samedi 29 août 2009

Nancy

7 heures après avoir quitté Nantes, traversé à l'est de Paris les mornes plaines de la Brie (et encore était-ce sous un soleil!) et longé le parc régional de Lorraine (retour des collines boisées ou couvertes de vigne) le moment était venu de plonger dans le coeur de Nancy encaissé entre des collines.
Et là une très agréable surprise: c'est une ville qui a beaucoup de charmes. Sauf que... Sauf que en moins de 24 heures (dont beaucoup de démarches administratives) il était impossible de songer faire de tourisme autre que de déambuler dans les rues (exit donc le Musée Lorrain ou celui des Beaux-Arts -avec des oeuvres de Claude Gelée dit le Lorrain ou de Jacques Callot- ou la Villa Majorelle, le père de celui qui a réalisé la ville Majorelle à Marrakech)

En vrac, pour le plaisir des yeux:
- la place Stanislas... Superbe! En plus sous le soleil, les ors des différentes grilles qui ponctuent les différents coins de cette immense place resplendissaient. En voyant certaines vues plus aériennes de celle-ci, il a été difficile, avec les petites silhouettes des touristes, de ne pas penser à certaines vues de Canaletto ou de Guardi.
Mais aussi
- les beaux immeubles avec une décoration de type "art nouveau" ... Bon d'accord, c'était un peu prévisible vu mon attirance pour l'art nouveau et les oeuvres de Mucha. Près de l'école des Mines, il y a notamment une "villa des glycines" hélas pas prise en photo à cause des voitures ventouses.
- et même les autres immeubles avaient ces couleurs que j'aime et que je qualifie de "couleurs pâte d'amande" avec des fenêtres et des volets plutôt de style italien... J'ai cru revoir la grand rue de Salzbourg, à moins que ce ne soit celle d'Innsbruck? Ne manquaient que les cascades de fleurs comme en Alsace en Suisse ou dans les pays alpins germaniques.

Et puis il y a la gastronomie.
J'ai déjà une peu parlé des bonbons à la Bergamote où le sucre est cuit et parfumé avec des essences de bergamote. Cette tradition remonte à René II de Lorraine qui était également roi de... Sicile, île dont le climat est particulièrement propice à la croissance des bergamotiers. Tout s'explique alors parce qu'effectivement ce type d'agrumes n'est pas vraiment adapté au climat lorrain.
Mais il y a aussi les macarons, au moins aussi fragiles (et bons) avec leur pâte à base d'amande et de meringue que les petits macarons de chez Ladurée ou Larnicol.
Et puis les produits à base de mirabelle. Ah les mirabelles!!!
Pour faire saliver les gourmands: voici les 3 menus partagés ce soir là dans un restaurant de la grande rue:
En apéritif, des "kirs" lorrains (du vin blanc, sans doute de Moselle, avec un peu de liqueur... de mirabelle. Puis il y a eu en entrée soit une quiche lorraine (avec le VRAI "appareil à quiche" fait à base de crème et d'oeufs sans aucune farine!), soit des escargots -la bourgogne n'est pas loin- aux mirabelles soit une salade au munster (au moins aussi bonne que celle au chèvre aux gens du sud de la France). Pour le plat principal, le mignon de porc... aux mirabelles a eu plus de succès que l'andouillette sauce au vin gris (qui sera à tester une prochaine fois, tout comme le vin jaune). Puis en attendant le dessert une petite tranche de jeune munster (oh ils l'ont piqué à leurs voisins alsaciens!) avec un peu de cumin. Et pour le dessert, les gourmands ont fait tourner les assiettes histoire de pouvoir tout goûter: le nougat glacé + coulis de ... mirabelles, la tarte... à la mirabelle et la crème brûlée... à la bergamote.

En clair, il n'est pas du tout exclu que dans les années à venir, il y ait des trajets Nantes/Nancy, et pas que pour rencontrer le fiston mais aussi pour le plaisir de l'oeil et du palais...

8 commentaires:

caphadock a dit…

Quel dommage de n'avoir vu le musée des beaux arts très très riche

@nn@ a dit…

Vu le peu de temps qu'y a duré notre séjour (on est arrivé le jeudi à 15 heures et reparti le lendemain à 14... et entre temps il y a eu toutes les formalités et courses pour installer le fiston) les Musées, il n'y avait hélas guère le temps pour les visiter Caphadock.
Mais la 1ère impression a été très bonne et comme Nantes et Nancy sont reliées par le TGV (enfin il faut prendre une navette) et qu'entre 3h30 de train et 7 heures de voiture, je n'hésite pas trop...

arletteart a dit…

Belle découverte et Mucha bien sûr , il y a une rétrospective en ce moment au musée Fabre de Montpellier ainsi q'un fonds important à Nice

caphadock a dit…

Quelle chance pour moi c'est 9 heures de train ou de voiture. Nancy vaut vraiment le coup j'ai pu il y a trois ans y passer un weekend pour le sport mais en dehors du stade quel plaisir. Depuis j'ai toujours un article que je vais sans doute passer bientôt le temps de parfaire mon histoire de la ville.

verveinecitron a dit…

Mmm! Tout cela me fait saliver, moi qui adore les mirabelles...(voir mon billet d'aujourd'hui, quel hasard ;-))

Et merci pour toutes ces informations sur la bergamote... et l'art nouveau dont j'ignorais qu'il avait bonne place à Nancy. En revanche j'adore les émaux de Lorraine, au bleu si particulier.
Malheureusement, ma tirelire ne me permet pas encore d'en posséder...

@nn@ a dit…

* Il faudra Arlette que je retienne l'idée du fonds Mucha à Nice car je n'ai pas vu d'exposition qui lui soit consacrée depuis ... au moins 25 ans

* Je pense caphadock que dans les deux années à venir je ferai effectivement quelques séjours à Nancy mais, même si la neige c'est très joli, en évitant les mois d'hiver et aussi eux d'été car quand on est habituée à un climat de type océanique, la chaleur continentale est parfois dure à supporter.

* Merci verveinecitron pour cette référence aux émaux de Lorraine au bleu particulier car c'est quelque chose que j'avais remarqué, ces fréquentes références au bleu dans la décoration des maisons (notamment sur les ferronneries des balcons) et tout en ayant pensé au couleur du drapeau lorrain, je me demandais d'où ça venait.

Jean a dit…

C'est un très grand plaisir de lire ce magnifique texte !
Beauté , sensualité , bain de VIE .

@nn@ a dit…

D'ici quelques temps Jean, j'essaierai de déposer quelques unes des photos que j'ai faites lors de cette visite express.
Assez peu en réalité car les hommes qui m'accompagnaient ne sont pas d'une humeur très photographique (chez nous ce sont plutôt les femmes qui sont derrière l'objectif) alors qu'en pareil cas il faut savoir se laisser porter au hasard des rues, les yeux et les oreilles grands ouverts... et les papilles prêtes aussi aux expériences car j'ai oublié de parler du marché central...