samedi 15 janvier 2011

"un prénom pour toujours"

C'est le titre d'un livre écrit par un sociologue au CNRS et un démographe à l'INSEE qui avaient travaillé sur les prénoms usuels, leurs heures de gloire, leurs éclipses, leur côte d'alors et leurs chances à venir. L'une des idées alors exprimées c'est qu'un prénom avait un cycle de vie, en résumé: pionnier, dans le vent, conformiste, démodé... avant de redevenir dans le vent.

D'une certaine manière, on pouvait presque dire après avoir lu ce livre: "Dis moi quel est ton prénom, je te dirai ton âge, et peut-être même le milieu et la région dont tu viens".
En effet, du côté des prénoms masculins, si les Jean ont bien souvent entre 70 et 80 ans, les Michel affichent 10 ans de moins. Et les Philippe qui ont la cinquantaine sont les pères de jeunes adultes qui répondent aux prénoms de Thomas ou Mathieu (toutes orthographes confondues). Les choses sont un peu moins simples du côté des femmes car il y a souvent eu une plus grande diversité dans les prénoms féminins, même si les Monique sont bien souvent nées dans les années 40 et les Françoise dans les années 50...et les Emilie vers 1985.
Quant au milieu social, la probabilité est faible de trouver un Geoffroy ou une Aliénor dans les milieux ouvriers où se retrouvent par contre souvent les prénoms inspirés des séries américaines. Et pour ce qui est de l'origine géographique, malgré les mouvements de population, la probabilité est forte de trouver une Yves né en Bretagne quand une Mireille a vu le jour dans le Sud-est de la France.

Et maintenant? Force est de constater que les auteurs de ce livre publié il y a bientôt 25 ans avaient raison. Ils prévoyaient le retour des prénoms "à la mode" il y a 100 ans. Et le récent palmarès des prénoms nantais leur donne raison avec un engouement pour les prénoms anciens tels que chez les garçons, plein de Lucas, Hugo et Jules tandis que chez les filles il y a pléthore de Camille, Emma et Louise.
Et demain? Si je me fie aux prénoms les plus donnés il y a 100 ans, on devrait voir le retour des Jean, André et Pierre (quoique ce dernier soit un "classique") et des Jeanne, Marie (un "classique" là encore) et Simone

2 commentaires:

verveine a dit…

Encore que Simone soit très connoté par rapport aux Jeanne...
Mais ton livre a bien analysé les cycles des prénoms et ma famille en est un parfait exemple: ma soeur de 1979 s'appelle Emilie, et je me rends compte que je n'ai pas fait preuve de beaucoup d'originalité pour le prénom de mon fils (dans mon quartier je ne m'en rends pas compte!)
Pour l'anecdote (et peut-être une tendance à venir...) une de mes collègues m'a parlé d'une petite Clitorine (orthographe à vérifier) fréquentant sa classe. Gloups!

@nn@ a dit…

Exact Verveine, Simone est beaucoup plus connoté que Jeanne - le prénom de ma belle-mère née en 25 et de ma soeur née en 48 mais appelée ainsi parce que mes parents espéraient un petit Jean, comme mon père)
Je plains la petite "Clitorine"
J'ai eu l'occasion de croiser dans une classe assez populaire une "Trifine" et une "Phéline"... et vu dans mon boulot un Tarzan (dont les parents appartenaient à la communauté des gens du voyage)