dimanche 26 avril 2009

les rappeurs et les femmes

Il y a une semaine, tout en préparant les grandes lignes de billets sur Miyazaki, il y a eu la découverte tardive, car le buzz concernant un rappeur* originaire de Caen datait de fin mars, des paroles d'un de ses clips. Un texte plus que difficile à accepter.

Fallait-il ou non interdire la programmation de ce rappeur au printemps de Bourges, demander la suppression sur youtube et dailymotion du clip, annoncer une modification des textes relatifs à l'incitation à la haine ...

Depuis, le concert a eu lieu hier soir (sans la chanson qui ne figure d'ailleurs sur aucun des CD du rappeur), le clip est toujours visible sur le net avec une vague mention relative au caractère susceptible de choquer des paroles. Quant à la modification législative, une fois la pression médiatique retombée, elle suivra les méandres habituels des textes législatifs...
Et puis le mouvement féministe "les chiennes de garde" a lancé un concours de textes de chansons pour "répondre par l'humour à ceux qui incitent à la haine contre les femmes".

Et sur Nantes, la semaine dernière, un autre rappeur* à cause d'un titre où il est question de "pétasse" (qui, lui, figure sur son premier album) a eu droit à une interview dans la presse locale. Il reconnait qu'il ne ferait pas écouter ce titre à son fils.
Il ajoute aussi: " On parle du respect de la femme, mais à voir certaines publicités avec des meufs, je m'interroge. Si c'est cela le respect, nous n'avons pas la même vision des choses."

Alors...
Alors, plutôt que de se fâcher au sujet de la diffusion (ou de l'interdiction) de ces textes**, ne faudrait-il pas plutôt s'interroger sur ce qui a pu conduire de jeunes auteurs à les écrire et qui renvoie à quelque chose d'au moins aussi dérangeant que les paroles elles-mêmes: l'image de la femme et les relations homme/femme dans la société.



* c'est volontairement que les noms des rappeurs et les paroles de leurs textes ne seront pas cités
** qui, pour reprendre l'expression d'un internaute, "sont fort éloignés de Baudelaire", et ne m'ont pas convaincue d'ajouter le moindre CD de rap à ma discothèque

5 commentaires:

michelgonnet a dit…

Un billet dont je partage l'essentiel (sourire)
Merci de l'avoir écrit.

Jean a dit…

Comme vous, je suis sidéré par l'existence de textes pareils ...et par leur diffusion à la radio !
L'Etat dépense des fortunes dans l'Education Nationale ...et permet ensuite que les rares valeurs enseignées (ou qui devraient être enseignées ) à l'école soient démolies ensuite ainsi .
Les jeunes sont bien plus sensibles à ce genre de "chants " qu'à des leçons de morale .

Caillou blanc a dit…

Je mets mes pas dans ceux de Michel et de Jean... et de vous! Amitié.

Wakaleheza a dit…

L'homme, la femme c'est l'éternel débat, un éternel combat! Mais sachant que dans le monde, la plupart des enfants (filles et garçons confondus) sont élevés par des femmes, mes questions sont les suivantes : quelle image la femme donne-t-elle d'elle-même et des autres femmes à ces jeunes qui grandissent pour traiter la femme ainsi ? D'ailleurs est-ce que l'éducation que la femme donne à ses enfants a un impact important en fin de compte? Quelle part de responsabilité l'homme est-il prêt à assumer dans l'image négative véhiculée sur la femme?

Peace
Wakaleheza

@nn@ a dit…

* Michel, en "off" il faudra que nous reparlions de la partie "non partagée"
* Jean, plus que la diffusion de telles chansons sur les ondes (je ne suis pas certaines que celle qui a mis le feu aux poudres l'ait réellement été sur les ondes ... mais désormais les clips sur le net sont aussi "efficaces") alors que dans les écoles les enseignants développent des idées telles que la tolérance, le respect d'autrui... ce qui me choque c'est que des jeunes non seulement pensent, mais expriment et diffusent de telles idées.
* Caillou Blanc, avec le recul, ils sont bien gentillets les propos de vos élèves à l'occasion de la "journée des filles" (je crois que c'est comme ça que ça s'appelle) dans vos écoles suisses
* Ce n'est pas innocent de ma part Wakaleheza si après avoir envisagé de citer in extenso le texte, je ne l'ai pas fait mais préféré mentionner les paroles d'un rappeur par rapport aux images véhiculées par la publicité, parce que là est le vrai problème: les images que nous hommes et femmes avons les uns des autres, et de ce qu'elles impliquent dans nos relations