mercredi 14 mai 2008

Les passantes… et Georges Brassens

Le tableau de « la jeune fille à la perle » c’est l’un de ces petits instants d’éternité qui affleurent dans certaines rencontres ainsi que le chante si bien Georges Brassens dans: « les passantes », qui figure notamment dans ce disque.

Pour beaucoup, moi la première, il en était l’auteur/compositeur/interprète. En réalité il n’en a été « que » l’interprète ainsi que je l’ai su via un commentaire publié sur Internet par
spersyn@pratique.fr « si je prends la peine de prendre ma plume pour dire que le poème des Passantes chanté par Georges Brassens, n'a en fait pas été écrit par Brassens, mais par un auteur jusque là inconnu, nommé Antoine Pol. Georges Brassens l'a trouvé dans un de ces établissements de droits d'auteurs (je ne sais plus comment ça s'appelle), et a trouvé ce poème. Il a alors demandé à l'auteur, Antoine Pol, l'autorisation de mettre ce poème en musique... Il a accepté Ils avaient pris rendez-vous un mois plus tard, car Brassens voulait le rencontrer... Antoine Pol est décédé (de vieillesse) une semaine avant qu'ils se rencontrent. L'un des grands regrets de Brassens, fut de ne jamais avoir connu cet homme »
Bien qu'étant une femme je ne me lasse pas relire ce texte, avec lequel la musique s'accorde si bien,
sans doute parce que, sans me l'avouer vraiment jusqu'à ce jour, j'ai souhaité être l'une de ces femmes:
Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré la main
A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulut rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant
Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir
Ainsi la rencontre entre Antoine Pol et Georges Brassens n'a pu avoir lieu. Celle de Henri-Pierre Roché et de ...mais je vais trop vite

2 commentaires:

Didier Agid a dit…

L'histoire des Passantes est encore plus belle : Brassens faisait les bouquinistes. Il repère ce poème d'Antoine Pol. Il demande à son secrétaire et ami Pierre Onténiente dit "Gibraltar" de retrouver cet Antoine Pol. Gibraltar ne le trouve pas, mais Antoine Pol, lui (hasard ?), écrit à Brassens sur un tout autre sujet. Brassens en profite pour lui demander l'autorisation de mettre son poème en musique, ce que l'autre, ravi, accepte. Brassens écrit le musique (à mon avis l'une de ses plus belles) et, dès la chanson enregistrée,l'envoie à Pol... il était mort depuis deux jours...

@nn@ a dit…

J'avais lu sur le net des éléments par rapport à cette histoire. Le plus difficile étant de s'assurer de la fiabilité de la source, l'information au fil de ses reprises étant bien souvent déformée, j'avais préféré renvoyer aussi au lien
Merci donc pour ces précisions.

Pour moi aussi c'est l'une des plus belles partitions que M. Brassens ait écrite (mais j'ai aussi une grande tendresse pour "à l'eau de la claire fontaine)

Il y a effectivement d'étranges "hasards" qui font que des rencontres se font à certains moments... même si dans le cas présent elle n'a pu avoir lieu effectivement.