mardi 22 novembre 2011

Le poulet aux prunes

Dans la recette... ou plutôt les recettes (où les prunes deviennent parfois des pruneaux) l'idée est toujours la même: un mélange de sucré/salé. Et ça correspond parfaitement au film qui serait l'adaptation de la BD de Marjane Satrapi. "Serait" car je n'ai jamais lu la BD, je l'ai juste feuilletée au moment de sa sortie.
Les résumer? Facile: Depuis que son violon tant aimé a été brisé, Nasser Ali Khan, un des plus célèbres musiciens de son époque, a perdu le goût de vivre. Ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, il décide de se mettre au lit et d’attendre la mort.

Oui, l'image du sucré/salé correspond parfaitement au mélange de saveurs (gravité/humour/poésie...) et de style (film classique, film en accéléré façon cartoon, cartoon...) pour raconter en 7 morceaux (qui correspondent aux journées écoulées entre la décision de Nasser-Ali de mourir et sa mort effective) la vie de Nasser-Ali et de ses enfants*.

Après le prologue/apéritif où il rencontre notamment une femme qui dit ne plus se souvenir de lui, il y a quelques morceaux savoureux, comme:
- le voyage en car d'un Nasser-Ali encombré d'un fils très remuant qui n'arrête pas de chanter et ne finira par s'endormir que grâce à un verre de lait... à l'opium
- le récit -en accéléré- de ce que sera la vie de ce fils qui, adulte, partira s'installer aux Etats-Unis où il épousera une "pom-pom girl" dont il aura 3 enfants: deux amateurs de rap et une fille grande consommatrice, notamment ... de pizzas
- le dialogue savoureux entre Nasser-Ali et Azraël, l'ange de la mort, qui lui raconte notamment un conte traditionnel.

Et puis au fur et à mesure de la dégustation, le plat révèle différentes saveurs avec, à la fin, beaucoup d'amertume, pardon, de tristesse car après avoir appris qui a cassé le violon, d'où il venait, pourquoi il était aussi important pour Nasser-Ali... on comprend la véritable raison de son "suicide"

* Le tout avec une épice surprise, découverte ensuite sur le net: L’amoureuse s’appelle Irâne, mais nous, le pays on le prononce de la même façon que le prénom. C’est l’équivalent de s’appeler France en France. Il y a donc une allégorie entre cette amoureuse perdue et le pays perdu puisque l'action se situe à la fin des années 50.

2 commentaires:

cailloublanc a dit…

Merci pour savoir si bien parler d'un film! Ce que je sias rarement faire....

@nn@ a dit…

Si Cailloublanc, vous savez bien donner envie d'aller voir des films. Mais d'une autre manière. Et d'autres films
C'est lié sans doute au fait qu'en ce qui me concerne, j'ai tendance à plonger dans les films de manière très "sensorielle", à accrocher sur des détails... alors bien sur le récit est plus personnel, moins distancié et peut davantage inciter à aller voir un film