jeudi 13 août 2015

Quelques mots sur "Il meurt lentement..."

Ce poème découvert il y a des années de cela, via un diaporama transmis par une collègue de travail en guise de voeux de "Bonne Année", des mots signés: Pablo Neruda. De mots lus et relus sur le Net avec toujours la même signature...

"Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.
Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre, celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement celui qui devient esclave de l'habitude refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère, ne se risque jamais à changer la couleur de ses vêtements ou qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions, celles qui redonnent la lumière dans les yeux et réparent les coeurs blessés.
Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour, celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves, celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant ! Risque-toi aujourd'hui ! Agis tout de suite ! Ne te laisse pas mourir lentement ! Ne te prive pas d'être heureux ! 
... mais aucun ouvrage de référence. Et pour cause, il s'agit de ce que certaines personnes ont appelé un "Hoax" littéraire.



L'original de « A Morte Devagar », le titre portugais du texte ci-dessus  a été publié le 1er novembre 2000 sur la page Web brésilienne "Bacaninha" sous la signature de Martha Medeiros. On peut donc légitimement penser que, puisque c'est elle qui l'a mis en ligne, elle en est l’auteur. Seulement voilà, le texte a commencé à circuler sur Internet via les fameuses "chaînes" en tant que poème de... Pablo Neruda. Et depuis, il tourne, tourne...
Quand au texte original, il ne figure dans aucun recueil de Pablo Neruda... mais semble t il dans aucun des ouvrages publiés par Martha Medeiros. Alors...

2 commentaires:

Hadrien des Ombres a dit…

D'après ce que j'en sais, c'est de Martha Medeiros et pas de Neruda.
Mais je suis loin d'être spécialiste

@nn@ a dit…

Je suis quasi certaine qu'il s'agit effectivement d'elle. Il y a trop d'éléments connus quant aux conditions d'apparition du texte.
Mais dans ce cas, comme je doute fort que personne ne lui ait signalé que ses mots sont désormais attribués à Neruda. Pourquoi ne pas avoir chercher à rétablir la vérité en les publiant?