jeudi 7 juillet 2011

Victorine Meurent: peintre oublié

De Victorine Meurent on n'a retenu, notamment en France, qu'une image, celle du modèle d'Edouard Manet. Et c'est via une phrase, noyée dans la liste des oeuvres où elle apparaît que l'on apprend qu'elle a aussi été peintre et a même exposé au Salon de Paris. Heureusement, il semblerait que la rumeur qui voulait qu'elle soit morte jeune, alcoolique (voire prostituée) soit désormais éteinte.

Pour en savoir plus sur elle il faut explorer des sites anglo-saxons. On y apprend:
- qu'elle est née le 18 février 1844 et morte le 17 mars 1927
- que ses parents étaient des artisans et qu'elle a commencé à poser à 16 ans auprès de Thomas Couture chez qui Manet était alors apprenti
- que Manet a peint son premier portrait d'elle, sous les traits d'une chanteuse de rue qui mange des cerises, en 1862 et le dernier, "le chemin de fer", en 1873
- qu'entretemps elle était partie vivre quelques années aux Etats-Unis mais aussi et surtout elle avait pris des cours de peinture
- qu'entre 1876 et 1904 elle a elle-même exposé à 6 reprises au Salon de Paris, mais qu'une seule de ses oeuvres ("le jour des Rameaux") a été identifiée et fait partie des collections de la ville de Colombes (Hauts de Seine) où elle avait fini par s'installer avec une compagne.
C'est de cette époque que date ce pastel réalisé par un de ses amis qui l'a représentée avec une guitare, un instrument dont elle savait jouer, tout comme du violon. On est alors bien loin de la jeune femme sure d'elle qui, 20 ans plus tôt, et bien que nue au milieu de personnage(s) habillé(s) regardait avec aplomb Edouard Manet... et au delà de lui les spectateurs

2 commentaires:

caphadock a dit…

Ah si on pouvait retrouver les toiles de tous ces peintres inconnus !

@nn@ a dit…

Toutes, Caphadock, j'en doute.
Mais quelques unes pourquoi pas. La seule limite, qu'elles aient été acquises par un Musée qui les aura classées avec une identité erronée, comme cela a été le cas pendant des années pour Georges de La Tour.
Chez des particuliers, le risque est plus grand que l'oeuvre ait été considérée comme une "croûte" et mise au rebut par les héritiers