samedi 24 décembre 2011

Les spécialités nantaises sucrées

Non il ne sera question des biscuits qui sortent des usines LU ou de celles de la B.N. parce que ni les uns ni les autres ne correspondent réellement à des spécialités nantaises. Idem pour la fouace et les bottereaux. La première (qui ailleurs en France peut aussi s'orthographier fouasse) parce qu'elle est plutôt vendéenne. Et la seconde parce qu'elle n'est jamais que la variante locale du beignet qui ailleurs prend un autre nom, comme celui du bugne dans le pays de Lyon.

Non, je parlerai tout d'abord ici du "petit Mouzillon".
C'est un petit biscuit peu sucré et sans matière grasse qui remplace avantageusement les boudoirs et autres biscuits à la cuillère lors des vins d'honneurs au Muscadet ou au Champagne.
Son histoire commence en 1948 quand un boulanger de Mouzillon recueille un "cherche-pain" affamé et malade. Après 3 mois de convalescence, ce dernier fait don au boulanger, pour le remercier de son hospitalité, d'une recette de biscuit.
Depuis cette date, la fabrication de ce biscuit a quasiment toujours eu lieu dans le Sud-Loire de la Loire-Atlantique. Mais pour combien de temps? En effet, il s'en est fallu de peu il y a quelques années pour que la seule entreprise qui les fabriquait n'arrête cette activité sans trouver de repreneur.

Et puis il y a le "gâteau nantais".
Présupposé pour l'apprécier: aimer les amandes, le rhum (reste du commerce négrier?) et les gâteaux avec un glaçage très sucré. Une particularité en ce qui le concerne: non seulement il se conserve plusieurs semaines (au frais) mais il est très conseillé de ne le consommer que un ou deux jours après sa confection afin que le rhum le parfume pleinement.
A noter que ce dessert haut de gamme servi au XVIIIème siècle par les maîtresses de maison tenant salon, avait fini par sombrer quelque peu dans l’oubli jusqu’à sa relance par la biscuiterie LU, de 1910 à 1972. Depuis, les gourmand(e)s de passage à Nantes pourront en acheter la version industrielle -plus qu'honorable- sous la marque « Le Monarque ».

Et pour finir, je conclurai avec deux "bonbons": les berlingots et les rigolettes nantaises.
Qu'est ce qui différencie le "berlingot" - qui serait une "copie" berlingozzo, un bonbon italien au caramel- du de Nantes de celui de Carpentras? Peut-être les rayures blanches, bien que les vrais amateurs ne jurent que par les berlingots qui n'en comportent pas, parce que les uns et les autres ont cette même forme de tétraède.
Moins connue mais tout aussi jolie et plus fine: "la rigolette" dont l'histoire doit être contée. En 1902, un épicier, Charles Bohu, a l’idée de commercialiser dans son magasin situé rue de la Marne une coque de sucre fourrée de pulpe de fruits (ananas , cassis, citron, framboise ou mandarine). Quel nom donner à cette friandise? M. Bohu aime l'opéra et particulièrement Verdi puisqu'il a appelé sa chatte "Rigolette". Un nom qu'il reprend pour ce bonbon. Le succès de cette friandise onctueuse sera tel qu’en 1930 le magasin sera transformé en confiserie, avec une superbe façade de mosaïque bleu et or, qui, elle, existe toujours et fait désormais partie du patrimoine nantais.

2 commentaires:

verveine a dit…

Mmm, je ne connaissais pas le gâteau nantais et je crois qu'il a tout pour me plaire! Je vais aller faire un tour sur le net pour trouver sa recette!

@nn@ a dit…

Attention, la vraie recette est très typée car elle contient beaucoup de rhum.
C'est ce qui fait son charme, sa force... et sa faiblesse car il est de ce fait déconseillé d'en donner aux enfants (en admettant qu'ils aiment)