vendredi 16 mai 2008

Jules, Jim … et Kate

Si la rencontre entre Georges Brassens et Antoine Paul n’a pu se faire, François Truffaut a eu lui l’occasion de rencontrer Paul-Henri Roché, cet écrivain tardif (son 1er roman a été écrit alors qu’il avait 74 ans) dont il a porté à l’écran deux oeuvres: « Jules et Jim » mais aussi ce qui apparaît comme son pendant féminin avec un homme partagé entre deux femmes: «deux Anglaises et le continent» Un résumé de « Jules et Jin » pourrait donner ceci : Il était une fois deux amis, Jules, un Allemand et Jim , un Français qui tombèrent amoureux en même temps d’une femme : Kate. Si elle épousa Jules dont elle eut une petite fille, après quelques années de mariage, Jules qu’elle avait épousé, lorsqu’il sentit qu’elle lui échappait, la poussa dans les bras de son ami Jim. « Le tourbillon de la vie » http://www.dailymotion.com/relevance/search/le%2Btourbillon%2Bde%2Bla%2Bvie%2B/video/x4amsr_le-tourbillon-de-la-vie-jeanne-more_music que chante Kate ne durera qu’un temps car ne supportant pas que Jim lui échappe Kate l’entraînera dans la mort. Et si le livre et le film s’appellent « Jules et Jim » c'est parce qu’il y est beaucoup question d’amitié entre deux hommes assez différents, tant physiquement que psychologiquement et qui auront peur, durant toute la guerre de 14/18, de se tuer l’un l’autre. Mais il aurait pu aussi bien s’intituler « Jules, Jim et Kate » ou tout simplement « Kate » en hommage à ce fascinant portrait de femme donné par Paul-Henri Roché et repris par François Truffaut, qui a cependant donné une fin différente à son film.

S’il ne fallait garder qu’une scène de ce film, ce serait celle où Kate, déguisée en Kid moustachu, fait la course avec Jules et Jim sur un pont.

Cette scène est très révélatrice de la personnalité de Kate. Elle va gagner la course en trichant puisqu’elle démarre avant eux. Ils ne la rattraperont pas parce qu’elle aura toujours une longueur d’avance sur eux. Au sens propre comme au figuré. On n’attrape pas Kate, on ne la possède pas.

Insaisissable Kate qui aura pour moi toujours les traits de Jeanne Moreau, si belle lors de leur première rencontre...

... qui voit les voit atteindre leur rêve, cette femme idéale dont ils avaient d’abord dessiné le visage à la craie sur une table d’un bistrot avant d’aller voir une statue qui lui ressemblait beaucoup sur une île grecque. Un rêve de craie, devenue rêve de marbre, puis rêve de chair, si proche mais qui leur restera insaisissable à jamais...

Jeanne Moreau, éternelle Kate. Tout Louise Brooks restera à jamais « Loulou ».

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