mardi 13 mai 2008

La jeune fille à la perle

N’en déplaise aux amateurs de « la Joconde » ceci est pour moi le plus beau tableau qui soit, celui que j’emmènerai sans hésiter sur une île déserte… sauf qu’il ne supporterait probablement pas l’air marin.Ce tableau, je l’ai découvert adolescente et comme les livres d’art ne figuraient pas parmi les rares ouvrages possédés par mes parents, pendant longtemps je n’ai eu en ma possession qu’une minuscule vignette découpée dans une revue.
Le regard et le sourire à peine esquissé de cette jeune fille me fascinaient.
Ils me fascinaient d’autant plus que j’avais fini par savoir, en empruntant un livre dans une bibliothèque, qu’on ne savait pas qui elle était. Ce n'est en effet pas la jeune femme qui apparaît régulièrement dans les tableaux (lisant une lettre ou mettant un collier de perles...) et que les historiens de l'art identifient comme étant très probablement la femme du peintre : Catherine Veermer.
Mais qui était cette jeune fille ? On ne le sait pas. Le livre de Tracy Chevalier est donc pure œuvre de fiction.
Il n'en demeure pas moins que ce roman est passionnant, pour qui veut connaître les techniques picturales de l’époque (le bleu était ainsi obtenu en broyant finement du lappi lazzuli), les relations très codifiées existant entre maîtres et serviteurs, peintres et acheteurs...
Le 1er aspect a un peu été passé sous silence dans le film qui en a été tiré, pas assez vendeur sans doute, en tout cas certainement moins que cette histoire d’amour impossible entre un peintre et l’une de ses servantes.

Tracy Chevalier a fait paraître ensuite un autre livre consacré à la série de 6 tapisseries consacrées aux 5 sens actuellement détenues par le musée national du moyen-âge installé dans l'hôtel de Cluny à Paris.

Je l’ai acheté, cet autre roman. Il m’a moins plu, même si il est lui aussi est très intéressant sur les techniques de confection des tapisseries (dont le tissage proprement dit ne constituait qu'une petite partie) et la symbolique qui était alors utilisée, et dont nos sociétés occidentales actuelles ont perdu le secret
Qui était la jeune fille à la perle? On ne le sait pas et on ne le saura jamais.
De même on ne saura jamais ce qui la faisait ainsi ébaucher un sourire. Alors je rêve... ...Et même si je sais que les mœurs de l’époque ne se prêtaient guère à ce genre d’attitude, j'imagine qu'elle s’apprêtait à quitter la pièce et, interpellée par le peintre, elle lui avait adressé ce sourire doux et triste à la fois... et dont il aurait voulu garder à jamais la trace. Avec ce tableau, c’est l’un de ces petits instants d’éternité qui ressortent de certaines rencontres ainsi que le décrit si bien…. Mais ceci est une autre histoire.

lundi 12 mai 2008

Pourquoi? Comment?...

L'idée me trottait en tête depuis un certain temps: créer un blog.
Il y a un peu plus d'un an, la première personne a m'avoir posé la question au sujet d'un blog que je tiendrais a été une jeune femme... qui a un tout petit peu plus que la moitié de mon âge. Pour elle, c'était quelque chose d'évident. Mais pour moi non, car alors j'associais les blogs à un mode de communication typiquement jeunes :-)
Quelques mois plus tard, un homme qui a, lui, quelques mois de moins que moi et venait d'ouvrir son blog m'a posé cette même question.
Entre temps, en passant de blog en blog, je m'étais aperçue que ce n'était pas une question de génération mais d'abord un nouveau mode de communication. Alors durant tout l'été et bien au delà, l'idée a fait son chemin...
Mais un blog cela suppose un cadre, un contenu et des limites.
Le cadre, le support, le suivi etc ...pas évident pour quelqu'un qui comme moi maîtrise assez mal l'outil informatique, alors Internet... Mais bon, de blog en blog, il apparût assez vite certaines constantes quant aux hébergeurs.
Le contenu? Un mot suffit en fait: impressions. Impressions à partir de photos, tableaux..., de citations, de textes en prose ou en vers… de musiques...avec peut-être des réactions à certains événements... en essayant de limiter, l'idéal étant même d'éviter les thèmes trop ouvertement personnel... ce qui amène aux limites de l'exercice.
Car c'est bien la "contrainte" du blog: dans ce que j'assimile à un journal intime, mais que l'on ouvre en fait de manière publique, comment trouver la juste distance pour écrire, décrire, communiquer?..
Un blog, cela a aussi un nom.
Plusieurs variantes autour du prénom Anna qui n'est en réalité pas le mien, me sont venues très vite à l'esprit. Anna? Non @nn@, ce pseudo que j'avais pris assez vite pour laisser des commentaires. Donc j'ai pensé à : « Journal d'@nn@ »
...qui renvoie à un véritable journal lequel, adolescente m'avait fort émue.
Mais ce titre risquait fort d'être déjà pris.
« @nn@ jour après jour » me plaisait bien aussi...
... à cause de ce film, sorti quelques temps avant "le scaphandre et le papillon". Sauf que je n'avais aucune certitude de l'alimenter chaque jour ce blog.
Il y avait aussi « @nn@ sur Loire », car ce fleuve, que l'on dit le dernier fleuve sauvage de France, même si je ne suis pas née sur ses bords mais à une centaine de kilomètres plus au nord, compte beaucoup pour moi...
Mais resterai-je toujours sur ses bords?..
Puis j'ai songé à ce mot: « kaléidoscope »... parce que c'est un mot qui chante à l'oreille et que j'aimais bien l'allusion à ce tube en apparence toute simple qui révèle des surprises colorées variables presque à l'infini.
Finalement, c'est en pensant à l'avatar, que l'idée m'est venue d'utiliser ce vers de Guillaume Apollinaire extrait de ce si court poème « le chat » qui figure dans "le bestiaire"
J'allais oublier, on peut considérer que un blog a une date de naissance: celle de la 1ère page. Pour certains elle n'a guère d'importance au dela du fait qu'ils font coïncider la 1ère page avec le début d'un mois. Tel n'est pas mon cas.
La 1ère page, aurait du ouvrir le 12 novembre. Elle aurait alors renvoyé à deux autres événements dont un certain 12 mai 2006. Que s'est passé pour moi ce jour-là? Une sorte de nouvelle naissance...
Et puis cet automne, le temps s’est écoulé beaucoup plus vite que je ne le pensais... et pour différentes raisons j'ai laissé passer cette date. L’hiver est arrivé, le printemps lui a succédé et avec lui la saison des iris, que j'aime tant, est revenue...
Nous sommes le 12 mai 2008.