lundi 11 novembre 2013

Ces maladies pas vraiment disparues qui font peur

En ce 11 novembre retour, non pas sur la grippe espagnole* qui a fait au moins 30 millions de morts** à la fin de la 1ère guerre mondiale et dans l'année qui a suivi (soit plus de morts que le première guerre mondiale) mais sur sa grande rivale, la peste noire dont seraient mortes plus de 34 millions de personnes***
De loin en loin, on en reparle de cette grande tueuse qui avait servi de point de départ au roman d'Albert Camus: "La peste". La dernière fois c'était en août de cette année quand un adolescent est mort et plus de 160 personnes ont du être, après son décès, hospitalisées au Kirghizstan Il travaillait comme berger dans un petit village montagnard non loin de la frontière avec le Kazakhstan et la Chine et il aurait été piqué par une puce. Et oui, les puces sont souvent porteuses de peste bubonique après avoir piqué un rat ou un rongeur contaminé, et elles peuvent alors transmettre cette maladie à des êtres humains. A noter que le dernier cas de peste bubonique avait été enregistré au Kirghizstan il y a 30 ans!
Ne surtout pas croire que c'était quelque chose d'exceptionnel puisque une épidémie a touché La Havane en janvier, toujours de cette année. Et en juin 2012, deux cas ont été dépistés aux Etats-Unis. Il y a eu aussi des cas en Algérie à deux reprises au moins, en 2003 et en 2008, ainsi qu'en Libye en 2009. Loin d'être éteinte donc la peste réapparaît. l'OMS estime qu'environ 43 000 cas de peste sont détectés chaque année
Pourquoi et comment? C'est ce qu'a cherché à comprendre Elisabeth Carniel, responsable du pôle peste à l'Institut Pasteur. En étudiant deux épidémies distinctes, elle a trouvé... des souches différentes ET une piste de réflexion: ce sont des facteurs environnementaux locaux qui auraient permis la résurgence de ces bactéries. En très résumé, de bonnes récoltes qui favorisent la multiplications des rats et une météo clémente pour les insectes divers dont les puces
Moralité, loin d'être éradiquée, le peste pourrait resurgir dans certaines parties du globe. Il convient dès lors de s'inquiéter car on ne peut écarter l'hypothèse que la bactérie mute et qu'elle devienne résistante aux antibiotiques actuels.

Il a ainsi pu déjà être constaté qu'une version du bacille résistait à huit antibiotiques! Mais à ce jeu là, une fois de plus ça serait la population des pays en voie de développement, là où l'accès aux soins est souvent difficile et coûteux qui risquera d'en être la première victime.
* Son surnom de « grippe espagnole » vient du fait que le roi d'alors, Alphonse XIII d'Espagne en fut gravement malade, tout comme le fut la population. Ainsi en juin 1918, 70 % de la population madrilène fut contaminée en l'espace de trois jours! 
** Il semblerait que désormais on table davantage sur 50 voire 100 millions de morts. 
***  On estime que la peste noire a tué entre 30 et 50 % de la population européenne en cinq ans, de 1347 à 1352 
Post-scriptum du 30 novembre 
Article perdu puis retrouvé provenant d'un blog bien souvent passionnant à lire:
http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/11/03/la-peste-une-maladie-reemergente-medecine/

2 commentaires:

lucm.reze a dit…

La peste de Camus est une métaphore. Il nous parle en fait de la peste brune, grande tueuse, qui a déferlé sur l'Europe à partir des années 30.

@nn@ a dit…

Une métaphore Luc qui prenait appui sur une réalité historique, Camus s'est en effet inspiré en premier lieu d'une petite épidémie de peste bubonique, survenue à Oran en 1945, succédant à une épidémie plus sérieuse qui avait eu lieu à Alger en 1944.
Mais lui même reconnaissait que ce n'était qu'un aspect: « La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n’est pas nommé, tout le monde l’a reconnu, et dans tous les pays d’Europe."