dimanche 24 septembre 2017

Nantes la nuit

Vendredi & samedi soir le jardin des plantes a été ouvert en nocturne. Après une période pluvieuse, il faisait beau et doux et c'était l'occasion rêvée pour y aller à pied en réalisant quelques photos de monuments & sites plus ou moins emblématiques de Nantes. Et tout d'abord la place Royale, encore très fréquentée en ce début de soirée, avant de lever le nez vers le clocher -campanile de l'église Ste Croix.
Plus loin, il y a eu une longue pause au mur d'eau qui, la nuit, est éclairé. Il représentait un sacré défi à photographier
- j'avais volontairement  laissé le pied de l'appareil photo chez moi
- fixer une image colorée mouvante avec une faible à lumière n'estpas aisé
- le principe du plan d'eau c'est d'offrir un spectacle en permanence renouvelé avec différentes séquences qui se succèdent (lampes éteintes ou allumées, variation de couleurs, variation des hauteurs de jets etc...
Sans compter que régulièrement des personnes -tant adultes que enfants- passent, pour jouer, au travers. Conclusion, il y a eu beaucoup de photos pour au final n'obtenir que ceci 

lundi 22 mai 2017

"Culottées" Tome 1 de Pénélope Bagieu


Un livre découvert un peu par hasard... alors même qu'il est sorti en septembre 2016. Mais quand je l'ai feuilleté, alors même que le style de dessin n'est pas celui que je préfère en BD, j'ai tout de suite accroché à cause de la manière de présenter ses héroïnes.
Bon j'avoue qu'ayant ensuite lui quelques commentaires sur le net, j'ai découvert qu'elle avait parfois donné une vision un peu faussée desdites dames dont certaines avaient quand même de fichus traits de caractère et ne répugnaient pas à user de la violence: comme par exemple Wu Zetian, la seule impératrice de Chine.


Voici donc quelques dames plus "pacifiques"
- la 1ère citée, c'est Clémentine Delait (1865-1939) une femme dont la célébrité ne devint notoire que lorsqu'elle cessa de ... se raser barbe et moustache au point de devenir la mascotte des poilus de la guerre 14-18!
- Mais j'ai aussi beaucoup aimé l'histoire de Margaret Hamilton (1902-1985) qui osa assumer son nez et, elle qui avait commencé à travailler comme institutrice, terrorisa des générations d'enfants dans son rôle de sorcière du "Magicien d'Oz" . Un rôle pour lequel elle prit de grands risques, notamment lorsque lors du tournage d'une scène sa tenue prit feu et qu'elle fut gravement brûlée à cause de son maquillage vert à base de cuivre, ce qui lui valu 3 mois de soins!
- La dernière que je mentionnerai parmi les 15 histoires racontées dans ce livre, ça sera celui de Leymah Gbowee, une libérienne née en 1972 qui a reçu en 2011 le prix Nobel de la paix* pour avoir mobilisé et organisé les femmes au delà des divisions ethniques ou religieuses afin de mettre fin à la longue guerre que connaissait son pays.
* prix partagé avec sa compatriote, Ellen Johnson Sirleaf (présidente du Libéria depuis 2005) & une  yéménite militant pour le droit des femmes 

dimanche 21 mai 2017

"Patients" de Grand Corps Malade & Mehdi Idir


Un film pour ceux qui ont aimé "le scaphandre & le papillon" ou "Intouchables": deux films qui décrivaient la vie de personnes devenues handicapées avec à la fois du réalisme dans la description de leur quotidien* mais aussi de l'humour. Deux films inspirés de faits réels, tout comme celui-ci. 

Deux différences toutefois
- dans ce film, le héros va parvenir petit à petit à recouvrir un certain nombre de capacités... d'où le moment très difficile lorsque le médecin lui fait comprendre que "Oui il a récupéré un certain nombre de fonctions mais non, il va devoir revoir son projet de devenir professeur de sport". C'est un coup de massue pour lui, mais au final il repartira du centre de ré-éducation en se disant que, même si il aura toujours l'étiquette "handicapé" lui a eu de la chance par rapport à ceux qui ne remarcheront jamais et vivront toujours en structure
- ici l'histoire n'est pas centrée sur une seule personne qui viendrait d'un milieu privilégié car autour de Ben évoluent d'autres jeunes & moins jeunes au passé parfois difficile, parfois limite "cas soc' " comme le dit l'un des personnages qui se demandent où sont les femmes et surtout les "Jean-Edouard du 16ème". Les femmes il n'y en a qu'une, arrivée là après avoir "raté" son suicide suite à une déception amoureuse. Et ce qui a amené tous ces jeunes gens au centre de rééducation est très varié: de celui né comme ça: handicapé, au caïd qui n'avait pas peur des armes, jusqu'au moment où il en reçu une dans le dos (et pleure car il sait qu'il ne pourra pas se venger de celui qui lui a fait ça, ni même s'occuper de sa femme & son enfant) en passant par l'accident de prototype de moto ou de plongeon en piscine. 
Seul regret à l'issue de ces quasi 2 heures de film: l'image donnée des aides-soignants, que ce soit Jean-Marie qui infantilise les patients en s'obstinant à leur parler en leur disant "il" ou Christiane qui est d'une maladresse catastrophique. 
* Pas évident d'avouer à un copain que c'est un rêve de pouvoir aller aux toilettes seul et qu'en attendant il faut accepter d'être sondé quand c'est l'heure. 

mercredi 16 novembre 2016

"Un bruit étrange et beau" de Zep


Où est la valeur d'une vie? Dans le bruit et la fureur ou dans le recueillement du silence? Dans ses batailles ou ses renoncements? Don Marcus, il y a 25 ans de cela a choisi la solitude et le silence en intégrant l'ordre religieux des Chartreux.
Sauf qu'un héritage le contraint à quitter le confort psychologique du monastère pour retourner à Paris où le monde a beaucoup, beaucoup changé en 25 ans. Mais le plus difficile est ailleurs, dans les retrouvailles avec son ancienne vie, du temps où il s'appelait William, avait un cousin Gabriel (loin d'être un ange) & une cousine Tolède: les enfants de sa tante Elise qui lui a légué un Nu de Modigliani. De plus, il a rencontré durant le voyage vers Paris, Méry, une jeune femme dont les jours sont comptés du fait d'une maladie incurable mais qui est résolument décidée à profiter du temps qui lui reste.
C'est elle qui pèsera probablement le plus lourd dans le choix qu'il fera (notamment par rapport au   tableau) après lui avoir fait un aveu: bien avant d'entrer chez les Chartreux, il a rencontré la mort, via le corps d'un voisin: "la mort m'a fait si peur ce jour là que j'ai voulu croire en un Dieu plus fort qu'elle. Et j'ai fini par choisir une vie voisine de la mort... pour m'habituer"
26 ans plus tard, au moment de mourir, William qui cherchait Dieu dans le vide du silence, retrouvera  Méry (celle qu'il qualifiait de "délicieux vacarme") et trouvera enfin, non le silence, mais un bruit étrange et beau   

mardi 15 novembre 2016

"L'arabe du futur" - T3 de Riad Sattouf

Je reste aussi peu fan du graphisme de l'auteur, même si cette fois-ci j'ai enfin relevé une jolie trouvaille, celle qui lui fait dessiner sur fond rose sa vie dans les pays arabes et sur fond bleu celle qui se passe en France).
Il demeure que le récit, tiré de son enfance, est passionnant avec tous ces petits détails de la vie d'un enfant issu d'un couple "mixte" puisque son père est Syrien & sa mère française
La BD, comme les volumes précédents contient des moments joyeux et d'autres durs voire très durs. Je vous laisse les découvrir.
Globalement l'image du père autrefois le héros de son fils est de plus en plus écornée et il est évident que la mère supporte de plus en plus mal la vie en Syrie et espère revenir vivre en France, surtout après son dernier séjour, à l'occasion de la naissance de son 3ème enfant pour laquelle son mari n'est pas venu la rejoindre.
Lorsqu'elle retourne en Syrie, elle découvre que son mari s'est laissé pousser la moustache, a renoué avec sa mère et sa famille (avec laquelle il s'était fâché pour des questions de pratique religieuse) a décidé de faire circoncire ses fils de façon "traditionnelle"... On craint le pire quant à l'évolution à venir du père et on a raison. Riad Sattouf nous laissera en plan à la dernière page, avec sa mère qui explose un soir en annonçant que "la Syrie c'est fini!" et s'entend répondre par son mari (qui n'a jamais su vraiment l'écouter) qu'ils vont partir...en Arabie Saoudite! Vivement l'automne prochain que je sache ce qui s'est passé, ensuite!

mardi 1 novembre 2016

Les Utopiales, version 2016

Cela faisait des années que je voyais l'affiche et que mes gamins m'en parlaient. J'y suis enfin allée, en grande partie parce qu'il y avait un défilé de "cosplay".
Les personnes dont la candidature avait été validée avaient d'ailleurs une conception très extensive de la notion. Pour moi, un cosplayeur c'est celui qui reproduit la tenue de son héros de manga préféré et créé des chorégraphies où il se met en scène. Sauf que là, peut-être faute de candidatures (on n'est quand même pas à la Japan Expo!) ont aussi défilé des héros de film type Batman!.. voire des personnes de l'univers Walt Disney!! Quant aux mises en scène... pour certains personnages elles n'étaient pas évidentes à mettre en place dans un temps limité. Sans compter que on peut être fan d'un personnage sans pour autant être assez bon acteur pour bien le reproduire. Mais dans son immense majorité le public était conquis et me manquait pas de reprendre en choeur les mélodies emblématiques des séries (ou films). Et en fait, mis à part 2 cas (un Batman& uneange blond guerrier d'une série dont j'ai oublié le nom) , les plus belles tenues (souvent de type steampunk) étaient plus portées ... par certains visiteurs.
Autrement j'ai été bluffé par la diversité des activités proposées qui allaient de la démonstration de photocopieuses 3D à la possibilité de participer, dans une grande salle dédiée, à des jeux de rôle ou avec figurines ... Je n'ai pu d'ailleurs m'empêcher de noter que la moyenne d'âge était jeune (moins de 35 ans) avec une sur-représentation masculine.
Les Utopiales c'est aussi l'occasion de s'approvisionner en livres, revues, BD, DVD, accessoires dérivés consacrés à la SF, à la Fantasy... aussi bien du temps de Jules Verne qu'actuellement. D'où la présence de moult stands consacrés aux héros modernes issus de Star Wars mais aussi de Game of Throne
PS d'avril 2018: j'avais prévu d'y retourner en 2017, je ne l'ai pas fait. En partie à cause de la météo... mais aussi parce que, même si j'ai vu des visiteurs de ma génération, je me suis senti un tantinet "décalée" limite "éléphant dans un magasin de porcelaine"

dimanche 30 octobre 2016

"Celui qui regarde" de Thierry Murat (1)

Une très belle BD, tant sur le fond que la forme.

C'est  histoire qui se déroule sur 30 ans, le récit imaginaire d'un certain Joseph Wallace qui, en juin 1867, décide de quitter son studio de photographe portraitiste de Pittsburgh, mais aussi sa femme et ses enfants,  pour faire partie de l'expédition Walker & Jackson qui accompagne (ou plutôt précède) la construction de la voie ferré qui reliera les côtes Est & Ouest des Etats-Unis. En fait l'homme va  surtout rencontrer le peuple indien, 30 ans avant Edward S. Curtis ne le fasse. Pour de vrai.
"Celui-qui-regarde" n’est pas un western. C’est le récit romanesque en bande dessinée du "génocide" amérindien à travers l’oeil d'un photographe, surnommé « l’attrapeur d’ombre » chez les Sioux.
L’histoire de cet homme marié, parti avec pour seules lectures la Bible et un recueil des "Fleurs du Mal "de Baudelaire qui tombe amoureux d'un peuple et d'une femme... et va fixer sur ses laques photographiques une beauté qui se perd, un monde qui se meurt.
La fin est très amère. Bien des années après être revenu chez lui, sans jamais avoir su qu'un enfant était né de sa relation éphémère avec une jeune indienne, car il n'avait jamais pu repartir compléter son travail car  ses anciens soutiens financiers l'avaient lâché... il découvre que Edward S Curtis a été mandaté pour mener à bien ce qu'il aurait souhaité faire. Alors il décide de détruire toutes les plaques qu'il avait réalisées

samedi 22 octobre 2016

"Bride stories" - T8 de Kaoru Mori

Suite et fin (toujours autant à l'eau de rose car je pense qu'il sera difficile de faire plus optimiste dans la description de relations H/F/F dans l'Iran d'avant la guerre 14/18) des amours de l'héroïne rencontrée dans le précédent volume pour se concentrer cette fois ci sur Pariya, une jeune fille disons... un peu "carrée" dans ses comportements.
 Le dessin est toujours aussi soigné... mais je dois avouer avoir eu quelques bouffées féministes en lisant ce volume très focalisé sur les difficultés rencontrées par Pariya pour confectionner son trousseau de future mariée qui comporte de nombreuses broderies sachant que son mariage sera impossible tant que ledit trousseau ne sera pas considéré comme achevé).
Je pense quand même que j'achèterai le ou plutôt les volumes suivants, mais ils ne figureront pas dans mes priorités.
Pour la fin de ce bref billet: en le préparant j'ai eu une surprise, le livre est catalogué comme étant un manga "seinen"... c'est à dire qu'il serait destiné à un public masculin de 16 ans et plus. Si tel est effectivement le cas , je crains le pire côté mièvrerie pour les mangas "josei" destiné au public féminin de plus de 16 ans!
PS du 9/2/2018... j'ai loupé la sortie du T9 le 23/02/2017...mais j'ai un mois pour me rattraper car le volume 10 est annoncé pour le 22/03/2018

mardi 18 octobre 2016

"Rêve d'Olympe" de Rheinard Kleist

Au cinéma, on dirait qu'il s'agit d'un "biopic" et il aurait peut-être un certain succès*. Mais là il s'agit d'une BD d'un auteur pas forcément très connu, publiée dans une maison d'édition** que j'ai découverte à cette occasion. Elle raconte l'histoire de Samia Yusuf Omar*** qui avait été choisie pour représenter son pays (la Somalie) dans la catégorie du 200m féminin aux JO de 2008. Si elle y avait été éliminée dès le 1er tour, elle rêvait de participer à ceux de 2012. 
Sauf que... sauf qu'il n'était pas pas facile pour elle de s'entraîner:
- dans un pays en guerre,
- sur une "piste" pleine de nids de poule
- avec un "entraîneur " qui n'avait même pas de chronomètre,
- une alimentation de pays sous-développé
- et surtout, surtout des intégristes qui n'acceptaient pas des femmes fassent du sport.
Alors Samia avait décidé d'aller tenter sa chance en Érythrée avant de se résoudre à essayer de gagner l'Italie via la Libye. Un long voyage pour elle qui n'avait pas de moyens financiers autres que ceux qu'elle a probablement collectés via l'hawala****, un système de transfert de fonds qui fonctionne là où le système bancaire n'est pas vraiment opérationnel et qui repose sur la confiance avec des personnes qui remettent des fonds à un agent "hawaladar" qui les transmettra à son correspondant "hawalladar", là où vit la personne qui en a besoin. 
Un voyage où Samia est vite devenue une clandestine ainsi qu'elle le racontait à demi-mots, quand elle pouvait se connecter sur FB. "Racontait" car comme tant d'autres sa course s'est arrêtée, à jamais, à une date indéterminée estimée au 2 avril 2012, lorsqu'elle s'est noyée en Méditerranée. Le mois précédent, elle venait d'avoir 21 ans.
* Peut-être car qui aurait envie de raconter l'histoire qui finit mal d'une jeune black devenue migrante pour assouvir son rêve, participer de nouveau aux JO et qui est morte à 21 ans, noyée en Méditerranée?
** http://www.la-boite-a-bulles.com/collection_detail.php?id_collection=6
*** https://fr.wikipedia.org/wiki/Samia_Yusuf_Omar
**** https://fr.wikipedia.org/wiki/Hawala

dimanche 16 octobre 2016

"La guerre des Lulus" -T4 1917, la déchirure de Hautière & Hardoc

La BD touche à sa fin, avec notamment, quelques pages avant la fin de l'album, la "disparition" de Luce. Non elle ne meurt pas, mais elle décide de rester vivre en Belgique, aux côtés de sa grand-mère qui est devenue veuve, son mari ayant été tué en 1914 par un gradé allemand auquel il s'opposait. Cet album est aussi l'occasion pour les auteurs d'annoncer les 2 derniers volumes: celui consacré à l'année 1918 ("la der des ders") et celui inspiré du récit de Luidgi qui racontera les 11 mois que les enfants ont passé en territoire ennemi.
Même si il est question de masques à gaz (et donc de l'utilisation des gaz contre les troupes) de villages incendiés et de populations réquisitionnées ou obligées de fuir loin de chez elles... on est loin, très loin de la dureté des BD de Tardi ou de la série "Ambulance 13". Mais c'est normal puisque le projet initial était de faire connaître la guerre 14/18 à travers le regard d'enfants. Il y a donc de l'action (avec quelques courses poursuite angoissantes) et des moments heureux, comme cette fête improvisée dans un petit village, grâce à un photographe ambulant qui dit immortaliser les moments clés de la vie durant la guerre... mais en profite surtout pour se nourrir à l'oeil! Accessoirement il est aussi un peu faussaire et c'est lui qui confectionnera enfin des papiers "officiels" aux enfants.
Et puis j'oubliais un élément de l'intrigue, les enfants ont bien grandi depuis le 1er volume et sont devenus de grands adolescents dont certains (Lucien & Ludgi) vont de chamailler pour conquérir le coeur de Luce qui a d'autres soucis en tête et préfèrera déchirer en 2 parties (elle d'un côté, de l'autre les 4 garçons) la photo où ils figuraient tous les 5. Une photo que l'on voit, recollée, à la page 4. Peut-être saura t on enfin qui, 70 ans après les faits, raconte l'histoire et a obtenu de Luce qu'elle lui confie sa part de la photo, et sans doute plus que cela. Personnellement j'opterai volontiers pour Ludwig. Réponse dans un, voire 2 volumes .