mardi 15 mars 2011

"Le temps qu'il reste"

Une chanson découverte il y a quelques années, avant même qu'elle ne le quitte et qu'il ne s'aperçoive combien il tenait à elle, lui qui le montrait si peu, si mal.
Une chanson de Serge Reggiani qu'il ne connaît probablement pas et à laquelle je ne pourrai m'empêcher de penser lorsque tout à l'heure je l'appellerai pour lui souhaiter un "bon anniversaire" en ce jour où il "fête" es 87 ans.

lundi 14 mars 2011

Histoires d'hommes et de femmes (1)

La première histoire est fictive... quoique... car même si elle se situe quelques part aux Etats-Unis dans l'entre deux guerre, après la grande Dépression, elle a quelque chose d'universel.
C'est l'histoire d'une amitié improbable et pourtant tellement réelle entre deux hommes (Georges et Lennie) très différents qui partagent le même rêve, celui d'avoir une petite maison à eux, où ils pourraient travailler pour eux et vivre tranquillement. Mais la fatalité, le "fatum" est là, et ce rêve là ne se réalisera pas.

Il m'aura fallu des années pour arriver à lire "des souris et des hommes" ce très court roman d'environ 150 pages de John Steinbeck. A ma décharge, à peine au sortir de l'adolescence j'ai essayé de lire, sans jamais pouvoir l'achever, "les raisins de la colère" dans un vieille édition lu livre de poche où les yeux clairs d'Henry Fonda de la couverture contrastaient tant avec l'errance, l'éclatement et la déchéance de cette famille rurale broyée par la crise de 29.

Je n'aime pas la couverture de l'édition folio du livre "des souris et des hommes". Le détail d'un tableau de Thomas Hart Benton intitulé "the ballad of the jealous lover" qui a été choisi met l'accent sur la femme alors que ce qui importe c'est l'histoire de ces journaliers: George et Lennie, mais aussi les autres qui aspirent aussi à une autre vie sans oser y croire.
Et puis le trait est dur alors que le texte recèle de beaux moments poétiques comme tout au début avec la description de la rivière près de laquelle commence et finit le roman, mais aussi de la grange avant et après le meurtre accidentel de la femme de Curley par Lennie.
Le rêve et la poésie, éléments clés de ce récit... Ce n'est pas étonnant quand on connaît le point de départ du roman qui s'inspirerait d'un vers de Robert Burns : " The best laid schemes o'mice an'men gang aft a-gley" dont une possible traduction donnerait « Les plans les mieux conçus des souris et des hommes souvent ne se réalisent pas ».

dimanche 13 mars 2011

le hasard et la photographie

Les jours où le soleil se couche derrière la cheminée de l'ancienne raffinerie de la Beghin-Say sur l'île Ste Anne sont rares dans l'année, très rares même. Tout au plus 6 à 8. Et la probabilité qu'il fasse beau ces jours là diminue d'autant plus que cela se situe vers la fin de l'hiver ou de l'été, à des moments où la météo est en général instable. Si l'on y ajoute que dans l'appartement les pièces de vie sont orientées au sud-est, il était quasiment impossible d'assister à un coucher de soleil à ce moment.

Et pourtant, bien que ne vivant dans cet appartement que depuis un peu plus de 3 ans, c'est arrivé le 26 février dernier.
En fait j'ai juste eu le temps de faire un saut dans ma chambre pour récupérer l'appareil photo en songeant à ce film étrange de Kieslowski: "le hasard". Un film déroutant qui est bâti autour de 3 possibilités, trois destins: en Pologne, dans les années 60/70 un jeune homme après la mort de son père, veut prendre un train. Il a 3 possibilités:
- courir et l'attraper... et devenir un militant communiste
- courir et être empêché de monter dedans... et devenir un militant catholique
- ne pas courir, renoncer à le prendre et rester dans la ville qu'il voulait quitter pour y devenir un médecin qui refusera de s'engager aux côtés de quelque parti qui soit mais...

samedi 12 mars 2011

Mon rêve

Non, l'un de mes rêves... ça aurait été d'avoir une chevelure comme celle-là.

Seulement voilà, enfant ma mère n'a jamais voulu me couper les cheveux jusqu'à l'âge de 11 ans. Ils étaient donc très longs (je m'asseyais dessus) raides mais aussi rares, fins... en résumé: fragiles. Et les brosser correspondait à une séance de torture qui, même encore maintenant, fait que je déteste aller chez le coiffeur.
Du coup quand j'ai commencé à les perdre par poignées, peu de temps avant de partir en colonie de vacances, la décision a été prise: ils seraient coupés courts, très courts. Au point que le soir mon père en revenant le soir du travail m'a croisée sans me reconnaître.

Alors quand je vois de pareils cheveux... je rêve...

vendredi 11 mars 2011

Mot d'excuse

"Je suis en retard! Je suis en retard!!!" aurait dit le lapin blanc d'Alice.

Moi aussi dans la publication des billets. Mais moi j'ai une excuse: certains jours j'ai un chat qui surveille de très près le clavier...

et la souris... quand il n'a pas décidé de débrancher purement et simplement l'alimentation électrique en se retournant pour changer de position lorsqu'il dort collé au PC!

jeudi 10 mars 2011

Journée internationale de la Femme ou quelques chiffres qui fâchent

C'était il y a deux jours la "Journée internationale de la Femme". Une de plus! Et, non, il n'y en a pas pour chaque journée de l'année même si parfois, pour certaines, la perplexité peut être de mise.
Donc c'était la journée de la femme avec son lot de chiffres et témoignages divers, qu'ils concernent la France ou le monde entier. Ce jour là, l'idée première était de publier quelques chiffres très hexagonaux. Et puis le projet est devenu autre: rendre compte d'une micro exposition qui a eu lieu dans une galerie marchande nantaise. Mais chaque chose en son temps.

Voici les chiffres dans lesquels, moi la ménagère de plus de 50ans, je me retrouvais assez bien durant les quelques années qui ont précédé ce cap... sans cependant vouloir me l'avouer.

Qui fait les courses?44%: la femme, 41%: l'homme, 15%: autant l'un que l'autre
Qui fait la cuisine? 64%:la femme 24%:l'homme 12%:autant l'un que l'autre
Qui fait le ménage?: 64%:la femme 32%: 4%:autant l'un que l'autre
Qui s'occupe des enfants?: 62%:la femme 36%:l'homme 2%:autant l'un que l'autre

Et encore s'agit-t-il de rubriques très généralistes car des variations très importantes auraient sans doute été relevées dans la rubrique "enfants" entre les devoirs, les soins médicaux (souvent très féminisé), les activités sportives. Idem entre le ménage entre le lavage de la vaisselle et l'entretien du linge (chasse gardée des femmes pour ce qui est de la lessive). De plus ces données très généralistes ne prennent pas en compte la durée de vie en couple et le nombre d'enfants...

Allez, fin de la page féministe limite "chiennes de garde" car il y a des choses plus graves que ces broutilles de la vie quotidienne.

mercredi 9 mars 2011

Pierre Perret et les femmes (2)

Pour toutes les Lily de France et d'ailleurs qui ont un jour découvert que dans le pays qui se dit celui des libertés la marge est parfois grande entre les principes et la réalité.

mardi 8 mars 2011

Pierre Perret et les femmes (1)

Certain(e)s trouveront que c'est une drôle de manière de célébrer le 8 mars. Mais le 8 mars ce n'est pas seulement célébrer les acquis c'est aussi montrer que pour certaines le chemin est encore long avant de pouvoir vivre libre.

lundi 7 mars 2011

Souvenirs d'une balade dominicale (2)

Avant et après la fleur de magnolia d'hier, il y a eu matière à réaliser plusieurs photos.

La 1ère surprise est venue du passage mythique: le passage Pommeraye où faute d'utiliser l'entrée nord, je n'avais jamais remarqué les deux sirènes qui ornent le frontispice.

De retour dans la rue en contrebas, la rue de la Fosse, c'est une curieuse enseigne qui a arrêté le regard. Serait elle jalouse de cette boutique chocolatier-confiseur, située quasiment en face: Gautier-Debotte.

Puis remonter cette rue pour éviter les recoins peu aimables du dos de la place du Commerce pour lui préférer la place royale d'où l'on a une belle vue sur la flèche de l'église St Nicolas.

Nouveau détour pour, cette fois-ci essayer d'emprunter le "passage Sainte croix" récemment aménagé près de l'église du même nom . Hélas, il semble bien fermé le dimanche. Alors ce sera l'église elle même avec son inhabituel clocher en forme de campanile qui sera visitée, le temps de remarquer le jolie couleur qui y règne grâce à la lumière qui traverse les vitraux à dominante bleutée.

Beaucoup plus loin, sur le chemin du jardin des plantes, ce sont les fenêtres ouvragées et les cheminées du château qui inciteront à s'arrêter quelques instants.

La moisson d'images fut de piètre qualité au jardin des plantes: végétation peu fournie et surtout mauvais réglages de l'appareil. Alors il a fallu se rabattre sur la faune: les canards, poules d'eau, pigeons et canards qui ont trouvé là abris et nourriture.

Pour finir, après une petite pointe vers cette église un peu excentrée qu'est Saint Clément, une église plus sombre, avec une chaire en bois sombre sculptée d'où Moïse encourage les fidèles, sous le regard perplexe de deux autres personnages qu'il n'a pas été possible d'identifier.

Saison hivernale oblige, la lumière commençait à beaucoup baisser. A cinq heure il juste le temps de fixer dans la mémoire de l'appareil la face ouest de la cathédrale avant de rentrer boire une boisson chaude accompagnée puisque c'est de Nantes qu'il s'agissait: ... de chocos BN

dimanche 6 mars 2011

Souvenirs d'une balade dominicale (1)

En ce dimanche, difficile de résister à l'appel du soleil.
Objectif: le jardin des plantes où sont exposées en plein air des aquarelles qui célèbrent les plantations exotiques et notamment les magnolias qui ont été introduits en France (et peut-être même en Europe) il y a 200 ans de cela, via le port de Nantes. Des plantes dont l'exemplaire original a longtemps végété avant de croitre et embellir une fois en pleine terre. Mais cette fleur là ne provient pas de lui, ni même de sa descendance.

Cependant il fait très froid. Alors on se contente de quelques images prises rapidement avec un appareil photo qui donne souvent des images floues. Au fait, n'aurait il pas été lui aussi refroidi par la bise glaciale venue de l'Est?

samedi 5 mars 2011

"Erbarme Dich, mein Gott"

Stéphanie Blythe dans "la Passion selon St Matthieu"

Un des airs (j'ai failli écrire prière) qui malgré de multiples écoutes me bouleverse toujours autant. Sans doute à cause de l'immense douleur que l'on sent contenue dans la musique, toute en retenue et qu'il est difficile de "suivre" sans respirer au même rythme que l'interprète, notamment quand ce dernier se met à l'unisson, sans jamais forcer sa voix.

Et pour les non germanistes, une possible traduction, celle qui figure sur le livret du CD que j'ai:
"Aie pitié de mes larmes, ô mon Dieu!Grâce! Regarde mon coeur et mes yeux versent des larmes amères devant toi!

vendredi 4 mars 2011

été 2006 - Fumel

Fumel est une commune d'un petit peu plus de 5 000 habitants située dans le département du Lot-et-Garonne. Plus que le site industriel typique des activités du 19ème centrées sur la métallurgie, c'est son château qui a donné envie de s'y arrêter.

On accède au château (où est actuellement installée la mairie) par une belle allée où les arbres se rejoignent au dessus des têtes en formant une voute rafraîchissante.

Le château actuel (classé monument historique en 1951) a désormais un style italien qui n'a plus rien à voir avec le château tel qu'il existait du temps de la guerre de 100 ans. En fait il ne reste plus de cette époque qu'une belle voute de pierre où il fait bon s'installer les jours de grosse chaleur.

Mais on peut aussi se promener dans le jardin qui abrite de beaux cèdres du Liban et où, dans une niche aménagée sous l'un des escaliers qui mène à une terrasse, se trouve la statue d'un renard, une manière de rappeler que l'un d'entre eux se serait réfugié là pour échapper aux chasseurs.

C'est de cette terrasse que l'on la plus belle vue sur le Lot et notamment un ancien moulin.




jeudi 3 mars 2011

Pour les amoureux des chats

Depuis environ deux mois, ils défilent sur le côté du blog, au rythme d'à peu près un tous les jours. Retour sur quelques uns d'entre eux.

Il y a les dormeurs. Normal de les citer en premier puisqu'un chat est réputé dormir 70% de son temps







Une partie du temps qui reste est consacré à l'alimentation... quitte à rappeler à l'ordre les maîtres et maîtresses












Mais aussi à l'exploration du territoire, en n'hésitant pas si besoin est à faire preuve d'une souplesse toute ... féline dans les exercices d'étirement

mercredi 2 mars 2011

Communication

L'histoire d'Elise/Suzanne, qui n'a jamais trouvé quelqu'un pour l'aimer, l'écouter... au delà de ses silences, des apparences sous lesquelles elle se protégeait, incite à ressortir ce texte trouvé lors d'un voyage effectué il y aura bientôt 5 ans et qui garde toute son actualité:

"Entre

Ce que je pense
Ce que je veux dire
Ce que je crois dire
Ce que je dis
Ce que vous voulez entendre
Ce que vous entendez
Ce que vous croyez comprendre
ce que vous voulez comprendre
Et ce que vous comprenez

Il y a neuf possibilités de ne pas s'entendre."

mardi 1 mars 2011

"les collines rouges" de Dodo & Ben Radis

Ces deux auteurs là, je ne les connaissais pas avant le printemps dernier où un blogueur qui avait rapproché "Lulu, femme nue" de Etienne Davodeau de ce roman/BD, m'avait incitée à l'acheter. Puis à le dévorer pour comprendre ce qui avait bien pu se passer et que taisait la plupart des commentateurs. Ce que je ne ferai pas. Voici donc une sorte de résumé de ce livre où la part consacrée à la bande dessinée est vraiment minoritaire, c'est pourquoi il n'y aura que deux dessins pleine page pour illustrer ce billet.

"les collines rouges", c'est l'histoire d'Elise qui part en plein hiver s'installer (ou plutôt s'enterrer) en Provence, dans un cabanon au milieu des vignes, avant, l'été venu, de renaître petit à petit, notamment après sa rencontre avec Chris. Mais le bonheur est un mot qui n'existe pas pour elle car après un fait-divers atroce (le viol et le meurtre d'une petite fille) Suzanne que tous croyaient morte réapparaît. Elise et Suzanne disparaîtront à jamais quelques mois après le procès.

Il y a longtemps que je n'avais pas lu un livre aussi désespérant, à l'opposé de l'histoire de Lulu. Sans doute est-ce pour cela qu'il m'a fallu autant de temps pour l'achever. Mais il est vrai que je connaissais la fin de l'histoire puisque j'avais feuilleté la seconde moitié et surtout lu les dernières pages qui ne m'ont qu'à moitié surprise car la fin de l'histoire -à la fois horrible et très poétique- est d'une certaine manière inscrite dans l'extrait qui suit:

"(...) Cela fait bientôt huit mois que je suis là. Aujourd'hui une question a cavalé toute la journée dans ma tête. Ce soir, elle y trotte encore/ et si je passais ma vie en prison? Curieusement, cette idée ne m'effraie pas. Enfin, c'est ce que je ressens maintenant mais si ça devait arriver, vraiment se produire, peut-être aurai-je peur. Pour le moment, ma seule vrai peur, celle qui me tracasse sans me laisser de répit, est de rentrer à la maison. Je veux dire chez Henri. Chez eux. Dans le nouvel appartement. Et ce n'est pas le lieu qui me fait le plus peur. C'est moi dans ce lieu. Avec eux.(...)"