour sur Arte dans le cadre de "A-musez moi"*. Et surtout il y avait 2
tableaux de Hooper et mine de rien, les voir pour de vrai c'est quelque chose!
Mais avant toute chose, avant d'aller voir cette exposition, la peinture américaine, je n'y connaissais pas grand chose. Maintenant guère plus, mais j'ai au moins appris que celle des années 30 se caractérise par une grande diversité puisque l'exposition montrait aussi bien:
- les natures mortes pour le moins surprenantes de
Georgia O’Keeffe
- que les oeuvres néo-cubiques de Stuart Davis, qui dans New York-Paris No 3 (1931) propose un étonnant paysage urbain, à la fois destructuré et réaliste.












L'exposition est organisée autour de quelques thèmes forts comme
- "contrastes" Et effectivement il y a beaucoup de contrastes entre d'une côté la puissance industrielle et de l'autre la persistance d'un monde rural qui lui aussi fait face à des temps difficiles, notamment au début des années 30 où les vastes plaines du centre des Etats-Unis sont confrontées à la sècheresse et aux tempêtes de sable. D'où le tableau poétique mais tellement triste de Alexandre Hogue où dans "Erosion No2" sa terre ressemble au corps nu et fatigué d'une femme.
- "La Ville spectacle"
où il y a certes des images pleines de joie de vivre notamment via les scènes de rue où les cabarets sont fort nombreux... mais cela ne doit pas faire oublier la jeune femme pensive qu’Edward Hopper immortalise en retrait de la scène dans le tableau "New York Movie" (1939). Pour reprendre les mots du cahier de présentation de l'exposition: sous le vernis de frivolité et de plaisir, la solitude et l’angoisse conservaient toute leur place.
- "L’histoire revisitée "
Certains artistes évoquent aussi une histoire moins glorieuse, comme le passé esclavagiste des États-Unis
- "Cauchemars et réalité"
Avec un tableau qui m'a fort marquée, celui de "American Justice" où Joe Jones, dénonce dès 1933 les exactions racistes du Sud où les KKK était (et est encore) fort présent
L'exposition se terminait avec les années 40 avec ce constat (questionnement?) "Vers un art moderne américain" puisqu'à partir de cette période, les peintres vont se partager entre 2 courants, d'une côté ceux qui, tels Pollock, sont attirés par l’abstraction et de l'autre ceux qui en reste à un réalisme froid et dont Hopper reste le meilleur représentant.

samedi 5 janvier 2019

Partage de souvenirs (4)...

...autour des expositions: Ici "Tenue correcte exigée"... qu'il ne faut pas oublier de compléter par "Quand le vêtement fait scandale"  ainsi que cela est mentionné sur l'affiche.

Il faut croire que lors de ce séjour parisien de l'hiver 2016/2017 j'étais abonnée aux découvertes car c'était la 1ère fois que j'allais au Musée des arts décoratifs .... Petit aparté au sujet du musée: longer le Louvre pour s'y rendre et ne pas aller sous les arcades de la rue de Rivoli si on veut éviter de louper l'entrée et marcher très, très longtemps avant de devoir faire 1/2 tour.
Cette exposition donc...
J'y suis allée en songeant bien sur au scandale des mini-jupes dont, du haut de mes10 ans en 1968, je gardais quelques souvenirs... pour découvrir que les scandales vestimentaires, ça ne date pas du XXème siècle.
Avant ou après ladite mini-jupe il y a eu le port de la jupe (pour les hommes) du pantalon (pour les femmes) mais aussi, pour rester dans la thématique pantalon: du blue-jean ou "baggy". En fait, depuis plusieurs siècles certains vêtements parce qu’ils étaient trop courts ou trop longs, trop ajustés ou trop amples, trop impudiques ou trop couvrants, trop féminins pour l’homme ou trop masculins pour la femme, ont bouleversé les habitudes (et même transgressé l’ordre établi aux dires de la commissaire de l'exposition) et de ce fait pu susciter de très vives réactions.
Quelques exemples:
La Marie-Antoinette peinte par Élisabeth Vigée-Lebrun vêtue d’une robe chemise (ancêtre de nos chemises) a fait scandale car une Reine se doit d'être vêtue d'une robe!
Mais quelques siècles plus tard, la robe est interdite pour les ministres qui se rendent à l'Assemblée nationale sous peine de se faire huer par les députés, comme cela est arrivé en 2012 à Cécile Duflot. Une ministre, si elle veut être prise au sérieux doit porter un tailleur jupe ou pantalon.
3 ans plus tard, ces mêmes députés réagiront aussi vivement à l'arrivée de Jack Lang portant un costume, certes signé Thierry Mugler, mais qui comportait... un col Mao.
Et parce que je n'ai pas acheté le catalogue, voici le lien vers la présentation de l'exposition
https://madparis.fr/francais/musees/musee-des-arts-decoratifs/expositions/expositions-terminees/tenue-correcte-exigee-quand-le-vetement-fait-scandale/  

vendredi 4 janvier 2019

Partage de souvenirs (3) ...

... autour des expositions. Ici celle consacrée à Coluche.
On commence par un point négatif: C'était la 1ère fois que j'allais voir une exposition à l'hôtel de ville de Paris et je n'ai pas du tout apprécié l'absence de vestiaire. C'est un détail certes, mais, quand on est en hiver et que beaucoup de personnes ont été admises dans les salles d'exposition, la chaleur devient vite intenable et trainer en permanence manteau + sac + appareil photo devient très vite pénible.
Maintenant le points positif:
C'était une chouette exposition qui m'a permis d'apprendre pas mal de choses sur le personnage dont, à dire vrai, je ne connaissais pas grand chose mis à part
- ses sketches (dont celui pour la publicité qui avait mis en difficulté les fabricants de produits lessiviels),
- quelques films
- sa campagne pour la présidentielle de 1981
- et son implication dans la création des restos du coeur (une opération quin'aurait du qu'être éphémère et dure hélas depuis plus de 30 ans)
avant qu'un put*** de camion comme l'a chanté Renaud, ne mette fin de façon prématurée à sa vie (il n'avait que 42 ans).
Vu la richesse de l'exposition, j'aurais d'ailleurs aimé pouvoir en ramener autre chose qu'un hors série publié par un magazine quelques années avant l'exposition ou un des livres qui lui ont été consacré ... mais ne donnaient au final qu'une vision partielle du personnage.
Un sacré bonhomme qui a marqué les esprits et reste une référence tant pour les anciens qui l'ont connu que pour les jeunes, notamment ceux nés après sa disparition. J'en veux pour preuve la diversité des âges et des "milieux" présents à l'exposition.

jeudi 3 janvier 2019

Partage de souvenirs (2)...

... autour des expositions...
à savoir celle-ci, vue durant l'hiver 2016/2017. Deux ans plus tard, qu'en reste t il dans ma mémoire? A dire vrai, pas grand chose...
D'abord , le titre: "peindre l'impossible". Autant qu'il m'en souvienne, c'était la lumière, l'eau  mais aussi la neige, comme sur la photo.
Et puis les peintres exposés. Monet je connaissais assez. Munch beaucoup moins et même aujourd'hui, je suis incapable de citer un tableau autre que "le cri" qui ne figurait pas parmi les oeuvres exposées. Ceci alors même que , je viens de le vérifier, c'est une oeuvre de Munch qui illustre l'affiche. Quant à Hodler... Mystère. Même son prénom m'échappe
Mais heureusement il y a ... non, pas Findus, mais le Net.
Alors voici quelques extraits d'un article paru dans la revue "Le Point"
"Peindre l'impossible, affronter l'insaisissable, regarder le soleil en face, rendre les courbes sinueuses de l'onde, traduire l'immatérialité de la neige (...)" Ma mémoire n'était donc pas trop mauvaise.
Quant aux peintres choisis, il faut écouter le commissaire général de l'exposition:
"Pourquoi rapprocher le Suisse Hodler, le norvégien Munch et le français Monet ? Monet relève de l'impressionnisme alors que Hodler et Munch sont souvent tenus pour symbolistes.  Ils ne se sont jamais rencontrés. Mais ces peintres sont des contemporains bien qu'ils appartiennent à des générations différentes. Ils vivent dans le même monde, l'Europe d'avant et d'après la Première Guerre mondiale. Ils en éprouvent les mutations techniques, politiques et sociales qui affectent leur mode de vie et leurs pratiques artistiques. (...)"
Et puis retrouver la "bande annonce" de l'exposition
https://www.youtube.com/watch?v=_dd4OTDV0MU

mercredi 2 janvier 2019

Partage de souvenirs... (1)

Pourquoi réactiver ce blog?
Depuis 2016, je suis beaucoup, beaucoup moins présente sur ce blog... ça a commencé en réalité bien avant 2016, lorsque j'ai commencé à fréquenter un réseau social, probablement le réseau social qui, bien qu'originaire des Etats-Unis est le plus utilisé en Europe le plus fréquenté. Et oui, FB (pour Facebook) était/est beaucoup plus intéressant en matière d'échanges que "blogger". Grâce à lui j'ai pu faire un certain nombre de rencontres et dépasser le simple stade du virtuel. 
Désormais FB est lui aussi en perte de vitesse (à moins que je ne sois devenue plus exigeante? Et j'ai très envie de le "purger" de certaines données tout en conservant celles-ci sur un autre support. Du coup je vais essayer de republier ici en reprenant des données mentionnées là bas, comme les comptes-rendus de films, expositions, livres (majoritairement des BD) etc ...

dimanche 16 décembre 2018

Souvenirs du 28 décembre... 2011

Cet hiver là, il y avait une exposition Playmobil au sein d'une galerie commerciale en périphérie de Nantes. J'avais gardé tellement de bons souvenirs des heures passées à regarder les enfants jouer avec que je ne pouvais qu'y aller et immortaliser quelques scènes...en lien avec le monde médical tout d'abord, car il y avait tout juste 6 mois que j'avais quitté mon ancien emploi.










Et puis il y avait le clin d'oeil à mes parents qui pendant des années avaient eu des poules et des lapins ... avant que mon père y renonce après le décès de ma mère.

Mais aussi au plus jeune demes enfants, grande fan d'équitation... et aux quelques barbecues familiaux qu'on avait fait du temps où l'on vivait en maison avec jardin...Personnellement je n'en étais pas fan... les repas de ces jours là comportant beaucoup de protéines et as assez de légumes à mon goût

jeudi 29 novembre 2018

mercredi 28 novembre 2018

Les fenêtres

Les fenêtres nous guettent
Quand notre cœur s'arrête
En croisant Louisette
Pour qui brûlent nos chairs
Les fenêtres rigolent
Quand elles voient la frivole
Qui offre sa corolle
À un clerc de notaire
Les fenêtres sanglotent
Quand à l'aube falote
Un enterrement cahote
Jusqu'au vieux cimetière
Mais les fenêtres froncent
Leurs corniches de bronze
Quand elles voient les ronces
Envahir leur lumière
  Les fenêtres murmurent
Quand tombent en chevelure
Les pluies de la froidure
Qui mouillent les adieux
Les fenêtres chantonnent
Quand se lève à l'automne
Le vent qui abandonne
Les rues aux amoureux
Les fenêtres se taisent
Quand l'hiver les apaise
Et que la neige épaisse
Vient leur fermer les yeux
Mais les fenêtres jacassent
Quand une femme passe
Qui habite l'impasse
Où passent les Messieurs
 
La fenêtre est un œuf
Quand elle est œil-de-bœuf
Qui attend comme un veuf
Au coin d'un escalier
La fenêtre bataille
Quand elle est soupirail
D'où le soldat mitraille
Avant de succomber
Les fenêtres musardent
Quand elles sont mansardes
Et abritent les hardes
D'un poète oublié
Mais les fenêtres gentilles
Se recouvrent de grilles
Si par malheur on crie:
„Vive la liberté“
 
 Les fenêtres surveillent
L'enfant qui s'émerveille
Dans un cercle de vieilles
A faire ses premiers pas
Les fenêtres sourient
Quand quinze ans trop jolis
Ou quinze ans trop grandis
S'offrent un premier repas
Les fenêtres menacent
Les fenêtres grimacent
Quand parfois j'ai l'audace
D'appeler an chat un chat
Les fenêtres me suivent
Me suivent et me poursuivent
Jusqu'à ce que peur s'ensuive
Tout au fond de mes draps
 
 Les fenêtres souvent
Traitent impunément
De voyous des enfants
Qui cherchent qui aimer
Les fenêtres souvent
Soupçonnent ces manants
Qui dorment sur les bancs
Et parlent l'étranger
Les fenêtres souvent
Se ferment en riant
Se ferment en criant
Quand on y va chanter
Ah je n'ose pas penser
Qu'elles servent à voiler
Plus qu'à laisser entrer
La lumière de l'été

Non je préfère penser
Qu'une fenêtre fermée
Ça ne sert qu'à aider
Les amants à s'aimer
Non je préfère penser
Qu'une fenêtre fermée
Ça ne sert qu'à aider
Les amants à s'aimer